Notes sur les représentations

 

LES ARTICLES PARUS

La balade solitaire d'Hervée de Lafond. par Sophie Dougnac. avant- première.

Deux ou trois choses qu'il sait d'elle par Karine Frelin. Avant première. Le Pays

Critique de l'Est Républicain signée A.L. le 24 novembre 2004

On plonge en enfer . Cassandre N°60 Olivier Claude.

La terrible promenade d'Hervée de Lafond par Alain Roy. Le Pays

Hervée de Lafond, humaine et romanesque (Le Figaro, Armelle Héliot 12/07/2005 )

Le blog de Fabienne Pascaud

 

 

 

 

La balade solitaire d'Hervée de Lafond
La co-directrice du Théâtre de l'Unité, joue seule sur scène « Promenade avec Luther » dès lundi. Cette création -qui n'a rien à voir avec le protestantisme- sera donnée durant trois mois à Audincourt.

« Pour moi, c'est un défi extraordinaire. Jamais jusqu'ici, je n'avais joué quelque chose toute seule ». A quelques jours du spectacle « Promenade avec Luther  », Hervée de Lafond est partagée entre une anxiété légitime et un enthousiasme communicatif. Il faut dire que le projet que la co-directrice du Théâtre de l'Unité porte seule sur ses épaules est d'ampleur : il s'agit non seulement d'une création mais la pièce a, en plus, été écrite spécialement pour elle par l'auteur contemporain Yves Ravey.

Ce dernier, qui est professeur à Besançon, a acquis une grande notoriété dans le monde des arts et spectacles : il a à son actif six romans et cinq pièces de théâtre. Il a été joué à la Comédie Française et va être joué au théâtre du Rond-Point à Paris et à la Criée à Marseille. Il est par ailleurs... président du Théâtre de l'Unité. « Nous le connaissons depuis très longtemps », raconte Jacques Livchine, l'autre co-directeur de la structure installée à Audincourt. « Bien qu'il soit de plus en plus célèbre, jamais nous n'avons eu l'idée de faire appel à lui ! ».

Un tyran pour beau-père

C'est d'Yves Ravey lui-même que viendra l'initiative. « Je suis très flattée qu'il ait écrit pour moi. C'est une chose rare dans la vie d'une comédienne », souligne Hervée de Lafond. « Et jamais, à l'Unité, nous n'avions monté une pièce pour une seule personne ». « Promenade avec Luther  » est un monologue, celui de Rachel. Cette femme est prise en étau entre un beau-père autoritaire et tyrannique, Luther (ce nom pour démontrer que la religion n'a jamais empêché l'abjection), un mari, un ex-champion cycliste et un voisin. « C'est une écriture très complexe, avec des allers et retours passé-présent », raconte la comédienne. « C'est également très intense car Rachel est très tendue. L'atmosphère est étouffante, sombre. D'ailleurs, la fin est un choc ».

Un vrai défi donc pour l'artiste. « Cette pièce est périlleuse, j'y suis sans cesse sur le fil », estime Hervée. « Je me sens en danger en la faisant et cela j'adore ». « Hervée est une grande comédienne qui n'a jamais pu s'épanouir avec moi », estime pour sa part Jacques Livchine. « Nous avons souvent joué des choses légères ou humoristiques. C'est bien que les spectateurs voient une autre facette de son travail ».

Pour le co-directeur de l'Unité, « Promenade avec Luther  », qu'il est l'un des rares à avoir déjà vu, correspond bien au parcours d'Hervée de Lafond, née dans une famille aristocratique, catholique, marquée par la carrière militaire et extrêmement conservatrice. Une analyse que ne partage absolument pas la comédienne : « Quand je lis la pièce, je ne vois aucun rapport avec moi. Je travaille un personnage, point barre. Je ne cherche pas les points communs car cela pourrait me perturber dans mon jeu ».

Hervée a répété seule la pièce et s'y est penchée dès le mois de juillet. Elle a élaboré elle-même le costume, la mise en scène et les accessoires. « Promenade avec Luther  » sera jouée pour la première fois lundi au studio des 3-Oranges à Audincourt. Désireux d'attirer un public populaire, comme pour les Kapouchniks, l'Unité a décidé que l'entrée serait gratuite, chacun proposant ce qu'il veut.

Après cette représentation et une autre mardi, la pièce sera donnée durant trois mois, à raison de deux représentations par semaine, au studio des 3-Oranges. Pour la troupe, cette création, relativement simple dans ces modalités pratiques, est en effet l'occasion unique de mettre en place un rendez-vous régulier sur Audincourt.

Sophie DOUGNAC
«  Promenade avec Luther », lundi et mardi à 20h30, Théâtre de l'Unité, 9 allée de la Filature à Audincourt. Réservations conseillées au 03.81.34.49.20.

 

Deux ou trois choses qu'il sait d'elle
 
À partir de lundi, Hervée de Lafond dira un texte d'Yves Ravey, auteur bisontin, écrit pour elle. L'occasion d'installer le théâtre de l'Unité pour trois mois à Audincourt.

Jacques Livchine, l'alter ego d'Hervée de Lafond au théâtre de l'Unité, est ravi et inquiet. Ravi d'avoir été le témoin d'une marque d'amitié aussi forte d'un auteur pour une interprète, même s'il s'est mis en retrait d'un projet aussi intense, « parce qu'il n'y avait pas vraiment de mise en scène, pour une seule comédienne et sans décor ». Inquiet, aussi, pour son amie, qu'il sent ragaillardie par cette idée de s'approprier un texte, et fragile car Promenade avec Luther est une histoire très personnelle. Un argument qu'Hervée de Lafond balaie d'un revers de main : « Je n'ai pas demandé à Yves quel était le rapport avec moi. Si je le savais, je crois que ça me perturberait ».

Une initiative personnelle

Lundi, elle débutera donc un marathon, seule sur la scène du Studio des trois oranges, à raison de deux représentations d'une heure quinze par semaine, pendant trois mois. Cette concentration « est épuisante. Je suis plus fatiguée à être quasiment assise pendant plus d'une heure que d'aller et venir sur la scène ». C'est aussi parce que l'histoire qu'elle raconte est tragique, lourde. Elle est signée Yves Ravey, professeur à Besançon, auteur de théâtre et romancier reconnu, puisqu'il est aujourd'hui joué de la Comédie Française au théâtre du Rond-Point ou à La Criée de Marseille. « Le théâtre de l'Unité l'a connu avant qu'il écrive, précise Jacques Livchine, quand il était militant culturel au Centre culturel de Palente les Orchamps, dans les années soixante-dix ». Et quand l'Unité a débarqué en Franche-Comté en 1991, le lien n'était pas coupé : « Il est devenu président de l'association du théâtre ». Il l'est toujours, mais cette scène n'était demandeuse d'aucun texte de cet auteur qui fait très bien sa vie ailleurs. L'initiative vient d'Yves Ravey, qui s'est fendu de ce texte « en pensant uniquement à Hervée ». « Il me l'a donnée en me disant d'en faire quelque chose en 2005 ou 2006. Moi, je l'ai travaillée dès l'été. » Seule, dans son coin, en secret. « Il fallait que je répète autrement, de la mise en scène aux lumières, aux accessoires, au son ». Du profond regard bleu d'Hervée de Lafond, pointe une légère fierté d'avoir été « élue » : « On ne m'avait jamais fait ça. C'est rare que l'on écrive en pensant à une comédienne, c'est aussi très flatteur ». « Hervée ne voit pas que la pièce lui ressemble, souffle Jacques Livchine. Il l'a pourtant imaginée à partir de ce qu'il savait d'elle ».

L'étouffement de la famille

Promenade avec Luther n'a rien à voir avec la religion. Les univers d'Yves Ravey sont fermés, austères, sans issue heureuse possible. Luther est un beau-père « qui va tout bouziller autour de lui sous des dehors pas terribles du tout ». Rachel, l'héroïne, raconte cette destruction, comment un destin peut être brisé dès la famille. Luther n'est pas anodin : « C'était la volonté d'Yves de dépeindre un personnage christique qui, en réalité, est une ordure. Ce prénom évoque le protestantisme, car la religion n'a jamais empêché la saloperie ». De cette femme « tendue, au débit de parole rapide, sans arrêt au bord du cracking », les spectateurs puiseront, inévitablement, dans leur vécu. Jusqu'à la fin, qui peut paraître choquante : « A la sortie, on est obligé de penser, assure Jacques Livchine, à cet étouffement par la famille, tous ces petits Saddam Hussein domestiques qu'on ne soupçonne pas ». Radical, peut-être, mais le sujet renvoie immanquablement à des résonances personnelles. « Je me demande des choses difficiles, ajoute Hervée de Lafond. Cette femme est sur le fil, périlleuse, et je me sens aussi, à un moment de la pièce, en danger. Même si, juste avant de me lancer lundi, je maîtrise mieux cet instant ». Un sujet ardu, « un challenge extraordinaire » pour Hervée de Lafond, qui va aussi prouver, une nouvelle fois, qu'elle est une « grande comédienne, qui irradie, existe ». Respect, de Jacques Livchine.

Karine Frelin
© Le Pays, Dimanche le 21 Novembre 2004. Tous droits de reproduction réservés

 

TROUBLANTE BALADE

Seule sur scène, Hervée de Lafond se met dans la peau de Rachel, une femme en souffrance.Impressions

L'entrée est déjà lourde de sens. Hervée de lafond qui campe le personnage de Rachel apparaît côté jardin, dans l'embrasure d'une porte, en tailleur, coiffée d'un chapeau. Mais les vêtements vont bientôt dispraître, les bijoux et les accessoires également. La comédienne arrive sur scène juste vêtue d'une combinaison blanche. Elle efface petit à petit son maquillage prononcé."Rachel a décidé de se libérer par la parole, de se mettre à nu, les mots sont le symbole de l'expiation", expliquera après la représentation la codirectrice de l'Unité.

Le décor est sobre. Une petite scène recouverte d'un drap blanc, sorte d'autel où l'âme se purifie, des bassines et des seaux en fer, des gants et des serviettes de toilette

Scandée en plusieurs saynettes, la pièce"Promenade avec Luther " écrite par Yves Ravey, va se jouer. La portée dramatique du texte est tenue par par le jeu d'Hervée de Lafond, seule face au public pendantt plus d'une heure.

Souffrances

Entre le monologie de Rachel, qui rapporte les propos de Luther, son beau-père ou Tony, son mari, les magnifiques morceaux de musique du compositeur Philip Glass donnent également à la pièce toute sa dimension tragique. "Promenade avec Luther" dresse le portrait d'une femme en souffrance. Femme marionnette dont le beau -père chosit les vêtements aux couleurs vives. Femme souffre-douleur qui encaisse sans broncher les remontrances de ce dernier et la dépression de son mari. Femme étouffée par le non-dit, une grossesse avortée, le désespoir.

Sans lyrisme pompeux, la pièce est une introspection des failles humaines. Rachel, Tony et Luther portent en eux une souffrance qui ne s'efface pas avec le temps. Au contraire. "Ce n'est pas la guerre qui est terrible, mais les souvenirs de celle-ci" confiera Luther, ancien militaire à Rachel. Au public, ensuite de prolonger cette promenade hors des sentiers battus et qui n'a rien de bucolique.Et d'interpréter à leur manière ce texte de l'auteur contemporain Yves Ravey.

Ceux et celles qui ont assisté à la première représentation de "Promenade avec Luther" lundi n'y sont pas restés indifférents. A force d'intérioriser le mal-être de son personnage-ce qui lui a demandé des heures de répétition seule pendant des mois- Hervée de lafond arrive à toucher la sensibilité des spectateurs. Ce que l'on appelle tout simplement une performance d'acteur.

A.L.

                                                      Promenade avec Luther d’Yves Ravey

On plonge en enfer dans cette Promenade avec Luther, qu’on parcourt pourtant avec un étrange plaisir, sur les cimes enneigées de Cervinia, avec Rachel et son beau-père Luther. C’est l’enfer de la solitude d’une femme amoureuse et manipulée, dont on n’entend la voix que par la bouche de ceux qui l’ont soumise à leur loi : ce beau- père tyrannique dont elle semble l’esclave ambiguë, quelque peu incestueuse, et Toni, son mari,, ancien champion cycliste, reclus dans sa chambre, en proie à une dépression morbide. Aucune parole personnelle ne sort de la bouche de Rachel qui est pourtant la seule à proférer le texte d’Yves Ravey. On n’entend que les reproches dont son beau-père l’accable, son incapacité à être une bonne épouse, à engendrer un fils…Esclave dans les moindres détails de la vie domestique de son beau-père dans cette maison de vacances, Rachel souffre en silence la perte (peut-être imaginaire), de sa petite fille, elle choisira seulement d’aider Toni à mourir, avant de partir dans une ultime promenade avec Luther.

            « Je t’aime, je te tue » ! Yves Ravey a écrit cette pièce pour Hervée de Lafond, unique interprète qui l’a mise en scène, aux antipodes du travail  mené depuis trente ans avec le Théâtre de l’Unité. Hiératique et terrifiante, elle apparaît grimée en bourgeoise chapeautée, monte sur un autel  immaculé, se dévêt, efface douloureusement son masque,  se purifie avec l’eau lustrale,  met à nu au propre comme au figuré, sa douleur sans pathos. Elle parvient à révéler les ressorts étranges d’un amour dévorant qui porte au sacrifice d’une vie. On n’a pas fini de méditer sur la portée symbolique de cette Promenade avec Luther, qui pourrait encore progresser en mettant au jour l’humour noir présent dans le texte.

                                                                                                            Olivier Claude

 

La terrible promenade d'Hervée de Lafond

Le théâtre de l'Unité propose à Audincourt une « Promenade avec Luther ». Sur un texte d'Yves Ravey, spectaculaire performance signée Hervée de Lafond.

C'est l'histoire de Rachel, femme dont la vie est prise en étau entre un beau-père autoritaire, Luther , (d'où le titre) et un mari, Toni, ancien champion cycliste amoureux de la cueillette des lys martagons au détour des cols. Cette « Promenade avec Luther » est en fait une évocation très construite de la vie vide d'une femme de province, du côté de Cervinia, une station de ski des Alpes. Cette pièce d'une heure et quart est tenue magistralement et à bout de bras par Hervée de Lafond qui renoue avec cette création avec ses aptitudes de comédienne. Seule en scène, assise sur des bassines en zinc, elle habite son personnage et fait montrer la pression et l'angoisse au fil des minutes.

L'ivresse des cimes

Au début, on peut être un peu perdu par l'histoire. « C'est écrit pour, explique Hervée de Lafond, occupée à se sécher les cheveux après sa performance. Il y a une sorte de progression et la fin est effectivement terrible. » Hervée-Rachel tient en effet en haleine le public au fil de ses réflexions sur la vie de son couple. L'ancien champion cycliste, vainqueur à l'Alpe d'Huez, n'est plus grand-chose, que l'ombre de lui-même. Aussi, s'il part encore dévorer les cols, c'est au volant de sa Mercedes désormais. Rachel, qui a perdu son seul enfant _ une fille dont elle sortira les petites robes d'une bouille à lait _ n'a jamais pu donner autre chose à son mari. Elle se console aussi avec son beau père au cours de longues promenades où elle lui donne le bras, remplaçant ainsi sa femme décédée. « S'il s'appelle Luther , c'est qu'il ne pouvait en être autrement, » répète la comédienne. Il a quelque chose du Luther des protestants effectivement avec sa rigueur, son côté psychorigide aussi. Sur cet argument pas facile, la dernière production en date du Théâtre de l'Unité semble avoir conquis les coeurs, cependant. Et Jacques Livchine d'expliquer fièrement à la vingtaine de spectateurs venus ce mardi soir que « en 16 représentations, ces Promenades auront rempli l'équivalent du théâtre de Montbéliard. » Nostalgie ? Reste la prestation de la comédienne qui frappe réellement l'esprit. Seule sur une estrade recouverte de tissu blanc, assise au milieu de lessiveuses, bassines et autres bidons, elle met en scène sous quatre projecteurs blancs un décor oppressant où les tensions vont monter crescendo. L'auteur habitué des Éditions de Minuit et de Gallimard a écrit ici une espèce de bijou ciselé sur mesure pour Hervée. Il lui dédie d'ailleurs à juste ces « Promenades avec Luther ». Un moment de théâtre à la fois fort et beau. Un texte où la vérité sur les êtres semble être plus pure au-dessus des cimes.

Alain Roy


HERVEE DE LAFOND, humaine et romanesque.

par Armelle Héliot. le Figaro du 12 Juillet

On savait qu'Hervée de Lafond épatante animatrice avec Jacques Livchine, du théâtre de l'Unité, était une comédienne sensible à forte personnalité. Avec ce texte qu'Yves Ravey lui dédie, Promenade avec Luther- il ne s'agit pas de théologie -elle est en pleine lumière au coeur d'un spectacle qu'elle met elle-même en scène, qu'elle interprète de toute sa profondeur et pour lequel elle a choisi des musiques de Philippe Sarde et de Phil Glass et qui donnent à la représentation une couleur tragique et un emportement romanesque qui conviennent tout à fait à ce récit étrange et prenant. Un texte de Ravey ne se livre pas d'un seul coup. Il résiste. Et "la pièce"qui mêle des destins sur fond de montagne et d'aspiration à l'ailleurs, de mort,encore, se déplie littéralement sous nos yeux par la grâce d'une comédienne engagée de toutes ses fibres. Humaine, tellement humaine.

 

Avignon, le corps à toutes les sauces

Etrange coïncidence… Dans le « in » et le « off », deux spectacles auront donc respectivement proposé une scène identique. Un lavage au gant avec savon et bassine. Côté programmation officielle, le Flamand Jan Decorte nous offre sans complexe la vision bedonnante de sa nudité ingrate dans Dieux et les esprits vivants à la Chapelle des Pénitients blancs. Côté off, au Théâtre des Halles, Hervée de Lafond, pionnière du Théâtre de l’Unité, se savonne consciencieusement en chemise dans Promenade avec Luther (conçu pour elle par Yves Ravey) mais risque, elle, un vrai shampoing, ce que n’avait pas osé le confrère belge… En conclura-t-on que les corps matures s’exposent avec plus d’audace cet été ? Et pour suggerer quoi ? Visiblement de vieilles histoires d’enfermements, de secrets, d’inhibition que ces toilettes diverses et variées seraient censées nettoyées…

Ainsi à ce festival où la parole, le verbe ne semblent plus guère à la mode, certains artistes préfèrent désormais des gestes basiques pour exprimer mystère et non-dit. Qui a parlé d’enfantillage et de régression ?

Ecrit par Fabienne Pascaud le 11 juillet 2005 dans Festival d'Avignon
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Où en est le théâtre de l'Unité ?

Le festival d'Avignon 2003, interrompu par la grève des intermittents du spectacle, avait mis sérieusement à mal les moyens du théâtre de l'Unité, conventionné par le ministère de la Culture et hébergé par la Ville d'Audincourt. « Pour toucher les subsides de la direction régionale aux Affaires culturelles (Drac), on lui doit deux ou trois spectacles par saison », explique Hervée de Lafond. Si Promenade avec Luther ne coûtera pratiquement rien à la structure, la comédienne étant rémunérée par l'association, la pièce ne demandant pas de décor et un seul costume, on repart presque à zéro à partir de 2005. « Après Avignon, on a fait attention aux dépenses et accepté des contrats qui rapportent. On a joué''Le sentier des contrebandiers'' en Suisse,''La rue extraordinaire à Calais'', fait une mise en scène à Chaillot. Et on a remboursé nos dettes. » Hervée de Lafond se dit « ravie d'avoir l'occasion de faire un régulier à Audincourt. Cette pièce est très difficile, je vais me roder. En espérant la vendre plus tard ailleurs ». Et avec l'espoir de voir venir « des gens très populaires, comme aux Kapouchniks. C'est pour ça qu'on n'a pas prévu de billet d'entrée, juste une quête à la fin ». Cette initiative est « un peu à côté de la démarche du théâtre de l'Unité, admet Jacques Livchine, mais on verra aussi qu'on sait jouer ». Pour la suite, l'Unité se donne du temps. « La Brigade prévoit quelque chose pour le réveillon à Belfort et on va se mettre doucement à réfléchir à une pièce lourde, pour fin 2005, début 2006. On a des envies de Tchekhov » Mais Hervée, pour l'instant, est aux prises avec Luther .