CE SERAIT COMMENT UN ETABLISSEMENT ARTISTIQUE REVÉ PAR VOUS ?

Evidemment les gens qui répondent à une invitation de la maison Unité ont des valeurs communes et rêvent toutes d’un lieu alternatif imaginé.
Ils décrivent tous des lieux ouverts, des lieux d’apprentissage, des lieux de vie, des lieux métissés, des lieux de croisement, sans renoncer pourtant à des présentations d’art « pointu ».
Il y est souvent question de garderie, de crèche.
Lors de la discussion, quelqu’un fait remarquer que la description de ces lieux correspond aux critères du ministère de la culture. (Charte Trautmann).
Serait- ce donc que le cahier des charges des lieux actuels ne serait pas respecté ?
Personne ne croit que les directeurs actuels des scènes nationales et du CDN Franc- comtois ou des théâtres municipaux puissent infléchir leur lieu dans le sens désiré.
On aimerait qu’à côté de l’Institution puissent pousser des fleurs sauvages, ce qu’on a appelé les NTA (Nouveaux territoires de l’art ).
Les scènes nationales pourraient continuer leurs abonnements tandis qu’à côté, les jeunes les familles pourraient avoir accès à ces friches, lieux de fabrique, lieux intermédiaires.
Le Lieu Unique est plusieurs fois cité, ainsi que le centre d’art et de plaisanterie, comme modèle possible.
Comment ne pas labelliser ces lieux, ne pas les enfermer dans des cahiers de charge et pourtant leur donner de quoi exister.
La question avait été débattue en son temps à Marseille, animé par Michel Dufour.
Les assises de la culture ne pourront pas faire l’impasse sur la remise à l’ordre du jour de ces nouveaux lieux artistiques.
Se pose le problème des nominations.
Les lieux intéressants sont les lieux de leur propre inventeur. Les successions n’en finissent pas de flétrir les projets initiaux.
Que l’on ne parle plus de succession mais de nouveau projet.
On a assisté à la profonde transformation des théâtres municipaux en France, qui au contact des centres d’action culturelle se sont transformés en scènes nationales Bis, à tel point que le ministère a fini par leur remettre le signe de scène conventionnée.
Il en sera de même des scènes nationales qui vont assister au foisonnement des lieux intermédiaires et se sentiront obligées de procéder aux mutations qui s’imposent.
JL .

  1. -Il n’y aurait pas que de l’art, mais un parc, une crèche, un centre social, une bibliothèque, un lieu de passage, des sociologues, des économistes, un lieu dont on n’aurait pas peur. Un centre névralgique. Ce serait gratuit, comme l’éducation. Il y aurait des lieux de recherche.Un lieu de mélange, un lieu d’intérêt général. J’aimerais que ma boulangère se sente chez elle dans ce lieu, que ça lui donne envie de libérer sa créativité.
  2. -Un établissement situé au milieu des quartiers populaires, mais certainement pas limité à ces quartiers. Un établissement ouvert où peuvent se côtoyer toutes les générations. Si c’était un lieu de rencontres, ce ne serait qu’une MJC. Dans un établissement artistique, on rencontre des œuvres d’art.

  3. -Auto-géré par un ensemble de personnes.
    . Ouvert en permanence, en permanence au public avec interactivité (ateliers, expos).
    Avec une structure d’accueil et de résidence.

  4. -Ouvert 24 H sur 24 H
    Convivial.
    Possibilité de rencontres avec des artistes comédiens, danseurs, plasticiens, artistes de cœur.
    Stages artistiques réguliers avec amateurs et pros.
    Lieu d’accueil et de création pour amateurs et pros.
    Sortir du lieu pour aller à la rencontre de ceux qui ne connaissent pas, n’osent pas, qui ont peur du monde des artistes.
    Un lieu genre maison de famille avec résidents de tous âges, maison de retraite, crèche.
    Un petit village plein d’amis à la recherche de nouveaux amis, avec coups de gueule et amour.

  5. -Vivant,
    habité
    animé
    métissé
    ouvert
    Lieu de circulation des idées
    Lieu de résistance au libéralisme galopant
    Lieu où l’on mange boit, lit.
    Lieu dirigé par un collectif comprenant des pros et de la société civile.
    Lieu d’atmosphère et de fête.
    Maison commune d’une dizaine de compagnies de théâtre
    Voir Lieu Unique à Nantes.

  6. -Synonyme d’ouverture et de sincérité. Les établissements artistiques actuels sont cloisonnés de l’intérieur et ne répondent plus aux attentes.

  7. -Ouvert, et aussi fermé, avec des espaces confortables où l’on peut se retirer pour discuter, proposer.
    Un lieu convivial, mais avec des règles de vie acceptées par le plus de monde possible.
    Un partage entre ceux qui peuvent théoriser le présent et les acteurs artistiques.
    Un lieu qui puisse évoluer, pas un supermarché, de la couleur.

  8. -Ce serait un établissement libre, ouvert aux citoyens de toutes conditions.
    Ce serait une maison commune où l’on s’initie et se perfectionne à différentes disciplines.
    Cet établissement doit cultiver l’impertinence et ne pas craindre de s’attaquer à l’ordre établi.
    Il doit favoriser la création artistique sans ostracisme aucun.

  9. -Ce serait un lieu vivant.
    Un lieu où l’on peut manger boire, venir avec ses enfants.
    Pourquoi ne pas avoir des lieux de garderie artistique ?
    Un lieu où l’on peut passer un moment même si on ne vient pas pour l’art.
    Pouvoir associer l’art à des gens qui en sont habituellement coupés (les pauvres, les exclus).
    La soupe populaire, les restos du cœur liés à l’Art.
    Intégrer l’art plastique à la rue, pas dans des sanctuaires.
    Mais attention aussi à ce que les gens initiés trouvent aussi leur compte dans ces lieux. Ne pas obtenir le contraire exact de ce qui existe maintenant.
    Du mouvement, de la vie, pas des choses figées, qui succèdent à d’autres choses figées.

  10. -Un lieu ouvert en permanence, animé par une petite équipe mobile et renouvelable.
    Un lieu où les artistes de toutes catégories peuvent trouver des espaces pour travailler, et présenter leurs esquisses, des chantiers, des essais même ratés.
    Un lieu enraciné dans une ville, une région, qui puisse rayonner dans d’autres espaces,salles de quartier, appartements etc.
    Un lieu- maison doté de possibilités d’hébergement pour accueillir des artistes de passage.
    Un lieu ouvert sur le monde où l’on puisse se frotter à l’international.
    Un lieu d’échanges. On pourrait imaginer que si d’autres lieux existaient ailleurs on pourrait procéder à des échanges d’équipe pour qu’elles se renouvellent.

  11. -Un lieu où ça viendrait frotter entre différents arts ;
    Un lieu où ça transcenderait le vivant.
    Ouvert tous les jours, tous les jours pour que ça bouillonne, ça crie, ça s’échange, ça chante, et ça danse, s’engueule,
    Et que ça mange et ça boive.
    Un grand espace où l’on pourrait dormir, et pourquoi pas une halte-garderie ?
    Et puis la nature tout près.

  12. -Pourquoi un lieu stable ?
    Je pense qu’il faut vraiment arrêter de s’implanter dans un lieu, y faire quelque chose et snober les autres endroits.
    Et puis dans les écoles, il faudrait se bouger le cul et faire connaître aux enfants ce qu’est l’art. La vie serait art dans une telle école.

  13. -Ce serait un lieu ouvert architecturalement et psychologiquement, et polyculturel, tels les musées, bibliothèques-théâtres conçus en Amérique du Nord.
    Un lieu où l’on revient pour plusieurs choses différentes, visiter une expo, suivre une conférence, voir un spectacle, participer à un festival de cinéma.
    Je rêve de véritables services publics où le dynamisme dans la création est sans cesse renouvelé, où les lieux ne deviennent pas des fiefs dirigés par un seigneur installé.
    Aide à la jeune création par le souffle donné à de nouvelles pistes artistiques.
    Accent mis sur l’éducation artistique.
    Recherche permanente de nouveaux publics.
    En conclusion, pas de barrières, pas de béton.

  14. -Un lieu où chacun viendrait passer du temps, simplement sans chichi, sans hypocrisie.
    Un lieu alternatif où tous les arts pourraient avoir leur place ensemble ou séparément.
    Un endroit coloré, plein de vie. Un lieu où le moteur serait la création,
    La tête serait la relation simple et amicale entre professionnels et public. Le corps : l’envie d’être là pour partager.

  15. -Un établissement qui se donnerait les moyens réels pour s’adresser aux gens les plus éloignés de la culture, sans tomber dans le populisme ou des logiques commerciales.
    Un lieu qui n’hésiterait pas à créer des objets et à les transporter ailleurs dans des établissements non artistiques.
    Un lieu où l’on expérimente sans branlette, un lieu où il faudrait laisser une bonne part d’égo à la porte.
    Un lieu où les logiques de carrière laissent la place à des logiques d’engagement.

  16. -Ce ne serait surtout pas un temple doré avec marbre et statues prétentieuses. Ce serait un -endroit chaleureux, confortable, à moitié luxueux, ouvert tout le temps.
    J’adorerai regarder des musiciens préparer un concert ou des gens de théâtre travailler.
    J’aimerais que ce soient des lieux qui soient des maisons-musée.Salle de concert-théâtre-studios de danse, salles de travail où l’on aurait le droit de se balader et de piocher, par ci, par là selon son humeur, comme l’ancien centre culturel américain où toutes les salles comportaient des hublots qui permettaient de suivre le travail sans déranger.
    Et puis des plantes vertes, des jardins, des animaux, des crèches, et surtout des artistes qui travaillent partout, tout le temps.

  17. -Un établissement ouvert à tout le monde, à toutes les classes sociales.
    Un endroit où toutes les formes d’art pourraient s’exprimer, s’enseigner, se partager, où des tas de gens de tous âges pourraient venir apprendre de belles choses, en étant aidés, encouragés, jamais critiqués de façon négative, accompagnés, guidés dans leur recherche et leur expression du soi. Un endroit où les maîtres seraient choisis pour leur savoir, et leurs compétences certes mais aussi pour leurs qualités humaines et psychologiques…
    Un endroit où l’on se parle, l’on se rencontre, un endroit où l’on se sente écouté et aimé, un endroit où l’on produise régulièrement le fruit de son travail.

  18. -Multidisciplinaire, inventif Passionné et ouvert tard.
    Lieu ouvert à de multiples expressions. En prise avec son temps, le temps qu’il fait, le temps qui se fait.
    -Un établissement qui n’utilise pas des intermittents mais des professionnels du spectacle.
    Une structure viable, où les artistes ne seront pas à courir derrière leurs cachets, mais où les artistes seront libres de créer et de jouer.
    Un établissement artistique doit assurer l’essence de l’artiste.

  19. -Itinérant ouvert pour rencontrer tous ceux qui pensent que l’art, c’est pas pour eux, c’est inutile et qu’ils n’y comprennent rien.

  20. -Je rêve d’un lieu où les gens puissent se rencontrer, échanger, créer, partager un lieu de vie où le citoyen et l’artiste peuvent partager leur envie, leurs désirs de beauté dans tous les domaines d’expression.
    Il faut que l’art soit véritablement citoyen et irrigue tous les registres de la vie, dans le quartier, l’entreprise, la vie associative.
    Il faut donc que le plus possible les artistes sortent de leur établissement. Il faut se déstabiliser.

  21. -Ce serait un lieu chaleureux où l’humain serait la mère de l’artistique.
    Ce serait un lieu par excellence de perte de temps pour l’artiste.
    Ce lieu devrait pour tous une seconde maison.
    Lorsque par exemple j’en ai marre de ma femme, je dois pouvoir me retrouver dans ce lieu, je dois pouvoir m’exprimer et m’évader dans un tel lieu.

  22. Un établissement artistique rêvé devrait être un système qui n’autorise que des dépenses dirigées vers l’artistique.
    Un établissement artistique rêvé ne doit surtout pas s’établir.

  23. -Il m'a toujours semblé aberrant qu'une ville, a fortiori une bourgade, soit mise pendant de longues périodes à l'heure esthétique d'une seule dame ou d'un seul monsieur se disant metteur en scène et imposant de ce fait aux spectateurs une certaine vision UNIQUE de l'art visuel vivant.
    D'autre part, je récuse qu'on exige d'un artiste qu'il doive, en plus de son travail de création artistique faire de l'animation de proximité. Ce n'est à mes yeux pas son boulot, cela lui fait perdre du temps en besognes annexes ... et d'ailleurs ce type d'actions est épargné à ceux qui sont réputés "grands" (souvent par simple ancienneté).
    Ceci induit dans mon esprit les suggestions suivantes :
    À mon avis, il faut multiplier les directions bicéphales, un des deux directeurs étant un metteur en scène et l'autre étant un animateur du lieu chargé notamment de la programmation de spectacles venus d'ailleurs.
    De toute manière, je ne l'imagine pas en poste dans un lieu plus de 3 ans à la rigueur renouvelable pour une seule nouvelle période si les gens le souhaitent. Car il ne faudrait pas qu'il s'ankylose dans le confort d'un endroit. Je ne sais pas pourquoi "ON" refuse depuis si longtemps au public le droit à la diversité. Il devrait y avoir des mouvements de directeurs créateurs comme il y a des mouvements d'attachés culturels. L'idée pour ces derniers est qu'ils ne s'attachent pas à un pays, l'idée concernant ces possibles génies de la "relecture" des oeuvres, serait qu'ils aillent se faire voir ailleurs périodiquement et s'enrichissent ainsi au contact de nouvelles populations.
    Le créateur doit se sentir toujours en danger. Mais il a droit à quelques erreurs.
    Créer un espace où les gens aient envie de venir, qu'il y ait ou non un spectacle, c'est sa mission.
    Pour moi elle passe par quelque chose d'essentiel : que la maison de verre (je cite Malraux) soit ouverte jour et nuit et surtout PENDANT LES VACANCES SCOLAIRES, quand les jeunes sont livrés à eux-mêmes.
    Le fait que toutes les Maisons (ou presque) soient alignées sur les calendriers scolaires pour leurs vacances est pour moi un véritable scandale anti-social. Et qu'on ne me réplique pas que c'est à cause des 35 heures et du manque de budget. Les intermittents sont là. Ils ne demandent qu'à augmenter leurs nombres d'heures. Alors, Madame ou Monsieur le co-directeur ANIMATEUR, utilisez les quitte à suggérer au co-directeur artiste de trouver son inspiration ailleurs que dans des dispositifs scéniques démesurément coûteux.

 

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