PRINCESSE LIMOUSINE VERSION RUE

Création 2006

 

Parfois on a de drôles d'idées qui nous font rire quand on s'en souvient

Oui, pour faire des économies on avait imaginé que le dispositif scènique de Princesse Limousine pièce pour enfants, puisse aussi servir à une version de rue.

L'idée a totalement échoué.

Et même retranscrire la "princesse Limousine " pour enfants dans la rue, s'est avérée aussi une FBI (Fausse bonne idée).

Comment viennent les idées :

Jacques a une chienne, Pina, qui est née en novembre 96, c'est un bouvier bernois. Jacques lui voue un culte absolument total. Sa Pina passe avant tout le monde. Elle a droit à tous les égards. Il la soigne comme une princesse, il a une voiture à clim et à fauteuils larges pour Pina, et il n'est pas question d'une tournée où l'on n'emmène pas Pina.

Il s'est donc arrangé pour la faire jouer dans tous les spectacles :

2500 à l'heure : Pina fait le mouton

Dom Juan : Pina faisait la chienne d'Elvire

Un Brecht pour Muguette : Pina joue à la balle, dans une des scènes ludiques de la fin.

Oncle Vania à la campagne : Pina est la chienne de la mère de Vania, Maria, elle a une belle balle jaune dans la bouche.

Comme tous les animaux, Pina est d'un naturel total sur scène, un peu cabotine aussi. Oui, elle aime jouer. Au salut, elle adore se montrer sans même qu'on le lui demande.

La caravane passe par Monts et par Vaux, annulée, mais pas le palais roulant de la princesse

La caravane c'est un de nos délires avec une vingtaine d'artomobiles qui parcourent la Franche Comté. Nous décidons de présenter une artomobile qui serait un palais roulant fabriqué pour Pina. Et ainsi dans les villages on ferait visiter tranquillement le palais roulant de la princesse.

Mais nous devons annuler, faute de financements assurés suffisants.

On décide cependant de poursuivre cette histoire de princesse Limousine

De crash tests en crash tests

oui, on aurait voulu d'une Rolls, mais cela ne l'a pas fait.

Oui, Jérôme Monchal de Bar le Duc nous programme pour Renaissances 2006 début juillet, il nous en parle en 2005. Et voilà il faut bien le faire le spectacle.

En mai, on se procure une Limousine, que nous prête les gentils Générik de Marseille, ça nous arrange bien.

Donc on fabrique le palais intérieur, ou plutôt on le fait confectionner par Marie Lucie Poulain, dont Jacques voit par hasard les oeuvres à Marseille et qui lui plaisent.

Première mouture : à Montmirey. Mai 2006. Bon, c'est basé sur des personnages chinois, avec Pina en divinité.

Hervée fait aux prétendants un Yi King, c'est à dire le vieux livre des changements, et Jacques en vieux sage chinois à l'intérieur répond aux questions posées. Cela tient cinq minutes, mais les gens posent des questions difficiles et sincères : " dois je être opérée" Faut il que je lâche mon travail ?

Amiens : on fait une seconde version en impro. On se raconte totalement , on parle de nos vrais doutes et on essaye de mettre en place le mécanisme: "une vraie bonne pièce ne peut pas plaire au piublic basique".

Bar le duc : jacques a écrit, mais on n'a pas le temps d'assimiler le texte. Mais on a l'ironie du "Jacques a dit " et "hervée a dit" qui donnent le style à la pièce.

On fait le monochrome théâtral de la fin.

De quoi parle t-on ?

De ce qui nous tient le plus à coeur, c'est à dire de savoir s'il nous faut oui ou non continuer une aventure commencée il y a 33 ans.

Peut on faire du théâtre sans s'interroger sur ce qu'est le théâtre ?

Et nous avons de plus décidé de nous jouer nous mêmes avec nos obsessions et nos contradictions.

Hervée, la pragmatique qui veut faire du vendable, et Jacques l'idéaliste qui veut inventer le théâtre de rue de demain.

Jacques a écrit des dialogues avec illustrations, reflet réel du tatonnement de l'acte de création.

C'est très sérieux, avec quelques moments d'humour et d'auto dérision. Parce que la création n'est qu'une cascade de contradictions.

Mais alors ? est ce que cela peut toucher un large public ?

Mais sommes nous sûrs que le théâtre ait pour mission de toucher un large public ?

Nous disons qu'à partir du moment où il y a personnages et conflit, il y a "théâtre" , et quand il y a théâtre, le public suit.

Et pourtant nous faisons pas mal de "names dropping" -des jets de nom- pour faire cultivés.

Cela le fait, car le public reste notre préoccupation centrale, il le sent. Et quand il ne saisit pas toutes les allusions à notre profession, il sent le drame humain et les déchirements de ces deux êtres qui se battent depuis 33 ans pour trouver la formule magique.

Mais me direz -vous, est ce que cela ne fait pas happy few ?

Mais non, car quand bien même nous le voudrions, nous ne saurions pas être vraiment ésotériques.

 

Vous pouvez consulter le texte, sachant bien qu'un texte de théâtre n'est pas fait pour être lu.

Texte de Princesse Limousine, Version rue.