UN STAGE "BRIGADE"A MARSEILLE DU 24 AU 26 AOUT 2006
POUR LEZARAP'ART ( Fabienne Rouet)
EN VUE DU FESTIVAL PETITART PETIT
Lieu du stage : Cité des arts de la rue. 225 av des aygalades. Métro Bougainville, puis Bus 30 descendre TRS Cimetière.
Conduite du stage : Jacques Livchine, assisté de Marie Leila Sekri
Les stagiaires
Tels qu'ils se présentent, ils doivent dire leur nom et faire un petit "stand up", une histroire à la première personne qui se termine par un suspens.
Nature du groupe
bonne mixité. Ages, origines, niveau, pros et pas pros
3 recherches dans l'après midi

Vendredi
On décide de travailler sur 3 axes principaux
a) Le branle
je rêve de faire un spectacle sur la culture rêvée par Le Pen et de Villiers, la vraie et profonde culture ancestrale Française traditionnelle. Depuis 3 ans je remets sans cesse l'ouvrage sur le métier, je veux réussir absolument, mais ça bloque sur l'argumentaire trop voyant et sur le final.

b) Le coup de boule de Zidane
Un sujet somptueux, on essaye tous d'imaginer et de délirer autour de la phrase déclencheuse, ce grand secret.
On en garde une poignée pour monter un sketch avec.
Répétition de la gestuelle. essai avec masque.
c) On continue de broder sur le philantrope de rue. Un homme distribue son argent, et tout le monde se sent pris dans la tourmente du don. Beaucoup de barons. On ne sait pas ce que cela va donner, mais moi ça me plaît.
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On décide de jouer sur le vieux port. L'endroit choisi est primordial.
La police va t-elle nous arrêter ?
J'ai peur et j'ai honte, je dis aux stagiaires que c'est bon signe, cela signifie que nous ne sommes pas dans l'habitude et la routine et que nous allons nous aventurer sur des sentiers inconnus.
LE DISTRIBUTEUR D'ARGENT
J'ai emporté un petit tapis comme pour marquer mon petit territoire. Le moment de l'entame est le plus difficile, car il faut intriguer, je commence
"ma mère est décédée, j'ai eu un héritage de 600 000 euros, et cet héritage j'ai décidé de le partager entre tous les français, et tout de suite. Je vais donc procéder dans quelques instants à une distribution d'argent.
je développe un peu : si je divise 600 000 par le nombre de français qui est de 60 millions j'obtiens quoi : 1 centime par français. Evidemment 1 centime vous allez refuser, vous dire que c'est une arnaque.
Voilà la France , un homme veut donner et partager sa fortune tout le monde le traite, c'est incroyable ça
Une femme dans le public, 35 ans :
-Monsieur, je n'y crois pas, vous allez distribuer votre argent, ce n'est pas possible.
-Madame, quel est votre nom
-Mélanie
- S'il y a un photographe, qu'il prenne le cliché s'il vous plaît. Voilà 1 euro pour Mélanie, et je ne demande rien en échange, rien du tout on est dans le domaine de l'acte gratuit.
et tout le monde discute, les gens refusent l'argent, mais se demandent....c'est quoi ? Pourquoi ? Est ce possible ?
Je continue de donner, beaucoup refusent, d'autres acceptent
Le monsieur que l'on voit en second plan va venir m'expliquer que cette femme n'est pas vraiment pauvre, et que si je veux éradiquer la misère, il faut que je monte dans les quartiers pauvres.

A celle -ci qui accepte l'argent, je donne un baiser en plus. Regardez à droite l'air étonné de Mélanie.

Mais voici qu'une femme décide de donner son porte-monnaie avec carte bleue, passeport valide etc. Ce porte monnaie était celui de sa mère, c'est trop lourd à porter explique t-elle. Qui va en vouloir ? Une main se lève

Elle remet effectivement le porte monnaie. On entend des murmures. Quelqu'un vient parler au jeune homme. "Monsieur il faut lui rendre". Le délire continue de plus belle.
Un autre offre ses souvenirs enfermés dans un chargeur d'allumage de moto. Une petite fille (13 ans environ ) lui demande avec grande sincérité de ne pas le faire, car dit-elle, ses souvenirs , il faut les garder avec soi.
Puis une jeune femme offre le rêve qu'elle a fait, consigné sur un bout de papier.
Quelqu'un du public s'exclame : " c'est une secte de Jésus- Christ ".
Derrnier épisode : le portable, là toutes les mains se tendent. Peu à peu on se disperse dans la nature.
Je n'ai pas vu que j'étais suivi . Un homme me parle. "Pourquoi dilapider votre héritage, achetez vous une belle maison avec".
Alors est- ce du théâtre ?
Pas tout à fait, car nous, nous savons que nous jouons, mais les gens, eux, croient que c'est vrai, donc ils ne sont pas au théâtre. En vrai, on devrait toujours croire que le théâtre est vrai.
Contrairement aux autres impostures, il faut garder le secret, ne jamais dire que c'était du théâtre. Car on jette le trouble, et jeter le trouble c'est peut être ça le théâtre.
Le BRANLE

Le premier essai Place d'estienne Dorves est une catastrophe, personne ne regarde. Seule une clocharde et un petit gosse rejoignent le groupe. Pas une personne ne s'arrête.
Alors on va sur le vieux port.

On commence enfin à mieux sentir le final. Le branle traditionnel est cassé par la culture "noire". Déchaînement. Maman pleure, on s'en va tristement.

Conflit de culture.
Une congolaise du public m'attaque en douceur,sur le thème de la cohabitation des musiques.
Le Coup de boule/sketch monté sommairement façon Kapouchnik
mais ici évidemment ça marche

Caroline Pialat nous fait un beau Zidane qui frappe ici Hélène.

Avec Richard.
etc.
Ma conclusion :
Le théâtre de rue dans la rue, pas annoncé , hors festival, avec des gens qui ne sont pas là pour ça, c'est tout de même incomparable, car les gens nous surprennent par leurs remarques et leurs regards. Rien n'est joué d'avance.
Caroline me demande si à Marseille c'est différent d'ailleurs.
Ce n'est pas sûr, car au quartier chinois à Paris, cela répondait aussi. Là, c'est le peuple qui répond.
Dans les festivals, le théâtre de rue est bien différent.
Bouts de Mels reçus sur le stage.
Nils Bay écrit
Me voilà revenu Du stage !
Un drôle de stage, comme il y avait bien longtemps que je n'en n'avait fait.
Sensations irréelles et étranges de vies passées, réduites depuis longtemps à l'état de gaz inerte.
Excellent !
Richard Melka écrit
Comment j'ai trouvé ton nom?
pour rien
pour rire
sans histoires
pour moi pour toi
on en parle
on en parle pas
à toi de je prends du plaisir
dans ce travail
de théâtre
j'apprend
je suis tout neuf
j'écris au type
qui fabrique tout ça
parcequ'il aime les gens