POLEMIQUE SUR LA CRITIQUE DANS CHALON DANS LA RUE

JUILLET 07

 

Discussion  post Chalon dans la rue  sur Internet, Liste Rue

Nicolas Soloy démarre le premier

Deux jours à Chalon.

Un périple intensif pour manger du spectacle.

En même temps le plaisir de voir les collègues bosser pendant qu'on  fait du tourisme.

En écho à la chronique avignonnaise de Pierre,

je vais donc essayer de brosser un rapide panel.

J'ai cependant un doute: après avoir écouté Livchine et de Lafond donner des leçons tant dans leur spectacle que dans le forum "à bâtons rompus",

je me demande s'il est de bon ton d'émettre publiquement des critiques négatives à l'encontre des spectacles du Off, qui ont raqué pour venir jouer.

Enfin...

À mon menu il y eut donc:

Du théâtre forain:

Théodule Breu et son batracien, Cavaluna & Quasicirq:

propre, carré, un batracien touchant; un bon spectacle pour enfants;

Le Pic de Hubbert, les Alamas Givrés:

arrivé en cours, mal placé, je ne retiens que les réactions enjouées

de ceux qui voyaient et entendaient,

et les drôles de machines qui attendaient en backstage; à revoir dans 

de bonnes conditions; De qui je tiens, L'Atelier Marcadet: belle trouvaille que ce final convivial et ludique autour d'un texte  dit par tous;

Voyage en bordure du bout du monde, les Trois points de suspension:un délire entre potes; complètement à côté de l'actualité,

mais ils s'éclatent bien et la cours du lycée Gauthey était blindée  de chez blindée:un vrai succès populaire;

Celui qui hurlait à l'oreille des chevaux, les Goulus:

grinçant et décapant; dommage qu'Olivier s'esquinte autant la voix:j'en ai mal pour lui et ça me fait parfois décrocher du spectacle;

je ne raconte pas la bascule qui fait tout l'intérêt du spectacle:  faut le voir!

Pop-up!, Slagman Producties:

des marionnettes humaines: marrant et bien foutu; un peu long? Combat de fanfare, à l'initiative des Goulus avec les Costards et ?:efficace et ludique;

Du spectacle de rue déambulatoire:

0 10 C, l'Odyssée mécanique, Louxor Spectacle:

n'ai vu qu'un bout: une curieuse machinerie qui progresse telle une  chenille,

de la musique, de la lumière et de la fumée: de la bonne grosse rue;

Chercheur de Mémoires, Cie l'éléphant vert

pris en cours, n'ai rien compris: de la bonne petite rue;

Archilecture, Créton'Art, la compagnie:

du faux didactique qui mène à la rêverie;

bien rythmé, inventif, relayé par de super comédiens qui en ont sous  la pédale,

et qu'on aimerait voir déraper plus souvent.

Avec entre autres, mais non des moindres, Maître Capaulo Anarkao...

Du spectacle de rue en fixe:

Dérapage, Carnage Productions:

drôle, parfois touchant; comme une tranche de vie qui fait du bruit; plein de trouvailles à un tempo d'enfer;

oXc, Odyssée, Lieux Publics & Cie (opéra):

ça s'intitule opéra, j'aurais plutôt dit concert,

parce que la musique y est plus présente que le visuel;malgré un projet inscrit à 360° dans la rue:

murs peints en direct, fenêtres habitées, ombres divines qui traquent  un Ulysse monte-en-l'air;

hélas, en raison sans doute de l'écoute entre partenaires,la désagréable sensation qu'un quatrième mur nous sépare des  protagonistes:

ils auraient presque pu jouer sans public, que ça n'aurait pas changé  grand' chose;

comme une générosité qui n'arrive pas à s'exprimer;

à noter, une super qualité de la diffusion sonore;

Trajets de ville, Ex Nihilo (danse):

première claque de ce Chalon: j'ai été au bord des larmes en permanence,remué, chahuté, soulevé par des vagues venues des profondeurs;j'étais eux qui marchaient, se heurtaient, je suis tombé amoureux,

j'ai eu la rogne, croisé des copains, puis suis reparti dans les rues; sans un mot, tout dans mon corps;trois bémols: une sono inadéquate (pas à l'échelle du lieu), un  dernier quart d'heure un poil en redite (quand les textes reprennent),

un guitariste qui est resté dans la camionnette pendant le final,  alors qu'il aurait dû sortir pour assumer le duo avec le bassiste;mais de la rue qui fait bang;

De l'entresort:

Le théâtre à Lucarne, Théâtre des Lyres  (même si on entresort que la  tête)

sympathique; je n'ai assisté qu'à un conte,

mais je trouve que l'animation des objets mériterait d'être plus  soignée,

pour surprendre plus;

Le Trou, Cie Albemuth

deuxième claque;

quand la porte de la tente s'est ouverte,

juste avant le salut, la rangée de spectateurs où j'étais assis,s'est levée et est sortie sans même applaudir:fuir le cauchemar, est-ce cela?

ça parle à nos mémoires et à nos sens;

une comédienne folle à souhait; quelque chose d'inéluctable;

Du cirque en fixe (aérien):

L'Horizon Carré, Compañia de Paso

du mal à entrer dedans pendant le premier quart d'heure,puis les codes de jeu s'affirment:

à la gestuelle quasi chorégraphique du trapèze se superpose un jeu quasi naturaliste; c'est bizarre au début,mais ça finit par faire émerger des personnages, une famille, un univers;

Du débat en extérieur et en intérieur:

L'heure entre parenthèse: débat pour causer des spectacles. Avec en  prime une dégustation de vin;

une heure nécessaire;

Festival à bâtons rompus: Livchine et de Lafond font ce que je fais  tout de suite:

ils racontent ce qu'ils ont vu, in et off, et critiquent, presque  sans contestation;

ça sort des critiques "tout le monde il est beau" du Journal mais un gros bémol:

plutôt que de dire publiquement:"ce que fait cette compagnie belge avec des grosses têtes, des 

anglais l'ont fait avant", ils feraient mieux d'aller le leur dire directement en privé,

ça ferait un peu plus avancer le schmilblick,

(et soit dit en passant,du théâtre, il y en a d'autres qui en ont fait avant, genre monter Oncle Vania,

cela justifie-t-il de ne plus monter les classiques, ou même  d'arrêter de faire du théâtre?);

ne pourrait-il pas y avoir un modérateur qui orchestre ce type de débat?ça n'empêcherait pas la critique,mais ça relativiserait le ton unilatéral et définitif;

Du music hall:Princesse Limousine, Théâtre de l'Unité

avec Livchine et de Lafond en stand-up comics:

drôle et grinçant ? Une succession de postures entendues,censées dénoncer les clichés de la rue:

"les échasses et le feu c'est nul, on a déjà fait ça il y a trente ans".Amer et donneur de leçon, presque pédant.Dans les affres d'une sono inadaptée et à la diffusion intermittente,

c'est la rue qui s'auto-cite: untel est un bon comédien, et merci  machin;

on se croirait presque en salle, d'autant que le jeu est en deux  dimensions.

"Les comédiens de rue sont nuls, ils n'ont aucune culture:

tout ce qu'ils font, nous on l'a déjà fait avant."

Voilà en gros le message.

Un spectacle raté comme les deux complices ne cessent de le répéter?Il y avait sans doute du deuxième degré,mais mon écoute aura sans doute été perturbée

par les problèmes de sono, problèmes inexcusables lorsqu'on fait du stand-up;

Les spectacles qui suivent me posent problème.

Que font-ils dans un festival estampillé "Arts de la rue"?

La Cour d'Honneur du Palais des papes, c'est de la rue?Le Cloître des Carmes et la Carrière de Boulbon aussi?

À ce qu'il me semble, non.

Mais les Acidus jouent bien à Avignon, alors...

Du théâtre en extérieur:Trois, Cie Une de plus

C'est très joli, mais limite en permanence au niveau sécurité, grand  dommage.

Raté les Accompagnateurs, Jetse Batelaan: arrivé en retard, une  entrée payante de perdue;

pendant "l'heure entre parenthèses", le metteur en scène avouait  avoir eu au départ un projet de film;

tout s'explique;

De la danse en extérieur et en bifrontal:

Raté because pluie:Les Noces de Trottoir, Tango Sumo/VendavalSi ç'avait joué en intérieur, ça n'aurait pas été annulé;

De la chanson en extérieur:Les maladies et les horreurs expliquées aux enfants, Le Comte du Cul

ça plaît aux ados, pour sûr.

Je ressors donc de ce Chalon, à la fois comblé et plein  d'interrogations.

Comblé parce que deux spectacles m'ont ébranlé, et ça fait du bien.

Quand à mes questions, je vous en livre deux, peut-être avez-vous 

quelques éléments de réponse:

Les spectacles off font la manche: c'est bien, les spectateurs voient  la différence avec le in.

Par contre, j'ai vu des gens mettre 1 euro pour le off quand ils en  payaient 8 pour le in,

alors qu'au contraire de ce qui se passe dans le off,

le spectacle du in est acheté et les comédiens payés sans souci,

Alors, ça signifie quoi les spectacles payants?

Ça évince les ouah-wash?

C'est quoi cette notion d'art accessible à tous quand on fait payer  l'entrée?

Plus largement, c'est quoi un spectacle de rue, parce que j'avoue  m'être souvent cru à Avignon?

Si ça peut être joué en salle, que c'est payant, avec une jauge  limitée, est-ce que c'est encore de la rue?

Les programmateurs de rue devraient y regarder à deux fois dans leurs  choix,

parce qu'on va finir par les prendre pour des directeurs de salle en  mal de direction d'un CDN.

Il y a eu un débat là-dessus le jeudi 19/07, débat auquel je n'ai pas  pu assister:

"La rue existe-t-elle encore".Si d'aucuns ont participé au débat, peuvent-ils nous en faire un résumé?

Autre question:pourquoi la rue ne bénéficie-t-elle pas de critiques à la hauteur de  Bernard Dort ou de Patrice Pavis,à savoir étayées et intelligentes, au lieu du niveau Fabienne Pascaud  qui lui est réservé la plupart du temps?

Question tiroir: a-t-on le droit de critiquer le off aussi durement  que le in?

Je ne suis pas allé aux Abattoirs, because gross fatigue,où il paraît que c'était sympa.

Je relève par ailleurs la convivialité de la cour des Goulus.On s'y sentait chez soi, tous autant qu'on était, et ça c'était bon.

Bien à vous,

Nicolas Soloy

REPONSE LIVCHINE

Comme le dit si bien Nicolas Soloy, il n'y a plus de critiques du tout, ni dans les journaux, ni ailleurs, et de plus, pour ne pas prendre de risque,du côté des artistes,  chacun se terre dans son coin et se tait.

Depuis trois ans, je tente de rendre compte sur mon site de tout ce que jevois pour savoir si le commentaire critique est encore possible. J'ai

constaté que certains spectacles après 3 lignes, je n'ai plus rien à  endire et d'autres, j'aurais envie d'en parler des pages et des pages.  Je

veux absolument sortir du "j'ai aimé" "j'ai pas aimé". J'ai bien dit que cequi comptait pour moi c'était la rémanence. Ce qui reste d'un spectacle dix

ans après, mais le ressenti immédiat, c'est bien d'en parler aussi.

J'ai pu constater que la plupart des artistes n'acceptaient pas d'être critiqués par l'un des leurs. J'ai d'ailleurs soulevé le problème de notre

légitimité à parler des autres.

Or c'est une question qui me paraît essentielle, on a besoin de polémique,et d'en prendre plein la gueule si l'on veut progresser.

Hervée et moi avons pris le risque de le faire à la demande de Chalon dansla rue.  C'est très difficile de ne pas faire plaisir, mais à chaque fois,

et le plus souvent nous avons contrebalancé nos propos acides par d'autressons de cloches. Cela n'a jamais été une entreprise de démolition systématique.

Hervée a critiqué le jeu trop "poétique de la Cia, mais Romain ça l'a ému aux larmes. Amoros, je n'ai pas réussi à passer le stade de l'admiration

technique, Edith est venue dire que ça l'avait profondément émue.

On compensait ça  par un travail sur le goût, avec un viticulteur, et c'était intéressant. IL nous montrait  la faible différence entre le champagne et le Crémant, entre le vin rouge et le vin blanc.

Pédro Garcia avait mis  en place, 3 aires de jeu de commentaires sur les spectacles.

Il paraît que chez Lebrun Cordier, ça attaquait sec, mais c'étaient des spectateurs, mais les critiques des spectateurs non professionnels peuvent

faire mal aussi, et sont à prendre en compte.

Evidemment, je ne suis pas un vrai spectateur, car quand tu vas au théâtre depuis 40 ans, tu deviens difficile. Mais je passe ma vie à dire que je veux

tenter de  toucher et la femme de ménage et le prof de fac. Donc je suis tout de même un spectateur.

Je suis très content que tu donnes ton avis sur  quelques spectacles et surnotre "princesse limousine". Ayant critiqué les uns les autres, nous

méritons de passer à la casserole.

Bien sûr c'est inexcusable de notre part, la sono qui ne marche pas. Maiscela fait partie d'un débat interne de l'Unité. Interdits bancaires il y a

encore un mois, Hervée ne voulait pas mettre un sou sur une sono, notre emploi tremplin n'est pas sonorisateur non plus, nous n'aimons pas jouer

avec des micros. etc. mais bien sûr ce n'est pas pro. J'en conviens. On abeau avoir de l'expérience, nous sommes  condamnés à n'être que des

débutants.

Le problème, c'est que même après la séance des micros défectueux, desspectateurs se précipitent sur toi et te disent "magnifique, sublime"...

Et si nous continuons c'est qu'il y toujours au moins un spectateur quivient te complimenter, et te flatter. Or il faut séduire les gens difficiles

aussi, ne pas dire  : le public aime, le reste je n'en ai rien à foutre. Oui

l'avis des professionnels est important.

Donneurs de leçons, ça c'est notre sport préféré, parce qu'il faut irriter,pour faire avancer le débat,  ce qui nous empêche pas d'avoir des doutes

profonds.

La question que je pose tout de même  et qui m'importe : Faut il faire cequi a déjà été fait ?  Faut il mettre le vendable en avant ?

Et autre chose  que  je n'ai pas honte de répéter, sauf si t'es un phénomèned'art brut et spontané, tu ne peux pas être artiste et ignare.

C'est d'ailleurs pour ça que je dis que la FAIAR est loin d'être inutile,même si je pense que ce n'est pas la FAIAR qui va faire de quelqu'un un

artiste, mais ça lui donnera au moins une boîte à outils, et après c'est lavie qui décidera s'il a  en lui la nécessité d'être un artiste.

N'empêche que Manu  Moser le Suisse, qui a fait Macadam Cyrano et CyrilJaubert de l'opéra Pagaï ont fait la première préfiguration de la FAIAR, et

quand tu vois leur spectacle, tu peux te dire que ça n'a pas été inutile.

De quoi je parlais? Je ne sais même plus.

Si, si je sais.

Nous allons tous vivre une situation politique  extrêmement dangereuse. Et Eric Fourreau a raison d'écrire dans Stradda, que le seul endroit qui

restera  en France  pour s'occuper de morale et de valeurs, ce sera leterrain des artistes, car il faut l'espérer nous serons les derniers à nous

laisser acheter.

ET c'est pour cela que nous devons nous parler vrai. Et pour cela il faut se voir, s'écrire, se parler, sans précaution oratoire. Nos spectacles doivent

être habités par l'urgence et la nécessité, et il ne faut pas avoir peur de se critiquer les uns les autres.

Et ce que nous avons fait à Chalon c'était important selon moi. Libérer la parole, car après avoir discuté en 2003, chacun est rentré dans sa maison, a

installé de l'isolation, pour s'en sortir tout seul.

Et c'est pour ça que je dis que la journée du 27 octobre va être hyper importante. Si on ne montre pas nos canines ce jour -là, il va nous dévorer.

Jacques Livchine

 

 

Laurent, Vent d'Etoiles, veut être critiqué mais en vain.

En avant les critiques... nous on les réclame, ça nous fait parfois avancer...Si il y en a qui ont vu GNIAH et qui ont quelque chose à dire

on est preneur...

 

Encore Livchine, qui veut tenter d'évaluer Chalon 2007

Comment tu veux parler de Chalon ?

Sur le plan spectacle, à raison de 4  spectacles par jour,  la personne  qui en aura vu le plus aura vu 16 spectacles, si elle est du métier, elle peut

en connaître d'avance une poignée, donc en tout  25 spectacles.

Comment peux tu juger un festival de 200 spectacles  en ayant vu seulement1/6 des spectacles ?

En fait, le directeur de Chalon dans la rue, Pédro Garcia prétend n'avoirchoisi  en vrai, c'est à dire les ayant vus, lui, que 2 spectacles : les

hollandais de "au milieu du guet" et les hollandais des "accompagnateurs".

Le reste, ce sont des résidences ou des paris sur des artistes dont il connaît la démarche.

Alors finalement un bon Chalon m'explique une professionnelle, c'est 3 spectacles qui te plaisent. IN ou Off peu importe.

Un autre critère ce serait de juger l'adhésion de la population. Uncommerçant de la place saint Vincent, la pire au niveau de la densité des festivaliers, m'a expliqué que ses enfants ont l'âge du festival et que

toute leur vie  a été bercée  par les festivals, que ses enfants ont prisleur indépendance et leur développement dans le festival, et que lui ne

pourrait pas se passer de ces quatre jours.  etc.

Un autre m'expliquait que chaque jour du festival, c'est l'équivalent d'unmois de travail au niveau chiffres d'affaires, et qu'ainsi il a une année de

16 mois.

Une autre m'explique qu'elle accueille chez elle des comédiens dont elleavait fait  la connaissance en 2003, lors de l'occupation des artistes après

le festival. 

Tout ça génère un climat agréable, décontracté. Rien à voir avec Avignon.

Alors les dérives du soir,les bouteilles cassées, oui mais c'est ça aussiune fête.

  L'hebergement des super- marginaux  au camping, paraît que les seringuesse ramassent à la pelle, c'est leur manière de faire la fête. C'est

préoccupant certes, mais nous avons tous besoin d'un peu d'illicite et depasser les lignes jaunes de temps en temps.

Les CRS... Je n'en ai vu que de très débonnaires.

L'accueil du Off...On m'a dit que c'était top.

Le cattering. Il y avait de vraies crudités.

Alors la rue existe t-elle toujours ?

Le grand débat...

Je m'en fous. Je ne juge pas les spectacles à l'aune de la rue.

"Les accompagnateurs", c'est gradiné et  fermé par des hautes planches.

C'est payant.  Oui, mais il y a 3 arbres, que tu n'auras jamais comme ça sur une scène.

Ce débat ne m'intéresse guère, je veux voir des spectacles quim'interpellent. Je te jure qu'à Avignon, j'ai vu, "je suis" par le théâtre à

cru de Tours,  c'était à l'intérieur,  et c'est mon choc de l'été.

Ce débat m'énerve. Comme dit Léo Bassi, les théâtres ne sont que des ruescouvertes.

Mais il est bien évident, que ce n'est jamais du 360 degrés et que les ruessont privatisées par le festival et que pour faire du spectacle de rue

générique, sans prévenir, sans s'afficher, c'est ailleurs que cela doit se faire. C'est sûr. 

Ce cher public.  Là je suis sans voix, car ils sont là, près de quarante minutes avant, et ils te portent comme c'est pas possible. C'est pas des pros. Je ne connaissais à peine que 4 personnes par séance. C'est assezmixte, et par moments je me disais qu'il y a un tel appétit, un tel désir, une telle ferveur que  peut être   quelque chose arrive, je ne sais pas

quoi, de l'ordre de "le théâtre de rue, vrai lieu de liberté et d'oxygène" dans une France où tout est de plus en plus balisé, gardienné.

Les retombées pour les compagnies ?

A part les commandos Percu qui ont carrément cartonné sur les contacts internationaux, j'ai plutôt entendu les plaintes habituelles. "ils sont où les programmateurs" ?

Sur ce sujet il faudrait aussi avoir le courage de se parler.

En dehors du plaisir de jouer pour beaucoup de monde, est il stratégique de venir jouer gratos à Chalon  ?

Virginie de Vieux Condé m'expliquait que c'est un problème de désir. Non seulement son désir à elle, mais aussi le désir de la compagnie de venir

chez elle.

C'est l'équation insoluble.   Si 260 lieux en France achètent en moyenne 20 représentations par an , cela fait une offre de 5200 représentations, or nous sommes 800 compagnies à vouloir jouer 40 fois dans l'année, soit une offre de 32 000 représentations.

Moralité : il faudrait  donc en France 1600 lieux de diffusion, soit 17 par département, alors que la moyenne est pour l'instant de 3 par département...

Moralité: unissons nous et montons des projets.

Je l'ai bien fait à Montbéliard, je n'y suis plus et ça continue. Même que c'est Pédro qui s'en occupe après Oposito.

Communautés de commune, conseils généraux, parcs départementaux, conseils régionaux, CDN, Scènes nationales, théâtres de ville etc. Assaillons les de

projets.   "Invente ou je te dévore".

Jamais on ne me fera dire que nous sommes trop de compagnies. Jamais.

Jacques Livchine

 

Fabien du Footsbarn rebondit sur les problèmes techniques

J'aurai aimé parler quatre seconde de cette question des manquements

techniques pendant les spectacles.

Honnêtement, pour le Théâtre de l'Unité, je n'ai pas été scandalisé. Micro ou pas. Ca m'a même fait rire d'entendre critiquer les spectacles de ruefaits de feu, de bruit et d'échasses, par une équipe dont les microscafouillaient. C'aurait été fait exprès, je pense que j'aurais pu crier au génie de l'autodérision.

Par contre, que le ressort technique d'Amoros et Augustin cafouille, etc'est le spectacle entier qui est anéanti. Je l'ai vu le dernier soir, et il

n'y a pas eu moins de six "interruptions du son et de l'image" dont la dernière an plein milieu de la scène finale. Et lors de ces six interruptions, pas une où l'équipe ait trouvé le moyen de rebondir. A chaque

fois, pause, échelle, jacks etc...

Et là ça m'a vraiment gêné.

Pour avoir eu une courte expérience de tournée avec du matériel numérique,on a vite trouvé le moyen de se débarrasser des écrans bleus et autres embarrassants décomptes de seconde. La solution est très simple: quand tu tournes sous chap et/ou en extérieur, tu prends tout ce qui est numérique,

tu le lances très loin dans le champ du voisin. Se fier à ce genred'artefact, c'est quasiment s'interdire toute forme de réactivité à la

panne, de rebondissement ou d'improvisation. A moins d'être extrêmementtalentueux. Et je n'ai pas encore vu d'exemple. C'est pas comme si l'écran

était noir. Il est d'un bleu caractéristique et incommestible.

Le problème de la rue, c'est qu'il y a du sable, de la poussière et desgravats. Le public peut marcher sur les câbles.

Alors pourquoi à tous prix vouloir utiliser des nouvelles technologies quipar définition n'aiment que le confort ouaté et solide des intérieurs de

théâtre.

Est-ce que vouloir jouer dehors ne signifie pas vouloir jouer davantage avecson public ? Quitte à subtiliser l'ingéniosité mécanique aux avancées

rapides de la science ?

Pourquoi un Festival de Rue doit il systématiquement transformer l'espace urbain en un enchevêtrement de barrières Vauban, afin que le public aille

bien là où il doit aller et ne marche pas sur les câbles ?

Ex Nihilo ont fait un travail tendre et extrèmement poétique avec trois foisrien de barrières et de sono. Deux enceintes, je crois, sur la place ronde

et un petit jeu d'Orgue.

Tout ça pour dire : je pense que je serai toujours infiniment perturbé parles spectacles se revendiquant de l'espace public et dépendant entièrement

d'un ressort technologique.

Et pour finir, dans le même sens, il y a eu cette année à Chalon un bijou despectacle parc Georges Nouelle. La compagnie s'appelle La Valise. et le

spectacle les Passagers. Technologiquement, rien à prendre. Mais ce spectacle se déroule directement au sommet du coeur des spectateurs. Je ne

veux pas aller plus loin dans la description parce qu'il faut le voir, le toucher, le vivre, mettre les mains, se faire toucher, pousser, rudoyer,

emmené, y passer la tête, le chuchoter et le lire pour appréhender cet espace poétique sous chapiteau .

Quitte à parler de "rémanence", je pense qu'il risque de me rémanner longtemps, celui là.

Bien à vous tous

--

Fabien Granier

Footsbarn Theatre

 

Une réponse à Soloy de la Cie une de plus que Soloy accusait de manque de sécurité

 

La prochaine fois, avant d'émettre un commentaire comme celui là, faites en nous part, surtout que nous sommes très disponibles après le spectacle pour

en parler. J'aimerai juste savoir ce qui pourrait cloché au niveau "sécurité"?

 (Après avoir fait des études d'ingénieur en mécanique, après avoir fait cinq ans de régie avec le fourneau en Bretagne, après avoir accueilli moult

compagnies, après avoir jouer dans une bonnes trentaine de festivals DE RUE avec ce spectacle, après avoir vu un bon paquet de spectacle circassiens, apres avoir rencontrer bcp de régisseurs, je ne vois vraiment pas de

probleme de sécurité, mais peut être que je n'ai pas de recul sur notre spectacle pour avoir un oeil objectif!)

En ce qui concerne la réflexion du théâtre de rue ou théâtre en exterieur, qui peut juger ce qui ne doit pas être dans la rue? (Pour informations, nous

avons déjà joué en pleine rue, et cela marche tout autant, comme tous les autres spectacles, le cercle de public se fait naturellement, mais il est

vrai que le festival de Chalon nous a fait une fleur en nous mettant dans une cour)

Je joins juste un commentaire envoyé par un festivalier:

message : Je voulais juste vous envoyer un email de félicitations pour votre pièce : trois. Je l\'ai découverte ce samedi 21 juillet à Chalon-sur-Saône.

Avec ma femme, nous étions venus voir quelques représentations choisies sur papier et, entre deux, je suis tombé en arrêt sur votre affiche. Une très

très belle affiche. Elle représente tellement de chose, la photo est tellement intéressante que cela m\'a donné envie de voir votre spectacle.

Et quel spectacle !Aucune parole mais tellement de choses dites, cela en est époustoufflant. Dès les premières minutes, on se met à vibrer d\'émotion en voyant ce personnage (création ? apparition ?) apparemment succomber sous l\'effort de la \"naissance\". L\'apparition de ce deuxième personnage (le créateur ?)

qui tourne autour de ce monde étagé nous plonge dans notre propre imaginaire

et l\'on se surprend à créer notre propre histoire, notre propre compréhension de cette fresque qui se déroule devant nos yeux. Pour moi, le

créateur tentant de donner vie à sa créature jusqu\'à lui proposer une compagne. Que d\'émotion ! Pour d\'autres, d\'autres interprétations tout

autant attachantes.

J\'ai été particulièrement touché par la marionnette tentant de faire bouger le premier créateur. Et lorsque je l\'ai vu, les bras repliés contre son

torse, je me suis dit qu\'elle avait pris l\'âme du premier créateur et, qu\'avec son propre créateur, elle s\'éloignait pour découvrir... autre

chose, une autre histoire.Mais l\'ensemble de la pièce m\'a transporté et j\'avais rarement entendu

autant d\'applaudissements soutenus en intensité et en longueur. Je voudrais encore une fois vous remercier et vous féliciter.

Bravo à vous.

Voilà. au plaisir d'avoir une discussion ouverte en direct avec vous et non pas lire une petite phrase écrite à la va-vite sur la toile de la rue.

Cordialement,

Eric HERVE

Compagnie Une de Plus

Leuré

29880 Plouguerneau

Marjorie Heinrich écrit  du Off d’Avignon où elle joue par rapport à trop de compagnies

c'est marrant nous avons eu le même débat ici en avignon entre "pros" du

panier càd entre metteurs en scène et Dr de cie

et tous de se plaindre , eternelles gérémiades

sur comment trouver sa place en exterminant l'autre bien sûr!alors quand j'ai pris la parole candidement

étonnée qu'il n'y ait que 800 spectacles dans avignon offque ce foisonnement n'était qu'un petit fragment de la création (inter)nationale

et que nous devrions être fier de cette richesse - créativité - énergie

...je suis passée pour une illuminée

Courte intervention de JF Scour

"La question que je pose tout de même  et qui m'importe : Faut il faire ce
qui a déjà été fait ?  Faut il mettre le vendable en avant ?" bref encore faudrait-il que tu prennes le temps
de faire "ton don de mots" pour ce que tu écrits ne reste pas en l'air..

Encore Soloy qui rebondit et nous donne une définition de la critique

Je rebondis sur les mots de Jacques,

pour filer la métaphore.

Je crois moi aussi que la critique est nécessaire à un spectacle,comme l'est l'acte d'éclaircir un arbre fruitier.

En éliminant les fruits les moins prometteurs,

on offre aux fruits les plus beaux la possibilité de se développer.Tous ne peuvent être conservés

au risque de voir se rompre la branche qui les porte.

Et qu'on ne se méprenne pas:le spectacle n'est pas le fruit, il est l'arbre.

C'est pourquoi la critique, aussi ferme soit-elle,

ne doit être énoncée que dans la perspective d'une récolte heureuse.

Si l'intention du critique est de scier l'arbre au fût,que le critique se taise.

La critique, ceux qui n'en ont pas eu la réclament,

tel Laurent de Vent d'Étoiles;ceux qui l'ont eu trop laconique,la souhaiterait développée et moins publique,à l'instar d'Éric d'Une de plus.

La longueur même d'une critique

serait éloquente ? Elle déterminerait la quantité d'attention portée,et finalement la dose d'amour?

Car nos projets seraient nos rejetons.

Même s'ils sont des objets extérieurs,

ils seraient notre chair. En caresser l'écorce serait acte amoureux,quand en ôter un fruit serait nous trancher la main.

C'est un leurre, car bien souvent à force d'aveugle amour,ce qu'on prend pour un fruit dans notre spectacle,n'est parfois qu'une promesse de fruit, une simple fleur.

D'où l'importance du recul dont bénéficie le critique, comme le  souligne Éric,

d'où l'importance, comme le souligne Jacques,

de d'abord s'appuyer sur son ressenti pour élaborer une critique:ce goût premier ne trompe pas, il permet de distinguer la fleur du  fruit.

Qu'on se détrompe:si la critique éveille les passions,il n'y a cependant pas d'histoire d'amour dans la critique.Il y a le ressenti du critique, lié à des milliers de circonstances,son humeur du jour, l'humeur du public, l'humeur du spectacle.

Et puis il y a le travail sémantique, la construction du faisceau de  présomptions.

Au bout est la critique.

La plupart des critiques de rue sont mauvaises pour trois raisons  principales:

1- L'absence de formation des journalistes à l'analyse sémantique,plus particulièrement dans le domaine de la sémantique appliquée au 

spectacle;

2- Quand les politiques financent la rue, ce qu'ils cherchent d'abordest un consensus électoraliste: c'est d'ailleurs pour cette raison

que des photos du public sont publiées dans les gazettes municipales:

spectacle de rue= ville qui bouge= commerçants qui vendent=réélection;D'où ce type d'article: "C'était super, il y avait plein de couleur 

et de musique, et beaucoup de monde,

et on est très contents et on recommencera l'année prochaine en mieux  si vous réélisez le maire.";

3- La rue est considérée comme un art mineur, fragile, donc non  critiquable:

qui dirait à son gosse de trois ans qui vient lui montrer son dessin:"Tu es gentil mon chéri, mais vois-tu, la perspective est erronée, les proportions ratées, la mise en couleur aléatoire. Retravaille-moi çaou mets-toi à la pâte à modeler." Tant que l'on croit que la rue a  trois ans,

tant qu'elle se comporte comme telle, on ne lui dit rien, si ce n'est:"C'est bien, continue."

Sauf que la rue n'a plus trois ans, la rue est mûre pour la critique.Non il n'y a pas trop de spectacles, ni trop de mauvais spectacles,

comme le disait feu le ministre Aillagon.

Il y a trop de spectacles aux branches surchargées de fruits incertains.Nous connaissons les modes de productions de nos spectacles,

où le metteur en scène est bien souvent acteur du projet:qui a alors le recul sur la production? Les copains? Le public séduit?

Les acheteurs qui déterminent le succès commercial du spectacle?Manquent les critiques, comme le souligne Jacques.

Le consensus culturel mou qui est l'apanage du pouvoir actuelreprésente un danger bien réel,

qui menace gravement la santé et l'avenir de notre secteur.En nous cantonnant au rôle de divertisseurs d'un espace public

aux mains des petits commerçants, le pouvoir nous émascule,nous hystérectomise, nous lime les canines, nous ôte toute velléité  de révolte.

La critique, elle, nous réveille, nous stimule, nous appelle à nous  dépasser,nous rend féroces et intelligents.

N'oublions pas que l'indifférence et le silence font mille dégâts,quand la critique est attention portée,

même si elle se fait au sécateur. D'autant que condamner certains fruits d'un projet,

c'est faire confiance à l'arbre qu'est le spectacle,

pour qu'il continue à se déployer.C'est faire confiance au torrent de sève qui sourd

de ses racines.

À nous les Roland Barthes, les Bernard Dort,

les Patrice Pavis, les Georges Banu,

les Jean-Pierre Leonardini,

les Bernard Thomas, les Gilles Costaz !

À nous !

Et à vous,

bien à vous,

Nicolas Soloy

.Mathieu Valls rentre dans le débat sur la Cie une de plus

  Juste un petit mot pour distinguer critique constructive et propos lapidaire.

  S'il est nécessaire de "faire des retours", s'il est vrai qu'en tant qu'artiste ou diffuseur nous sommes  en demande de critiques sur nos spectacles, il me semble qu'annoncer sans développer:

   "Trois, Cie Une de plus

C'est très joli, mais limite en permanence au niveau sécurité, granddommage."

ce n'est pas de la critique mais une tentative d'assassinat d'un spectacle par un propos lapidaire et particulièrement destructeur.

  Pour ma part pour avoir vu "Trois" à Aurillac l'année passée je ne suis pas senti en danger et n'ai pas eu peur pour les danseurs d'un spectacle qui par ailleurs m'a beaucoup touché par sa beauté, son travail chorégraphique et son propos.

  Bon travail, bon été, bien à vous.

  Mathieu Valls

Un spectateur veut parler de la Cie une de plus

Je profite de ce débat et de la remarque pertinente de hocus pocus pour afficher

un message en tant que simple spectacteur que j'ai envoyé en direct à la cie une

de plus. Ce message fait suite au post nommé "[festival] J'ai trottiné dansChalon" par Nicolas Soloy. La réponse faite par Eric sur ce post comporte mapropre critique (si je peux la nommer ainsi) envers le spectacle Trois, messageque j'ai envoyé en direct sur le site de la compagnie. Je voulais également

répondre sur le forum mais, n'étant pas inscrit au moment de ces premiers posts,je ne voyais pas comment faire.

Voici donc le message envoyé à la compagnie une de plus que je voulais faire

retranscrire par Eric à la suite de ces premiers posts. Il va de soit que je ne cherche pas à polémiquer mais ce que dit Nicolas Soloy me semble suffisament peuintéressant et relativement destructeur envers les artistes que vous êtes pour

que de simples spectateurs dont je fais partie réagissent. Voici mon message :

Bien le bonjour,

Par curiosité, je suis allé voir cette critique sur la liste rue et je dois

admettre que je l'ai trouvé franchement nulle dans sa globalité. Je me suis même

inscrit pour pouvoir y répondre mais n'ayant pas été destinataire du premier

message, je ne vois pas trop comment faire pour inscrire mon message à la suite.

Peut-être marquer le titre de l'article dans l'objet ?

Bref, je vous fais part de mes remarques que vous pouvez répercuter sur le site

avec mon nom et mon adresse e-mail si vous pensez que cela peut faire avancer

d'une manière constructive la discussion.

Pourquoi j'ai trouvé la critique de Nicolas Soloy globalement mauvaise ? Tout

simplement parce qu'il ne détaille jamais (ou si peu) ses points de vue. Il se

contente de lister ce qu'il a vu en donnant quelques éléments le plus souvent

mauvais. Je ne suis pas expert en matière de critique, mais il me semble qu'il

aurait été plus intéressant de dire : "tiens ? Ici ou là, les auteurs auraient

pu faire telle ou telle chose, amener telle idée". Bref être constructif surtout

lorsqu'on n'aime pas.

Je cite une critique qui m'a bien fait sourire : "Si ç'avait joué en intérieur,

ça n'aurait pas été annulé"... ça c'est de la critique. C'est juste pour dire

qu'il aurait bien voulu voir cette pièce mais que la pluie l'en a empêché ? Et

bien, on s'en fout !

J'en profite pour répondre à la critique faite sur votre pièce que je cite :

"C'est très joli, mais limite en permanence au niveau sécurité, grand

dommage.". Encore une fois, pas d'explication... Quel est donc ce danger qui

nous a menacé ? Mystère... Personnellement, je ne me suis jamais senti en danger

!

Pour finir, je réponds également à son interrogation que je cite :

"Les spectacles qui suivent me posent problème.

Que font-ils dans un festival estampillé "Arts de la rue"?

La Cour d'Honneur du Palais des papes, c'est de la rue?

Le Cloître des Carmes et la Carrière de Boulbon aussi?

À ce qu'il me semble, non.

Mais les Acidus jouent bien à Avignon, alors..."

Evidemment que ces spectacles ont toutes leur place. Pour le néophite que je

suis en matière de théâtre, une manifestation telle que celle de

Châlon-sur-Saône permet d'amener cette forme d'art à des gens qui n'auraient

jamais eu l'occasion de voir ces pièces. Il n'y a aucune différence à ce qu'elle

soit dans une cour ou dans la rue. Ne soyez pas si sectaire Monsieur Soloy.

C'est bien en passant dans une rue que j'ai eu l'occasion de découvrir Trois.

Je suis d'autant plus dubitatif sur la forme de la critique de Nicolas Soloy

qu'il est lui-même de la profession. Je me serais attendu à plus de

construction.

Au fait, il y a aussi des représentations que je n'ai pas aimé mais d'autres

gens, si. Alors de quel droit irais-je dire que c'est mauvais ? J'ai vu le début

de trois ou quatre représentations qui ne m'ont pas plu. Je ne suis pas resté

préférant laisser ma place à quelqu'un qui allait apprécier le spectacle pour

essayer de trouver une représentation plus dans mes goûts.

C'est aussi cela l'avantage d'un tel festival, il y en a pour tous les goûts et

de quoi repartir l'esprit nourri. En aucun cas, il ne s'agit d'une course à

vouloir en voir le plus possible ce que la critique de Monsieur Soloy m'a laissé

entendre.

Bien cordialement

Olivier DARLET

Attention enfin JL Prévost, connu pour sa radicalité passe à l’attaque

Cher Jacques, Cher Nicolas,

Par les deux courriels que vous venez d'envoyer, vous avez au moins un point commun qui vous ra(e)ssemble :

"Dire tout et son contraire"

Je ne vais pas prendre la prose de Jacques, parce qu'elle n'est pas rare, mais celle de Nicolas Soloy !

Deux mails : l'un, intitulé 'J'ai trottiné dans Chalon', l'autre 'Métaphore de la critique'.

Mon cher Nicolas,

Si j'ai bien lu ton second mail, il est le condensé de différentes lectures que tu as faites sur l'art de la critique, ou tout du moins, d'extraits que tu nous donnes de l'analyse de la critique faites par des Roland Barthes, Bernard Dort, Patrice Pavis,  Georges Banu,

 Jean-Pierre Leonardini, Bernard Thomas, et Gilles Costaz ! Me trompai-je ??

Peut-être aurais-tu du les lire avant de nous envoyer ton 'j'ai trottiné dans Chalon', et ton 'brossage de rapide panel' ?

Je vais te donner un exemple : tu cites (je ne sais qui) dans ta 'métaphore de la critique' :

" la critique, aussi ferme soit-elle, ne doit être énoncée que dans la perspective d'une récolte heureuse.

Si l'intention du critique est de scier l'arbre au fût, que le critique se taise."

Et tu écris dans 'J'ai trottiné à Chalon' :

" Du théâtre en extérieur:  Trois, Cie Une de plus

C'est très joli, mais limite en permanence au niveau sécurité, grand 

dommage.

Raté les Accompagnateurs, Jetse Batelaan: arrivé en retard, une 

entrée payante de perdue; pendant "l'heure entre parenthèses", le metteur en scène avouait 

avoir eu au départ un projet de film;

tout s'explique;

De la danse en extérieur et en bifrontal:

Raté because pluie:

Les Noces de Trottoir, Tango Sumo/Vendaval

Si ç'avait joué en intérieur, ça n'aurait pas été annulé;

De la chanson en extérieur:

Les maladies et les horreurs expliquées aux enfants, Le Comte du Cul

ça plaît aux ados, pour sûr."

Ou est ce que tu fais une critique intelligente sur ces quatre exemples ? Est ce qu'il n'aurait pas été plus fin de n'en rien dire, puisque nous n'avons, nous lecteurs, aucune idée du contenant, ni du contenu de ces spectacles . Juste l'impression d'un consommateur culturel qui s'est "fadé" en deux jours la somme de 21 spectacles regardés, et qui les plombe en une phrase couperet ? Oh, bien sûr, il y a les douces critiques d'au moins deux spectacles de gens avec qui tu bosses, mais, bon sang, tu n'étais pas obligé d'en faire plus.

Je t'assure qu'à la lecture de ton "j'ai trottiné dans Chalon", ou tu as pris deux claques, j't'en aurais bien donné une paire de plus.

JLuc

 

Et Yvon Le Guillerm à son tour

Et en deux clics (et pas claque), je revendique le droit à la médiocrité.

Quelle valeur peut-être étalonnée pour juger du travail d'une compagnie ?

C'est le public, car c'est avant tout à lui qu'on s'adresse, (n'est-ce

pas ?) qui y trouve ou pas son compte, encore qu'il y ait encore des

avis différents.

S'il fallait filer des baffes, je les filerais aux ceusses qui

s'expriment via la liste et via une plateforme avec un micro et qui

n'ont pas eu le courage de le dire directement aux intéresséEs, même si

celà fait mal ! ...

Yvon

Livchine  au petit matin

 On ne va pas s'en sortir.

Si chacun  se met à critiquer les critiqueurs.

Ne parlons pas de critiques, parlons de retours.

Je te jure que lorsque j'ai vu Denis Rochard, du système Minorette dans le quartier des Aubépins, seul,  juste après la représentation, ayant vu les 25 professionnels partir sans dire un  mot, sans poser une seule question.

Personne non plus de Chalon dans la rue pour lui parler, eh bien quelque chose ne va pas.

On ne peut pas se dire appartenir aux milieux artistiques et culturels- et être aussi mufle.

Evidemment il est difficile de se précipiter sur un artiste et lui dire "c'est trop à chier" mais il y a des moyens de faire passer le message.

Quant à s'amuser à relever les contradictions  de chacun, j'affirme une fois pour toutes que "je suis rarement de mon avis".

Tu sais mon cher jean Luc, il y a des moments où tu aimes quelqu'un et dans la minute qui suit, tu le détestes.  Eh bien ce n'est même pas contradictoire.  Quand une vérité est vraie, le contraire l'est aussi. Par exemple Cher Jean Luc, le soleil éclaire, mais il aveugle aussi. Excuse moi d'être pédagogue avec toi, mais je ne veux pas te laisser dire que je dis sans arrêt n'importe quoi.

Profitons en pour parler de "ta cour".

Depuis un bout de temps je pense que l'on pourrait refonder les festivals comme ça.

Le directeur suprême confie une cour à telle personnalité qui sélectionne, et gère sa cour.  Mais il aurait du budget et ferait ainsi partie du IN.

C'est un peu comme ça la SACD  à Chalon. C'est une sélection SACD, de spectacles que le directeur n'a pas choisi tout seul, et ça se confond avec le IN  

ça commence à Avignon. Villeneuve en scène, c'est du off pas tout à fait OFF. C'est un peu pris en charge. 

Hervée dans à "bâtons rompus" proposait un festival sans IN, que du OFF. J'ai pas compris la manoeuvre, mais elle m'expliquera ça un jour.

Je suis rentré dans ta cour, vers 15 H, j'en suis sorti à 19 H.

Les jésuites me diront "une cour cépasd'larue."

Mais la rue festivalière,  est ce de la rue ?  Fermée des deux côtés, surveillée etc.

La rue occidentale, ce sont des bagnoles, les places occidentales ce sont des parkings, alors moi, ce débat sur les lieux publics, les espaces publics, je m'en tape un peu.

Il y en à même qui nous proposent de la rue, à condition qu'il pleuve pas, qu'il y ait pas de vent, pas de bruit,  que les gens soient bien assis sur des chaises liées ensemble, qu'il n'y ait pas de chien errant, pas d'enfants qui envahissent l'aire de jeu, pas d'alcoolos.

A ceux là, je dis " il y a des théâtres bourgeois" où ils trouveront tout ce confort-là.

Nous artistes de rue, nous aimons l'adversité et l'idiotie. 

JL

 

Stéphane Marin intervient pour défendre Sauvageot, L'Odyssée, Lieux publics

Une ou deux petites précisions..

> No Comment ? Pour dire quoi ? Que ses dix minutes d'Odyssée m'ont
> largement suffit ?
> Que je m'interroge grave sur le fait qu'un artiste, directeur de la
> seule scène nationale, se promeuve, ainsi que sa nana, avec de
> l'argent public ?

J'ai travaillé pendant 3 ans à Lieux Publics au feu poste de
"Décorateur sonore d'Espaces Publics" (sic).
Mes missions: "développer l'Atelier de Création Sonore Urbaine",
"accompagner les cies en résidence sur leurs problématiques sonores",
"sonorisations, enregistrements divers et variés",..., et:
"accompagner le Directeur dans ses créations".

> J'en sais rien de tout ça, parce que je n'ai pas lu les statuts, ni
> les missions de Lieux Publics.... Alors, après, ouais, y'a des
> trucs étonnants, mais comme je ne suis pas dans les papiers de
> l'Institution, je me garde d'y regarder de trop près !

J'ai le grand regret de mettre à jour, pour vous, les Arcanes de la
Maison Mère: La Créations du Directeur est inscrite dans les missions
de LP. Qu'on se le dise!

Loin de moi la polémique, ou la défense des causes perdues d'avance:
juste vous informer, pour vous éviter de trop déformer...

> Que je me demande ou est le théâtre de rue à Lieux Publics ? Que
> c'est devenu un truc de recherche de son et pont barre ?
> JLuc

Le son me semble être une pratique bien à sa (juste) place dans des
spectacles qui investissent l'espaces public. Qu'un Centre de
Création s'oriente sur cette spécificité cela ne me choque pas, bien
au contraire... Quand on entend ce que l'on entend, trop souvent...
Des systèmes de diffusion tonitruant, des micros crappotants, des
bandes mixées à la louche... Il semble urgent de donner à entendre
autre chose à la ville, quand on sait la qualité de ce que l'on sait
y donner à voir. Trop souvent le premier vient gâcher le second.
Il me semblerait intéressant, à l'heure de la naissance
(institutionnelle) des divers Centres de Création des arts de la rue,
que chacun invite à mettre l'accent sur une pratique, une discipline
spécifique, et y emploie des professionnels qualifiés pour y
accueillir les compagnies, et les aider à élaborer/parfaire leur
propos. Un moindre mal, à mon humble avis!
Et pourquoi, encore et toujours, le "théâtre de rue", comme pratique
Reine des artS en espace public?
La danse s'y invite désormais et, n'en déplaise à FB, les arts
numériques: devrais-je dire "artef-iciels"?!.

"....Pour avoir eu une courte expérience de tournée avec du matériel
numérique,
on a vite trouvé le moyen de se débarrasser des écrans bleus et autres
embarrassants décomptes de seconde. La solution est très simple:
quand tu
tournes sous chap et/ou en extérieur, tu prends tout ce qui est
numérique,
tu le lance très loin dans le champ du voisin. Se fier à ce genre
d'artefact, c'est quasiment s'interdire toute forme de réactivité à la
panne, de rebondissement ou d'improvisation. A moins d'être extrêmement
talentueux. Et je n'ai pas encore vu d'exemple. C'est pas comme si
l'écran
était noir. Il est d'un bleu caractéristique et incommestible.

Le problème de la rue, c'est qu'il y a du sable, de la poussière et des
gravats. Le public peut marcher sur les câbles.

Alors pourquoi à tous prix vouloir utiliser des nouvelles
technologies qui
par définition n'aiment que le confort ouaté et solide des intérieurs de
théâtre.

Fabien Granier
Footsbarn Theatre"

Aussi:

Si l'on veut offrir à la ville d'autres visions, d'autres espaces,
d'autres formes, il est, pour moi, nécessaire de requérir AUSSI au
numérique.
C'est discours de Dinosaures que j'entends ici...
6 ans que je pratiques l'audio-numérique en espaces publics et jamais
un flop... pourvu que ça dure!
Bah! Je mentirais si je disais ne pas avoir sécher une console
numérique au sèche cheveux une heure avant une représentation, mais
ça à jouer !
Je mentirais si je disais ne pas techno-stresser avant chaque
représentation, mais je me soigne en ayant soin de toujours prévoir
un "artefact" de secours.
Et pi pour les coupures incontrôlées, et les baisses de tonus du
groupe électrogène: les onduleurs, ça existe!

Reste le problème de l'électricité, mais si ça saute, c'est pour tout
le monde pareil... demandez voire aux lighteux...

Au fait, si vous trouvez au long de vos périples festivaliers des
"artefacts" numériques qui traînent et polluent "le champ du voisin",
n'hésitez pas de me faire signe, j'aurais bien quelques idées pour
les recycler!

@ bons entendeurs,
Salut.

Stéphane MARIN
Espaces Sonores

CYNIK

 

PIERRE PREVOST INTERVIENT DEPUIS LE OFF D'AVIGNON


Dans le temple du théâtre en boîte que représente Avignon off, je suis
allé voir,entre autres, deux réalisations des gens de ma famille: la rue.
"Au bout du comptoir, la mer" de Serge Valetti, monté par Alexandre
Ribeyrolles, administrateur de la fédé des arts de la rue et
"Horrifices", monté par Marjorie Heinrich qui, sans se prétendre pour
autant spécialement de rue, a beaucoup bossé avec l'Unité.
Prétexte ou occasion pour me poser cette question sans importance:
"qu'est-ce que le théatre de rue ?" (et je viens de constater sur la
toile que je ne suis pas le seul)
Un préalable: La rue n'est pas un topisme, encore moins une définition.
C'est une démarche.
Démarche qui repose essentiellement sur le fait de prendre en compte le
contexte, soit pour s'appuyer dessus, soit pour l'intégrer, soit pour le
subvertir.
Ce contexte se décline en plusieurs volets: en 1: le public (primordial)
en 2: le cadre, en 3: la problématique (ou vice versa)
Le public de la rue n'est jamais acquis, à tout le moins jamais
considéré comme acquis; il est toujours à refaire, à recréer, et pour
redonner vie à ce duo artistes-spectateurs nous nous appuyons sur des
formes (interpellantes de multiples façons) et du fond (préoccupations
partagées ergo manustrupation interdite)
A ce titre, le théâtre de bars, par exemple, est de plein droit un
théâtre de rue, aussi paradoxal que ça puisse paraitre.
C'est ma grille de lecture.

"Au bout du comptoir, la mer" est précisément une pièce de bar, que
l'auteur a lui même créée dans un bar. Elle est basée sur les
confidences d'un animateur de music-hall ringard et lucide qui, entre
deux verres, s'épanche. Or, la mise en scène d'Alexandre, si elle ne nie
pas le bar, s'en abstrait sensiblement. Le décor, central, rideau rouge
et cercle d'ampoules allumées évoque plutôt le music hall, avec, devant,
le bar tel un autel d'église. L'aspect ennivré et fatigué du personnage
est à peine évoqué. La convivialité induite par ce bar, refusée. Le
choix de mise en scène a été de déplacer le texte hors contexte et de le
placer, à nu, au regard-scalpel du spectateur en un simulacre de culte
(le théâtre comme un culte). ça me fait penser à Duchamp plaçant un
chiotte dans un musée, démarche constipante s'il en est (car il est bien
évident que le spectateur/visiteur ne va jamais chier dans ce trône
ainsi sacralisé). Créée à l'origine en appartement (et, j'imagine, de
façon différente) par les deux compères (Alex et l'acteur: Jean Paul
Audrain, par ailleurs excellent) la pièce se trouve ainsi pasteurisée
pour affronter le regard hautement exigeant et désincarné des
programmateurs.
Et ça fonctionne. Programmée tôt dans la journée, la pièce fait peu de
spectateurs mais beaucoup de programmateurs. C'était le but.
Par ailleurs, et sans mettre en doute la pertinence des choix d'Alex,
ceci n'a plus rien à voir avec la démarche "de rue".
C'est même tout à fait tendance "de boîte", cette quête de l'épure
sobre, ce refus du grain, de la scorie, du très vulgaire contextuel.
La démarche "de rue" les aurait, je crois, plutôt amplifiés. Mieux: en
aurait profité.

Dans "Horrifices", on suit, en tant qu'impétrants, une initiation à la
mort dans un pseudo thanatos-center. Ce pourrait être désincarné,
généraliste, froid; ça ne l'est pas. Derrière le "choisis ta mort,
camarade", on se tape le bon gros vieux décès d'un patriarche genre
Festen en trois "plaisanteries" dont la première considérablement
amputée pour cause de formatage avignonnais entre autres, la seconde,
faite de confidences entre deux portes (ambiance de sas autant que
d'abattoir), établie sur un travail en commun et la troisième (un repas
d'enterrement) à partir d'un brodage de textes de Jacques Livchine,
écrits pour l'occasion. Une mise en situation admirablement servie par
des acteurs de première (Almodovar aurait presque pu signer la
distribution) mais qui n'est pas, c'est le moins qu'on puisse dire,
cadrée programmateurs (certains risque-tout se sont d'ailleurs trouvés
totalement déconcertés par l'itinéraire). Pendant ce temps, la vidéo
nous serine un abattage de poulets. A la fin, chacun des personnages
évoque et raconte sa future mort dans des univers différents ce qui nous
relance sur le général. Du point de vue de la fiction c'est une forme
sablier: large au début, étroite au milieu, s'élargissant en fin. Ce
pourrait être "Horri & fils". Du point de vue de la forme, il y a cette
ambition d'impliquer le spectateur en tant qu'acteur-regardant qu'on
retrouve dans nombre de productions "de rue" et particulièrement à l'Unité.
Rien n'interdit de penser qu'une forme différente aurait peut-être mieux
servi le texte et le propos.
Rien n'interdit de penser le contraire.
En ce qui me concerne je l'ai vécu comme un soulagement, une respiration
bienvenue.
Marjorie dit qu'elle est venue présenter ce travail "pour se faire des
amis", les programmateurs ayant toutes les peines du monde à imaginer ce
travail dans un cadre différent. "ça ne rentre dans ma tête de gondole,
chère madame!".
Les programmateurs de rue ont, pour la plupart, davantage d'imagination,
heureusement.

Et la Chorale de St Fulbert dans tout ça ? Elle a été clairement meulée
sur l'établi de la rue, devant toutes sortes de publics, à 90,180 et
360°, avec et sans micro, sur scène ou en patios et je n'imagine pas
qu'elle aurait pu être ce qu'elle est s'il en avait été différemment.
Pour autant, elle se tient à l'aise dans la boite, et quelqu'un de non
averti pourrait très bien imaginer qu'elle vient du café-théatre par
exemple.Je sais pourtant que c'est la rue qui lui a offert sa liberté de
grandir comme elle l'a fait. Il y a plus d'argent dans les boites que
dans la rue et les tournées sont plus confortables. Pas à se plaindre.
Mais plus je fais de la salle et plus j'ai faim de rue.
Et, après une mise en bouche très jouissive à Epinal, j'ai hâte de me
retrouver à Aurillac avec TroisFoisTrois, trois trios historiques qui
joueront en même temps et à quelques encablures avec une heure de
saynètes différentes chacun. Pas de jauge, pas d'espace à aménager, de
la rue sans flafla, mobile et jubilatoire. De la rue à 100%
Enfin!

Pierre

REACTION INSTANTANEE DE NICOLAS SOLOY

-je vois qu'en cette saison où les boomerangs volent bas,
certains chiadent leurs critiques avignonnaises, et c'est un plaisir
de les lire-

Arts de la Rue versus Arts de la Scène.
J'en viens à cette question sans importance,
pour laquelle beaucoup bottent en touche:
"a show is a show".
Non, qu'on ne me ressorte pas le fallacieux et contournant:
"ce débat est stérile", quand nous œuvrons
jusque dans les ministères et les sociétés d'auteurs,
pour affirmer notre différence d'avec la Salle.

Merci à Pierre de remettre le couvert:
c'est quoi la Rue?
La Rue comme non lieu, j'applaudis !
La Rue démarche, la Rue approche, la Rue lecture, oui !
La Rue média? Pourquoi pas?
Par exemple, la radio n'est pas un lieu, ni même une définition.
Un Film qu'on passe sur les ondes, ça devient presque une Fiction
Radiophonique?
Et un Film dont on édite les dialogues, ça devient presque un Livre?
Et Cyrano dans la rue, ça devient de la Rue, non?
Suivant le média, et moyennant quelques adaptations,
un même projet change de forme mais aussi de sens,
moyennant le filtre des volets 1 et 3 proposés par Pierre:
"à qui s'adresse le projet et comment".

Le spectacle en Salle serait alors comme une peinture,
qu'on peut accrocher dans divers lieux: musée, usine désaffectée,
galerie...
Le spectacle en Salle tel une toile, serait indépendant de son cadre,
à la différence du Spectacle de Rue, qui tel une huître
chercherait à faire corps avec le rocher sur lequel on l'implante.
La fosse d'orchestre, l'Abîme Mystique cher à Wagner,
qui sépare le Vulgus de la Creatio,
à savoir le Peuple de l'Art,
cet Abîme donc serait intrinsèque au spectacle en Salle.
Cela en raconte long sur une vision de la société:
il est des domaines inaccessibles au commun des mortels.
Il y a ceux qui ont le pouvoir et qu'on ne peut contester,
(à une époque, leur loge visible par tous était d'ailleurs éclairée
et ne se distinguait pas de la scène sur un plan symbolique),
et il y a la foule décérébrée, masse grouillante au parterre,
à peine descendue de l'arbre de l'évolution.

Quand un Bertolt Brecht rallume les lumières dans la salle pendant la
représentation,
il abolit les frontières scène/salle,
il dénonce la collusion entre les Dieux et la classe dominante.
L'Abîme mystique est un leurre, c'est une mystification
créée par les détenteurs du capital.
Brecht entame une démarche de Rue. Il dit :
"Le peuple est acteur de sa destinée."
"Mère Courage" n'est-elle pas une pièce de Rue?

Quand la démarche Rue, naît officiellement en France dans les années 80,
elle hérite autant du Théâtre Populaire de Vilar,
-qui fait jouer des œuvres païennes dans la Cour d'Honneur du Palais
des Papes-
que de l'esprit révolutionnaire de 1968:
en effet, malgré la disparition de la fosse d'orchestre
dans l'architecture contemporaine des salles de spectacle,
voire malgré la disparition de la scène dans ces lieux dits
"polyvalents",
par sa forme et son discours,
le spectacle en salle recrée un fossé virtuel entre le public et la
création;
c'est plus fort que lui,
comme si cela était intrinsèque à sa nature.
La démarche Rue apparaît alors comme salvatrice,
elle est marche révolutionnaire,
elle est regroupement devant l'obligation de dispersion,
elle est manifestive dans sa forme même.

25 ans plus tard, où en est-on sous Napoléon IV?
Où en est-on sous ce pouvoir qui nie le clivage droite/gauche,
qui nie la notion même de lutte des classes,
tout en renforçant le pouvoir du capital,
à travers notamment des cadeaux fiscaux insensés?
La Rue serait-elle en train de subir le même sort que la Salle?
Il y a eu le Théâtre Bourgeois, y aura-t-il la Rue Bourgeoise?
Un haut et un bas du pavé?
Il serait erroné de croire que c'est la seule subvention qui créé
l'art bourgeois,
en inféodant le créateur au politique,
comme le laisse entendre la fable du Loup et du Chien, du père La
Fontaine.
La subvention a certes sa part: l'intermittence autorisait une
certaine liberté de création;
en incitant les syndicats à réformer les conventions collectives
(on verra les dégâts à la rentrée 2008),
et en restreignant l'accès à l'intermittence,
l'état jugule la création en ne la faisant dépendre
que de la subvention ou du financement privé:
le bon vouloir du commerçant ou du politique,
qui aujourd'hui sont le même, coup de bol.

Mais tout n'est pas perdu, car c'est le créateur qui définit le sens
de sa démarche,
en choisissant le type de relation à son public (volets 2 et 3).
Et c'est tout le sens de ce questionnement sur ce qui fait Rue.
En créant des spectacles à jauge limitée,
la Rue bascule insidieusement vers la Salle bourgeoise.
Elle donne au diffuseur la possibilité de faire payer un droit d'entrée.
Même si aujourd'hui le billet n'est qu'à 8 euros,
créateur et diffuseur recréent le clivage de classe,
et font leur la politique néo-libérale du gouvernement.
Ce n'est plus de la Rue, mais de la Salle dans des lieux non
conventionnels.
Le coup de l'arbre dans le décor des Accompagnateurs à Chalon
ne suffit pas à classer ce spectacle comme "Rue" comme le suppose
Jacques Livchine:
il s'agit d'un spectacle de Salle dans un lieu non conventionnel*.

Mais ça pose problème dans certains cas.
Par exemple, on fait quoi avec "L'Éternel tournage" d'Amoros et
Augustin?
C'est un spectacle à jauge limitée qui était payant à Chalon et qui
sera gratuit à Aurillac.
Rue à Aurillac, pas Rue à Chalon?

Amis diffuseurs, pour financer vos festivals,
ne serait-il pas judicieux de solliciter les Chambres de Commerce et
d'Industrie,
dont les cotisants, notamment dans l'hôtellerie et la restauration,
s'engraissent
sur le dos des compagnies et des spectateurs?
Amis créateurs,
ne serait-il pas clairvoyant d'insister auprès de nos diffuseurs
pour maintenir la gratuité d'accès à nos prestations?

Il est urgent de maintenir nos consciences en éveil.
Le mode de diffusion d'une œuvre a un sens social et politique:
la Rue ne peut être bourgeoise, par définition.
Non, la Rue n'est pas morte.
La Rue est un loup: même en cage, elle demeure animal sauvage.
La Rue rêve à la plage sous les pavés, la Rue rêve à la meute.

Seraient-ce alors les festivals de Rue qui sont en train de mourir,
non par manque de financement mais par mode de financement?

Bien à vous,
Nicolas Soloy

PS: * En guise de complément d'info, j'ai pêché ça sur chacun des
sites concernés:
Avignon:
"La mission du Festival est de présenter la création contemporaine
française et étrangère en matière de théâtre et de danse,
et plus largement des arts de la scène, en offrant chaque année
une quarantaine de spectacles à un public toujours nombreux (autour
de 100 000 entrées).
Les représentations sont données dans une vingtaine de lieux non
conventionnels
à Avignon et aux alentours: des cloîtres, des églises,
le célèbre Palais des Papes, une ancienne carrière de pierre, des
gymnases."

Chalon:
"Festival transnational des Artistes de la Rue"
et dans la bouche de son maire UMP:
"De cette édition 2007, je retiens la diversité des genres
artistiques dédiés aux espaces publics[..]"
Sur l'étiquette, c'est marqué "petits pois", dans la boîte le maire
annonce "macédoine de légumes".
Si ça n'a pas l'odeur du paradoxe, ça en a le goût, non?
Un festival de l'espace public, à l'accès limité et à l'entrée
payante...
Un peu comme la Sécu et l'Éducation Nationale vues par Sarkozy.
Service Public oui, mais payant.

Aurillac:
"Créé en 1986 et inscrit volontairement dans un territoire rural, il
n’a cessé dès lors de s’imposer comme l’une des principales
manifestations de spectacle vivant en France, festival de référence
pour les Pouvoirs publics, référence aussi à l’échelle européenne et
internationale en matière d’Arts de la rue."

INTERVENTION LIVCHINE/ PROPOSITION D'IDENTIFICATION

 

Faut que je m'y remette.
Après les déclarations de Pierre Prevost,
Et Nicolas Soloy.
Pierre, on se connaît depuis 1981, n'est ce pas ? il jouait avec sa belle voix de basse dans notre Bourgeois Gentilhomme à Saint Quentin en Yvelines

Mais Nicolas Soloy-c'est ça Internet- je crois que t'es auteur, mais je ne sais pas quel théâtre tu fais. J'ai tout de même avec Nicolas une complicité brechtienne, il cite Dort etc. C'était mes premiers contacts avec le théâtre.

Nous avons là deux belles plumes stylées.

La rue pure, existe t-elle encore ? C'est bien ça la question ?

Très rarement, et pour très peu d'entre nous. Cacahuètes, Princesse Peluche, les Brigades d'intervention théâtrales...

Le reste du temps, on pourrait dire comme le camembert. 45% matière rue, ou 25% matière rue. Ou 2% matière rue.

Ce qui est important, ce n'est pas tant notre pourcentage de matière rue, mais l'adéquation du lieu et de la pièce que nous jouons.

Quand je commence la création d'un spectacle, je ne sais même pas, si c'est de la rue ou autre chose, en cours de route, nous décidons.

Quelle importance, rue ou pas rue, c'est curieux cette nostalgie de la rue pure, nous qui parlons sans arrêt de la nécessité des métissages et des greffes.

Brecht disait ; je veux faire mon théâtre dialectique et épique dans un lieu traditionnel et bourgeois, car disait -il, il faut mêler le neuf et l'ancien.

Le besoin de tout classer est dangereux. Pour peu que tu te retrouves sur une frontière entre deux catégories, t'es mort, t'es comme certains villages sur le pli d'une carte, invisible.

Parfois je dis que la rue, c'est pas un lieu, c'est un esprit. Je me trouve beaucoup points communs avec Sivadier, mais personne ne va dire que Sivadier c'est de la rue.

La France est couverte d'institutions qui sortent des plaquettes avec des catégories bien nettes
Danse, théâtre, expos, variétés.

Or nous sommes les uns et les autres inclassables. Donc ce réseau nous est fermé sauf exception.

Ce que je propose, c'est une évaluation génétique, qui pourrait nous donner un code ADN, comme un numéro de SIRET. Donc sur nos documents, il y aurait une espèce de code barre qui serait reproduit dans le Goliath

Style : ACIDU

F 93 20 214 65 PP 06 JM G1 CC AC 76 23432 TPEJES GG S DMDTS CG CR CR 3. 3, LL E 7214

Pays, département , nombre d'années d'existence, nombre de représentations, annuelles, taux rue entre 0 et 100, initiales du fondateur, nombre de comédiens taux d'acidité entre 0 et 10 , initiales du comédien central, soutien textuel, images, théâtre d'objet, instruments de musique, chant, originalité, budget annuel moyen en milliers d'euros, subventions, taux de carrierisme en 0 et 100, le TPJES (Théâtre pouvant être joué en salle des fêtes) Agressivité amoureuse). Le GG c'est du gratuit TGG toujours gratuit, PGG parfois gratuit , JGG jamais gratuit. les pas de sub ou les sub, les ponctuellement aidées. Les parités hommes femmes, ancienneté des véhicules, ou location. Nombre de chauffeurs agrées. Formation des acteurs. Age moyen, poids moyen.Taux d'utopie compte tenu des variations saisonnières.

Comme ça on pourrait enfin s'y reconnaître et savoir à quel style de compagnies on à faire sans s'invectiver et s'accuser les uns les autres de ne pas être assez"rue".

 

PHILIEPPE CORBIER EST CONTRE LES GRADINS

Je ne peux qu'encourager tout le monde à poursuivre le débat !!!
C'est passionnant à lire ! (surtout avec un café...)

Tout ceci me rappelle des amis musiciens, qui au début faisaient de la musique... Puis finalement se sont mis à faire du jazz, puis en fait c'était de la fusion, mais dans la fusion, certains étaient un peu trop free, et un des musiciens avait un fils qui mixait de la musique, mais finalement non il faisait du trip/hop/hardcore/trans/goa, sauf que certains trouvaient ses morceaux un peu trop downtempo/lounge et ça n'avait rien à faire dans des mix en plein air, hérésie !!!

Tout ça pour dire que même s'il est nécessaire de définir la rue (et qui d'autre que les gens qui gravitent autour de cette liste peut se frotter à cette définition ?), n'oublions pas que nous faisons tous du théâtre, à la base de tout.

Une définition de spectateur qui m'avait beaucoup plu : "Le théâtre de rue, c'est un théâtre où tu peux partir quand tu veux, où tu n'es pas obligé de marcher comme un sioux sur les genous de tes congénères pour sortir le plus discrètement possible (chaque tentative est, de toutes façons, désespérée...) de la salle après avoir compté dans un ennui profond tous les projecteurs et tenté de regarder sans succès les nibards de la comédienne."

Pour moi, le théâtre de rue est un théâtre où le spectateur est libre, libre d'arriver à la bourre et de repartir en avance (après tout, chacun fait comme il veut). Je me trompe peut-être, mais réellement je pense que le théâtre de rue n'est pas lié à une forme artistique particulière, ce n'est pas l'agencement de tel ou tel plateau avec arbres ou non, l'absence de plateau ou un itinéraire déambulatoire qui fait un spectacle de rue mais bel et bien la liberté de bouger et l'absence de contraintes pour le spectateur.

Quand poussent les gradins, la rue s'en va, loin, loin....

STEPHANE DE CARNAGE ATTENDAIT TAPI DANS L'OMBRE

A PART 300 COMPAGNIES ON A TOUS UNE PETITE PLACE DANS LA RUE

jouer dans la rue, jouer dehors, allez jouer dehors ! ça ne vous rappelle rien ? il y a deux choses importantes selon moi quant au debat sur le theatre de rue, la premiere me permet de rester un gosse et pouvoir faire ce que je veux dehors comme on me la ressassé quand j'etais petit, n'en déplaise aux sceptiques, j'ai été petit, (je suis meme allé une fois a l'ecole) mais je m'en rappelle plus,  j'étais petit, ensuite et ça devient plus sérieux, la noton de spectacle de rue se base sur un cercle de personnes lambda que l'on forme dans un contexte et un milieu incertain qui va rester pour nous regarder et rester jusqu'au bout ce qui confirme plusieurs paramètres, pour que les gens s'arretent il faut de l'aura, pour qu'ils restent il faut du travail, etpour qu'ils restentjusqu'au moment du chapeau il faut du talent,

ça c'est la base, apres, combien aujourd'hui de compagnies se lancent dans la rue munies en priorité de sonos puissantes, d'artifices, de redondances, d'idées uniques qui ne tiennent lieu qe de gags ou de bonnes idées qui ne méritent pas un développement de 50 minutes, rappelez vous que plus l'on parle fort et moins on se fait entendre,

il y a quelques années, d'aucuns s'équipaient de materiel high tech dernier cri, comme si la musique remplacerait l'humain et la voix, peu de compagnies ont reussi a dompter ces projections geantes, ces sons incroyables curieux melange d'ondes acoustiques et de musique liqluide, c'est sur, un video proj qui tombe en rade, ça compromt tout, mais pensez qu'une massue qui pete, un fouet qui lache, un masque qui perd son elastique ou une machine a bulles qui se renverse et tout est dépeuplé.

pour en conclure avec la fin, nous sommes tous dependants d'outils, cetain spectacles exigent des conditions techniques ne serait ce que pourn la securité des spectateurs et on sait de quoi on parle, mais la ou nous sommes tres forts (nous la rue, parce que nous on est tres forts d'origine, c'est une rumeur) on a le culot en plus d'en plus, et c'est la cerise sur le pompom, ou le ponpon, tiens dailleurs comment ça s'ecrit ponpon, et wikipedia qui est fermé a cette heure ci , parce que pompom  ça fait pomme pomme,   ça doit etre ponpon, puisque qu'on ecrit pin pon pour les pompiers, donc, on a le culot d'y ajouter les caprices du vent de la pluie, du froid de la canicule, des zonards ,  de leurs chiens,et de la batucada qui a preferé changer de trajectoire, pas mal non ? il faut avoir tous ces criteres en tete sinon,  l'ignorance devient vite la petite soeur de l'intolérance
 et a part 2 ou 300 compagnies je pense qu'on a tous notre place dans la rue

a part une petite centaine de compagnies je pense qu'on a tous une petite place dans la rue et que l'ignorance est la petite soeur de l'intolérance

 

LIVCHINE IRONISE

Ce matin je regarde quelques DVD théâtre de rue, que l'on m'a envoyé pour que je donne mon avis. Cela me met en fureur. On se met à ressembler aux JT, c'est à dire, nous nous clonons les uns les autres. C'est tout fadasse, tout pareil, tout insipide, tout "bon pour être programmé" dans 260 festivals. Ce n'est pas possible d'être si peu original. Eh bien là, je suis tellement en rage que je n'oserais pas dire en face mon sentiment aux intéressés, car ce serait comme dire à quelqu'un " t'es moche" , "dégage."

Revenons à nos échanges, ils me passionnent, bien entendu je ne suis pas loin des idées de Stéphane Filloque. Tu te souviens, j'avais souvent mis comme devise sur mes docs :

"quand j'étais petit, j'aimais descendre jouer dans la rue, en fait je n'ai jamais cessé de le faire".

On a tenté de faire un manifeste pour la fédération , nous étions trois ou quatre pauvres volontaires, on a sorti quelques lignes, mais en fait nous aurions du faire une charte comme les cinéastes cités par Soloy.

Il y aurait dix articles.

Style : 1) je jouerai toujours gratuitement. 2) Je jouerai sans sono. 3) Je jouerai sans gradins. 4) Je jouerai sans projection géante. 5) J'accepterai les bruits de la rue et ses zonards. 6) je jouerai dans des rues ouvertes 7) je refuserai les cours. 8) je refuserai tout lieu couvert. 9) Je ne jouerai aucun texte appris par coeur etc.

Si t'as oui aux dix articles, tu obtiendrais le label " Art de la rue". estampillé Hors les murs, ou quelque chose comme "Pure rue". Pour être dans le Goliath il faudrait avoir le label. Ce serait bien , comme ça le Goliath serait moins cher , il n'y aurait plus qu'une vingtaine de pages.

 

N° 23 ON SORT DE L'EUROPE AVEC MANU ... JUDICIEUX

bonjour à tous,

permettez moi de rajouter une couche au débat rue ? pas rue ?

Je suis Suisse (personne n'est parfait). Chez nous la notion "arts de
la scène" englobe toutes les démarches scéniques quelle que soit le
lieu dans lequel on joue.

C'est très pratique, nous n'avons aucun conflit entre salle et rue et
mi-rue mi-salle et plus... Nous faisons du théâtre, ou de la danse,
ou de l'opéra ou de la musique ou que sais-je encore...

Finalement il me semble que la question fait-on de la rue ou non est
moyennement importante. La question, il me semble, devrait plutôt
être : "Qu'est ce que je dis ?".
Si artistiquement un spectacle doit
se faire en rue, parcque l'endroit juste, le média parfait pour ce
qu'on raconte, alors on le fait dans la rue ! Si il faut le faire en
salle, on va en salle, ou en forêt ou dans un bus...

Mais il me semble que l'acte artistique, le besoin de dire, le "truc"
qui vient des tripes donne automatiquement le lieu de jeu.

N'est-ce pas l'acte artistique l'important ?

Manu Moser
Les Batteurs de Pavés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

   

   

   

   

   

   

   

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