LA CUISINE DES MOTS

 

7 au 12 avril 2008

 

Stage de théâtre à Marseille

la cuisine des mots.

 

les inscrits par année de naissance

 

  1. 1982 : Clémentine Constantin
  2. 1981 : Marie Pierre Hoareau
  3. 1976 : Anna Morisset
  4. 1974 : Stéphanie Lemonnier
  5. 1973 : Sophie Sorret
  6. 1972 : Clotilde Baudon
  7. 1972 : Jean Christophe Petit
  8. 1972 : Nanou Payet
  9. 1970 : Cécile Billon
  10. 1969: Valérie Mignucci
  11. 1968 : Horace Isabella
  12. 1967 : Muriel Charpentier
  13. 1966 : Laurence Vouillemin
  14. 1965 : Valérie Raichon
  15. 1958 : Véronique Cova
  16. 1955 : Vincent Audat
  17. 1952 :Martine Ruzzier
  18. 1948 : Françoise Bibault

 

Quelques réponses à la question : What is your need ?

 

Assouvir mon appétit, trouver des maux délicieux, me délecter , se nourrir des mots, jouer avec, découvrir, pratiquer autrement,la cassure l'imprévisible, la provocation politique, sensuelle , sortir du quotidien, connaître jacques Livchine, mélanger cuisines et paroles. "jouer" en plus (à la place ? ) de "dire".Produire du sens. Mêler mes souvenirs et anecdotes dans un projet d'acriture artistique.Trouver des trucs , des envies, des possibles. Rire. prendre des risques. Rencontrer et se marrer.Expérimenter. Je ne m'attends pas à faire des impros, j'ai horreur de ça. Mieux définir mes aspérités. Dédramatiser le sens de la vie. Je veux de l'éros mis en mot, de l'érotisme sans isme mais avec risque, beaucoup dans les mots oui et dans le corps, allons voir, et plus si affinités.

 

Quelles sont vos valeurs ?

 

  1. Passion
  2. enthousiasme
  3. amour
  4. indépendance
  5. paresse
  6. ivresse
  7. Transformer
  8. inconnu
  9. plaisir
  10. Humour
  11. beauté
  12. lumières
  13. altruisme
  14. bonté
  15. courage
  16. joie
  17. constance
  18. verticalité
  19. excès
  20. sensualité
  21. ma mère
  22. onanisme
  23. reconnaissance
  24. se réaliser
  25. surprise
  26. colère
  27. ouverture
  28. rire
  29. justice
  30. persévérance
  31. respect
  32. Etonnement
  33. partage des déplacements
  34. convivialité
  35. ouverture à la différence
  36. plaisir infini

 

UNE HONTE, UNE FIERTE, UN ACTE DE COURAGE

Petite cérémonie pour faire connaissance

 

On se souviendra de quelques histoires :

 

Les histoires sont toutes intéressantes. Peu à peu on les étoffe, cela devient des petites nouvelles.

 

NE PAS SE QUITTER POUR DEJEUNER

Savoir organiser un repas à 18... Manger ensemble.

Véronique propose sa maison. Nanou organise.

 

 

TRAVAIL SUR UN BONIMENTEUR DE MARCHE / CHACUN DOIT ESSAYER DE VENDRE

 

 


Cinq groupes, cinq essais. On cherche.

 

le mardi, très longue cérémonie d'accès. Chacun raconte une petite joie ou une petite contrariété de la veille. On fait vraiment connaissance, où est la place de chacun dans la vie. Grand étonnement quand Françoise nous apprend qu'elle est psychiâtre. je lui fais raconter en riant l'accident qu'elle a eu à l'âge de 23 ans et qui l'a sérieusement handicapée.

Je me demande à chaque fois pourquoi la découverte de l'autre est aussi passionnante.

Véronique reste très énigmatique sur l'histoire qu'elle nous a raconté hier et que chacun a re -raconté ici ou là.

Pour se détendre on fait un petit tour rue de Rome, un faux portable dans la main en se plaignant à voix assez haute d'un "lapin". Premier contact rue. Très peu de personnes remarquent que l'un a un tournevis dans la main, l'autre une chaussette, un porte-monnaie etc. et qu'il s'en sert comme téléphone.

Expérimentation d'un repas à 18 dans l'appartement minuscule de Sophie. Tout le monde se parle avec plaisir, je leur sors le PPPPPV ( Pur Pouvoir de Parler à Perte de Vue )

L'après midi, on cherche collectivement la sortie de samedi. Bien- sûr, chacun peut donner n'importe quelle idée, en respectant le protocole : rue, mot, nourriture, budget 30 €.

Les propositions sont notées sans aucun jugement de valeur et quelle que soit leur idiotie. Chaque idée jetée devient la propriété de tous.

Ce qui sort

Faire croquer sur le vieux port à pleine dent, un maquereau cru. Expliquer les bienfaits du maquereau cru sur la sensualité.

Démontrer que chaque être humain a la physionomie d'un légume ou un fruit. Rappeler toutes les expressions courantes qui mettent en jeu les légumes : mon chou, c'est un navet. J'ai la banane, etc. Chacun doit croquer son légume ou son fruit.

Notre choeur de 17 personnes entoure quelques personnes et en fait sa proie. (?)

On fait un tas d'objets qu'on a en trop dans nos maisons et on les distribue gratuitement accompagnés de pâtes.

Deux personnes doivent croquer chacune par un bout une carotte ou une banane, méthode pour mettre les gens ensemble.

Sondage dans la rue, questions sur l'érotisme et le culinaire.

Un type balance des faux billets dans l'eau. ( Hors sujet)

On forme une chaîne humaine en rond, casher, hallal etc.

Travail sur les correspondances de la langue : exemple : fraise =clitoris. Fabrication de jus de clitoris etc.

Cuisine nouvelle : Mélanges impossibles : cuisiner à la fois aubergines, fraises, concombre. Invention de nouvelles saveurs.

Vendre des souvenirs alimentaires.

Cacher des légumes dans des vêtements et deviner ce que c'est à l'aveugle.

Démonstration pour adoucir un concombre.

Engueulade-polémique- débat sur le vieux port. Des femmes s'en prennent à un homme qui prétend que le point G existe.

Faire du caramel dans une poêlle.

 

Jacques prétend que les ingrédients sont suffisants, et que maintenant il reste à trouver la méthode pour en faire du théâtre.

 

 

 

Marie Pierre est originaire de la Réunion,

Nanou de Madagascar.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Valérie Mignucci

 

 

 

 

 

 

Mercredi

 

Un formidable repas chez Vincent Audat, en fait le compagnon de Brigittte Cirla, qui est l'ex de Collignon Maurin, Dominique. Une formidable maison.Laurence a apporté une tarte, Valérie Raichon, une chorba, Vincent a fait un rôti de porc farci, un délice. Depuis que j'ai déclaré que les repas étaient le moment suprême du travail, on ne culpabilise pas d'y passer plus de deux heures.

ça y est, on a l'impression de se connaître depuis dix ans.

On reparle de la rencontre d'hier à la Criée avec Jean Louis Benoît et l'association d'acteurs "la réplique". Nous sommes tous encore terrifiés de ce manque de vie, de ferveur d'enthousiasme.

Je donne quelques dernières règles de théâtre dont je suis sûr :

"C'est le plateau qui décide'"

On ne saura jamais avant d'avoir joué ce qui passe et ce qui ne passe pas. C'est pareil en amour, on ne sait pas avant.

Me remonte le souvenir de l'illustration des expressions françaises dont nous étions fiers, que nous avions joué en 1995 : "casser du sucre sur le dos de quelqu'un, pédaler dans la choucroute, marcher sur des oeufs, se faire la malle, changer d'idées comme de chemises". En fait, ça nous a fait rire nous, mais pas le public.

On se répartit les stands, puisque peu à peu est sortie cette idée d'un marché 100% plaisir avec cinq ou six stands

Il faut passer maintenant de l'idée au jeu, à l'inscription dans l'espace.

Vincent a un tournage samedi, et Françoise en tant que psychiâtre ne peut pas faire la folle, ce qui inquiéterait ses clients.

Les différents stands en préparation.

A- Association Vivre en compagnie des légumes.

Marie Pierre est impressionnante, en fait elle m'avoue sous ses airs juveniles qu'elle est ingénieure environnementale. Elle démontre bien l'importance de vivre au milieu des légumes, car ils nous ressemblent.

B- Le Point G .

Horace invente ce personnage dont je rêve, le matamore sexuel. Il propose aux femmes de leur faire découvrir leur point G. Il va travailler la crédibilité de son personnage avec Clotilde au comptoir d'un bar voisin. Paraîtrait- il que tout le bar s'y est mis, sans retenue. Mais ça, c'est du théâtre sans public. Seul Vincent a eu le droit d'épier la scène en client anonyme du bar. Comme Horace fait du clown, je lui demande surtout de ne pas surjouer. J'adore son personnage. Cela serait joué entre les stands.

Horace Isabella

C- Les libifruits, la culture sensuelle

Un délire de Muriel et de Véronique. Si j'ai bien compris ce sont des fraises qui subissent un traitement spécial, puisqu'elles seraient cultivées par des hommes magnifiques en string et arrosées de jus de clitoris. (!) Véronique est prof de fac, elle maîtrise la langue. Leur discours s'appuie sur des planches scientifiques.

D- Les souvenirs alimentaires

Jean Christophe va développer avec Clémentine une idée qui lui est chère. Il s'arrache le coeur, l'ouvre, et le cuit pour le manger. Ensuite il recueillerait des souvenirs style "petite madeleine" dont il mettrait la saveur sous sachet de cellophane, pour l'offrir à ceux qui en manquent. C'est ce que j'ai compris.

E- Le questionnaire

Anne et Valérie Mignucci ont préparé un questionnaire assez drôle en double sens, pour orienter les clients vers le bon stand.

 

F- Les mots menus

Stéphanie et Nanou préparent quelque chose que je n'ai pas encore saisi.

 

G - Le concombre et la poésie ( en préparation)

Ce sera une manipulation de concombre associée à l'écriture d'une poésie.

Cécile Billon

on réfléchit !

Hier Martine me demandait. C'est pour se marrer tout ça, ou bien ça du sens ?

Je lui répondais que selon moi, on traitait des thèmes très dans l'air du temps ...

Où serait le théâtre là dedans ?

Personnages, décalages, raisonnements. C'est l'aventure. Je ne peux pas affirmer que ce sera raté ou réussi. Il va falloir soigner l'image, et la réalisation. Est ce que cela a déjà était fait ? Il y a eu des cas : vingt six mille couverts, la quincaillerie Parpassanton, mais pas sur la nourriture.

 

 

Jeudi et vendredi

 

Tout le monde s'affaire.

J'avoue que je suis ébahi par l'investissement de chacun.

Arrivent tables nappes, objets divers, étiquettes, sigles, panneaux, tenues strictes.

J'écoute les argumentaires de chaque groupe. C'est fait avec une telle conviction que je me laisse emmener dans l'absurdité des raisonnements.

 

Ils ont tous trouvé le décalage nécessaire.

On fait l'annonce

MARCHé 100%PLAISIR

 Devant les Danaïdes à Marseille. Métro Réformés Canebière.

Samedi 12 avril  de 11 H à 12 H

Venez vous faire émoustiller les sens , venez vous faire gratter la carotte, découvrir les dessous du céleri,  faîtes vous plaisir, oubliez vos pépins .

100% Naturel,  100 % scientifique,

avec

 

 

Organisé par maison du théâtre. La Cité. Marseille.

Stage la cuisine des mots. Jacques Livchine et  Clémentine Constantin

Marie Pierre Hoareau  Anna Morisset Stéphanie Lemonnier,  Sophie Sorret

  Clotilde Baudon Jean Christophe Petit, Nanou Payet Cécile Billon

  Valérie Mignucci Horace Isabella  Muriel Charpentier Laurence Vouillemin

  Valérie Raichon Véronique Cova Vincent Audat

   Martine Ruzzier Françoise Bibault

 

 

Je me dis que s'ils arrivent à sortir un spectacle pouvant avoir sa place dans un off de festival, je serais écoeuré.

Une semaine, un spectacle ....

 

Résultat demain.

 

Samedi 12 avril 11 H aux Danaides Marseille.

Pas possible, ça a marché, ça a fonctionné ! J'y crois à peine.

Entre 11 H et midi, plus de cinq cents personnes sont passées par ce petit marché. Et pourtant il y avait du mistral.

Pas mal d'amis des stagiaires, et des professionnels divers, Crespin, Cathy de Generik, Fabienne de Lézarapart, mais aussi des badauds, des gens qui passent par là. On s'attroupe autour des stands et c'est crédible.

Evidemment ne rêvons pas, cela marche parce que nous sommes sur le bitume de la ville, sans être annoncé du tout. Au milieu de tout un festival tout serait désamorcé et éventé.

La performance de Jean Christophe Petit m'impressionne. Il est en duo avec Clémentine (Marie Amandine)

Il ouvre son coeur amoureux et le partage.

 

une femme s'enfuit affolée. D'autres sont fascinés. Une femme demande avec sérieux si le coeur de jean Christophe est casher.

 

Le théâtre de rue comme ça me fascine. tous ces gens qui s'interrogent, se posent des questions, sont curieux.

 

Au stand de Martine et de Valérie, on fait mousser le concombre.

C'est bien fait tout en double sens.

 

Des spécialistes des joints assistent avec intérêt à la démonstration indiscutable de Sophie. Elle fait le joint en direct, les gens goûtent.

 

 

 

 

C'est une association que refuse toute cueillette et toute consommation de légumes.

j'entends une femme qui trouve ça "saugrenu".

Marie Pierre est enthousiaste, Laurence très sérieuse.

Comment vous nourrissez vous ? Jamais nos deux représentantes ne sont prises en défaut. Elles ne mangent que graines et pétales.

Une femme soupèse des tomates mais n'ose pas dire à quoi ça la fait penser

 


 

Très spécial, le stand de Stéphanie et de Nanou. Personnages crédibles, elles provoquent des éjaculations de mots pour tester le Q.E.

 

Le stand des fraises "clito" est invraisemblable

 

 

 

 

Cet homme là croit aux fraises "clito" arrosées au suc de femme fontaine.

Quand je lui dis que cela me paraît être une plaisanterie il me dit "Si c'était pas vrai, elles n'auraient aucun intérêt à présenter leurs produits."

 

Anne et Virginie enquêtent. Leur questionnaire est assez croustillant.

 

Je conclue comme je peux

je n'y peux rien, ça me plait. Bien sûr j'ai honte, honte de ne pas être sur la tendance "excellence", "grande culture" "textes opaques."

J'ai aimé cette ambiance, où la moitié des gens sait que c'est du théâtre, l'autre moitié croit vraiment à un marché 100%plaisir.

J'aime la mixité des gens qui passent, immigrés, jeunes, veuves revenant du marché.

J'ai aimé ce théâtre qui ne s'annonce pas comme théâtre.

Je trouve que ça me raconte plein de choses par exemple sur comment nous sommes manipulés à longueur d'année par un pseudo langage scientifique.

En fait : habille toi bien, choisis toi une langue un peu précieuse, appuie toi sur des documents écrits, et ça passe. Tu peux faire croire aux gens ce que tu veux. Normalement une telle prestation doit montrer aux gens qu'il faut qu'ils arrêtent d'avaler n'importe quoi à partir du moment où c'est un expert, un spécialiste qui le dit. Oui, ça nous apprend à être méfiant et à essayer de penser par nous mêmes.

Ensuite je pourrais parler du stage, en tirer quelques règles.

J'ai cassé tout côté "maître, élèves" tout côté scolaire. J'ai cassé le temps. La créativité exige que l'on soit bien ensemble. Donc nos repas duraient des heures, et nous mangions bien. Merci à Vincent qui nous a ouvert sa maison, et Véronique qui la première nous a invité chez elle. Qui accepterait de recevoir chez soi 18 personnes à l'improviste ? Et puis, j'ai juste préparé les conditions d'expérimenter quelque chose que je n'ai jamais fait auparavant.

Les stagiaires ont fait preuve d'une extrême inventivité. Nous étions comme des gosses préparant un spectacle lors d'un anniversaire. Chacun apportait accessoires et costumes. Tout se faisait dans une extrême légéreté, dans un climat totalement ludique. L'enjeu, c'était déjà nous amuser, mais sans aller vers le bas, avec de la reflexion et même quelque complexité.

A vrai dire, j'ai beaucoup appris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE DEJEUNER

 

Il est décidé que le déjeuner