L'armada du crépuscule

C'est un projet de spectacle collectif pour Chalon très simple.

Pour se souvenir qu'il y a vingt ans le festival de Chalon ouvrait ses portes si je peux dire.

Donc on propose la lettre suivante, certe un peu niaise aux compagnies, que l'on fait passer sur la liste "rue"une liste de diffusion offerte par le fourneau où nous sommes environ mille inscrits, mais les débats et les affrontements se jouent à 20 environ.

Chalon envoie le communiqué, trop tôt à notre avis, mais c'est avec de bonnes intentions de peur d'être en retard


 

Le 25 janv. 06, à 17:20, Ines a écrit :

« J’appelle, je ne sais pas qui j’appelle, mais j’appelle » Henri
Michaux

APPEL A TOUTES LES COMPAGNIES DE RUE POUR FAIRE PARTIE DE L’ARMADA

Vous faites partie de ces milliers de compagnies ou d’artistes qui ont
depuis trente trois ans, écrit les pages de l’histoire du théâtre de
rue ou
des arts de la rue.

Vous étiez à Aix en Provence en 1973, à la Falaise des fous en 1980, à
Aurillac en 1985, à Chalon en 87, et puis partout en France ou dans le
Monde.Vous avez joué dans un petit festival ou un grand festival, un hors
-festival, dans une ville, un village dans la campagne. Vous étiez en
solo,
en duo, à 20, à 50, à 100. Vous faites partie de cette histoire, de
notre
histoire.Nous avons envie de construire cette année, pour les 33 ans des arts de
la
rue, à l’occasion de la 20ème édition de Chalon dans la rue, le plus
grand
spectacle de rue minimal du monde, le spectacle qui n’existe pas, un
spectacle totalement imaginaire.

Nous avons besoin pour cela d’un bout de souvenir, d’un accessoire,
n’importe quel objet, petit ou grand, mais n’excédant pas cinq mètres de
haut, qui rappelle un de vos spectacles, vous l’accompagnerez d’une
légende
indiquant votre nom ou celui de votre compagnie et son histoire.

Tous ces objets seront exposés dans une scénographie originale dix jours
avant le festival et durant les quatre jours de Chalon dans la rue,
dans le
musée éphémère du 1er age de la rue, puis mis en Saône pour le départ de
l’Armada.Ainsi débutera, à la tombée de la nuit, le grand voyage immobile de
cette
mémoire flottante, qui dérivera doucement vers la mer.

Vous pouvez donc fabriquer l’embarcation qui portera votre souvenir,
l’accompagner d’un petit éclairage.

C’est le dimanche 23 juillet à la tombée de la nuit que la Saône
s’emplira
de ces milliers d’embarcations formant une flottille onirique.

Les habitants de Chalon sur Saône participeront eux aussi à cette
l’Armada
pour rappeler que leur festival n’a que vingt ans.

L’Armada, c’est un message envoyé au monde entier : les arts de la rue
ont
existé, existent, et existeront encore.

Cela se passera, drôle de hasard, pendant le « Temps des arts de la rue
»,
le dimanche 23 juillet 2006 à la tombée du jour.

Une opération pilotée par le Théâtre de l’Unité, (Audincourt), et
Chalon
dans la rue, avec la compagnie les Bains Douches (Montbéliard), 26 000
couverts, (Dijon), le Pudding théâtre (Salins les bains), L’Opéra Pagaï
(Bordeaux), Commandos Percu (Toulouse) et Générik Vapeur (Marseille).

Renseignements pratiques : dates, horaires, plannings, envois,
acheminement,
récupération des objets…Contactez SMOOZ par mail : armada@chalondanslarue.com


 

Première réaction

celle de JF le SCour. un plasticien

pas mal
appel à la grande famille de la rue
pour le bénéf de qui ?
j'espère que les intermittents bloqueront cette armada
non ?

jf


Réponse de Livchine assez pédagogique à Le Scour


J'ai souvent pensé que le succès quantitatif des arts de la rue était un
malentendu.

Parce que le succès n'est pas dû aux programmations.

On en serait resté aux simples programmations IN, ces festivals
attireraient un ou deux milliers de personnes maximum.

Le succès est dû à ces centaines de compagnies qui depuis 20 ans viennent
à leurs frais ou contre quelques repas.
Ces centaines de compagnies créent un foisonnement inimaginable et festif.
Donc on vient pour l'ambiance de ces festivals.
On a appris en 2003 que nous, tous ensemble, nous engendrions des
retombées économiques incroyables.
La mairie d'Avignon n'a pas bougé. Des centaines de compagnies vont encore
cette année verser 10 000 euros pour se louer une salle pendant 90
minutes...
Les mairies de Chalon et d'Aurillac ont- elles saisi que le Off était leur
chance ?
Le défi de l'armada du crépuscule, c'est de savoir si malgré les
divisions qui s'accentuent dans le théâtre de rue entre les -gros et les petits, les
labellisés et les non labellisés, les IN et les off nous étions encore
capables de fabriquer ensemble à 1000 ou 2000 la plus hallucinante image
du monde.
Si personne n'a envie de ça, ce n'est pas grave, cela signifierait que les
forces libérales nous auront mangé et que nous sommes dans le " chacun
pour soi", et le "sauve qui peut".
Les retombées ? J'imagine qu'elles seront pour le théâtre de rue en
général, puisque l'image nous en serions co-responsables à 1000 ou 2000. Même les
chalonnais sont invités à fabriquer des objets flottants.

L'idée a été proposée à Pedro Garcia qui l'a accepté, elle lui a été
vendue 20 centimes.
Chalon dans la rue coordonne l'ensemble. Smooz est chargé du projet avec
le reste de l'équipe de Chalon dans la rue.
Un comité restreint se réunira début février pour aborder les problèmes
pratiques de la réalisation de l'Armada et donner plus de chair au concept
de base.
Restreint, car on ne peut pas piloter à 500 dans un premier temps. Mais
j'espère qu'il s'élargira.
Et j'espère que JF Le Scour ne manquera pas de faire offrande à la Saône
d'une de ces célèbres croûtes 4X3, sérigraphiée, et éclairée...
Et s'il y a encore une grande grève, il n'y aura même pas d'armada à
arrêter, puisque la Saône sera totalement vide, et continuera de couler
comme elle le fait depuis 12789 années.

Est ce que cette armada aura lieu dans le cadre du temps des arts
de la rue ? Bonne question.

C'est ça que j'aime dans le temps des arts de la rue, c'est le temps du
mystère.


Coco du quartet buccal, une militante bien radicale, mais bien réfléchie aussi, répond aussi sec, assez violemment

au lieu d'un beau voyage moi j'organiserais plutot un beau naufrage,
parcequ'aujourd'hui avec ce qui nous pend au nez donner une belle image
c'est comme montrer une belle carte postale du tiers monde quand les gens
crève la dalle derrière
c'est vrai que ce sont des centaines de petites compagnies qui font que ces
festivals existent, mais la vraie solidarité entre les petites et les
grosses et montrer qu'on ne s'est pas fait bouffer par le libéralisme et le
chacun pour soi, c'est là maintenant que ça se passe, on ne sauvera pas
toutes ces compagnies par des belles images, ou alors celle de 100 000
intermittents devant l'unedic le 14 février prochain, voir même dans
l'unedic, pendant que le medef et consors négocient, ou ailleurs en tout cas
nous tous!

excusez moi de revenir à des choses très triviales, je ne regarde pas la
télé, mais je sais que ce qui se joue en ce moment mérite qu'on y soit ici
maintenant pas au mois de juillet

coco


Larderet de Cacahuètes, ravi du tour pris par cette affaire en rajoute une couche

Jacques,

Ton histoire d'Armada sent un peu le téléthon ou les restos du coeur .Pourquoi faites vous cela à Chalon ? Servir la soupe ou compter sur lescentaines de compagnies qui sont déjà présentes sur place ? Une belle armada à L'Isle sur le Doubs ou à Baumes les dames cela aurait un peu plus de sens.
Mais bon.
Moi je dis votez Jf Lescour

Amusez vous bien.

Pascal


Nicolas Soloy se penche sur le projet. C'est carrément la volée de bois vert, le rejet le plus complet. Je suis abasourdi, je cherche à comprendre toutes ces craintes et la haine sous- jacente qui va avec.

Il y eu " Nus mais justes" en 2003 et ça a été signé Crespin.
Ça légitimait l'action: elle devenait œuvre. Nous étions co-
responsables de l'image, eh oui, et elle était signée Crespin.

Si l'Armada du Crépuscule cherche à dire le souffle qui anime les
différentes compagnies, à affirmer les correspondances des
différentes démarches artistiques, oui, emparons-nous du concept,
collectivement . Et nommons-le d'un nom qui nous appartiennent à
tous, qui évoque l'engagement quotidien qu'exigent nos professions,
qui parle du sacrifice du plus grand nombre pour qu'un petit nombre
puisse jouir temporairement d'une place au soleil.

Je n'ai pas envie de lire dans la presse:
"Deux mille intermittents se sont joints à l'action initiée par
Livchine en collaboration avec le festival de Chalon.
Un moment
tendre mais drôle avec de belles lumières."

J'ai envie d'entendre:
"Un grand nombre de compagnies de la rue ont rendu un hommage
solennel aux leurs.
Dans la plus grande dignité.
Nombre de compagnie disparaissent chaque année, d'autres ont tant de
difficulté à naître.
C'est pour celles-ci et pour toutes les autres, qu'a eu lieu ce soir
"l'Armada du Crépuscule".
Les statuts de la Compagnie Méconnue ont été brûlés puis leurs
cendres jetées en la Saône.
À la mémoire de toutes les compagnie à venir, comme à celles qui sont
tombées au combat contre les forces libérales et totalitaires, et qui
tomberont encore."

"À la mémoire de la compagnie méconnue."
Voilà bien le sous-titre que j'aimerais ajouter.

Et vous?

Bien à vous,
Nicolas Soloy


ça sent le roussi, je tente d'endiguer le mouvement d'hostilité, j'ai surtout besoin de décharger parce que ça m'encombre tout ce fiel, et j'essaye de comprendre


From: "Jacques LIVCHINE" <info@theatredelunite.com>

Sent: Friday, January 27, 2006 11:59 AM
Subject: [rue] L'armado démaga

Les arts de la rue se sont créés des rituels.
Les Aurillac et les Chalon sont nos Saintes Maries de la mer, les artistes
débarquent de partout et s'y retrouvent.
Je crois aux rituels laïques. Ayant joué à Chalon et à Aurillac, première édition, on a trouvé ça
légitime d'y être vingt ans après.

Normalement, pour les anniversaires on sort un bouquin de photos.
Nous avions proposé à Jean Marie Songy pour les 20 ans d'Aurillac, un
cimetière des arts de la rue, dans la montagne. C'était compliqué, et puis
le côté enterrement du théâtre de rue était discutable.
faire l'armada à Baume les dames, cela n'aurait aucun sens.

Servir la soupe à Chalon ?

Nous ne sommes pas pour fêter les vingt ans de Chalon, mais plutôt les 33
ans du théâtre de rue en commençant l'histoire à Aix ville ouverte aux
saltimbanques.
S'emparer des fleuves, c'est dans l'air. Il y a de plus en plus de
compagnies qui travaillent sur l'eau. Tout cela pour dire à Nicolas Soloy
que nous ne revendiquons absolument pas la paternité, et que je suis bien
d'accord, que si ce n'est pas une oeuvre totalement collective, ce n'est
même pas la peine de continuer.
Quant aux retombées... Il fallait bien que quelqu'un signe le premier
appel,
nous espérons bien disparaître au plus vite, c'est le sens de ce premier
petit comité de pilotage qui devrait vite s'élargir, enrichir l'idée de
base, l'approfondir etc.

Mais on ne va pas non plus avoir honte de faire une proposition, et se
cacher sous un faux nom.Pour rassurer tout le monde, nous ne sommes absolument pas payés pour
cette armada, mais nous souhaitons que ceux qui vont s'en occuper concrètement
le soient. Cela va de soi, et Chalon dans la rue est en train de dégager un
budget pour cette opération qui ne doit rien coûter aux compagnies.
(prise en charge du transport etc. toute la logistique doit être discutée début
février).
On compte bien sûr sur toi, Pascal, pour nous raconter l'histoire du
théâtre de rue à ta manière, au milieu des objets qui seront mis à l'eau
le dernier jour. Toi et d'autres, bien sûr. Cela fait partie du concept.
Quant à ce que dit Coco sur le rassemblement de 100 000 intermittents
plutôt que cette parade. C'est un bon sujet de réflexion. L'un ne doit
pas empêcher l'autre.
Les municipalités nous font remarquer de temps en temps, que l'argent du
théâtre serait plus utile dans les quartiers, ou que l'on n'a pas le droit
de faire du théâtre alors que 3 milliards d'hommes crèvent de faim.

J'ai toujours l'impression que la société humaine c'est comme un corps
solidaire, et qui si un pied est malade, il ne faut pas que les autres
membres se laissent dépérir, bien au contraire, et donc que l'art doit
faire partie de la bataille.

C'est pourquoi il y a du théâtre en Palestine, et dans d'autres pays en
guerre. C'est pourquoi je continue.
Reste à savoir si je suis clair, je n'en sais rien." Le jour n'est pas
plus pur que le fond de mon coeur".


Pierre Prévost, un des ténors de la liste rue donne de la voix dans son style de quelqu'un qui sait écrire, mais qui de plus n'a pas peur de monter au créneau à cntre courant. Ses coups de gueule deviennent illustres, mais toujours dans le respect de l'autre.

qu'est-ce que c'est que cette posture dans laquelle gaillardement on
s'enfonce ?

Nous qui pratiquons un métier irréaliste, utopiste, brindezingue à la base.
J'm'a gourré, c'est une liste de fonctionnaires aigris ? cette liste du
lefuturno ?
Quand est-ce qu'on rêve, entre deux pleurs sur le sort attristant des
zintermittents et tous ces ennemis qui nous cernent: gouvernement,
medef, syndicats, bailleurs, nantis, conventionnés etc... etc... ?
Vous me gonflez sérieux camarades, marre de marcher derrière le
sempiternel enterrement, j'étouffe.

Ces procès qu'on se fait ça me donne un tournis, cette aigreur
d'Outreau-tombe.
L'armada: une initiative, parmi d'autres, parmi celles de Pascal, de
Valentin, de Loïc et des autres.
Les assedic sans espoir: peau de bique.
C'était beau ce que t'as écrit Nicolas, cet hommage à la compagnie
Méconnue. J'ai plein d'autres idées dans le genre.
Célébrons l'amour avec un hommage au divorcé inconnu
Célébrons l'enfance avec un hommage aux morts-né inconnus
Célébrons la vie par un hommage à la mort.
La précision sémantique de JeanLuc est pertinente mais est-ce la question ?
La vie déserte cette liste.
Trop de conneries et pas assez de déconnantes.
On ne se lache plus la grappe, pauvres vendangeurs de slips.
La vie est dure. Ben oui. Et le Hamas & l'Irak & la Tchétchénie (qu'on
oublie) & le Soudan et le reste.
Raison de plus pour faire la fête.
Je ne sais pas si je pourrai y participer mais elle me plait cette idée
de Jacques.
Mais je suis aussi d'accord pour des suicides festifs.
Compagnies, ne mourrez plus en douce. Partagez. L'enterrement c'est une
cérémonie exprès pour ça.
Qui permet aux survivants de continuer crânement à vivre.
Ce qui est notre devoir, notre graal, notre raison d'être.
Prière de me désinscrire, je m'abonne à Télé 7 jours.

Basta!
Pierre


ça continue. Damiel Domingo enfonce le clou, Daniel qui vient d'animer tout un débat contre la télé ridiculise à fond ce projet d'armada

Non Pierre ne part pas, surtout pour aller à Télé 7 jour sur 7 (on avait dit qu'on arrêté avec la
Télé)Allons reviens, restes. Nous avons trop besoins de tes avis éclairés et de
tes paroles de sagesse.

Mais là je ne te comprends pas.

Toi qui as toujours défendu, le bouillonnement de la liste rue, la pluralité
d'opinion, les débats etc.

Qu'est ce qui t'énerve tant dans les critiques, commentaires et réticences
qui sont émises sur le grand projet de l'Armada ?

Une si belle image si douce, si calme, apaisée et tellement télégénique, qu'on
croirait qu'elle a été faite pour la Télé.

Ah mais dites, les Arts de la Rue ils savent écrire pour la Télé N'est-ce
pas Maître Jacques !

Je ne serais pas étonné qu'on réfléchisse déjà aux conditions du direct.

Et puis j'imagine bien sur les 10 jours de l'exposition qui précède, chaque
soir un reportage sur l'un de nos anciens, la larme à l'oil au journal de 20
heures :

« Ah oui à Aix en Provence en 1973 et bla bla bli, Puis à la Falaise des
fous en 1980 et bla bla bla., Par contre à Aurillac en 1985 na na na...,
Mais à Chalon en 87 Hou la la.

« C'était le bon temps, nous avions tout à inventer. Des territoires
inconnus à explorer.On travaillait du chapeau et on mangeait au chapeau.T'as
compris...hi hi hi »

2 ou 3 bon mots, quelques anecdotes, quelques belles phrases :

« 33 ans c'est maintenant l'âge adulte blabla.la reconnaissance
blabla .augmentation des budgets blabla. structuration du secteur,
professionnalisation, fédération, blabla. ».

Même du fond de ma campagne sans Télé je la sens l'odeur du battage
médiatique.

Et tu t'étonnes Pierre que Nicolas et d'autres aient de la difficulté à se
reconnaître dans la belle image optmiste, consensuelle et silencieuse que l'on
nous propose de construire à 1000 ou 2000 ? Est-ce étonnant si ils se
sentent un peu étranglés par le cours des choses et s'ils se posent la
question de savoir qui va jouer le dindon de la farce.

Maître Jacques nous dit :

« Le défi de l'armada du crépuscule, c'est de savoir si malgré les
divisions qui s'accentuent dans le théâtre de rue entre les gros et les
petits, les labellisés et les non labellisés, les IN et les off nous étions
encore capables de fabriquer ensemble à 1000 ou 2000 la plus hallucinante
image du monde. »

Se serait tellement beau !. Et puis après on recommence comme avant : les
gros et les petits, les labellisés et les non labellisés, les IN et les off
chacun de leur côté enfoncé dans la démerde, mais pas avec les mêmes moyens.

Et il ajoute un rien culpabilisateur :

« Si personne n'a envie de ça, ce n'est pas grave, cela signifierait que les
forces libérales nous auront mangé et que nous sommes dans le"chacun pour
soi", et le "sauve qui peut" »

On est dans quoi Maître Jacques avec 43 cachets à faire en 10 mois et demi d'hiver,
sans aides, sans emploi jeune, sans subventions, sans entregents parce qu'on
était pas à Aix en Provence en 1973, à la Falaise des fous en 1980, à
Aurillac en 1985, à Chalon en 87 et qu'on a pas accès aux budget de
répétitions des CNAR et aux résidence de pré achats des festivals ?.

Oui il y a plein de compagnies qui sont dans le " chacun pour soi", et le
"sauve qui peut" et à qui on offre toujours pas un sandwich et un
emplacement de camping pour jouer à Aurillac ou à Chalons. Les pauvres
manquent vraiment de générosité.

D'ailleurs, depuis la dernière AG de la fédé, il ne faut plus parler des
gros et des petits, des labellisés et des non labellisés, des IN et des off,
ça fait poujadiste, limite réac.

Alors si en plus faut pas critiquer la belle image symbolique, conciliante
quasi biblique qui est proposé, on se demande où elle est passé la liberté
d'expression, la pluralité de point de vues.

Y en a marre des projets de consensus, des « tous ensemble tous ensemble »,
ça ne marche pas, c'est chiant, on l'a vu en 2003. Une foule de gens qui
marche du même pas ça finit toujours par marcher au pas de l'oie.

Alors il faut arrêter la course à l'échalote au sujet de l'événement
fédérateur des arts de la rue, car c'est bien de ça qu'il s'agit : qui
arrivera à réunir le plus de participants sur son projet fédérateur ?

La Fédé où Maître Jacques ? Je ne prends pas les paris, ça ne m'intéresse
pas.

Pour moi, le théâtre de rue est un art de la proximité, du foisonnement et
de l'humain et les spectacles de masse me font bailler, aussi bien en
spectateur qu'en acteur.

Je te l'ai déjà dit Pierre, je serais plutôt partant pour faire un Evènement
Fédéraleur.

Alors si je vois un évènement sur lequel se fédérer, se serait le 14 juillet
pour faire un beau spectacle sur les Champs-Élysées. Pas besoin de s'occuper
de la Télé elle sera déjà là et tout sera organisé par un service d'ordre
irréprochable.

Si il y en a qui sont branché, il y a qu'à me contacter, on aura qu'à leur
parler d'Amour, de Vie et de Paix sur Terre.

Ouais je sais, la non violence et tout ça, c'est ringard pour les anciens,
mais. si il y a encore quelques jeunes qui y croient encore.

Grosses bises à tous.

Daniel Domingo
G.R.A.A.L.L Groupement Rural d'Action Artistique de Libération Ludique
Rue des Redis
26450 Puy St Martin
graall@free.fr
www.yuocs.com


.Tout ça prend une mauvaise tournure, je décide de répondre en privé à Daniel, parce que le débat devient vraiment fielleux

 

Salut Daniel,
Je n'ai pas envie d'emmerder tout le monde avec cette histoire, que tout le monde caricature à souhait avec une violence profonde et qui doit être l'expression de quelque chose que je ne saisis pas.

1-D'abord ce n'est pas pour la télé, parce que c'est infilmable, c'est de nuit, cela ressemblera plutôt à une cérémonie sur le gange qu'à une parade militaire nazie. Je vois des petites lumières minuscules et dérisoires.

2- mettre des allumettes dans l'eau, c'est un truc de gosse
3- c'est pas les souvenirs que l'on racontera, c'est ton théâtre à toi. Justement il n'y a aucune nostalgie là dedans, aucun souvenir d'ancien combattant, car j'ai vécu ça à Aurillac, les inaugurations de plaques, c'était nul.

4- Il y aura de l'humain, des hommes grenouilles, du club de plongée de Chalon, des barges orchestre, des embarcations d'habitants et plein de trucs que je ne sais pas qui sont à inventer. C'est le public qui devrait éventuellement éclairer les bords de la saône etc.

5- On a fait un essai sur le Doubs en juin dernier, ça faisait rêver les gens.

6- c'est une tentative de casser l'individualisme forcené de ces festivals dont je sais dire du mal aussi.

Peut être que finalement on terminera par mille télés que l'on jettera dans la Saône, au moins cela ne sera pas consensuel...

J'ai sans doute mal expliqué.

Je crois toujours que c'est une belle idée.

Tu me demanderais un petit bout de décor ou un accessoire avec une petite légende, pour faire le final de Chalon dans la rue je crois que je te le donnerais affectueusement, mais là cela semble te poser à toi et à d'autres de graves problèmes de conscience, c'est bizarre.

Affectueusement et désolé du dérangement.

Jacques


Daniel me répond personnellement et sa réponse m'éclaire


Salut Jacques,

Désolé si mon courriel, t'as blessé. Mais oui il y a de la violence en moi,
en nous et autour de nous. Une violence profonde que tu ne saisis pas ?

Je vais essayer de t'expliquer la violence qu'il y a à sentir que cet hiver,
dans notre compagnie nous sommes quatre comédiens sur quatre à sortir des
rails alors que tout le monde s'occupe déjà de préparer la fête de cet été
avec les petites lumières sur l'eau.

La violence qu'il y a à lire tes railleries amusées sur un homme, un vrai,
poète déconnecté et pur, qui ne regarde pas la télé parce que c'est
dégradant.

Oui il y a de la violence à lire tes sondages sur le pourcentage de
spectacles que tu considères sans propos, sans prise de position, sans
révolte, sans engagement au monde.

Il y a de la violence à se sentir relégué dans les 80% de spectacles qui
collaborent mollement avec un régime capitaliste décadent et scandaleux.

Il y a de la violence à entendre tes prises de positions toutes emplies de
suffisances et à les comparer avec tes propositions. Et oui encore une fois
ce n'est pas cet été avec la grande Armada qu'on sera dans la révolte.

Il y a de la violence à se sentir encore une fois proposé la grande alliance
entre les petits et les gros
« Le défi de l'armada du crépuscule, c'est de
savoir si malgré les divisions qui s'accentuent dans le théâtre de rue entre
les gros et les petits, les labellisés et les non labellisés, les IN et les
off nous étions encore capables de fabriquer ensemble à 1000 ou 2000 la
plus hallucinante image du monde. ».

Il y a de la violence a sentir ton offre de trahison et de culpabilité : «
Si personne n'a envie de ça, ce n'est pas grave, cela signifierait que les
forces libérales nous auront mangé et que nous sommes dans le"chacun pour
soi", et le "sauve qui peut" ».

Il y a de la violence à vivre dans ce pays d'inconscients satisfaits et
consentants qui se foutent de ta gueule dès que tu t'avises de plus suivre
le petit train-train du quotidien qui fonce dans le mur.

Oui il y a une violence profonde due à la frustration, à l'insatisfaction et
au mépris, une violence qui a brûlé des voitures à l'automne et qui revendra
encore et encore et encore.

Une violence qui ne peut s'apaiser qu'avec la consommation frénétique, les
tranquilisants, l'alcool, les pétards, l'autosatisfaction, le tabac, la télé
et j'ai arrété tout ça pour mieux la sentir, pour mieux l'utiliser et ça
marche mais j'ai pas encore réussi à tout controler. Je suis même pas sur
d'en avoir envie.

Mais c'est vrai que je n'ai pas à te renvoyer cette violence ; ni à toi ni à
ton projet et je m'en excuse.

 

Bonne continuation

Affectueusement aussi.

Daniel


Le débat se met à prendre une autre tournure. Après avoir démoli, on reconstruit, on donne des idées . Jf Scour commence

d'habitude maître jacques ne répond pas
quand il est attaqué
là il répond à chacun dans le sens du poil
aurait-il besoin de bras ?
aurait-il des choses à se faire pardonner
serait-il le sergent chef de l'opé
serait-il entrain de serrer les fesses de peur de mauvais traitements
de son petit projet

bref ce que j'ai envie en ce moment
c'est d'aller dans la rue
pour poser deux questions :
"qu'est-ce que la police ?"
"que fait la police ?"
avec des barrages en croûtes
et une caméra vidéo

on est bien loin du "foisonnement inimaginable et festif"
et encore plus loin du grand déballage nostalgique des vieilleries
désolé cher maître jacques

jf

ps : franchement je préférerais
1000 ou 2000 personnages passant sur 1000 ou 2000 barques
touchant chacun un cachet pour l'occasion
pour bien montrer à monsieur le maire (potos à perbene si mes souvenirs
sont bons ?)
et évidement à monsieur le ministre que les statistiques sont bien
faites de personnages
qui se lèvent le matin comme lui..

 


Pascal propose un bout de viande

Jacques,

Je vous ferai passer un bout de porc à exposer: si la température le permet
il sera à point pour l'embarquement du 23 juillet mais pas sur que j'y sois
ce jour là , on repart en campagne pas mal cette saison.

La bise , mais Baume les dames cela aurait vachement du sens .

Pascal

 


Une analyse sémantique de jean Luc Prévost

"Le choix du mot " ?????

L'Armada était destinée à transporter des troupes de débarquement et à
escorter les barges du duc de Parme. En ce qui a trait aux batailles
navales, la stratégie consistait pour les Espagnols, à s'approcher le plus
possible de l'ennemi, procéder à l’abordage et vaincre par la supériorité
numérique et militaire des combattants.

Les Anglais ne leur ont jamais laissé cette occasion. Ils sont toujours
restés à une distance suffisante pour éviter d'être abordés, mais assez près
pour infliger de sérieux dégâts avec leurs canons. Et c'est précisément sur
ce point que se situe une des faiblesses fondamentales de l’Armada : son
incapacité à mener un combat d'artillerie véritablement efficace.

JLuc


une proposition de Joan Jacobowski, pas très claire mais ne manquant pas de souffle

Puis ôde à la statufication - statufaction, statufiction...? - de la compagnie inconnue !

Je sais bien que la merdeff a trés tactiquement collé chacunes des forces inventives et travailleuses la tête dans son guidon !

( Et à force, la tête dans le guidon, ça fini par faire mal ! )

Et là, oh comble ! voilà-t-y pas que les compétants de la représentation remettent ça :

- les artistes parlent aux artistes - 2 fois

Si c'est pour une répétition générale, - avant dispertion contagieuse - j'dis pas non ;

L'armée de l'art, la berezinia une touche de manif de droite arrosée des petits papiers des zenfants d'afrique , je ne dis pas non ;

Sans forums à la babel, sans maire et sans hurleurs à la noire désir, je n'dis plus oui ;

Et si c'est de nouveau, sans parler, et laisser parler les kamarades de la santé, de l'édification nationale, de l'eau du gaz et des déportations - ces derniers ne viendront sans doute pas, les kamarades concernés étant du mauvais côté des barbelés - messieurs dames de la représentation, c'est non ;

" Et nommons-le d'un nom qui nous appartiennent à
tous, qui évoque l'engagement quotidien qu'exigent nos professions,
qui parle du sacrifice du plus grand nombre pour qu'un petit nombre
puisse jouir temporairement d'une place au soleil."

" C'est pour celles-ci et pour toutes les autres, qu'a eu lieu ce soir
"l'armada du crépuscule"

les statuts de la compagnie inconnue ont été brûlés puis leurs cendres jetées...

Mais c'est oui si c'est pour aller virusser de ce pas le prochain bamako forum et jusque sous leurs fenêtres à ces empaffés de la dictature ;
Debouts, dehors ! 2 fois

À la mémoire de toutes les compagnie à venir, comme à celles qui sont
tombées au combat contre les forces libérales et totalitaires, et qui
tomberont encore."

l'armada du crépuscule des idoles , oui ;.

Les statuts de la Constitution Trop Connue ont été brûlés puis leurs
cendres jetées en la Seine ! 2 fois ;

comme disait tonton - je sais j'me répète - " ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait " ; mille et une fois;
pis comme "l'armada" y paraît que c'est pas bon signe;
- se sont fait scrabouiller -

qu'est-ce que vous diriez de "l'étoile rose du crépuscule des idoles" ?
( je sais c't'un peu long) - au trou pour terrorisme poètique ? - ;

bien à vous
joan jakobowski


Fred Fort propose l'armada de la liberté

J'étais à Chalon au début des années 90.

Je me souviens d'un discours vibrant de Perben après le spectacle de Xarxat
et de Gustave Parking.

C'est avec des accents gaulliens qu'il a conclu avec : "Chalon, la
libertéééééééé.... ! "

Certains doivent s'en souvenir aussi .

je l'ai vu ensuite au ministère de la justice, il n'était plus question de
LA liberté mais DES Libertés.

Tout les Français ont pu apprécier son travail dans ce domaine !

Les Français et les Italiens.

A la manif de soutien à Cesare Battisti extradé, notamment par Perben
faisant fi des engagements de la république française, il y avait une jolie
banderole qui doit bien faire dans les 5 mètres de haut.

Sur la banderole, onze des vingt propositions du Front National en matière
de sécurité qui ont été mises en place en fin de compte par Sarkozy et
Perben.

Cette banderole fera assez bien le 23 juillet sur les bords de la Saône.

On pourrait la faire lire par les journalistes qui ont été perquisitionnés
ou gardés à vue depuis la mise en place de ces lois, ou par les magistrats
punis de trop d'indépendance, ou par Perben lui-même.

L'armada de la liberté, quoi !

Chiche ?


Anarkao est pour l'armada de la liberté


Bien sur Fred ,totalement d'accord avec toi ,une armada de
la liberté , j'en suis , des jolis bateaux sur la Saone bof.....PAULO ANARKAO

 


Et voilà que daniel Dominguo compose le scénario de la soirée.

 


Bon malgré les critiques, ça m'inspire cette histoire d'Art de la Rue que l'on livre au fleuve pour le sauver. On dirait l'ancien testament avec Amram confiant son fils Moïse à la bienveillance du fleuve.

Alors puisqu'on est partit sur du symbolique, je propose une lecture prophétique de cet événement à déclamer sur les places de Chalons, dans les bars, sur les bords du fleuve, à moitié nu en ayantl'air inspiré des grands prophètes.

 

- Les Arts de la Rue, tels Moïse seront sauvés des eaux, ils seront récupérés par Pharaon qui leur donnera une bonne éducation à la cour du Ministère de la culture.

Mais un jour, les arts de la rue, tueront un surveillant de Pharaon le sémillant Ministre de la culture.

Ils fuiront la cour royale des DRAC et se réfugierons parmi leur peuple le Public.

Les Arts de la Rue demanderont 10 fois à Pharaon de laisser partir le Public mais dix fois Pharaon refusera.

Alors les Arts de la Rue conseillés par les Muses Eternelles enverront les 10 plaies sur la France Libérale.

Puis le Public, dirigés par les Arts de la Rue, quittera la France libérale pour se diriger vers la Terre Promise de l'Avenir.

Le Public endurera 40 ans d'errance à travers le Désert Culturel.

Les Muses Eternelles, lui délivrerons les Dix commandements par le biais des Arts de la Rue, sur la Falaise des Fous, dans le désert Culturel.

Les Arts de la rue disparaîtront sans jamais voir la destination de leur voyage: la Terre Promise de l'Avenir.

Le texte est une proposition, il peut bien sur être modifié et enrichi par la description des dix horribles plaies que les Arts de la Rue infligeront à la France Libérale, ainsi que par l'écriture des 10 Commandements reçus des Muses Eternelles.

Et pour ceux qui ne sont pas branché par l'ancien testament, je propose pour faire plus nouveau, l'histoire du théâtre de rue revu à travers celle du Christ. Il finit crucifié à 33 ans quand on demanda au public : Lequel de ces deux voulez-vous que l'on vous délivre du Théâtre de rue ou de la Télé. Le public s'écria La Télé, et on crucifia le Théâtre de rue.



Une contribution de Caroline Vergon

 

Armada ? Référence à l'Ancien testament ?
Moi, ça m'évoque encore autre chose. Je me souviens avoir lu dans l'histoire
de la folie à l'âge classique - Foucault, qu'à cette période l'internement
des fous n'était pas encore généralisé et qu'il était de tradition courante
que les villes envoient leurs fous, par voie d'eau, voir ailleurs ce qui s'y
passaient, quand elles souhaitaient ne plus avoir à les subir. D'où Les nefs
des fous...Plus intéressant encore par rapport à ce qui nous concerne,
Besançon, de sûr, et Chalon, il me semble aussi (à vérifier) étaient des
villes - étapes considérées comme des lieux de pèlerinage par ces fous en
goguette sur l'eau. Besançon, première ville française à avoir instauré le
RMI s'inscrivait déjà dans une tradition sociale d'accueil (mise à mal
récemment d'ailleurs avec le cas de Joseph...).
Eau, folie, tolérance face à l'autre, à celui qui fait peur... Bouffons...
A creuser peut-être...
A bientôt,

Caroline Vergon










 









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