Les pères Noëls développent une superbe énergie, assez violents, ils sont juste bien limites. Il y a des personnes assez agressives, quelque part ça stimule.
Dimanche 9 avril, place de l'éclipse, 700 personnes pour les petits métiers, temps ensoleillé. Bon rythme, on est contents.
On termine par une école Ste Odile, bien enlevée. C'est la reprise après l'hiver, ça va, on n'a rien perdu.
Pot avec Annick Bardolle, la directrice de la scène Nationale, et Philippe Sturbelle, puis restaurant de ... poissons, pour respecter les traditions.
Car justement, la France cache ses trésors, il y a des petites villes de 10 000 habitants dont le centre culturel parvient à échafauder des fêtes fantastiques.
Crespin, il aurait été content parce que sa thèse du public-population marchait à fond.
À ceux qui disent que le peuple a disparu, que la France n’est plus que classes moyennes, eh bien, ils feraient bien de sortir, et de visiter Vieux Condé.
On leur a fait " les petits métiers " les pères noëls et notre action Danone.
Mais après il y avait les 600 km de mini bus pour revenir, épuisés on était, car les vieux éléphants de la compagnie n’ont plus l’âge des lits superposés des centres de vacances.
Merci à Virginie, Serge, André et toute l'équipe, et le maire très sympathique. etc
Carros, une petite ville perchée, qui surplombe l'embouchure du Var, une vue magnifique, un parking non moins merveilleux pour jouer. Un temps superbe, du 29°C. Toutes les conditions étaient réunies pour que tout se passe bien.
Mais il n'a manqué qu'un seul élément mais de taille. Le public ne s'est pas déplacé, ce spectacle qui se joue toujours devant 700 personnes n'a pas fait le plein à Carros... Disons cent personnes. Comme on dit toujours dans ce cas là pour se consoler : Elles étaient très contentes. Quel dommage. Tout le monde était désolé.
Nous sommes quatre – Hervée de Lafond, Jacques Livchine, Vahid Abay, Zora Bessadet, et nous intervenons dans 7 classes. Les instituteurs ont préparé leurs thèmes, et nous les aidons à la mise en forme. Le thème choisi par le conseil de quartier, c’est la fraternité.
Le rendu se passe le 10 juin devant les parents et les élèves . Deux écoles participent –Georges Edme, et l’école sur les vignes.
Nous avons pris beaucoup de plaisir, car nous avions l’habitude des ateliers de lycée et de collège, mais pas du primaire .
Relevons tout d’abord l’héroïsme des instituteurs / abnégation, dévouement, don de soi, sont des mots trop faibles. Les enfants sont dotés d’une telle énergie et d’une telle envie de vivre, que contenir cette hyper activité relève du miracle.
Le spectacle est tout simplement émouvant et magnifique, les maladresses entrant en compte dans la poésie développée.
On se régale, et on se fait la réflexion suivante : devrait-on faire du théâtre en oubliant 90% des habitants de notre pays, et en ne conservant que les élites cultivées et diplômées ? Est ce possible, alors que la richesse humaine dans toute sa diversité, se trouve en partie là, nous sommes sur une mine bourrée de trésors.
Nous donnons les petits métiers sur la prairie.
Sensation bizarre, il y a près de 1000 cyclistes qui pic-niquent mais qui n’ont absolument aucun désir de voir le moindre spectacle.
Les grooms s’échinent, le Samu (groupe théâtral) ne trouve pas sa place.
On va jouer, cela finira par passer pour 300 personnes.
Mais c’est bizarre, la volonté de la ville est d’imposer un peu de culture à ses cyclistes, qui n’en ont pas envie.
Je ne sais quoi penser, mais suis content d’avoir revu Geneviève Yeuillaz et Rémy qui lisaient des nouvelles du monde dans une forêt pour une poignée de cuissards.
La morale / pour moi, ce n’est pas aux services municipaux d’organiser des fêtes, ils doivent soutenir des fêtes mais qui doivent impérativement naître de la volonté de certains habitants ou de groupes théâtraux ou d'associations,
Là il y avait quelque chose d’un peu raté dans l’air, pourtant il faisait doux.
Quelques associations ont accepté de sortir de leur cabane traditionnelle pour présenter leurs activités de façon un peu plus originale. La fête se passe majoritairement dans le square de la mairie.
Il y a toute une programmation dans différents lieux, des tables pour pique niquer, des phrases écrites sur les trottoirs. Plein d’idées, une préparation en amont de plusieurs mois.
Rien à dire.
Quant à nous, nous devons rythmer les heures, par des CA, juste au pied de la mairie, et une lecture des associations à travers leurs buffets, depuis le buffet type francas, oasis, chips jusqu’au buffet Rotary pour le Kosovo , insolent de richesse.
Des moyens conséquents sont mis en branle, nous avons pu engager en plus de la brigade, 5 comédiens. Nous sommes 16 au total.
Le temps est superbe. L’ouverture a lieu à onze heures ; bon, nous avions prévu que le démarrage se ferait entre nous, c’est le cas.
Hervée joue une sorte de scientifique venimeuse qui détruit sans arrêt l’idée de cette fête autour dune loi dont personne ne comprend vraiment l’intérêt.
Moi, je me fais un autre genre de réflexion dans ma tête. Nos démocraties sont dangereuses pour l’art.
Comment faire un spectacle avec une loi qu’aucun républicain n’oserait remettre en cause.Et encore, si Le Pen était hostile à cette loi ? Même pas.
Mais oui, il y a toujours un manque d’adversité qui rend l’acte théâtral difficile.
Ce qui va se passer dans cette ville, c’est que le public qui arrive dans l’après midi est constitué de jeunes de moins de douze ans, de quantité de nationalités différentes, avec quelques mères, public pas agressif du tout, mais pas vraiment concerné.
Nous espérions un peu le public qui fait partie et connaît le fonctionnement absurde des associations toute l'année, pour eux notre intervention eut été drôle, mais ils n'étaient point là.
Alors nous tentons de nous adapter aux jeunes des quartiers pauvres et mettons à l’ordre du jour le licenciement de Mouloud, et l’intérêt monte, quelques relations interlopes entre le maire et la professeur de danse, et une fin un peu ravageuse.
Nous n’avons pas démérité, mais les conditions sociologiques nous empêchaient d’être plus performants.
>Encore une réflexion à mener sur les fêtes de ville, et savoir si oui ou non il s’agit de concerner les gens et comment...
ça on adore, on n'y peut rien.
Puis
Impeccable. Un dépanneur démonte l’antivol du camion de location. 2257 F dis donc.
6 et 7 juillet 2001 Eurockéennes. (Belfort)
Température 28° très lourd. Nous intervenons à chaque sortie de navette SNCF de la gare d’Evette Salbert, c’est-à-dire toutes les demi-heures de 14 H à 19 H pendant dix minutes.
Juchés sur des tabourets espacés de 6 mètres en 6 mètres, nous formons une galerie de 23 personnages, tels les bas-côtés du tour de France : on trouve le maire, le curé, la bonne sœur, le joueur de boules, la mondaine, le cuisinier, le paysan, le jardinier, le berger, la femme enceinte, la femme qui repasse, l’enfant d’une école privée,
et en plus un parachutiste planté sur un arbre,( un resquilleur qui a raté son entrée) etc toutes personnes n’ayant rien à faire aux Eurockéennes, on l’aura bien compris.
C’est une belle image. Quand le public arrive, nous nous mettons en branle, gestes peu réalistes et apostrophes sonores.
A 19 H, nous sommes chargés de choisir en gare de Belfort, deux personnes anonymes, que nous devons faire passer pour VIP.
Les deux s’appellent Denis et Stéphanie, ils ont droit à tous les égards, brigade rouge, porteurs de bagages, photos, télés, limousine,( en fait ce sera la vieille golf de Patrice Papelard).
Ils sont présentés à Chevénement, Proust, au ministre de passage, Michel Duffour.
Ensuite ça se gâte comme le temps, on leur avait promis plein de choses à nos VIP d’un soir, places gratuites, restaurant etc, mais les Eurocks sont débordées.
L’orage éclate, la préfecture et les pompiers ordonnent l’évacuation des 25000 personnes.
Jean Paul Rolland à vélo, nouveau directeur qui aura une rude première journée.
C’est l’exode sous le tonnerre et la pluie,Les Têtes raides jouent en acoustique,
notre Stéphanie se prend de plus un coup sur le nez par un membre de la sécu qui perd son calme.
Il est minuit à l’auberge du lac, tableau digne de la guerre, corps épuisés, costumes qui traînent, qui sèchent, on est obligés de boire pour récupérer.
7 juillet
Une partie de l'équipe joue à Mulhouse.
Julien Travaillé mène la Brigade. D'après les échos : impeccable.
8 juillet : cela se passe bien. La nourriture de l'auberge du lac est excellente. Nos deux VIP, Guillaume et Lucile , 22 et 25 ans sont mignons. Le site est plein de boue et de papiers.
Quand le magnifique lustre de Carabosse s'élève, la plupart des jeunes allongés à même la boue, ne lèvent pas la tête. Mode de vie.
9 juillet : notre surprise est grande de voir que
nous sommes cités dans "Libé"
incroyable !
10 juillet :
on parle aussi de nous dans "Le Monde"
AX les Thermes.
26 au 28 juillet 2001.
La BIT s'éclate chez Songy.
Retour du Québec, l'histoire commence mal, a failli être annulée, à cause de notre départ au Congo avancé de quatre jours, de plus, les costumes sont perdus à Montréal, la parure du cercueil aussi. Cellule de crise, avec le décalage horaire, certains sont hors d'usage.
La Brigade se fera sans Jacques et Hervée, ce qui est une grande première. Gill et Patrick sont chargés du leadership des opérations
1er Jour : le cercueil nouvelle mouture :
- on apprend, on tente, on s'en sort pas mal... Songy nous attribue une
bonne note, en fait je le croyais parti entre les 2 morts, mais non il est
resté jusqu'au bout et a apprécié. Nous a dit qu'il y avait de très beaux
personnages (surtout Patrick et moi mais que cela manquait d'images fortes)
de groupe... Trop de papillonnage pour les aides croque-morts.
Moi, j'ai trouvé un personnage dur avec les aides, et selon le goût de
certains pas assez "mielleux" avec les futurs clients (le public)
En fonction de ça :
2nd Jour : le cercueil et les chaises poétiques dans le petit village de
Meyrens
- Ça commence à prendre de l'ampleur, tout le monde s'éclate. Déroulement :
- un bus part d'Ax les Thermes avec à son bord : 3 rouges (Patrick, Seb et
Bertrand). On sert aux gens une collation, on fait arrêter le bus sur des
parkings pour leur montrer le paysage... bref voyage grand standing.
Quand sur la fin, les gens demandent où ils vont et quoi voir, on leur
répond : "vous allez à l'enterrement". Tout à coup ambiance "bizard /
blizzard" dans le bus...
Le bus arrive (d'autres spectateurs aussi qui n'ont pas pris le bus). Le
cortège mortuaire démarre pour une grande promenade à travers le village,
c'est beau à voir. Dans la déambul, on fredonne la chanson de Catherine,
c'est beau à entendre.
On arrive à la Mairie et on fait le cercueil (une fois), Isabelle joue donc
avec nous, nous sommes 10 et ça se passe super, les images de groupe sont
belles, l'ambiance est à la franche rigolade dans le public, bref ça
fonctionne à fond.
Après ce seul et unique mort, nous repartons en déambulation jusqu'au
cimetière ou nous déposons notre cercueil.
Petit discours improvisé (peut mieux faire) sur le fait qu'étant
professionnel de la mort, nous savons comment cela se passe de l'autre coté
et les gens nous suivent pour "voir"... On leur fait traverser la voie
ferrée (symbolique non ?) et ils s'installent les uns après les autres sur
les chaises poétiques. Toujours aussi magique... avec en plus la montagne en
toile de fond... c'est beau.
Tout le monde est super content... Sammy ne sait qu'un poème appris la
veille... dommage. Seb, Boris, fatigués quittent les chaises longues
poétiques et vont fumer leur clope (dommage que cela soit devant le public)
Nous sommes heureux, 7 décident d'aller faire un tour en Andorre et 3
(Voitot, Fabienne et moi) allons faire le repérage pour le lendemain.
Nous trouvons une petite rue fabuleuse qui correspond tout à fait à l'idée
de Patrick sur une "déviation poétique" ou "balcons italiens"... à baptiser.
Nous passons 3 heures à trouver les occupants des fenêtres, balcons,
jardinets que nous voulons utiliser et qui jalonnent toute la rue, les
comédiens seront les petits cailloux à suivre...
3ième jour :
BIT rouge : Patrick mène la brigade à un train d'enfer, c'est bon... On fait
le tapis rouge pour le Président du Conseil Général (Photo 1ère page du
journal local le lendemain), je souffle le discours (ampoulé) du Président
du Festival... Bref on s'amuse comme des fous. Commentaire de Songy : "vous
nous avez sauvé la mise, sans vous cela aurait été mortel"....
Bref il est content.
18 h : nous nous préparons pour les balcons italiens, c'est toujours la
merde dans les loges, je crise pour avoir 10 mn de concentration dans le
silence (dur, on est tendu).
On part, après quelques moments olé (des gens ne sont plus d'accord pour
nous prêter un balcon, on trouve une autre solution), ça commence.
Le but : dire de la poésie, intercalée de phrases "normales". Bref une rue,
une vie, des personnages...
Commentaires :
- certains se sentent creux, dur avec seulement 1 poésie de faire quelque
chose
- d'autres trouvent cela génial (j'en suis)
- Sylvie se sent mal, elle rame
- des passants dans la rue, après le spectacle, m'interpellent et me disent
"Nous sommes d'Ax les Thermes et plus jamais on passera dans cette rue sans
penser à vous"
- les gens du festival trouvent le spectacle super
Bref, y'a vraiment quelque chose à faire avec ça !
Personnellement j'ai trouvé plus "facile" d'avoir un personnage qui vivait
une histoire : une femme attend son amant, se prépare, se maquille, puis
attend, finalement il ne vient pas et elle tombe dans le désespoir.
Comme nous avions toujours 1 ou 2 ou 3 autres comédiens à vue, on pouvait
créer des échanges très sympas.
Un petit problème (facile à résoudre par du fléchage), le public stagne au
début de la rue et ne pense pas qu'il peut avancer...
Dimanche, Fabienne et moi partons en ballade, les autres se reposent. Nous
avons décidé de partir vers 18 h afin d'éviter les embouteillages...
Départ vers 19 h, nous arriverons à Montbé à 4h30 du mat, le temps de
déposer tout le monde et de reprendre ma voiture chez Patrick Voitot... il
serait 5 h 30 quand je rencontrerai sur une petite route... un chevreuil
fou, et décidé à se suicider...
A part ce détail navrant,
Ax les Thermes, c'était génial... Vivement que ça
recommence.
Rapport de Gill Maurer Herde
Les Accroche-coeurs d'Angers
7 au 9 septembre 2001
C’est un festival qui en est à sa troisième édition et qui est dirigé par la compagnie Jo Bithume.
Il y a en fait peu de festivals dirigés par des compagnies. " Compagnie " cela signifie : groupe de personnes impliqué dans un projet collectif , on y trouve de la connivence, de la complicité, de l’élan, ce qui donne à ce festival une atmosphère, un style, une tonalité, une espèce d’amicalité un peu rare.
La Mairie leur fait confiance, et leur donne des moyens respectables, un terrain gigantesque et des bâtiments, une ancienne ardoiserie à St Barthélemy d’Angers, qui est le quartier général de la compagnie, avec salle de musique, salle de danse, salle de répétition théâtre , école de cirque, énorme bureau. Le festival reçoit des subsides conséquents – budget de 3,6 M- les spécialistes comprendront.
Revenons aux accroche- cœurs, c’est le nom du festival, tout est centré autour d’un village de toile sur la place Rochefoucault, lieu de rencontre des artistes entre eux, lieu de répit, restaurant, lieu d’accueil et d’administration. Plantes, tapis, bar, on ne lésine pas. Le régisseur Jean-Philippe vous accueille à bar ouvert, puis vous êtes immédiatement pris en charge par Loïc, Il y a un ange gardien par groupe, bientôt doublé de deux régisseurs techniques, Gil et Pépé.
Organisation impeccable.
Artistiquement la compagnie de Bollène, Cacahuète, a proposé le fil rouge de l’événement, la noce, défilé des mariés, repas, union, etc.
Les habitants sont invités à jouer les mariés. La compagnie Cacahuète commence une sensibilisation dès le début de la semaine. Nous épaulons Cacahuète, le premier jour dans le défilé des mariés et des mariées.
Une belle déferlante, les gens se sont pas mal déguisés. Disons que l'on se retrouve avec près de 200 couples, place du Ralliement.
Hervée, belle mère des mariées, arbore un superbe chapeau à plumes, toute notre équipe est de noce, avec une mention spéciale pour notre MC Galette , qui nous fait une mariée travestie assez redoutable, et soulignée par une photo dans le courrier de l’Ouest.
Tout se termine devant la mairie, avec une bague géante enfilée sur un doigt qui fait penser à un phallus, bon. Hervée brocarde à son habitude le maire d’Angers, qui ouvre les festivités, avec un " Jean Claude Antonini, quitte ta femme pour moi" bramé au micro sur une tour, ce qui a paru être d’être d’un goût douteux pour les Angevins ici présents, et même pour Pierre Dolivet, directeur de Jo Bithume qui nous a tancé froidement d’ un : " J’ai fort peu apprécié votre prestation de la mairie ". Pascal Larderet de Cacahuète en a pris pour son grade, lui aussi.
Dans l’échelle de Richter de la provocation des politiques, nous étions pourtant à notre minimum, puisqu’à Montbéliard, ministre et sous préfet s’étaient retrouvés en caleçon, et le maire balancé à quinze mètres de haut sur un élastique.
De plus , pour Hervée, il ne s’agit jamais de provocation gratuite. Les hommes doivent payer pour leur 6000 ans de machisme, et quand ils sont élus et ont du pouvoir, accepter avec humour, de montrer qu’ils sont comme tout le monde, des hommes portant slips ou caleçons.
Je crois que la Brigade déshabillerait quasiment le pape si l’opportunité se présentait.
Et franchement mettre sur le même bateau, Larderet et de Lafond, c’est tout de même prendre un risque. Dès le lendemain, nous sommes privés de photo de mariage, ce qui nous arrange au niveau de l’organisation des brigades.
Jacques s’est chargé de former une brigade angevine de 10 personnes, qui se rajoute aux 19 comédiens présents. Y a de quoi faire des images à 29.
Eh bien on se régale…
Les petits métiers fonctionnent à merveille. C’est une chance que le chômage ait repris, car le spectacle redevient d’une actualité brûlante. Nous jouons trois soirs de suite, et le public est en progression chaque soir comme s’il y avait du bouche à oreille.
Le public est très enthousiaste.Incroyable cette ville, car ce n’est pas du tout un festival pour festivalier, mais pour du public-population , Public assez BCBG, cultivé, assez cadre supérieur, Angers c’est l’Aix en Provence de l’Ouest ..
Bonne ambiance dans le groupe, grâce à un accueil vraiment trop excellent. La Brigade d’Angers nous fait la proposition d’une nouvelle action BIT : les clés. Crash test. Cela fonctionne.
Un seul incident , Jacques Livchine, se fait agresser par un chien et se retrouve une fois de plus aux urgences, le mollet bien abîmé.
Ce festival n’a pas fini de nous étonner – la photo du mariage de Cacahuète se fait à huit cents personnes, le pic nique du dimanche aussi, est les restaurants ont servi le samedi soir 3000 repas à 70 F .
Le programme relevait de l’excellence : L’Unité bien sûr, Ilotopie assez controversé ce qu’adore Bruno, Transsexpress, sans son leader, Gilles Rhodes , à l’hôpital, pour accident du travail, Cacahuète avec un Larderet plus en forme que jamais dans l’adversité, Lucie Lom, des plasticiens que nous découvrons, des fanfares etc.
Les Bithume jouent le Songe devant 2000 personnes, des techniques très habiles, mais un petit manque de cohérence dans le style, avis d’expert .
Cette compagnie semble bien appréciée des gens du cru, bien implantée, bien enchevillée avec le terrain
Tout ceci donne un festival aussi doux que le Cointreau, aussi parfumé que le vin d’Anjou. C’est important , Non ? Et nous on s’est régalé. Une quantité de public supérieure à la moyenne est venue nous féliciter.
Retour à Audincourt … 8 Heures de route. Mais on a gagné contre Bordeaux, !
PARIS : la ronde des étoiles, 29 et 30 septembre 2001
Température : entre 16 et 20 ° . temps maussade, un peu humide Quelques éclaircies.
Lieu : Paris. quai de la Loire : le long du bassin de la Villette. Organisateur : association Sirius .nébuleuse écolo
Nombre de passants : 1000 le samedi, 3000 le dimanche. Degré de satisfaction : 70 %
L’organisateur est une association militante, donc des bénévoles. L’accueil est très fruste. Pas de toilettes, pas de loges, une nourriture plus qu’approximative. On revient aux débuts du théâtre de rue, où les camions étaient nos loges, et où il n’était pas question de nous offrir une bouteille d’eau, mais là, soyons honnêtes, nous avions nos kilos d’eau.
Enfin, nous sommes à Paris, et Paris a pris vingt ans de retard en ce qui concerne les fêtes de rue. Donc c’est le début.
La fête est jolie, parce que petite, douce, discrète. Le public est constitué des enfants blacks du 19 ème, très mignons, mais peu à peu dangereux en bande, des bourgeois bohêmes qui promènent leurs enfants, d’intellectuels décalés, et de retraités à casquette et à franc parler. Nous jouons les cercueils, et quelques variations autour des chaises longues. Nos morts sont très amusants : Magali dont les deniers mots sont : mon dessert, vite mon dessert, où celui qui demande plus de lumière. Sans oublier Fernand qui demande d’être enterré avec son chien.
On s’amuse.
27 octobre 2001 LE PUY EN VELAY
Un premier événement pour l’agglomération du Puy-en-Velay (43). La ville du Puy vient de passer à gauche, ce qui paraît être un véritable événement tellurique.
Il est toujours bizarre de savoir pourquoi nous sommes invités quelque part. Une compagnie d’Aurillac en avait parlé à Michel Allemand, directeur de la MPT de Chadrac. Cette compagnie aimait notre esprit et avait assisté à la Guillotine et l’Avion à Aurillac. .
Nous arrivons à 18 acteurs à savoir :
- * Abay Vahid,
- * Bouvard Max,
- * Belin Patrice,
- * Buliard Marc,
- * De Lafond Hervée,
- * Dec Sébastien,
- * Djondo Marcel,
- * Fornal Catherine,
- * Guet Samuel,
- * Lalaude Sylvie
- * Livchine Jacques
- * Maurer Herde Gill,
- * Michaud Fabienne,
- * Patois Goobie
- * Poulat Céline
- * Treuthard Nadine,
- * Voitot Patrick
- * Claudine Guttierez (notre chauffeur).
On démarre par un stage, qui attire peu de monde : la compagnie Frangipane au complet, Philippe, Gaétan et Thierry, même Babeth –la femme de Gaétan nous rejoint, et deux jeunes adolescentes Chloé et Cécile. Le stage a lieu à Polignac, une bourgade près du Puy, dont le lieu socio culturel ne correspond vraiment pas à un village de mille habitants. .
Samedi 27 octobre : Brigades du matin sur le marché de la place du Martouret, petit marché traditionnel. Beau temps ensoleillé ; 12°C. L’école Ste Odile est très drôle dans ce fief du catholicisme, avec vierge rouge et vierge noire, les commerçants veulent bien voir critiquer la religion mais pas leurs fromages. Jacques Livchine dirige le groupe de faux touristes. .
Et nouveauté … on a l’autorisation de sortir nos agents de police municipaux (On met la vraie police au courant. (Merci Jacky Brunet qui a demandé).

Nouvelle action mise en place ; l ‘arrestation de deux pères Noëls, pour port illégal d’uniforme et port de barbe suspect, par nos policiers municipaux. L’après -midi, on sort notre brigade rouge, la nouvelle mairesse, Arlette, très sympathique est transportée et traitée selon notre habitude assez limite, mais on ne dérape pas.
Les petits métiers se déroulent à 18H 30 devant 200 personnes environ, Place Michelet. .
Il sont suivis par une fête improvisée dans la taverne de Maître Kanter, car Sophie Charles ex Giraud *est là avec son accordéon...* Sophie de St Quentin en Yvelines, celle qui jouait dans le plus bel âge, avec sa soeur Marie, Sophie qui faisait des échasses ... et Paule sa mère amie de Kateb Yacine. Bon accueil, l’équipe est très prévenante, on n’a pas démérité. .
Indice de satisfaction ; 81.
Chez le Jouf' à Lons
La BIT à l'amuserie de Lons le Saunier
Brigade " mortelle " à l’amuserie de Lons le Saunier chez Patrice Jouffroy et son staff, le vendredi 19 octobre. La brigade débarque à dix-sept, puisque Zicho est forfait au dernier moment...
Au programme " humour noir "
L'équipe sélectionnée :
- Abay Vahid,
- De Lafond Hervée,
- Debard Emilie,
- Dec Sébastien,
- Fornal Catherine,
- Goetz Bernard,
- Guet Samuel,
- Jouvenot Julie,
- Lalaude Sylvie,
- Livchine Jacques,
- Maurer Herde Gill,
- Moulet Marjorie,
- Pancho,
- Patois Goobie,
- Poulat Céline,
- Sosolic Isabelle,
- Treuthard Nadine.
Hervée avait peur de se " planter " comme à Balleray, donc on a passé la semaine à préparer, on a même fait un repérage pour mieux coller au lieu.
L’amuserie est animée par l’équipe du théâtre Group, bon des gens formidables, à qui évidemment on ne donne pratiquement pas de moyens, et qui pourtant s’évertuent d’ouvrir leur lieu modeste, mais tellement chaleureux, qu’on s’y sent chez soi.
Au programme :
- Les miroirs avec sentences sur la mort.
- Un parcours mystérieux ou six guides emmènent le public, dans des petites cachettes où sont jouées des scènes un peu secrètes.
- Et bien sûr, un des lieux traite par la tangente le 11 septembre, avec des questions assez empoisonnées, qui jettent un peu de malaise.
- Mais il y a aussi du Daniel Harms, des écritures personnelles etc.
On joue ensuite une scène dans une voiture écrite par un plasticien argentin, Jorge Macchi. Le centre d’art contemporain de Montbéliard nous a prêté une sono. Bon, Sébastien ne trouve pas la marche arrière, alors on envoie la scène des cercueils à la rescousse. On termine par le public allongé dans le noir, et nous, de susurrer des poèmes sur la mort, avec un petit fond de Fornal au violoncelle, et jacques hurlant pour terminer cette belle phrase de Tchékhov
" enterrer les morts, réparer les vivants ".
Le public n’était pas très nombreux, peut être cinquante, mais vivant. L’indice de satisfaction a été de 79, ce qui est appréciable.
Inauguration de la Vache qui rue à Moirans (39)
16 novembre 2001
la Brigade en personnages
Lieu de fabrique des chercheurs d’air
Moirans, c’est le Jura, une petite ville spécialisée dans le jouet,où la troupe des chercheurs d’air est implantée depuis environ sept ans.
Les chercheurs d’air avaient fait appel à " la franc comtoise de rue " association qui regroupe les compagnies de rue de Franche Comté. Mais les deux Dom’s réstaient les directeurs artistiques de cette soirée.
Le théâtre de l’unité avait donc mis sa brigade au service de la soirée à savoir
- Jacques Livchine
- Hervée de Lafond
- Isabelle Sosolic,
- Marjorie Moulet,
- Gill Maurer Herde
- Sylvie Lalaude,
- Marc Buliard,
- Nadine Treuthard,
- Sébastien Dec,
- Catherine Fornal,
- Pancho
- Marie Leila Sekri
- Areski Sediki
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Il y avait aussi le Pudding théâtre, Spakr, GS, le théâtre ascensionnel, Nico et sa bande, la grosse entreprise, en effeuillant la marguerite, Crépator , Théâtre group. Le Samu, Pierre Dumur
Le concept était clair : le lieu de fabrique était transformé en place de village avec ses commerces , ses élus, ses majorettes, ses bancs, son arbre , le tout très bien conçu par Isabelle Jobard , décoratrice assistée de multiples régisseurs.
Cérémonie d’inauguration, où le vrai Maire, le Dr Burderon, s’amusait à faire l’acteur, ce qui n'était pas prévu, alors les faux élus ont dû jouer dans le créneau qu'on leur laissait, c'est à dire, rester très sérieux et vrais. Dominique Comby- maire du Bourg du Bout et le faux conseiller général – jacques Livchine- . Hervée était déguisée en policière et avait sous ses ordres deux membres du Pudding.
400 personnes sont passées, et l’ambiance était bien chaleureuse, car la plupart des gens venaient vraiment du village.
Le théâtre du lacet qui se défait , la troupe du foyer rural de Blétigney, a présenté un jeu masqué sur le thème du petit chaperon rouge. (bien sûr que c’était une imposture Unité ).
Nous dirons donc l’ exceptionnalité de cette soirée pour un village de montagne, la chaleur et le lien social que cela engendre. La Drac, un des financeurs, était là pour constater.
Les Petits métiers à Annonay
9 décembre 2001
Équipe
- * Vahid Abay
- * Jacky Treuthard
- * Goobi
- * Patrice Belin
- * Gill Herde
- * Samy Guet
- * Max Bouvard
- * Hervée de lafond
- * Fabienne Michaud
- * Seb Dec
- * Sylvie Lalaude
- * Nadine Treuthard
- * Catherine Fornal
- * Jack Livchine
- * Patrick Voitot
- * Bernard Goetz
- * Céline Poulat
- * Claudine Guttierez
- * Marcel Djondo
Tu vois l’inorganisation, 2 dans le poids lourd, 9 dans le Boxer, 7 dans le véhicule de location. Manque une place. Heureusement, Goobie a pris le train à l’aller Et Sébastien rentrait sur Lyon au retour.Il faisait quasiment 0°C. et on a pourtant joué " les petits métiers "devant 210 personnes (public compté à la main) .
Un parking de super U, une MJC bien chaude pour se chauffer, et un marabout, pour les changements rapides. Palmira et son équipe aux petits soins : En tous lieux, du café, du chocolat, de quoi se réchauffer, de prendre un fruit. Incroyable gentillesse. Ce qu’il faut retenir, c’est que nous faisions partie d’une première programmation régulière de théâtre de rue, hors festival ou autre rassemblement quelconque. Un sacré défi. Cela se passait dans le cadre du contrat global de développement Annonéen, et aussi du contrat de ville (d’ailleurs il y avait six jeunes à casquettes un peu turbulents).
L’organisateur c’est le SOAR (Secteur ouvert des arts de la rue), une ramification du Festival de la manche. Il y a de nombreux partenaires : la Ville d’Annonay, le département de l’Ardèche (terre d’audace), la région Rhône alpes, la DIV, la Culture, le Fas, la SACD, l’Union européenne… Une sacrée construction financière.
L’autre particularité, ce fut la rencontre avec la Fabrik’Albedo, un incroyable lieu, où l’on peut vivre manger, dormir , monter des spectacles.
Le lieu a été créé par Flo et Steph (les ex topolino) à partir de l’usine Gruss, une filature de 1600 M2, qu’ils ont acheté 300 000 F en 1994.
C’est tout simplement exemplaire, car la beauté, la chaleur qui se dégagent de cette friche est incroyable. On est loin du type squat ou de toutes ces friches toujours froides. C’est un prototype unique, et ils refusent toute aide du ministère.
Voilà, nous nous sommes tous dits : " si nous arrivions de faire de Japy un tel havre d’art ".
Nevers. Festival du film de contestation
14 décembre 2001.
Le détail: on est partis avec 2 voitures, Isabelle et Marcel. L'équipe était fraîche, avec David, J-Charles, Alex & Audrey, beaucoup d'entrain sur la route.
On a donc attaqué vers 19h pour 1h de Paparazzi devant la Maison de la Culture, c'était plutôt bien mais le public arrivait au compte goutte, l'énergie était en dents de scie, en fonction des arrivées. Un caméraman est venu nous filmer et ne nous a plus jamais lachés, mais sans gêner.
On a enchainé par une brigade rouge autour de Vahid Debouze, le frère de Djamel. C'était vraiment bien, Vahid était formidable dans son rôle, très naturel, un tantinet gêné ou intimidé. Marcel faisait les présentations à des petits groupes et les rouges surveillaient autour. Jacky et J-Charles avaient fait des cartons avec photos truquées de Djamel et Vahid, la place pour "coller ta photo", sous l'intitulé Le Fan Club des Amis du frère à Djamel. Vahid militait pour plus de présence colorée dans les films français.
Problème de l'organisation qui nous a ensuite envoyés dans une salle où était censé se dérouler un débat en fin de film (on savait pas) et auquel on a coupé court du fait de notre intervention. Le réalisateur l'a mal vécu, très mal même, il a expliqué que c'était l'occasion de donner la parole à un homme qui ne l'avait jamais et qu'au fond nous avions joué le rôle de censeurs, dommage, même si la salle a beaucoup ri, en effet.
Ensuite on a fait le portable-killer: effet garanti. La brigade est entrée dans 2 salles avant le début des courts métrages , présentation de Vahid Debouze, petit discours de l'intéressé qui proposait de signer des autographes à la sortie, puis Marcel demandait l'extinction des portables, David en baron répond à un appel et Voitot vient lui arracher un portable qu'il explose au marteau: l'imprévu a créé le drôle: à cause de sa housse le portable n'explosait jamais, mais faisait des rebonds incroyables de plus d'1 mètre et Voitot qui courrait derrière et s'acharnait ... et rebonds bis ......... Trop bien!
Troisième action "Armée de l'art" laborieuse à mettre en route: on avait pensé évacuer une salle et la BIT n'était pas prête alors on a raté la sortie. Qu'à cela ne tienne, on a fait une évacuation à l'envers, du hall vers la salle de concert. En résumé, une entrée et une sortie très réussies les deux, mais au milieu c'était raté, 'information à faire passer a semblé devenir plus importante que le jeu, ca s'est disloqué, ca n'existait plus...
Bon débriefing dans les loges pour rappeler aux petits et aux grands les bases de la BIT. L'honneur est sauf puisque "le théâtre c'est d'abord une entrée et une sortie!"
On aurait du s'arrêter là. On avait prévu d'intervenir à la remise des prix qui devait originellement se passer dans la grande salle et qui a finalement eu lieu dans le hall. C'était déjà dangereux. Nous on faisait trois potiches, le présentateur, un père noël venu de l'ANPE pour donner les prix distribués exclusivement aux perdants, déshabillage de Père Noël par les potiches, Manifestation de joie pour les perdants, le contre en final. Bon je ne vais pas m'étendre, tu vas vite comprendre. Le sonorisateur a fait des effets sur le micros, on a joué voix déformée jusqu'au contre. L'horreur... pas la présence d'esprit de demander que ça s'arrête... On a même eu les 2 premiers vers du Michaux au micro déformant... la suite a té dite sans micro, mais gueulée pour essayer de se faire entendre dans un hall avec des gens qui causent et même de la zic de fond. Ca fait partie des moments les plus douloureux que j'aie eu a vivre en brigade. Je n'ai même pas pu traverser le hall tellement j'avais la tête basse et mal! Tout de suite après la colère est venue, j'ai donc été m'expliquer avec David, puis Delphine cheftaine organisatrice et Pierre président de l'assoc' qui pensaient que telle avait été notre demande... et enfin le sonorisateur qui s'est excusé, manière de se débarrasser de moi au plus vite... Frustration pour tous de terminer sur une note aussi fausse.
On a quand même été contents, festival et équipe très sympas, quelques stars de canal, l'entarteur national, Mathieu Bogarts en concert et en loge. C'était excitant tout du long malgré une BIT en dents de scie.
Compte rendu de Céline