Naissance de la Maison UNITE
En Juin 2002, la maison est presque prête.

La mairie nous confie en plus, une petite salle plate pouvant accueillir 300 personnes et une dépôt de décor.

La nouvelle maison de l'Unité s'éclaire pour la toute première fois, le 11 Juin 2002
On a appelé ça le "Transfert des cendres".

11 juin 2002
l'invitation était comme ça !
42 jours après l’incendie criminel de tous nos souvenirs, 9 mois après le 11 septembre, 24 mois après nos adieux à la scène nationale de Montbéliard, ,Le 21 avril bien gravé dans notre mémoire,Vous êtes conviés à participer avec nous à une action théâtrale hautement symbolique. ,Ce onzième jour du mois de juin, à 19 H,nous quitterons ensemble à pied le 2 rue Aristide Briand à Audincourt, le camp N 8 carbonisé du théâtre de l’Unité (en face de la mairie) pour la nouvelle et toute neuve maison de l’Unité restaurée pour nous par l’excellente municipalité d’Audincourt. ,Cette date marquera pour nous le début de la conquête d’un nouveau territoire de l’art, l’Unité retrouvée… " la mer mêlée au soleil".Vous n’oublierez pas de nous fournir les armes nécessaires de la bataille qui se prépare : stylos, crayons, feutres, gommes, trombones, papier, chemises, corbeille à papier, punaises, scotch, cendriers etc seront les bienvenus.La soirée se prolongera par des libres échanges de paroles et de nourriture.(Chacun offrira son pique-nique à son voisin).
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Une première mini fête le 11 juin 2002
Nous sommes environ 80, c'est le premier cercle des amis de l'Unité, tout le monde nous a offert papiers, crayons stylo. Le climat est clément, c'est comme si la vie recommençait tout doucement.Nous avons fait avec la brigade quelques rituels, style : dans mon pays la première fois que l'on rentre dans une maison, on doit rentrer par la fenêtre. la cérémonie est bien sympathique. Le transfert des cendres était presque émouvant.
donc on s'installe, on meuble, on équipe, comme on l'entend

Le dépôt de costume, touche la salle de théâtre, un luxe
on a appelé notre salle le studio des 3 oranges, on y fait nos Kapouchniks une fois par mois, et d'autres pièces. Là c'est l'école des pères Noëls.

26 septembre 2002. Un spectacle sur les forges d'Audincourt. C'est notre lancement
On se fait cambrioler au petit matin, rançon du succès et de notre gentillesse naïve.
Le début :inauguration de l’enseigne est sympa, mais les gens ne sont pas encore là..
La Brigade n’est pas encore chaude.
Enfin l’Amistad.
On a mis du vrai discours,
Mais cela ne semble pas encore au top.
La statue à canettes de Denis Lucaselli est le symbole de
la présence des plasticiens dans le bâtiment d’à côté, un petit signal
Le maire fait un beau discours.
Bien encadré dans la fenêtre.
Il ose dire que les vagues d’immigration ont fait la richesse du pays de Montbéliard,
Je suis bien content de ça
L’équipe de Bébert est pro,
Ils corrigent, inventent,
Pas de discours, eux des actes,
Bon son, belles lumières
Le public est arrivé massivement.
On dépasse les mille largemen.
On a fait une pub bizarre,
On annonçait le 26,
Plus tard une fête, puis des spectacles.
« Les forgerons »accompagnés des commandos percu
font un tabac.
Le feu est intelligent et progressif, pas démago
D’ailleurs pour une fois nous ne sommes pas démagos.
Evidemment les intellos peuvent serrer les dents,
quand Vonette , l’ex ouvrière, piedestalisée
monte sur notre podium pour nous passer le flambeau.
Nous sommes intolérants sur le problème de l’art.
Bien sûr, l’art des princes pour les princes et leur cour
a été décrété « étalon du bon goût ».
Qui oserait dire que la Vénus de Boticelli , ou la Joconde de Léonard de Vinci
c’est le mauvais goût ?
Qui oserait à part Jean Dubuffet ?
Evidemment la nuit même, nous avons été cambriolés.
La veille , Hervée s’était fait déjà voler sa CB et ses papiers.
Combien ? Dur à dire…vexant, oui.
Comptabilité mise à sac ? Acte signé d’un excrément.
Eh oui, même ce genre de fête gratuite,
un peu généreuse, où l’on offre 600 litres de vin , soupe, gâteaux de fête
sont prises de travers par cette partie de population délaissée , qui n’a plus rien à perdre, qui n’a même plus peur de la police, de la prison ou de la peine de mort, tant tout leur cerveau est ramolli, tant toutes les nervures y ont été effacées par une société qui produit à la fois richesses pour certains et pauvreté pour tous les autres, et qui décide de punir la pauvreté, au lieu de la supprimer.
Va falloir sécuriser notre belle maison, barreaux ? électronique ?
Pour l’instant c’est une passoire, mais remarquons le bien,
pas une œuvre d’art n’a été touchée, pas un bouquin,
juste l’argent évidemment…
Tout un programme, la maison Unité
C’est une maison , la maison –Unité
et son studio des 3 oranges, voici le texte du petit dépliant distribué un peu partout,
C’est une maison que nous prête la ville d’Audincourt. . Elle est très gentille la ville d’Audincourt de nous prêter cette maison
Pour ceux qui ne le savent pas, il y a quelques petites villes qui entourent Audincourt, mais beaucoup moins importantes, comme Montbéliard ou Belfort ,ou une petite bourgade un peu plus loin Besançon. La région s’appelle la Franche Comté. La dernière fois qu’on a compté les habitants d’Audincourt on en a trouvé 17546 , mais certains étaient sortis.
C’est une maison qui est au bord du Doubs. Le Doubs est une rivière qui coule là depuis 100 millions d’ années , mais la maison qui est très vieille avait été abandonnée, Cette maison faisait partie d‘une grande usine, qui avait servi à faire des kilomètres de tissu, cela s’appelait la filature Japy., des milliers de personnes y ont travaillé, puis en 1965 voilà ça s’est terminé, à cause de la concurrence asiatique, c’est ce qu’on dit.
C’est une maison, mais une vraie maison, il y a tout dedans, des chaises des tables des fauteuils, une télévision, un lave-vaisselle, un buffet, même un frigidaire à glaçons.
C’est une maison où l’on peut serrer des mains, où l’on peut se rencontrer où l’on peut faire la cuisine entre amis, et goûter la cuisine des habitants d’Audincourt. Ce sera très bon, car les habitants d’Audincourt viennent souvent de pays lointains
C’est une maison qui aime les artistes, on peut y faire du théâtre même si on est petit, le mercredi même si on est grand, le mardimême si on s’y connaît déjà un peu dans des stages spécialisés.Même du théâtre qui n’en est pas, comme celui de la brigade d’intervention théâtrale
C’est une maison où le théâtre de l’unité prépare toutes les pièces et tous les voyages qu’il aime faire, car le théâtre de l’unité fait des grands voyages en France mais même au-delà de la France.
C’est une maison qui s’appelait maison de maître, car jadis les maîtres de maison dirigeaient l’usine - aujourd’hui ils s’appellent Hervée de Lafond, et Jacques Livchine. Elle, elle a de grands yeux, et lui un chapeau. Mais ils occupent la maison avec les autres personnes,, du théâtre de l’unité Céline, Nathalie aux I mac, et Claudine à la machine à calculer d’autres personnes qui vont sans doute venir leur tenir compagnie bientôt
C’est une maison qui se trouve en face de deux grandes halles . Nous , on espère secrètement que dans ces bâtiments on pourra faire des belles expositions de grands objets artistiques et peut-être aussi des représentations théâtrales modernes.un jour. Mais ce n’est pas nous qui décidons
C’est une maison qui abritera le CNPF. Le centre national populaire et festif. C’est pour étudier avec des ethnologues l’essence de la fête.Chaque année on organisera une fête sur le thème de la fête.
C’est une fabrique d’idées, pour la cité, pour la vie ensemble. On se réunit souvent ensemble pour se dire , il faudrait ça…,Tu sais quand on dit « les gens ne s’intéressent plus à la politique, est ce que ce cela ne serait pas le contraire, c’est-à-dire que les politiciens ne s’intéressent plus aux projets des gens.
C’est une maison drôle et sérieuse à la fois, parce qu’ici on dit toujours que le drôle uniquement drôle n’est pas très drôle et que le sérieux trop sérieux n’est pas sérieux que ça… Drôle et sérieux à la fois c’est rudement bien.
On y accueille des apprentis, des élèves, des étudiants en rêve, des curieux, des Zoés, des zigotaux, des lascars, des petits Pierre, des Linda
C’est la maison du partage… Pas loin de la Suisse, en une demi-heure t’es à Porrentruy, dans le Jura alors nous on aime faire des tours en dehors de l’Europe et des projets avec les Suisses…. Oh là là, les hordes s blanches sur le lac de Neuchâtel c’était trop bien en 2002.
C’est une maison qui ne se trouve pas loin d’une très grande maison qui fabrique des autos. Une grande maison celle-là … On peut voir toutes les autos fabriquées chaque jour le long de l’autoroute.Nous on aime bien les autos alors on a décidé de fabriquer des arto-mobiles. Ce sont des autos à qui nous proposons une nouvelle vie moins utilitaires que la précédente, on appellera ça :
« La caravane passe en A ». Chaque année ce sera une autre série de lettres et pendant vingt six ans.
C’est la maison de la pensée. Les philosophes , ceux qui disent pourquoi on vit , y sont bien accueillis. Ils discutent entre eux tard le soir pour savoir ce qui a de la valeur et ce qui n’en a pas .
C’est une maison De l ‘inutile, de la poésie et du temps qui passe.Il y a des livres , et des livres et des livres, certains ont même des images.
Comme tout ce qui est vivant et qui bouge, la maison a besoin de petits sous pour exister.Pour obtenir ces petits sous, il faut rencontrer ces hommes qui portent toujours de beaux costumes, on les appelle les décideurs . IL faut prouver à ces jolis costumes que la maison est utile à tout le monde.
Texte de septembre 2002 qui sert toujours de note d'intention générale