ONCLE VANIA A LA CAMPAGNE DU 18 AU 21 JUILLET 2006

La tournée 2007. détails, chronique

diaporama de 3'30"

le dossier Oncle Vania à la campagne

Le chantier Tchekhov

Presse et réactions

Texte joué.

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Donc c'est la canicule, il fait 35 °C. Chaque geste engendre sa fatigue. La fatigue monte chez les uns et les autres. La bataille ne va pas être facile.

On loge tous dans un petit hôtel sympathique et modeste, retour aux années 50.

 

 

18 juillet

Séance supplémentaire pour le village de Fontaines. Notre N° 6

19 H

Un désordre indescriptible règne dans les loges, le frigidaire est en panne, il n'y a que de l'eau de source en bouteille.Une équipe de reportage ne finit pas de nous déstabiliser. Juste avant de jouer, questions, entretiens, filmages .

Je perds le cordon et la sacoche de mon appareil de photo. Dommage j'avais des belles photos de répétition.

 

19 H 15

Arrive le public, très familial , octogénaires, septuagénaires, bambins, poussettes, vélo, on a tout.

On a du mal à se concentrer

 

 

19 H 45 . Chacun essaie de retrouver ses marques, il y a beaucoup de monde. Ambiance bon enfant. Cela ressemble à une représentation sur une place de village. Les gens se connaissent, se retrouvent. Ce n'est pas du Tchekhov que l'on vient voir, c'est du théâtre.

20 H On commence. Là se pose la question, vont -ils tenir jusqu'au bout ? Est ce que cela va les intéresser ? Bien -sûr,notre style n'est pas aux normes. On voit le décontenancement. est ce drôle ou pas drôle? Est ce de l'humour ? On joue, on avance. beaucoup de pollutions. Des gens qui rentrent dans la pature, une vache qui s'enfuit, des cyclistes qui passent, le bruit des trains, comme s'ils passaient dans la pature alors que nous sommes à 2 kms de la voie ferrée.

 

21 H 57

On termine les moments un peu sacrés, un peu émouvants dans une ambiance "garderie".

Voilà, Jacques, il va fallolr te décider un jour. Tu refuses le théâtre compassé et son ambiance étouffante,mais tu n'as pas envie non plus, du bruit des moins de 4 ans qui sont déjà depuis deux heures coincés sur les genoux de leur mère.

Quelques personnes très sensibles ont été émues, d'autres ne s'expriment pas. Ah l'orgasme parfait, tu ne l'as pas tous les jours avec ton public.

 

19 juillet- N° 6

Journée des TV. Hervée gère avec joie la cohabitation de FR2, FR3, Beau comme une image, et des dizaines de photographes.

On fait "la mise " plus tôt que d'habitude pour mieux se concentrer. Pancho revoit son texte l'après midi.

Là, on sent l'enjeu. Allons nous nous écrouler comme d'habitude lors des RV historiques, c'est à dire lors des expositions en pleine lumière de notre compagnie tapie à Audincourt ? Ecrouler, oui , il nous est tellement arrivé de nous écrouler quand il ne fallait pas.

19 H 30. Les cinq cars déversent le public au lavoir St Nicolas. Canicule à 34 °C.

Les comédiens en jaune font l'accueil. La soupe cuit depuis 15 H. Je suis étonné par cet appétit de voir du Tchekhov ou de nous voir. Peut- être traumatisé par Off Avignon de l'an dernier, mais cette longue colonne de gens qui grimpe dans la pâture me touche. Quand je distribue les "propos débridés" et les programmes, je sens carrément des gens en état d'envie, heureux d'avoir une place.La pièce se déroule bien. Ce sera notre meilleure

La soupe est prise d'assaut. Nous terminons carrément tous en nage.

Nous avons droit à 15 000 félicitations d'émotion, de l'Unité que l'on retrouve, et puis les classiques silences des professionnels incapables de se prononcer

Le jeune journaliste du Monde prend des notes au premier rang.

23 H 25

Hervée casse la baraque

et puis le hasard : la destinée, à l'issue du spectacle

Frein à main mal serré la 406 d'Hervée de Lafond dévale la pature et détruit le mur de clôture, ainsi que la voiture. Consternation, désolation. Gêne vis à vis des propriétaires.

 

 

20 JUILLET N° 7

 

On va chercher de l'eau au lavoir voisin.

Le spectacle se bonifie encore, il gagne en émotion. Des gens font une standing ovation au salut. Le bruit circule partout que c'est l'unanimité autour de la pièce.

On est contents, mais épuisés encore un accident, Valérie se prend une éclaboussure de soupe bouillante. On l'emmeène aux Urgences.

 

 

Jean Pierre Estournet a pris de belles photos. Visite d'Arte , de Marion Thébaud du Figaro.

 

 

21 Juillet N° 8

 

Tout le monde veut des places, il fait de plus en plus chaud. On prépare de plus en plus de soupes, on achète des boissons à vendre pour la fin, on déniche de la glace.

Cela respire de plus en plus l'évènement. Il y a des directeurs de festivals ce coup là, des demandes qui arrivent, le vent est en train de tourner.

Je suis impressionné par tant de personnes qui dans un festival de rue, viennent pour écouter du Tchekhov.

On était sur la 2 au 13 H, au journal de FR 3 de 19 H. Ils filment 2 H pour des reportages de moisn de deux minutes.

Le silence est quasi religieux pendant la pièce, ponctuée de quelques rires de temps en temps.

Cela se passe de mieux en mieux , dis- donc.

je dois consoler ma soeur qui 40 minutes après la fin du spectacle, pleure toujours. Un homme gravement blessé avec deux cannes me dit "je sais maintenant pourquoi j'ai échappé à la mort, pendant mon accident de la route, c'était pour vous voir.

Je salue Pierre Layac, l'ancien directeur, qui n'a toujours pas fait le deuil de son éviction.

Tout le monde me complimente, je ne suis pas géné, je trouve que c'est mérité.

La nuit, je dors à la belle étoile dans la pature, car il n'y a pas de gardien.

 

Hervée ne descend plus de son nuage.

Lis les lettres pour comprendre le phénomène ....

Chers amis,
 
Mon dernier choc au théâtre, c'était "Forêts", de Wouajdi Mouhawad, de passage au Carré Magique de Lannion il y a peu. Cette fois-ci c'en est trop. Trop d'émotions, d'érudition, de joie pure et sincère, alors je parle. En bref : Je ne saurais trop vous conseiller de voir "Vania à la campagne" par le théâtre de l'Unité, que j'ai vu ce jeudi à Chalons sur Saône. C'est un petit bijou qui dépoussière Tchekhov, comment dire, je cherche un nom en -ov... oui c'est cela, au cocktail Molotov, sans en égratigner pour autant la dramaturgie. Théâtre dans un champ, en plein champ, plein la vue, plein du temps qui s'écoule, théâtre dans le théâtre, théâtre sur le théâtre, nonchalamment désinvolte face aux conventions qui alourdissent souvent ce que l'on considère comme sacré. Sacrée pièce, dans laquelle la créativité du théâtre de l'unité fait souffler une vent de liberté, d'art vrai, c'est à dire, pour moi, généreux, intelligent, en mouvement, irrémédiablement vivant, en un mot : cultivé.
 
Je vis encore avec cette pièce, cette mise en scène, cette joyeuse troupe de comédiens, et l'espace de ce champ de culture où pousse la bonne graine qui devrait inspirer bien de nos contemporains.
 
Pour ceux qui n'auraient pas encore compris, j'ai beaucoup aimé, c'est un choc "La monde de Lecat", c'est 4 T "Téléralbol", etc. et tout ça, que je proposerai sans doute la saison prochaine. Et si c'est pas des arts du chemin comme on en voudrait 3 fois par jour, ça, alors je veux bien aller me faire masser la nuque par 10 nymphes odoriférantes.
Cordialement,

Denis Lecat
Chargé de Programmation des Spectacles Vivants

Domaine départemental de la Roche Jagu
Conseil Général des Côtes d'Armor
22260   PLOEZAL
Tél. : 02 96 95 39 86 & port. : 06 75 23 31 36

Fax : 02 96 9519 68
Courriel : lecatdenis@cg22.fr

www.cotesdarmor.fr [...le net plus ultra...]

 

Merci surtout pour Oncle Vania, je n'ai pas eu le temps de te le dire
l'autre jour, mais c'est vraiment comme ça que je conçois le vrai théâtre
populaire, innovant, généreux, de qualité, qui amène à découvrir de
nouvelles perceptions, et qui se tient éloigné et de la gaudriole et de
l'ésotérisme , deux tendances qui malheureusement me semblent menacer de
plus en plus les arts de la rue, mais peut être d'ailleurs l'ensemble du
secteur culturel, et pas seulement la rue...
Enfin on aura peut être l'occasion d'en reparler

Sinon, je n'ai pas pu entendre malheureusement ta visite du musée, mais j'ai
entendu celle d'Hervée et je me dis que son texte devrait bien servir de
support à un débat... Car il me semble exprimer et toucher à des problèmes
de fond, sorte de non dis ou de refoulé du théâtre de rue...
Peut être faudrait il le publier quelque part et compléter ça par quelques
réflexions et discussions , un numéro spécial de Cassandre ? à voir

Sinon, Claire m'a dis que vous lui aviez fait une proposition ! j'en suis
enchanté, pas besoin donc de vous demandez si vous étiez content de son
stage, cela nous fait toujours plaisir car c'est notre objectif numéro un de
voir les étudiants s'envoler du nid !
Au plaisir

Serge (Chaumier). Professeur à la fac de Dijon.


Critique du Figaro. Marion Thébaud. Samedi 22, dimanche 23 juillet 2006.

Théâtre au fil de l'eau et en plein champ

Chalon : Le Festival des arts de la rue fête ses vingt ans et invite le théâtre de l'Unité avec un Oncle Vania à la campagne.

(...) Aujourd'hui Jacques Livchine et sa complice Hervée de Lafond, retrouvent Chalon avec un Oncle Vania joué en plein champ. Nous sommes à Fontaines à quelques kilomètres de Chalon. Des meules de blé entassées dans un coin, deux vaches, une balançoire suspendue à un arbre et dans le lointain, une belle bâtisse, une maison de maître composent une image bucolique comme on en rêve.Le décor est posé, il est superbe. Là dessus flotte une odeur de foin coupé, d'herbes sèches ; le soleil décline peu à peu. La troupe joue à la lumière naturelle et achève le spectacle aux alentours de 22 H, entre chien et loup. C'est très beau, très juste, épousant le désespoir de Vania et de sa nièce Sonia les mal aimés.

Pour le reste Jacques Livchine a une vision révolutionnaire de la pièce. "Nous pensons toujours que le théâtre est un art de guetteur de réveilleur". Alors on a droit au drapeau rouge, aux moujiks en colère, au rougeoiement d'un incendie...Le public y trouve son compte, même si Tchekhov qui ne s'est jamais autorisé un geste révolutionnaire est un peu bousculé. Mais qui aime bien, châtie bien, et Jacques Livchine, aime Tchekhov. D'origine russe, il veut y voir une filiation. "Il n'est pas question de faire du folklore russe, dit-il, mais il ya plusieurs traits de Tchekhov que je crois comprendre mieux que quiconque". Plus vraisemblalement , il est du côté de Mnouchkine et à l'issue du spectacle , il invite le public à partager un bol de borsch . Certains veinards ont même droit au verre de vodka (...)
 

Critique de Catherine Zahra/ Journal de Saône et Loire

supplément Chalon dans la rue du 20 juillet

 

Bain de jouvence pour "Oncle Vania " de Tchekhov, concocté par le théâtre de l'Unité. Il a dépoussiéré l'oeuvre sans la dénaturer, tout en l'enrichissant d'une manière ludique et bucolique.

Farfelu, ludique, émouvant, original, sont autant de qualificatifs qui peuvent être attribués à la version bucolique d'Oncle Vania à la campagne.

Farfelu, car comme à la télé des messages SMS défilent sous les yeux du public pour des commentaires sur la pièce... des textos tout droit sortis de l'ambiance de l'assistance et à chaque représentation, les messages diffèrent.

Ludique, puisque le théâtre de l'Uni!té a décidé d'incorporer à la pièce, la femme de Tchekhov, Olga Knipper, pour y parler du travail de l'auteur, de sa vie et de sa vision des choses gtout en faisant des piqures de rappel historiques sur le contexte de l'époque : le tsar Nicolas II, la révolte des moujiks et surtout la révolution russe de 1917 en plus des coommentaires de la voix Off qui viennent s'ajouter aux explications du texte.

Emouvant dans la mesure où la trame de l'histoire demeure : des personnages à la vie morne se croisent , sont séduits ou séduisent mais les sentiments ne sont jamais partagés (...)

Original. (...) Les comédiens cotoient des vaches normandes un chjeval et son cavalier qui dévalent à bride abattues , et où que ce soitle spectatteur a toujours queluqe chose à voir car il y a toujours quelque chose qui se trame derrière le jeu des comédiens.(...)

Plus de deux heures de plaisir partagé... car bien entendu, le théâtre de l'Unité n'oublie pas le confort de son public en lui proposant iune bonne collation concoctée par ses soins , accueil de bienvenue traditionnel russe, thé au goût russe, et bien entendu le célèbre borch, concocté par les soins de la compagnie . Bref un accueil aussi plaisant que la pièce.

 

Un commentaire d'Erik 77 ans d'Etrigny

Superbe spectacle, c'est un de mes meilleurs moments de théâtre. J'avais déjà vu d'autres versions d'Oncle Vania, mais tout l'esprit de Tchekhov était là. C'est une représentation complète qui allie de grands monoloques avec des couches d'humour. Une adaptation originale que l'on ne peut surpasser.

Fanta 33 ans.

J'ai trouvé le spectacle magnifique, j'ai même été déçue que cela se termine aussi vite.

 

 

France 3 Bourgogne . 21 juillet 2006 . au 19/20

La pièce de Tchekhov a servi de prologue au festival "Chalondanslarue". Hier soir c'est l'une des compagnies fétiches du festival qui l'a interprété dans le cadre d'une exploitation agricole près de Fontaines près de Chalon , cette compagnie s'appelle lethé$atre Unité, Michel Gillot, Christophe Gaillard .

Extraits "ma jeunesse c'est fini, c'est enterré, l'année dernière je marchais encore dans tes théories utopiques, je regardais la vie comme elle pouvait être, pas comme elle était .Vania ". Utopie et réalité , Oncle Vania résume ici tout ce qui intéresse le théâtre de l'Unité , compagnie née en 1968, un amour profond pour Tchékhov et une fidélité absolue à ses engagements. Intimisme à ciel ouvert, fraternité avec l e public et l'auto dérision d'une compagnie qui commence à bien se connaître. Oncle Vania n'est pas un retour au répertoire mais une échappée belle du théatre de rue . Extraits "dévorez moi " .Hervée de Lafond " on introduit dans le système de pensée rue un grand texte qui n'a rien à faire là, donc ce n'est pas un retourt en arrière, c'est un bond en avant. Extraits du docteur. On a d'abord commencfé par travailler la pmoiuèce en intérieur et puis on l'a essayé en extérieur et on a vu que l'extérieiur cela changeait beaucoup de choses. PLus de choses drôles, moins de choses émouvantes, mais il y avait quelque chose en plous, comment vous dire , le cosmos.OncleVania (saluts) visiblement dans un plaisir partagé.