13 septembre 2003

Et si l’on rêvait d’un nouvel ordre du monde théâtral, fondé sur le partage, l’équité, sur le doute, la solidarité ? Si les nantis de l’ancien régime partageaient soudain avec le tiers -état. Que la certitude de l’excellence artistique façon « art officiel » s’effondre enfin dans des recherches sincères, non abouties, plutôt qu’à chaque fois on nous mette dans le chaudron institutionnel les ingrédients donnant faussement les recettes des chefs d’œuvre qui n’en sont pas. »

Georges Buisson. (ancien directeur de la Coupole, scène nationale de Combs la Ville )

 

La Franche Comté est encore fermentée par le souvenir de Fourier, Proudhon, Considérant, et tout au long de la journée on a senti ce souffle.

Le principe était simple, mais il faut une cloche et un maître de cérémonie, du café et des boissons, un endroit pour fumer pendant les pauses :
Chacun devait remplir une fiche correspondant à une question. . Durée imposée : 15 minutes. Un comité qui s’auto- nomme sélectionne les dix fiches les plus éclairantes.
A chaque question le comité change naturellement.
Les fiches sont anonymes Son de cloche/ Lecture des fiches sélectionnées : 10 minutes
Discussion libre : 15 minutes.
On passe à la deuxième question , même rituel.
Ce rituel minuté est très important car il nous permet de ne jamais sombrer dans le filandreux.
Entre 14 H 30 et 23 H nous avons traité six questions.
Les questions pour ces premières contre- assises étaient proposées par la compagnie- hôte.
Les questions posées

  1. Ce serait comment un établissement artistique rêvé par vous ?
  2. L’Art peut il exister sous un gouvernement de droite ?
  3. C’est quoi un spectateur actif ?
  4. Y a t-il mieux que le régime des intermittents ?
  5. Peut- on se battre contre le pouvoir démentiel de la télévision ?
  6. Les compagnies non sélectionnées par les directeurs de salle ne peuvent pas jouer leur spectacle. Comment faire ?

Des questions considérées comme mauvaises engendrent des réponses qui ne le sont pas.
20 personnes ont bossé de façon permanente.
Une vingtaine d’autres sont passées en étoile filante.
Le public était représenté à 5%
. Grosse majorité de professionnels indépendants et de compagnies, mais la présence du public même en petit nombre donnait du piquant.
Présence très importante de deux plasticiens, ce qui cassait la consanguinité « théâtre ».
Artistes de rue et artistes de salle étaient mélangés.
Le maire d’Audincourt a planché un moment, l’adjoint à la culture aussi. Mais on ne les a jamais présentés avec leur titre d’élu, ils n’étaient que citoyens parmi d’autres.
La CGT Peugeot a participé sur deux questions.

Passage de FR3 , de toute la presse locale de deux conseillers généraux. Article en page régionale de l'Est dimanche. On n'a jamais la page régionale.
Donc ça a éveillé l’attention et l’intérêt.

Assemblée populaire ? tout de même pas, Il faudra attendre les contre- assises de St Hilaire, puisque ce sont principalement des agriculteurs qui vont être consultés sur une seule question.

Il est évident que le mode écrit ramasse la pensée, la rend concise, et permet de décoller.
Le nombre idéal de participants est de 20 –25 au -dessus il aurait fallu se diviser.

Les débats étaient riches, parfois exaltés, plusieurs fois nous avons frôlé ce que chacun pensait devoir être l’esquisse d’un avenir différent.

Pour l’instant nous allons faire un document global que nous garderons au secret pour ne pas influer sur les futures contre -assises.
Il faudrait que nous puissions le confronter à d’autres résultats d’autres contre- assises.

Avis personnel :

J’ai été étonné de la qualité de toutes les contributions.
Certaines questions vont entraîner d’autres questions.

Vers 22 H, on sentait poindre très sérieusement les manières futures d’exercer nos métiers, et je peux vous assurer qu’à 14 H 30, je n’y croyais pas trop à ces contre assises prototypales.

Au bilan, le taux de satisfaction globale de la méthode était de 100%.
Quoi faire après ?

Creuser,attendre qu’il y ait eu des centaines de contre- assises en France, confronter les synthèses, et alors là montrer son nez à Latarjet et lui dire

Etes vous prêts ? C’est ça que l’on veut,

et ce sera à lui de transformer tout ça en décisions ministérielles, en budgets etc.

Car ce que l’on veut, excusez la naïveté de ce que je vais dire, aucun fonctionnaire du Ministère , aucun directeur d’institution, aucun artiste isolé n’est capable de l’énoncer clairement et vigoureusement. <


Tout n'a pas été retranscrit, mais voici quelques unes des 700 réponses aux questions posées , les 13 septembre 2003, les 1er novembre 2003 à Audincourt, et le 26 septembre 2003 aux Francophonies de Limoges, le 23 octobre 2004 à Audincourt?

Ce serait comment un établissement artistique rêvé par vous ?

De ces 3 formes de culture, culture populaire, culture de masse, culture savante, quelle est celle qu’il faut absolument défendre ? ou celle qu’il faudrait impérativement abattre ? `

La crise du régime de l’assurance- chômage des intermittents a ouvert une brèche dans tout le système culturel actuel. Tout le monde semble d’accord sur l’idée de changer. Mais changer quoi ? Inventez les décisions les plus urgentes à prendre.

Qu’est ce qui manque à la Franche-Comté sur le plan culturel ?

Est ce que les gens qui font le succès de Star Academy se trompent ?

Quelles seraient selon vous les valeurs fondamentales à mettre en avant lors d'une refondation de la vie culturelle ?

Peut -on être artiste et ignare ?

 

 

 


 

 

 







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