Le dossier Chambres d'amour

 

TOURNEE

Carnet de bord non exhaustif, j'écris, mais parfois non. Pas de recul. La vie prend le dessus. Exemple, Il n'y a pas Chalon dans la rue 2002, Perdu ? On ne sait pas, pourtant nous occupions un petit hôtel et c'était la folie. Cinq jours de suite.Vesoul, je n'ai rien écrit non plus, ni Limoges dans le cadre des francophonies. Le public remplissait les spectacles"classiques" mais pas notre hôtel Mercure, pourtant nous avons eu un vrai article à Limoges. Il manque aussi Tours.

JL
31 juillet 2004

Vous pouvez tout lire, c'est d'une seule traite, ou cliquer ce qui vous sied

 

MONTBELIARD. 27 MARS 2000

Ultra confidentiel.
Ne pas diffuser sauf à des
personnes  sûres
36/38 rte d’Audincourt.
Maison du Bord de l’eau
27mars
20Heures maximum de discrétion
La presse ne doit pas être avertie. Ce qui va se passer dans les chambres doit absolument être passé sous

silence.

(Le flyer qui annonce le "bordel poétique").

Toutes les chambres sont occupées et décorées, l'ambiance est interlope. Dans les chambres, je dois rectifier le tir, car certaines mises en scène sont éminemment"limites".

Je crois qu'il y a matière à véritable spectacle.


25 et 26 mai 2001/ VALREAS

Nouvelle création. crash test à Valréas

L'idée est basique, c'est une maison close dans laquelle les pensionnaires font le commerce des mots d'amour, exclusivement.

Ces 25 et 26 mai, la maison close était un vrai hôtel, l'hôtel de la paix, à Valréas, avec ses couloirs sombres, ses chambres, son bar 1900.

Chacune des six chambres était décorée à l'image de ses occupants.

  • Bernard, c'était la chambre d'un explorateur,
  • Marie Leïla et Catherine avaient tendu des guirlandes de lingerie fine féminine, éclairées avec des dizaines de bougies,
  • Nadine et Boris avaient tout sorti de la chambre pour créer un monde de rideaux blancs à traverser pour accéder à la couche quasi-sacrée,
  • Marcel quant à lui, nous recréait une atmosphère africaine avec des tissus du pays et une belle palme sur la porte,
  • Jacques travaillait sur les sons, odeurs et les sensations.
  • Sylvie et Sébastien exhalaient la pureté, leur belle chambre à mezannine était impressionnante d'austérité bleue en bas, blanche en haut.

    Les pensionnaires descendaient dans le grand salon, de rouge vêtus, pour être distingués, choisissaient leur client ou cliente, puis montaient pour une "passe" poétique" d'une durée de six à onze minutes.

    Donc, ce sont environ quatre vingt clients par soir qui ont goûté aux délices de l'amour. Les poètes étaient de toutes sortes : des poètes érotiques anonymes, Eluard, Aragon, Claude Roy, Maupassant, Pierre Béarn, Ghérazim Lucas, Cendrars etc.

    La demande a été pendant ces deux jours supérieure à l'offre, et de nombreuses personnes n'ont pu satisfaire leur désir de passer un court moment interlope de toute beauté, car de l'avis de tous, les étreintes étaient intenses, fortes, riches, presque sublimes

    Le théâtre de l'Unité a décidé de mettre à l'étude la faisabilité des chambres d'amour, non plus en crash test, mais en nouvelle proposition de spectacle d'avenir. Bon, la fiche technique comportera la mise à disposition d'un bar-hôtel de dix chambres minimum.

    Un grand coup de chapeau à Pascal Larderet, à la compagnie Cacahuètes, à la ville de Valréas, à l'hôtel de la paix qui ont pris le risque de nous inviter sans savoir du tout de quoi il ressortait.


  • AUDINCOURT

    Samedi soir 1er décembre 2001,

    Hôtel Chantalainx,

    plus de 150 personnes se sont pressées pour monter dans les chambres ; bien sûr les anciens amis de l’Unité, mais quelques personnes sont sorties de leur quartier pour voir un peu ce qui se passait . Tout n’est pas perdu. Le théâtre n’est pas complètement mort.

    Les chambres :

    Les chambres d'amour, expérience des sens est loin d'être innocente. Du théâtre total.

    8 mars 2005 . BOURGOUIN -JALLIEU

    Château du Chapeau Cornu à Vignieu

    St Chef en Jallieu. 38990

    130 personnes. 300 passes.

    Jouent : Catherine Fornal, Sylvie Lalaude, Gill Maurer Herde, Marie Leila Sekri, Goobie, Jacques Livchine, Bernard Goetz, Pancho, Marcel Djondo, Seb Dec et Hervée de Lafond + Nicole Rivier à l'accueil.

    Le directeur du théâtre Jean Vilar de Bourgouin, Gilles Thorant, décentralise. Nous sommes à 30 kms de son port d'attache dans un château du 18 ème entre Lyon et Grenoble.

    Nous sommes tous fin excités. Jouer dans un château ! On a quitté Audincourt le matin même. Les chambres ne seront prêtes qu'à 15 H 30. Bien- entendu il est 13 H 25 à notre arrivée et le restaurant est fermé, il faut repartir à Morestel déjeuner. Petit snack, je me bourre de frites grasses.

    La chambre de Gill.

     

    Les gens arrivent tôt. La direction de l'hôtel n'est pas très partie-prenante et nous le fait un peu trop sentir. On a tous droit à des remarques. Je suis dans la chambre dîte Comte d'Artois.

    Les autres chambres s'appellent Comte d'Anjou, Béatrice de Bourgogne, Catherine de Brazay, Marie de Brienne, Comte de Bavière etc.

    Une des inscriptions de ma chambre.

     

    Voici mon tableau de route

    • 20 H 31. Danièle. enseignante 55 ans
    • 20 H 40 Christiane, Photograveuse. 45 ans
    • 20 H 49 Valéry enseignante. 44 ans
    • 20 H 55 Irène, retraitée del'enseignement 70 ans
    • 21 H 04 . Michèle. Infirmière des "fins de vie" 38 ans
    • 21 H 13 Marie Jo Mère au foyer . 63 ans
    • 21 H 22 . Marie Jo esthéticienne. 58 ans
    • 21 H 52 Michèle documentaliste 57 ans
    • 22 H 02 Brigitte psychomotricienne 49 ans
    • 22 H 12 Frédérique, enseignante 44 ans
    • 22 H 22 Graziella, enseignante 40 ans
    • 22 H 32 Adeline, éducatrice . 39 ans
    • 22 H 41 Annick enseignante 42 ans
    • 22 H 52 Vanessa , infirmière 22 ans

    Il est tout de même très curieux que ce soient les professeurs de littérature les plus insensibles à la poésie, ou peut-être les plus protégés .
    Sinon c'est la magie, avec quelques instants de grâce, ces regards, cette tendresse, et se dire qu'on ne retrouvera jamais ces créatures qui nous font tant rêver.

    Hommage à Vanessa, jeune infirmière à la beauté qui dépasse toute imagination.

    Fatigue extrême. Accrochage sur un buffet de charcuterie, que l'hôtel nous facture 100 euros, et que l'on ne retrouve pas à l'issue du spectacle alors que nous l'avons à peine effleuré. Grosse fatigue. petites tensions ici ou là.

     

    A l'aller on discute, on est en forme, le retour ce n'est pas pareil.

     


     

    18 au 20 août 2005

    AURILLAC

    On joue à Arpajon, à l'hôtel les Provinciales. Les deux gérantes, Sandrine, le matin Cathy l'après midi, jouent le jeu.

    Dans le cadre d'un festival comme Aurillac, ça boume.

    C'est plein, tout le monde veut venir. On vit en état de grâce pendant trois jours, épuisés aussi.

    Je fais 63 clientes. A mon habitude je note tout pour faire mes statistiques. On ramasse deux articles, 1 dans le Monde et 1 dans Libération + une émission sur Canal + , un article dans la montagne. Cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu de retentissement médiatique. cela donne confiance.

    Rappelons l'équipe des acteurs : Catherine Fornal, Sylvie Lalaude, Gill Maurer Herde, Marie Leila Sekri, Goobie, Jacques Livchine, Bernard Goetz, Pancho, Marcel Djondo, et Hervée de Lafond + Sébastien Vion à l'accueil.

    18/08/05

    1. Valérie/ centre culturel de la Rochelle
    2. Séverine : Clermont Ferrand, le bazar ambulant. Cie.
    3. Elsa : stagiaire Bafa . 20 ans
    4. Cathy : 28 ans
    5. Monique : 48 ans Travailleuse sociale.
    6. Françoise : encadreuse du groupe Bafa
    7. Anne Lise : de Paris. prof de lettres
    8. Patricia : Aurillac. social.
    9. Nathalie : 30 ans , vit à Barcelone. travaille dans la culture.
    10. Bernadette : Aurillac. enseignante
    11. Cathy : co directrice de Générik Vapeur
    12. Michèle : Aurillac. enseignante
    13. Corinne : encadreuse de stage
    14. Pascaline : 18 ans. animatrice
    15. Nicole : 50 ans. Hôtellerie
    16. Michèle 35 ans :Mère de famille
    17. Christiane : Aurillac. proviseur de lycée
    18. Brigitte : Aurillac. Pharmacienne
    19. Karine : 45 ans . Directrice du cabinet du maire d'Aurillac.
    20. Cathy 32 ans :Aurillac . Hôtellerie.

    Il faut dire qu'en troisième heure, il y avait un groupe d'élus de la communauté de commune. Hervée qui ne reconnait pas le Maire d'Aurillac le surnomme "Canari" ce qui fera beaucoup rire.

    19 août 2005

    1. Geneviève : Brioude. 50 ans
    2. Marie Pierre : 45 ans. Anduze. La Poste
    3. Liliane: Cosne d'Allier. Professeur de lettres à la retraite
    4. Hélène : 25 ans
    5. Chantal : 45 ans . la Poste
    6. Marie Louise : née en 39. première adjointe d 'Arpajon sur Cère
    7. Marie Christine : Pharmacienne de Brioude
    8. Evelyne : 52 ans . élève des chèvres près de Bourges.
    9. Françoise : née en 43 comme moi. Retraitée de la Poste.
    10. Florence : Lyon. Architecte
    11. Nina : russe. 44ans .
    12. Emilie : Aurillac. Assistante commerciale
    13. Sylvie : Grenoble . 34 ans. médecin du travail.
    14. Michèle : Le Fourneau de Brest.
    15. Brigitte : 47 ans. Psychiatre.
    16. Isa : agence culturelle de St Herblain
    17. Edwin : 25 ans. danseuse
    18. Audrey: psychologue de Toulouse
    19. Colette : Aurillac. professeur de lettres
    20. Christine : 61 ans. Institutrice de Toulouse
    21. Maud Le Floc'h : Cie Off

     

    Très bonne séance. Hervée et Sébastien sont très en forme. Le jeu se fait bien.

    20 août 2005

     

    1. Françoise : 45 ans. Paris. social
    2. Fanny : 11 ans, rentre en sixième
    3. Eglantine : 17 ans . Neuilly sur seine.
    4. Delphine : Aurillac. sculpteur
    5. Annie : travaille en maison de retraite
    6. Marie thérèse : Thiers. inspectrice des impôts.
    7. Jo : 65 ans . Auxerre. retraitée
    8. Marylin : Marseille. coiffeuse
    9. Solange : Infirmière. 29 ans
    10. Marina : 23 ans . Marseille. intermittente (décor)
    11. Danièle : du Cantal. Agent hospitalier
    12. Maevus : américaine
    13. Maïté : 67 ans .Psychologue de Biarritz
    14. Caroline : 27 ans . Guide de grande randonnée
    15. Marie : 40 ans . Comédienne du groupe Arsenic
    16. Patricia : 56 ans . s'occupe de malades mentaux
    17. Céline : 35 ans. Alès.
    18. Christiane : de Lyon. Infirmière>. Mère à Aurillac.
    19. Françoise : 32 ans . vente de matériel de laboratoire à Lille. A sa soeur à Aurillac.
    20. Amanda : stagiaire FAIAR
    21. Elsa : 34 ans . administratrice de l'éléphant vert.
    22. Sylvie : 50 ans . Paris. Veut créer un festival de théâtre de rue au Maroc.

     

    STATISTIQUES : 11 clients sont d'Aurillac. soit 16%

    O% wawache
    28% milieu artistique
    15% enseignants
    14% corps médical
    O,O8% retraités
    0,04% commerce (coiffeuse, hôtellerie)

    Il reste donc 26 personnes soit 42 % qui sont inclassables

    1 ingénieur
    3 postiers
    1 guide de randonnée
    2 architectes
    1 éleveur de chèvres
    3 lycéennes
    1 directeur de cabinet du Maire d'Aurillac ( Karine, son épouse )
    3 animateurs sociaux
    2 animateurs handicap.
    1 employée France Télécom

     

    Ce qui signifie que :

    A) Les gens d'Aurillac fréquentent le festival. 16% ma foi.
    B) Le festival In est surtout une occasion pour les professionnels de se voir les uns les autres
    C) Le pourcentage assez élevé d'enseignants nous montre que le théâtre de rue comme le théâtre en général fait partie des pratiques culturelles du personnel professoral.
    D) Le fort taux de personnel médical, médecin, pharmacien, psychologue, psychiatre est une bonne surprise. Ceux qui sont en contact avec les corps malades viennent se regenérer à notre contact.
    E) On note l'absence d'étudiants, l'absence des politiques, des cadres supérieurs, des employées de maison.

     

    CHARLEROI (HAINAUT) FESTIVAL BIS ARTS

    28 au 31 octobre 2006

     

    franchement, ils nous ont fait une belle affiche qui trône à l'Eden

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Avenue Pierre Mayence. Charleroi. Ville à la décrépétitude avancée.

    On nous dit d'ailleurs que les membres de la mairie sont en prison.

    Le Business Hôtel est un "western hôtel". Le personnel se met en quatre mais est un peu déstabilisé, nous occupons 10 chambres au premier , 4 chambres au second étage, mais le salon est de plain pied.

    Le directeur du festival est un passionné : Pierre Bole

    Le catering se passe à l'Eden, excellent , avec des pâtisseries irrésistibles, du jamais vu.

     

    Les pensionnaires

    1. Marie Leila Sekri
    2. Hélène Jouvelot
    3. Gill Herde
    4. Julie Guet
    5. Sylvie Lalaude
    6. Isabelle Sosolic
    7. Bernard Goetz
    8. Jacques Livchine
    9. Gouby
    10. Pancho
    11. Seb Dec
    12. Marcel Djondo

    Mères maquerelles : Hervée de Lafond, Nicole Rivier

     

    Petite réunion de compagnie.

    Faut -il baisser le prix du spectacle donc le cachet des comédiens pour jouer plus ? Comment augmenter la jauge ? Faut il jouer plus vite ? Autant de questions. Gouby avec bon sens nous signale que si l'on baisse le prix du spectacle, donc les cachets et que l'on ne joue pas plus, ce seraient les comédiens qui seraient lésés.

    Première séance de Charleroi

    Public pas assez nombreux, mais très enthousiaste. les retours sont bons. L'accès aux passes poétiques et de 2 €

    La mystérieuse chambre d'amour de Sylvie Lalaude.

     

     

    Une femme me dit : c'est trop surprenant.

    Feuille de route de la 106

    1. 19 H 10 - Anne
    2. 19 H 16 : Vanessa
    3. 19 H 22 : Elisabeth
    4. 19 H 28 : Régina
    5. 19 H 34 : Laurence
    6. 19 H 40 : Cécile (73 ans )
    7. 19 H 47 : Livia
    8. 19 H 52 : Schébia
    9. 20 H 14 : Monique
    10. 20 H 20 : Pascale
    11. 20 H 26 : Monique
    12. 20 H 32 : Marie
    13. 20 H 38 : Marie
    14. 20 H 45 : Sabine
    15. 21 H 13 : Anne ( mère de Gabrielle)
    16. 21 H 19 : Cécile
    17. 21 H 25 : Gabrielle ( notre petite Gabrielle Dailly de la caravane passe en A)
    18. 21 H 31 : Périnne (27 ans, dite Lolita, une incroyable plante positivée d'énergie
    19. 21 H 37 : Nadine
    20. 21 H 43 / Ella (invraisembable Polonaise)
    21. 21 H 50 : Montserrat (une beauté catalane d'une quarantaine d'année, je luis dis :" tu ne souffres pas d'être trop belle ? C'est une banquière.)

    Jacques fait remarquer aux différents reproches qui lui sont adressés de traîner, qu'il fait toujours et depuis toujours 6 Minutes par cliente.

    C'est la nuit du changement d'heure. On danse sur la musique des Années 60 jusqu'à 2 heures du matin. je me dis , t'as 63 ans mais l'énergie de Mike Jagger, je cours comme MIke dans tous les sens et danse un rock avec Sylvie.

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    seconde séance

     

    Marcel attend d'entrer en piste

     

     

    Il y a parmi les clients des gens égarés. Une femme arrivant de Paris et que le portier, Jo, précipite dans la salle d'attente.

    Quand je demande à Bernadette de Chatou , une bonne soixantaine d'années, de prendre place dans le lit, elle hallucine, me dit qu'elle est claustrophobe, je lui explique que je ne vais pas la toucher en dehors de mots poétiques, elle dit qu'elle refuse de se coucher, car elle n'a pas sommeil.

     

    Dorazo quant à elle, travaille dans différentes cantines. Elle est d'origine manifestement très populaire, elle aussi découvre avec stupéfaction la chambre transformée en alcove, et pour elle, pareil, il n'est pas question de s'allonger avec un homme, question de morale.

     

    Nathalie est une commerçante qui réside à l'hôtel car elle est là pour la foire de Charleroi. Elle se laisse emporter, je devine sa forte sensualité par sa manière d'avaler mes mots. A la fin, elle me lance" ah si seulement mon mari savait me parler comme cela, mon juif de mari" . Qu'entendait elle par là ? Son mari est au bar du rez de chaussée.

     

    Rosalie est institutrice , elle est venu avec son gamin âgé de 4 ans qui va faire rire toute l'assistance. Rosalie est d'une beauté à vous couper le souffle. Quand vous avez cette splendide jeune fille, allongée sur votre lit, et qu'il est 21 H 30 et que vous êtes déjà dans un état second, car dire de jolis mots pendant deux heures et demi, cela ne vous laisse pas intact, l'insensibilité dont doit faire preuve le comédien se fissure. Et quand je lui dis "laisse moi respirer longtemps longtemps l'odeur de tes cheveux", je suis au milieu de ses cheveux, et je m'enivre vraiment.

    Les clients de la troisième heure, étaient très drôles, il y en a qui dit qu'il veut monter uniquement avec le faisan, allusion au chapeau d'Hervée .

     

     

     

    Et voici mon tableau de route

     

    1. 19 H 14 : Bernadette
    2. 19 H 18 Caroline
    3. 19 H 24 : Marie
    4. 19 H 30 : Doronzo
    5. 19 H 36 : Christine
    6. 19 H 43 : Anne
    7. 19 H 48 : Conchita
    8. 19 H 54 : Anne
    9. 20 H 18 : Marylène
    10. 20 H 22 : Fanny
    11. 20 H 28 : Sylviane
    12. 20 H 35 : Véronique
    13. 20 H 41 : Sylvie
    14. 21 H 17 : Nathalie
    15. 21 H 24 : Sandrine
    16. 21 H 30 Véronique
    17. 21 H 39 : Rosalie
    18. 21 H 46 : Anne
    19. 20 H 52 : Fabienne

     

    A la fin, je suis exténué, je m'allonge quelques instants pour reprendre mes esprits, et aller au restaurant.

     

    Troisième séance

    photo interdite prise à travers la vitre du salon. On voit bien la ligne des clients qui attendent d'être choisis, et n'osent pas nous faire des signespour qu'on les prenne.

    Enfin du monde. Clients très mélangés. Dans le salon c'est assez chaud l'ambiance, Hervée, alias Madame Renée, couvre la clientèle de surnoms ridicules, mais ça marche. Les clients savent à quoi s'attendre, mais c'est encore un choc pour eux, ils restent timides pour la plupart.

    Mes 22 femmes

     

    1. 19 H 15 : Paule (grand mère remplie de gaité)
    2. 19 H 21 : Suzanne
    3. 19 H 28 : Thérèse
    4. 19 H 32 : Géraldine
    5. 19 H 38 : Annick
    6. 19 H 44 : Elisabeth
    7. 19 H 50 : Bernadette
    8. 19 H 55 : Françoise
    9. 19 H 59 : Elisa
    10. 20 H 20 : Nathalie (la patronne de l'hôtel)
    11. 20 H 26 : Marie Christine
    12. 20 H 33 : Anne Marie
    13. 20 H 37 : Michèle
    14. 20 H 42 : Dominique
    15. 20 H 48 : Isabelle
    16. 20 H 53 : Angélique
    17. 21 H 21 : Béatrice
    18. 21 H 28 : Céline (12 ans ! )
    19. 21 H 32 : Annie
    20. 21 H 40 : Béatrice
    21. 21 H 45 : Catherine ( une accro, complètement dedans )
    22. 21 H 51 :Thulaï ( charmante jeune fille de 18 ans, avec elle, on est parti à Istambul direct, c'est l'amie de David le barman).

     

    Et voilà, pas d'artistes, pas de médecins, une pharmacienne, des puéricultrices, des assistantes sociales, des employées des allocations familiales . C'est pour la plupart le contact premier avec le mot poétique. On les sent lointaines au début et peu à peu conquises par le pouvoir sensuel du verbe. Le personnel de l'hôtel est très amusé, nombreux sont les serveurs qui tentent l'aventure.

     


     

     

    CALAIS/ FEUX d'HIVER

    27 au 31 décembre 2007

     

    style marathon : 3 séances par jour à 14 H, 16 H, 18H

     

    Nous ne jouons pas dans un hôtel mais dans la résidence d'artistes des abattoirs récemment restaurés que nous inaugurons en quelque sorte.

    Calais : nous y venons régulièrement depuis 2001, année de la soupe populaire et poétique.

    Calais : cas unique , une scène nationale fréquentée par la population de la ville.

     

    10 chambres :

    Plusieurs de nos acteurs habituels sont pris au réveillon de Montbéliard d'où 3 nouveaux et nouvelles.

     

    Liste des pensionnaires de Calais 2007

     

    1. Catherine Fornal
    2. Gill Herde
    3. Faustine Tournan : nouvelle recrue
    4. Delphine Branger : Nouvelle recrue
    5. Isabelle Sosolic
    6. Max Bouvard : Nouvelle recrue
    7. Goobie
    8. Jacques Livchine
    9. Marcel Djondo
    10. Sébastien Dec

     

    A l'accueil : Hervée de Lafond, et Nicole Rivier

     

    CAS DE FIGURE UNIQUE / Il faut traverser la cour du Channel, pour rejoindre la maison close proprement dite.

     

    Rien que les prénoms racontent le style de nos clients. On peut même dire que la séance de 14 H a été celle des veuves et des handicapés./

     

    1. Denise : née en 38
    2. Micheline
    3. Nadia
    4. Gwenaëlle
    5. Hélène
    6. Evelyne
    7. Véronique
    8. Yamina
    9. Martine
    10. Paule
    11. Nadège
    12. Corine
    13. Anna Sarah
    14. Nathalie
    15. Chantal
    16. Sylvie
    17. Patricia

    Evidemment, la rotation est moins rapide qu'ailleurs, mais dans la mesure où une pause d'une heure sépare les séances , ça passe.

    Le couloir rouge qui mène aux chambres

     

    les gens ne s'attendent pas à cette forme là , ils sont receptifs mais n'osent pas trop poser de questions. Dans ma chambre, j'ai même l'impression qu'ils écoutent les poèmes en pensant que c'est mon délire à moi. On le sent bien, ils ne connaissent pas Aragon, Cendrars ou Eluard, et c'est tant mieux, car ils écoutent.

    le 27

    Rien que les prénoms racontent le style de nos clients. On peut même dire que la séance de 14 H a été celle des veuves et des handicapés./

     

    1. Denise : née en 38
    2. Michelibe
    3. Nadia
    4. Gwenaëlle
    5. Hélène
    6. Evelyne
    7. Véronique
    8. Yamina
    9. Martine
    10. Paule
    11. Nadège
    12. Corine
    13. Anna Sarah
    14. Nathalie
    15. Chantal
    16. Sylvie
    17. Patricia

    Evidemment, la rotation est moins rapide qu'ailleurs, mais dans la mesure où une pause d'une heure sépare les séances , ça passe.

     

    Le couloir rouge qui mène aux chambres

     

    les gens ne s'attendent pas à cette forme là , ils sont receptifs mais n'osent pas trop poser de questions. Dans ma chambre, j'ai même l'impression qu'ils écoutent les poèmes en pensant que c'est mon délire à moi. On le sent bien, ils ne connaissent pas Aragon, Cendrars ou Eluard, et c'est tant mieux, car ils écoutent.

     

     

    Le 28 décembre 07

     

    les places deviennent chères. Il paraît que le spectacle serait très apprécié.

    J'ai tout de même encore quelques clientes d'une naïveté incroyable. Elles pensent que c'est une conversation que j'entame . ça donne :

    -"la courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur ".

    -c'est joliment dit !

    " Un rond de danse et de douceur "

    - Bien dis donc comme vous y allez !

    "Auréole du temps, berceau nocturne et sûr"

    - sacré gaillard, ah vous en avez de l'imgination !

     

    La chambre de Gil Herde

     

     

    Mon tableau de route :

    1. Renée : 14H 14
    2. Virginie : 14 H 22
    3. Josiane : 14 H 29
    4. Carole : 19 H 39
    5. Henriette : 14 H 47
    6. Jeannine : 14 H 58
    7. Anne : 15 H 04
    8. Elisa : 16 H 11
    9. Sylvie : 16 H 19
    10. Marine : 16 H 27
    11. Jacqueline : 16 H 35
    12. Carole : 16 H 44
    13. Sabine : 16 H 52
    14. Julie : 16 H 59
    15. Suzanne : 18 H 12
    16. Josette : 18 H 18
    17. Benedicte : 18 H 28
    18. Valérie : 18 H 37
    19. Brigitte : 18 H 46
    20. Anne Marie : 18 H 56

     

    Par moments on a le tournis, une espèce d'ivresse.

    Les prénoms racontent les couches sociales : on a les Renée, les Jeannine, les Henriettes, et de l'autre côté on a les Bénédicte, Marine, Elisa

    Cette mixité sociale est la marque spécifique du Channel.

    Dans ma chambre un tableau de Kinshasa

     

    On a fait un point avant de commencer pour que les couloirs ne dégénèrent pas, leur garder un mystère de maison close.

    Et on termine par une présentation rapide de chacun, puisqu'il n'y a pas de programme et les gens ont envie de savoir qui est qui. Nicole se met à hurler qu'elle n'en peut plus de Sartkozy et que Bartabas a bien fait d'arracher les radiateurs de la DRAC. Le public très anti sarko applaudit et nous reprenons en choeur "Arrachons les radiateurs".

    Je termine à genoux.

    Le 29 décembre

     

    Comme tous les spectacles sont à 3 €, les gens prennent des places sans savoir du tout de quoi il s'agit . Donc certains vivent des moments surréalistes : engueulade de la mère maquerelle, puis on vient les choisir pour les faire monter.

    Tout l'après midi j'ai droit à : "on va où ?" . "qu'est ce qui se passe" "Pourquoi c'est si peu éclairé". Et qand je dis à la personne "allongez vous sur le lit" , je peux dire qu'il y a de l'étonnement dans l'air.

    On n'a vraiment pas la composition sociologique du public habituel : infirmière, sages femmes, animatrices auprès d'handicapés, quelques enseignants. Mais aussi des commerciales, représentantes en produits ménagers, des secrétaires, des dames de service. Tu vois le choc : Louis Aragon contre WC Net. Parfois on sent un tout petit peu de BCBG, c'est l'orthophoniste, elle sent bon.

    Les femmes défilent et cela donne le vertige de leur faire l'amour en mots :

    Isabelle Sosolic. Photo Michel Vanden Eeckoudht.

     

    Je connais mes six poèmes parfaitement, mais pour peu qu'un incident inattendu me trouble, je peux perdre le fil. (Exemple: le rideau de ma porte prend feu, avec Karine on fait les pompiers, la chambre est pleine de fumée). On a étéint, et on termine, j'aère copieusement. Comme tout le Channel est plein de feux partout, personne ne s'étonne.

     

    1. Marie Antoinette
    2. Rose Marie
    3. Elisabeth
    4. Pauline
    5. Fabienne
    6. Laurence
    7. Fati
    8. Françoise
    9. Nadège
    10. Véronique
    11. Marie thérèse
    12. Mauricette
    13. Marcelle
    14. Marie
    15. Karine
    16. Maurane
    17. Sylvia

     

    A un moment je sens une femme en plein désarroi, très timide, très coincée, elle me fait comprendre qu'elle n'a jamais connu l'amour. Elle est très troublée et moi quasiment gêné.

     

     

    Le dimanche 30 décembre 2007

     

    Promenade dominicale de tous les Calaisiens. Enormément de monde. Il paraît qu'il y a eu des défections incompréhensibles à la seconde séance, sinon, les femmes se succèdent dans mes bras, les unes plus disponibles que les autres.

    Certaines hyper frissonnantes et sensibles, d'autres plus froides, mais ce qui nous fait tenir à monter sans arrêt les escaliers, c'est l'étonnement de la cliente, et le moment où on lui dit "la passe est terminéeé et qu'elle en veut encore.

    Parfois on tombe amoureux, c'est à dire que dans la pénombre, le visage de l'autre s'éclaire et que nous tombons dans une espèce de fusion étrange, qui ressemble à une espèce d'amour, mais heureusement en principe quand on se redressse et que l'on quitte la chambre, la vie matérielle et raisonnable reprend le dessus.

     

    Tableau de route

    1. Martine : 14 H 15
    2. Jeanne : 14 H 23 (elle a quinze ans)
    3. Danièle : 14 H 30
    4. Annie : 14 H 38
    5. Béatrice : 14 H 45
    6. Suzy : 14 H 52
    7. Amélie : 14 H 59
    8. Marie : 15 H 35
    9. Dorothée : 16 H 12
    10. Monique : 16 H 20
    11. Juliette : 16 H 28
    12. Dominique : 16 H 35
    13. Claudie : 16 H 43
    14. Brigitte : 16 H 51
    15. Murielle : 16 H 58
    16. Amélie : 18 H 09
    17. Mado : 18 H 17
    18. Sylvie : 18 H 25
    19. Véronique : 18 H 33
    20. Claire : 18 H 41
    21. Sylvie : 18 H 47
    22. Isabelle 18 H 55

     

    Marche régulière. Intervalle de 8 minutes. Je n'ai plus le temps de noter les métiers. Le sommet de l'échelle sociale touchée , ce sont les ortophonistes.

    Avec Danièle .

     

    On a fabriqué quasiment une nouvelle fin pour ne pas se quitter trop vite, vu qu'il y a une pause de 60 minutes entre les séances, les douze acteurs se présentent, racontent une petite histoire et Nicole s'envole et s'emballe, le public est enchanté.

     

    Dernier jour le 31...

     

    Faustine avec son client.

    Cent passes par jour. Nous sommes épuisés, dans un état bizarre.

    L'effet des mots comme de la toxicomanie.

    Minuit est frappé par 4000 scintillements

     

    Tout cet amour qui coule à flots, je n'arrive pas à m'endormir.

     

    Commentaire de Libération du 31/12/07

    C’est l’heure des Chambres d’amour, avec les gens du théâtre de l’Unité, de Besançon. Une généreuse maquerelle en chapeau à plumes engueule tout le monde. On va être choisi, ou pas, pour aller faire un tour avec des dames et des messieurs en rouge, dans les chambres d’amour. «Il faut vous rendre excitants, pétillez, pétillez !» Elle donne un nom à chacun : «Poil de carotte», «le skipper», «le séminariste», «l’abruti», «la vierge Marie», «le ragondin», «la prof d’allemand»… Une petite chambre dans la pénombre, un lit sous des voiles, couvert de lucioles. «Allonge-toi !» dit le comédien. D’accord. Il s’allonge à son tour. «Mets ta tête là !» Ah, là, non. «Mais c’est du théâtre…» Au théâtre non plus, on n’est pas sommé de tout aimer. Il chuchote : «Madame, quel est votre mot, et sur le mot et sur la chose ? On vous a dit souvent le mot, on vous a fait souvent la chose.»

    Bonimenteur. Retour dans la salle où la dame au chapeau à plumes distribue les compliments : «Le puceau», «le curé de campagne», «la randonneuse», «la strip-teaseuse»… Deuxième départ vers la chambre. Le comédien ouvre la porte sur un lit bleu : «Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères / Des divans profonds comme des tombeaux.» Annick, c’est la randonneuse, prof à la retraite. On lui a récité Baudelaire : «Un second degré très chouette.»

    Haydée Sabeyran

    Une belle lettre d'un client

    Monsieur Livchine, Messieurs et Mesdames les comédien(ne)s,
     
    Je suis journaliste, donc rompu à l‚écriture, mais c‚est la première fois que je m‚adresse à une compagnie de théâtre. Cette démarche trouve sa source dans un bouleversement. Depuis qu‚à Calais, j‚ai croisé votre route, j‚oscille entre émerveillement et questionnement. Ses sentiments reposent sur deux forts jolis ressorts : l‚art et l‚amour. Pris comme amour de l‚art autant qu‚art de l‚amour.
     
    Je suis spécialisé dans les sujets culturels, sans doute les plus riches variations du champ médiatique. Mon travail consiste à écouter des albums, lire des bouquins, voir des films, assister à des concerts et rencontrer des artistes. En débarquant à Calais, j‚étais en proie aux doutes professionnels. Allais-je continuer dans cette voie ou changer de cap pour voguer vers des cieux plus rémunérateurs ? Je trainais ce mal-être depuis quelques semaines et espérais qu‚un éloignement pourrait m‚être salvateur. Aux « Feux d‚hiver », j‚ai donc pris des places pour tous les spectacles. Je n‚imaginais pas qu‚à l‚intérieur d‚une salle, je vivrais un satori.
    En vous tous, individuellement et collectivement, j‚ai vu la passion, l‚humanité ; le souffle de vie en somme. D‚un coup, j‚ai redécouvert la raison profonde qui m‚avait fait choisir ma profession : l‚émotion. Depuis quelques années, mon activité s‚est recentrée sur les sujets musicaux d‚obédience pop-rock et electro. Ces disciplines artistiques sont évidemment émotiogènes, surtout si on y mêle l‚image, fixe ou mobile. Mais, à quelques exceptions près, on navigue dans des strates d‚énergie pure et éphémère. De votre côté, les prestations seraient plutôt du genre coriace pour la mémoire et la réflexion. En trente ans d‚existence, j‚ai écouté des milliers de chansons, vu des centaines de films et quelques dizaines de pièces. J‚y ai connu le frisson, les larmes, la joie, la communion des salles ou des foules, les introspections et prises de conscience. Culturellement, je pensais avoir tout vécu, effleuré le noyau. J‚avais tort. Avec « Chambres d‚amour », vous êtes parvenus à me toucher profondément.
     
    La première fois, je suis monté avec Catherine. Je n‚avais pas la moindre idée du sort qu‚elle allait me réserver. Pendant quelques minutes, ses vers m‚ont léché la joue autant que l‚imagination. Ce fut très court, trop pour réaliser. Je suis donc revenu quelques jours plus tard. Comme le client contenté par une passe, j‚espérais rempiler avec cette pensionnaire. Ca ne s‚est pas passé comme ça, tant mieux. C‚est Faustine qui a écrit le chapitre suivant. Allongé, mon visage face à ses yeux verts, j‚ai siroté ses mots. Situation inédite, même avec la personne qui partage vos nuits. J‚ai été plus troublé encore que la première fois. Un instant, j‚ai cru que ses poèmes m‚étaient personnellement destinés. L‚action conjuguée du vert et des vers m‚a presque fait pleurer. Je me suis retenu. J‚ignore si j‚ai bien fait. Je me pose encore la question. À mon tour, j‚ai eu envie de lui réciter un texte, histoire de rétablir l‚équilibre. Par peur de briser le processus théâtrale, d‚outrepasser ma condition de spectateur et peut-être du ridicule, je me suis ravisé. Longtemps, je me souviendrai de Faustine. De ses yeux émeraude et de la manière dont les mots d‚Aragon coulaient de sa bouche. D‚ailleurs, c‚est drôle comme les éléments de l‚existence ont tendance à s‚emboîter. J‚ai toujours aimé le concept d‚absolu chez Louis. Je pense que, dans cette chambre du Channel, il y en avait une part.
     
    D‚un point de vue personnel, je suis toujours marqué par l‚expérience. A un niveau plus global, je m‚interroge sur la nature même de la performance. Comment « aimer » plusieurs dizaines de « clients », sans y laisser un peu de sa santé mentale ? Est-il simplement tenable de témoigner de la gentillesse à quelqu‚un qui en a manqué ? Est-ce si facile d‚offrir des mots d‚amour à des personnes qui n‚en ont jamais entendus de leur vie ? Ne tombe-t-on pas parfois « amoureux » ? Par moment, n‚est-on pas confronté à des « spectateurs » dont le trouble est palpable ? Dans un monde idéal, j‚aurais aimé avoir des réponses. Mais peut-être serait-ce là fausser le jeu.
     
    Je vous souhaite de continuer, de ne jamais vous détourner de votre route. Vous détenez une part de la vérité, c‚est incontestable. Comme l‚a écrit un jour René Char : « Impose ta chance. Serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder ils s'habitueront. »
     
    Avec gratitude et affection.
     
    S.

     

    N° 36

     

    CAPDENAC. HOTEL DE PARIS

    21 mars 2008

    Dans le cadre du chainon manquant, invitation de "Derrière le Hublot" Fred Sancerre, Delphine et Karine.

     

    L'équipe :

     

    • Nouveau : Samy Guet
    • Delphine Branger
    • Faustine Tournan
    • Sylvie Lalaude
    • Gill Herde
    • Marie Leila Sekri
    • Jacques Livchine
    • Seb Dec
    • Goobie
    • Max Bouvard

    et Hervée de Lafond, Sébastion Vion

     

    Le patron de l'hôtel s'appelle Samuel Poireau. Jeune et sympa.

     

    Bien sûr, on a oublié une malle, celle de la déco des couloirs. Et il manque quantité d'accessoires à Goobie. Trente ans qu'on n'arrive pas à rationaliser notre dépôt de décor.

    Il pleut, il fait froid. Conditions idéales pour s'abriter dans nos chambres d'amour. Public bien mélangé. Des habitants et des pros venus au festival.

    Particularité : le café est le lieu de rassemblement des équipes de rugby, et de football. Ambiance, atmosphère.

     

     

    Comme d'habitude, je note la liste de mes clientes

    1. Marie Jo de Rudelle
    2. George ( 78 ans)
    3. Fabienne de Nouillac
    4. Sylvie
    5. Martine Siorat (La femme de jean Pierre de Lozère que je n'ai pas vue depuis 30 ans)
    6. Nadine de Figeac (Office de tourisme, nous connait d'Aurillac)
    7. Annick de Toulouse
    8. Sylvie (Groupe artifiction)
    9. Marie du Lot (traductrice)
    10. Karine (derrière le hublot)
    11. Yolande d'Auvergne. travailleuse sociale
    12. Odile de Figeac
    13. Aude. céramiste
    14. Odile de Figeac
    15. Emanuelle de Chambéry
    16. Emilie
    17. Emilie de Toulouse
    18. Hélène de Grande Synthe
    19. Laeticia de Capdenac (épouse de Fred)
    20. Nicole d'Aquitaine
    21. Chantal de Figeac

     

    J'ai un nouveau Verlaine qui s'ajoute à Aragon, Baudelaire, Cendrars.

    Toujours des scènes drôles : celle qui s'appelle George et qui a 78 ans, sidérée de ce qui lui arrive.

    et les mêmes remarques : c'est beau, c'est agréable, encore un peu. Si mon mari me parlait comme ça ...

    et une autre un peu excitée "j'espère que vous allez me caresser !".

     

     

     

     

     

    Calais en 2001.

    Calais en 2005

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