dossier Terezin

 

Le journal de Terezin

Noël 2002 à 2005

 

 




Isabelle et Éric

 

On est aux Ulis pendant les vacances de Noël 2002.

le Nada théâtre nous prête Boris Vian. Tous les jours de 14 H à 22 H, nous tâtonnons.

 

 

Clotilde Lecomte et Eric Bougnon


le 29/12. cabaret et tables

D ‘abord on règle les numéros du cabaret. 15 minutes. mais il faut rajouter toutes les réactions. La scène dite de l'embellissement nous pose beaucoup de problèmes de manipulation. Comment rendre artistiques et signifiantes des intallations de praticables

image du tambour avec un vrai bébé.

Polémique autour d'un bébé

C’est une image. Pourquoi ne pas remplacer le baigneur par un vrai bébé. Isabelle a son petit Joseph qui a trois mois. Pour Jacques l’effet est saisissant. Mais finalement, la Maman stresse trop. On en restera au poupon.

L'équipe épuisée discute du filage.

premier filage le 30 décembre

1 H 29. Très mauvais. Pas d'espace, pas de vie, trop clean. Tout va bien. ce filage devait être mauvais, il l'a été.

Antoine et Valérie /Pipoulski et Minouski

Chacun doit à un moment donné jouer un mini spectacle. La journée du 2 janvier y est consacrée.

 

 

pauses

On travaille autant dans les pauses que hors pauses, mais c'est dur à comprendre.

Spécial Juliette

On fait avec elle de la finition gestuelle.

J - 4

Nous, on ne sait plus ce que cela donne. avant -hier , Eckel nous dit : laissez respirer la pâte, prenez le temps, hier Elisabeth nous dit : l'inquiétude, rajoutez de la peur un peu partout.

 

Catherine Fornal, quelques minutes avant.

La première...

A vue de nez, 250 personnes, des amis et des inconnus. Une bonne énergie, beaucoup d'émotion, applaudissements très prolongés sur la dernière image de mort. Maintenant, il faut enrichir encore d'une dernière couche. Rajouter de l'étrangeté.

merci au Nada théâtre, à Jean Louis Eckel,(photo) Babeth,Bruno, qui ont rendu la chose possible.


On rejoue

Il y a quelque chose de fort, que je sens de l'intérieur. A la fin, le public nous fait une longue ovation, il nous demande de saluer, mais nous sommes morts et figés. Un moment intense. De vrais compliments ce coup là. Pas des merci-ça m'a plu. Non des vraies personnes retournées.

Isabelle et Clotilde



Guyancourt, 18/01/03

Notre première en tournée. 240 personnes. Une écoute impressionnante. Un silence magistral à la fin. De nombreux amis de la ville nouvelle sont présents. 25 ans de fidèlité.Soirée magique.

 

Reproduction d'une valise vue au musée de Terezin et exposée dans le couloir d'entrée du public.



 

Terezin à Fontenay. 7 février 2003

Théâtre des Sources. Direction Gérald Chatelain, un complice qui nous a accueilli pour les répétitions.

375 personnes, c’est tout de même bien. Le théâtre fait plein. Bon, bien sûr une centaine de collégiens ou lycéens dont une poignée va mépriser et parler et gêner, assez légèrement. Que dire là dessus ? Les profs ont raison de leur montrer au moins ce que c’est, mais ils manifestent leur haine du scolaire.
Avec notre système de couloir et de déstabilisation du public, nous ne mettons pas loin de quarante minutes pour débuter.

Pour la première fois nous jouons sur une scène qui surplombe le public.
Les avis sont partagés sur cette séance. Catherine dit qu’elle s’est sentie nulle tout le long . Hervée dit que c’était notre meilleure.
Jacques dit qu’il a reçu de vrais compliments sincères mais aussi des paquets de silence entendu.
Mais c’est tellement fou de jouer ça…
Quelqu’un me raconte ça sur le net/ une discussion ramassée à la sortie.
Lui (16 ans environ) : J'ai adoré...
Elle (même age). Ouais, mais je comprends pourquoi ils bougent pas à la fin.
Lui (après un silence) : Ben, c'est normal, les souvenirs, ça ne bouge pas !

les produits dérivés : texte, programme marchent comme jamais. c’est un signe tout de même.

Et puis une femme de 72 ans me remercie : elle était à Terezin de juilet 1943 à l’automne 1944.
Elle est venue avec son fils.
c’est émouvant de lui parler et de savoir qu’elle n’est pas déçue. Elle se souvient de ses dessins et les cherche. Son nom Sabruga , si je me souviens bien.

Gaby Levasseur, remplaçant d'Antoine fait un "sans faute".

Nous on ne laissera pas mourir ce spectacle sans l’avoir défendu .

sans déconner, j’ai vu Galiléo de Brecht par Sivadier, très bien, Phèdre de Chéreau, c’est pas mal non plus, mais moi je trouve Terezin beaucoup mieux.
Mais ce n’est pas le public, ni moi qui décidons, ce sont les décideurs professionnels qui pour l’instant n’ont guère envie de se déplacer.

scène des échelles

 


Villejuif, 26 février au 1er mars 2003

Beaucoup de trac. 230 personnes. Le théâtre a un problème d'acoustique, il faut forcer la voix quand on est derrière le cadre. Une jeune fille me dit à la fin :"je suis bouleversée". Cela enchante ma soirée. Il y avait le comédien Jacques Alric, des anciens de l'Unité, des lyéens, des étudiantes de la Sorbonne, Michel Brey (78 ans). La Jacquerie a refait le bar du théâtre qui est très agréable pour discuter. Hervée fait avec beaucoup d'assurance une petite conférence autour de la vidéo "le don d'Hitler aux juifs".


une entrée qui va être refaite sous peu.

le théâtre Romain Rolland

Une enseigne d' il y a trente ans, mais une nouvelle vie que l'on doit à la nouvelle direction d'Alain Mollot du théâtre de la Jacquerie.

230 personnes à la seconde séance. La qualité de silence de la fin est troublée par un téléphone portable. Dommage.
Le 29 février, 400 personnes , dont 150 collégiens et un bébé de deux ans, qui agrémente le spectacle de gloussements. De nouveau la fin est cassée. Que faire ? Sélectionner le public ? Le public captif est tout de même un problème quand le spectacle n'est pas tout à fait adapté. Il se moquent et rient à des moments tragiques.
Evidemment, dans ces conditions, les professionnels sont réticents. Ramponi, de la Roche sur Yon qui se trouve au milieu d'handicapés qui s'agitent tous les sens. Péduzzi de Calais qui trouve la salle mal adaptée. Le Glatin de Chelles et Roger Leroux de Lannion. Décidément...Mais on y croit.

Le bar de la femme à barbe,tenu par Violaine. très agréable. On y mange bien.
Après- spectacle de Villejuif.
On a vu défiler en 4 fois près de 1450 spectateurs. La dernière était bien émouvante. Ariane Mnouchkine nous a éclairé de sa présence.Fait rare. Les gens sont remués. Les directeurs d'établissement n'aiment pas trop parler à la fin. On verra bien. Saine fatigue.


le cabaret de Terezin.

 



Thonon les Bains. 25 mars 2003

La salle est quasiment pleine. 480 personnes , ou plus. le problème bien sûr , ce sont les lycéens, ils sont 200, et aiment réagir en groupe, en supporter de football, ce qui vient troubler les quelques moments de silence recueilli.
La Maison des arts est une scène régionale « Rhône alpes ». Thierry Vautherot en est le directeur. La maison des arts dispose aussi de la magnifique salle de la grange aux lacs à Evian destinées aux concerts.
Notre conseiller théâtre de la Franche Comté a fait le déplacement, qu’il en soit remercié, il est malheureusement mal placé, et ne verra pas tout.
Hervée coupe dans le cabaret, cela indispose les comédiens, mais il s’agit de préserver un équilibre. Hervée , la seule qui voit la majorité du spectacle trouve que cela gagne énormément.
Moi, mon tuba prend un coup et je suis déstabilisé toute la fin.
Ala fin les applaudissements sont assez longs , mon chrono marquait 1 H et 29 minutes . Les théâtres d‘abonnés procurent toujours une sensation étrange. Ils s’en vont trop vite ,on n’a pas le temps d’échanger.
On couche aux Balladins, un peu serrés, puisqu’on était en période promo du spectacle, ni défraiments,ni transport.
On termine tous « au carnivore » le seul resto » ouvert jusqu’à minuit. Ambiance pénible de compagnie surexcitée.


 

Brétigny sur Orge, 4 avril 03

Un théâtre en plein champ, l'Espace Jules Verne, face au lycée JP Timbaud. Aspect classique des nouveaux lieux , hospitalier au sens hôpital du terme. Les architectes sont des fous-malades, ils nous glacent les lieux. Heureusement, Dominique Goudal, la directrice et Philippe Michel, le RP, sont aux petits soins.
250 personnes, tout le parterre plein.Une belle surprise dans cette banlieue Sud.
45 lycéens, très interessés et très calmes, avec un de ces professeurs admirables qui depuis vingt ans milite pour le théâtre qui bouge.

Eric Bougnon a le dos en compote,il jouera sous analgésique entraînant de la somnolence, alors il nous rate quelques phrases.
On a réglé la scène des petits spectacles.

Les applaudissements sont hésitants, s'arrêtent , reprennent. Notre immobilité finale est parfaite.

Quelques personnes sont bouleversées et achètent tout à la boutique.

Citons ceux qui se déplacent de loin : Benoît Afnaïm, Christophe Galland, Flore Buri.

Les discussions internes tournent beaucoup autour du logement d'Avignon, maison ou péniche ?

La guerre aussi, bien- sûr.

Le spectacle est cité dans Aden, supplément du Monde, de et par Jacques Livchine, comme si j'étais seul dedans.
Quel manque de sérieux ce journal, ils ont raison, les Cohen, Péan, de le mettre en cause et d'égratigner son image de pureté, car jamais les pages culturelles du monde n'ont reflété la vraie vie de l'art en France.

le théâtre nous offre une rose à chacun, une belle tradition.



 

8 avril, Marseille

Le théâtre Toursky est un cas. C’est le théâtre d’un homme, Richard Martin.
Ce Richard Martin n’a jamais cédé à aucune mode, ni à aucun politique, c’est l’indépendance totale. Il s’affiche avec Léo Ferré, son clan à lui.
La Drac le boude, car on n’aime pas trop les paroles si libres, et le personnage n’est pas maîtrisable.

Donc il n’invite pas de spectacles, dans son théâtre, il ne s'estime pas programmateur, il invite des démarches, des artistes dont il se sent proche. Et les Artistes aiment Richard Martin, alors que les institutionnels de tout poil le trouvent évidemment insupportable.
Le théâtre se trouve dans un quartier très pauvre à 2 km de la gare. Moi je suis content, j’aimerais que la Palestine ressemble à ce quartier où co -habite une vingtaine d’ethnies. Bien sûr que l’on peut vivre ensemble.

Répétitions de l’après midi. On ajoute au cabaret une couche d’expressionnisme, de Grosz, de tourment dans la joie. Le théâtre a un noir total, ce qui n’est pas fréquent.
Evidemment, nous on ne se voit pas jouer.
Moi je sens que cela passe bien.
Et j’aime les vingt secondes de silence de la fin, c’est mon bonheur. Le public décide d’applaudir timidement, puis plus fort, puis s’arrête, puis reprend, et sort doucement.
Nous restons figés une bonne douzaine de minutes. La sueur nous pique les yeux. Mais là, c’est le cœur de la pièce, son message,

ce n’est pas fini. Pas du tout fini. Jamais fini.

Dans le public à la sortie, des vieux fidèles , Chantal Kirchner, son fils Raphaël, et Emile son compagnon depuis des siècles, Foulquié, de la friche de la Belle de mai, et sa Nicole. Et aussi la bande à Znorko, sa petite administratrice, Gwenaëlle. Des comédiens, Charles Salvy, Magali Jacquot, Paul Higelin, le frère de Jacques. Plus de 350 personnes. Et comme à Sponeck un repas excellent pris sur place, des grandes tablées, le vin qui coule à flot. La fête, tout simplement.

Richard Martin, le rebelle.


9 avril. Toursky. Marseille

Encore une belle salle. 300 personnes environ. Sans doute que l’on joue mieux que la veille, disons que les applaudissements sont plus nourris et que les compliments sont abondants.
Une femme me dit avoir pleuré.

On retrouve Elisabeth et Rémy Ledoux, Claude Gudin. Ce théâtre a une âme.
Richard Martin fait un joli toast.Il dit que nous avons allumé une étincelle sur le plateau.

On couche aux Citadines, en face du Conseil régional. Le théâtre, c’est cher. 1024€ rien que pour la facture d’hôtel. Nous sommes tous bien épuisés. Nous avons donné. J'ai chanté à l'accordéon.

 

Catherine Fornal a trouvé ce brassard dans une brocante en Pologne...

 


Cébazat, le 15/04/03

270 personnes. Temps printanier. On répète à partir de 15 H 30 jusqu’à 17 H30.
Ensuite on se détend. Peut-être trop. On ne trouve pas notre énergie rageuse.
Pourtant Nathalie attaque avec beaucoup de vigueur et de sincérité. Les retours sont moins forts que d’habitude, alors on est un peu moins porté. Il fait très chaud. Dans tous les théâtres , on a toujours du mal à faire régler le chauffage.

Jean Paul Farré est dans le public. On retrouve aussi Beatrice Vermenot, ex Chalon dans la rue qui travaille maintenant à La Scène Nationale, et Anne Lopez, qui a travaillé avec nous il y a longtemps, sans doute en 1988, et qui s’appelle maintenant Anne Parent.

Quant à Jacques Madebène, c’est un directeur très présent, c’est agréable. Les techniciens repartent le soir même sur Audincourt. L’Hôtel de Lyon , place Jaude, à Clermont –Ferrand a du caractère. J'ai la chambre 7.


Yann ancien déporté, est rentré à Terezin à l'âge de 18 ans.

Cavaillon, 6 mai 2003

Cela fait partie des mystères du théâtre. Ce public fervent qui nous pousse, 400 personnes, la présence de Yann Burka, rescapé de Terezin,la présence de dizaine de professionnels , Coutureau, Riot Sarcey, Cornille, des vieux amis comme Saskia ; Jean Michel Gremillet, directeur du théâtre dont la présence et l’accompagnement sont empreints d’une grande gentillesse.

Tout ça fait une belle séance. Il fait très chaud, nous terminons quasiment comme si nous étions au hammam. Mais assez heureux. Les applaudissements sont très nourris.
Le speech d’Hervée à la fin fait désormais partie du spectacle. On sent les gens passionnés. L’hôtel du Parc avec ses poèmes sur les murs des chambres a du charme.


Yann remplace Eric. Cliché de loges.


 

On décide donc d'aller jouer en Avignon...

On loue le Big Bang, on loue une grande villa, et une grande péniche pour dormir.

On loue le matériel, piano, projecteurs.

On répète. On sait que cela va marcher.

Et puis patatras, la grève de cet été meurtier 2003 .

On doit tout payer alors que l'on ne jouera pas du tout.

Traumatisme, Terezin va mourir. Arles est remis en octobre 2004 à cause des inondations et Fos se rajoute, c'est tout, c'est terrible.

C'est comme si on tuait les artistes de Terezin une seconde fois.

 


Terezin à Epinay, 20 janvier 04

La séance s'annonce chaude à la maison du théâtre et de la danse. Trois classes d'élèves style neuf trois (93) comme on dit. Les jeunes filles voilées sont mélangées aux garçons à Kippa, décidément la loi fait son effet. On affiche son clan là où l'on peut maintenant.

Merveille, le silence s'installe, silence = respect, pourtant certains avaient envie de clamer leur mépris des ces sorties théâtrales. La salle est pleine (200 personnes). Le rôle d'Eric Bougnon est repris par Yann Denecé, et David Farine remplace David Mossé aux manettes son et lumière.

Bien sûr, les professionels annoncés ne sont pas là. Nous sentons tous planer la fin prématurée de ce spectacle que nous trouvons beau, urgent, et nécessaire.

Nous avons répété comme des dingues la veille, et fait un filage le jour même à 14 H.

Bien sûr à la fin, au bar, il y a toujours quelqu'un qui s'approche de vous et vous glisse la petite phrase réchauffante, celle qui fait que l'on continue ce métier. Une jeune fille que je ne connais pas me dit " je voulais vous dire, mais excusez moi, je n'ai pas de mots pour vous le dire", et je sens son émotion pudique affleurer". Eh bien moi cela me suffit pour éclairer la semaine qui vient.

Le silence de la fin dure 25 secondes, bien denses, puis arrivent les applaudissements pendant que nous restons tous immobiles comme des statues. les jeunes un peu déstabilisés se mettent à sourire puis rire, cela n'est pas très gênant, c'est la gêne qui les fait réagir comme ça.

Le spectacle résonne en plein d'endroits, moi je suis obsédé par la manifestation pro-voile, où il y avait une pancarte "les juifs ont tout". La situation devient très tendue en France. Ce spectacle doit être joué, absolument, mais où ? Qui osera ? A quelle porte frapper ? Je m'excuse, je radote, je me répète, mais c'est obsédant.

Merci à Jean Couturier, Eric de Sarria, Jean Raymond Jacob d'Oposito de s'être déplacés. Merci à JP Decaudin le directeur de nous avoir pris, sa maison est vivante, plein d'ateliers théâtre... cela fait chaud au coeur un lieu comme ça dans une banlieue si sinistre.


exceptionnel
Vesoul 23 janvier 04

400 personnes. Magique. Public presque religieux et solennel. Une écoute splendide.
La directrice, Isabelle Sosolic est admirable de présence et de dévouement aux artistes, une véritable accompagnatrice.
On est heureux. On ne veut pas que Terezin s'arrête.

Loges de Vesoul avant de jouer


DIE, le 28 février 2004

C'est dans la Drôme, un endroit où on ne s'attend pas à trouver un théâtre. C'est la rencontre de Jacques Coutureau un ancien du Magic circus, qui avait trop fait la fête à Paris et qui devait s'astreindre à une vie plus douce et d'une municipalité de 5000 habitants qui a eu le courage de faire le choix de la culture, et Coutureau, qui est de notre génération, celle de la guerre, fait tout pour nous avoir, car son théâtre a une petite jauge (160) et le spectacle est trop cher pour lui, mais c'est ça la passion , il négocie, fait la cuisine, nous loge chez l'habitant, réduit tous les coûts.

Moi j'ai toujours dit qu'il ne fallait pas tant juger les théâtres à leur remplissage qu'à la vitesse à laquelle ils se vident après la pièce.

Coutureau avec son théâtre des aires obtient la plus excellente des notes. Le hall est pourtant glacé, eh bien tout le public reste au complet pour écouter Hervée raconter Terezin à l'aide de vidéos. exceptionnel.
les gens sont touchés, les gens nous parlent. Formidable.
La journée a été longue surtout pour David Mossé et la régie lumière et des pannes successives. On a même envisagé de jouer à la bougie. Bravo David.
Encore une soirée Terezin réussie, ce qui est le cas depuis Epinay.
Donc ne lâchons pas le spectacle.


Arles. 1 er octobre 2004

 

Si les critères d'évaluation d'une représentation étaient l'Hôtel et le restaurant, Arles prendrait la tête. Car l'Hôtel de l'amphithéâtre est une pure merveille, et les couscous et tajines de l'Entrevue, restaurant accolé à à l'éditeur Acte Sud au bord du Rhône sont succulents.

On répète la veille, et je me détache doucement, comme si je terminais le deuil de ce spectacle qui n'aura pas été joué aussi longtemps que je l'aurais souhaité.

Répétition musique

Valérie Moureaux et Isabelle Quinette

Nathalie et hervée pendant le raccord

je réussis un beau portrait de Nathalie Conio.

 

La salle est pleine à 100%, soit 303 personnes. le public passe par les desous du théâtre, à travers notre petit musée, une des entrées les plus impressionnantes.

La représentation est hyper- energique, portée par une salle pleine. On se demande si l'on n'a pas trop joué en force, non, dit Hervée, la mieux placée pour voir.

Début d'applaudissement enrayé par un groupe du public qui souffle aux autres : Pas d'applaudissement s'il vous plaît.

Il y a quelques troisièmes de collège qui sussurent à voix basse et cassent un peu le silence sacré, mais le public n'a pas été gêné.

Dolores Fernandez est adorable. Situation un peu bizarre, elle nous reçoit en tant bénévole des ATP mais est employée par le théâtre d'Arles aux relations publiques.

Dans la salle, on retrouve Dominique Trichet et Aurélie Labouesse de la FAI AR, et Claire Peysson des nouveaux- Nez.

Je tiens boutique de souvenirs, les gens sont généreux.

Je regarde avec tristesse les 235 dossiers préparés pour les éventuels acheteurs d'Avignon.

 

Lettre d'un spectateur d'Arles

Dois-je confesser que j’ai passé une excellente soirée avec les comédiens du Théâtre de l’unité jouant Terezin,  l’évocation de la vie quotidienne dans un camp de concentration. J’aurai aimé applaudir, mais la consigne circulait dans la salle que ce serait mal venu. Et pourquoi ? Si le sujet est grave, le travail des comédiens n’en est pas moins remarquable d’avoir su diffuser dans le public ce sentiment étrange d’être les témoins impuissants de la barbarie. J’aurai voulu applaudir, même la gorge serrée, parce que je trouve formidable de toucher notre fibre humaine enfouie planquée sous les flots de convenances. La moindre de ces convenances étant de s’indigner sur commande quand on évoque une fois l’an la guerre, les camps, le nazisme. Les comédiens de Terezin m’ont secoué par imprégnation. Dans ce camp, aurai-je eu la volonté de prendre un instrument de musique et de jouer ? L’horreur quotidienne ne m’aurait-elle pas éteint ? J’ai senti dans leur volonté un peu absurde qu’au fin fond de l’ignominie, l’homme et plus encore la femme trouvaient matière à insérer la dignité. C’est à mon sens une grande leçon de courage pour nous les petits soldats spectateurs d’autres oppressions.

 

Alain Othnin-Girard

 

BULLY LES MINES, 4 MARS 2005 - CULTURE COMMUNE

 

Petite bourgade de 14 000 habitants dans le bassin minier.

Etrange de trouver un théâtre, l'espace François Mitterrand, au coeur de cette cité. Le problème c'est qu'il neige et que la région est paralysée. Partout des bouchons de plusieurs heures. Alors on nous annonce à 19 H qu'il n'y aura que 20 personnes, vu que les autocars de scolaires ont reçu l'ordre de la préfecture de ne pas circuler. En vrai, l'assistance sera de 68 personnes.

Chantal Lamarre qui nous invite est à la tête de la scène Nationale la plus atypique de France. Car elle est installée sur un carré de mines légendaire, le 11/19, possède des salles de répétition, mais pas de salle de spectacle. Donc cette scène nationale est implantée dans le bassin minier et a des conventions avec une trentaine de petites villes, et c'est là qu'elle programme. Alors, les soirs de spectacle, elle n'est pas dans son lieu personnel ce qui est tout de même handicapant. Mais Chantal est dotée d'une énergie et d'une fougue sans pareil, dirige une équipe de 34 personnes, et est portée par un objectif artistique fort : porter le théâtre là où il ne devrait pas être. Comme dit Nicolas Meurin, son bras droit, nous nous ressemblons dans cet amour de la mission impossible.

C'est Gaby Levasseur qui remplace Antoine Rosset et dirige la partie musicale. Excellent accordéoniste, et bon comédien, et de plus personnalité agréable.

Malgré le peu de public, nous avons une bonne énergie et sommes trop contents de jouer. Les silences sont chargés. Nous nous auto-notons à 14/20. Une bonne moitié du public reste autour de d'Hervée à la fin qui fait sa mini -conférence sur Terezin autour de quelques documents audio-visuels.

Grand banquet final chez Jonnhy, hôtelier qui tutoie sa clientèle et ne raconte que des histoires extraordinaires non vérifiables. " Ma chérie, je pars en Australie en avril, là où je possède des mines d'or et de charbon, bien sûr je ne paie pas l'avion, je vous offre le champagne, car je possède des vignobles dans le pays champenois etc."

 

Samedi. 7 H 53. La troupe repart. Nous sommes en forme. C'était notre dix neuvième représentation.

 

FOS SUR MER. 19 MARS 2005

 

Arrivée en ordre dispersé. Certains sont bloqués en gare de Fos, car la gare SNCF de Fos, genre cabane, est à 10 Kms de Fos. Pas de taxi. Jacques et Catherine descendent en boxer avec deux heures de retard. Nathalie est bloquée dans un TER en panne à Marseille. Clotilde arrive en avion le lendemain. Le boxer va au secours de Nathalie à Marseille à 22 H rue St Pierre, les rues sont très étroites. On annule la répétition du soir. L'hôtel Provençal est un trois étoiles à deux pas du théâtre.

Théâtre municipal moderne, bel équipement. Il y a un directeur pour le lieu, et des responsables par secteur.

C'est Françoise Marion qui nous invite. On la connait depuis Brecht et 2500. 3 ème fois à Fos, il faut le noter.

 

Goobie et David Mossé. La technique se concentre aussi avant de jouer.

 

Marie est très en forme. On saura pourquoi à la fin du spectacle, mais on ne le dira pas.

 

200 personnes. Public adulte. Très peu de scolaires. 35 reviennent voir le spectacle après Arles.

Grande émotion car un ancien de Terezin est dans le public, à la fin il s'avance du plateau où nous restons figés comme des statues et nous lance un MERCI dont on sent bien la portée.

A la sortie il cherche certains noms dans la liste des dessins d'enfants. Hervée a les yeux mouillés, d'autres aussi.

Remarque d'ordre interne : le spectacle n'était pas tout à fait impeccable.Quelques fausses notes ici ou là, des inversions de réplique etc.

Dolores, d'Arles, et Znorko viennent nous saluer. Znorko lève son verre à l'une des dernières vraies troupes de théâtre.

A Fos, on mange dans une petite cuisine et c'est bien sympa.

Le matin, grosse organisation pour rapatrier tout le monde. Le Boxer va rendre visite à Songy à Montélimar, il faut déposer David à Crest, Yann part seul en taxi à 6 H 30 pour Quimper, il faut déposer quelques autres en gare de Port de Bouc pour 8 H, gare introuvable nous dit-on, Goobie remonte le camion de 23 M3 pour décharger à 17 H et repartir dans la foulée sur Marseille. Heureusement Isabelle accepte de raccompagner Clotilde à Marignane vers 11H en faisant un petit détour.

Mais oui, c'est une équipe de 13 personnes, 3000 Euros rien que pour le transport !

 

 

 

 


21 représentations pour Terezin, nous espérions évidemment plus. Il nous reste encore l'espoir de jouer dans notre région pour terminer ce spectale que nous aimions profondément.