
La pluie a engendré des problèmes aux lumières, mais rien de très grave.
Tout le monde dit : il faut que cela soit rejoué ailleurs.
Voilà. Une de ces grandes soirées dont on peut être fier.
oratorio de flammes et de paroles en fusion pour un enfer disparu
Musique et feux : commandos Percu sous la direction de Raymond Gabriel`
Direction technique : Bernard Martin dit Bébert avec Nasser Bachir, Hervé Dubois Bob Aymeric, Mokdad Ameur, Fred Patois dit Goobie,Joan Jimenz dit Pancho, Bruno Balland
Mise à température et fusion de l'ensemble : Hervée de Lafond et Jacques Livchi
Elsa Quinette , Journaliste, collecteuse des paroles parle
En octobre 1999, je pars à la rencontre des forgerons d'Audincourt. Dans ma tête, je vois des hommes exceptionnellement grands et costauds, des Hercules ayant laminé le fer toute une vie et qui, malgré les 30 années de répit passées entre la fermeture des Forges et aujourd'hui, sont restés fortement soudés.
A mon arrivée, je découvre des hommes de taille ordinaire et ordinairement marqués par l'âge. Pas de héros échappés de la mythologie grecque. Les lamineurs leur ressemblaient peut-être,mais ils n'existent plus ou peu. Il y a un Monsieur Sougaro qui l'aurait été mais qui se trouve à l'hôpital. Ses anciens collègues ne savant pas bien comment il va, ni si je peux le rencontrer. Ils ne l'ont pas vu depuis un certain temps,alors de nouveau je suis surprise : est ce que la communauté de forgerons que je pensais trouver n'est qu'un mythe ?
En fait, au fil des entretiens que j'ai menés, je me suis aperçue que cette communauté existait bel et bien, mais pas sous une forme évidente. Ce qui m'a frappée, c'est l'homogénéité des réponses dans l'ensemble. A chaque réponse, s'exprimait un sentiment commun, une façon de voir familière. Tous, mais chacun avec ses propres mots, m'ont en général dit ceci : la vie aux Forges était avant tout faite de solidarité et de camaraderie.
"Au fond, on n'avait peut-être pas beaucoup d'argent bien qu'on travaillait sans relâche, mais on était heureux, parce qu'on était en famille dans cet univers de métal.Et on respectait cette vie : on ne se plaignait pas, on se satisfaisait de ce qu'on avait.On vivait simplement. On n'espérait pas changer quoique ce soit, on respectait nos supérieurs comme il se doit." etc.
Moi, j'ai été touchée par ces rencontres,ces paroles, ces attitudes devant la vie. Je les ai trouvées sages, humbles, pudiques et justes, les forgerons d'Audincourt.
18/10 Les textes sont splendides, mais durs à dire. On développe l'option diction "grande passion" sans pathos. Groupe de 15 acteurs, mais on va écrémer, tout le monde n'y arrive pas. Le spectacle aura lieu le 2 décembre sur le site même des forges d'Audincourt.
On s'associera aux commandos percu et à Katterton pour que "ça pète sa mère".
La parole à Jacques Livchine :
D'abord c'est curieux tout de même, lorsque Martial Bourquin,nous demande de réfléchir à un spectacle sur les forgerons d'Audincourt, nous ne savions pas du tout que notre destin allait croiser Audincourt, une année plus tard, puisque nous y sommes installés depuis la mi- juillet. Et quand on vit à Audincourt, on n'échappe pas à la présence des Forges, non seulement par ce qui reste des bâtiments, mais par un nuage de souvenirs et de regrets qui flotte au dessus de la ville.
Notre première idée c'était évidemment de parler de travailleurs dépossédés de leur outil de travail et de comment ils avaient résisté. Très vite, nous avons compris qu'il ne s'agissait pas de cela. Ce ne sont pas les mots habituels de lutte, et de revendications qui reviennent, mais d'autres mots beaucoup plus mystérieux et poétiques. Le feu et la chaleur sont omni présents, l'amour, la fierté du travail, la solidarité aussi.Et puis, chose encore plus troublante pour des gens de théâtre, le verbe est large, épais, riche, précis, généreux, nous sommes face à une vraie langue. Et on ne peut que se poser des questions inquiétantes sur la monopolisation de la langue par les diplômés des classes cultivées qui se sont toujours comportés comme si les classes populaires n'étaient pas tout à fait aptes à s'exprimer.
Egidio, ancien forgeron discute avec Patrick Voitot
:Théâtre de l'Unité, Amfa, Ville d'Audincourt Le texte a été construit à partir des entretiens d'Elsa Quinette :
et des citations d'entretiens empruntées à l'ouvrage de Carine Schutz: Mémoire des forgerons d'Audincourt. (1996)
Catherine Fornal juste avant de jouer. Patrick Plaisance et hervée de Lafond observent
relevées dans l'ouvrage les forges d'Audincourt de Mr A. Minazzi.
Que soient remerciés tous ceux qui nous ont accompagné dans cette histoire : Yves Adami, Christian Rongeat , Josette Calame, Céline Poulat, Claudine Schwarzentruber, Claude Acquart.