On tente l'aventure. jouer jusqu'en janvier 05 à Audincourt, le défi. Reste t-il encore des non -abonnés intéressés par le théâtre ?


Première le 22 novembre 2004 à Audincourt

Notre petit studio des 3 oranges est bien arrangé. On a du son et de la lumière, tout de même plus de 50 000 Euros d'investissement de la DRAC et du Conseil régional.

Hervée de Lafond a le trac. C'est une grande première pour elle, à soixante ans, seule en scène aux prises avec un texte dru et dense.

Qui vient ?

On ne se fait pas d'illusion sur la quantité de public. On parie sur une moyenne de 12, c'est du théâtre-laboratoire, du théâtre de texte, du théâtre pas facile. On installe 35 sièges.

20 personnes

Le Conseiller théâtre de la DRAC, Mickaël le Bouëdec, Bernard Kudlak du Cirque Plume et sa soeur Christiane, Alain Chambon, metteur en scène au théâtre de la Criée à Marseille en juillet de la concession Pilgrim, l'auteur Yves Ravey et son épouse, Marie-Joëlle, des anciens spectateurs fidèles de Montbéliard : JP Anselmoz, Paulette et Claude Gouby. + 2 protestants égarés trompés par le titre.

ça joue

Hervée approche du but, mais il reste quelques savonnages, quelques grumeaux, quelques monocordies. Bien sûr, le jeu est très physique et émotionnel, pas très tendance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo: D.Nowak

 

 

A la fin, ça discute beaucoup, c'est passionnant. Qui est cette Rachel ? Est ce le sort de beaucoup de femmes d'êtres prises en étau entre un mari dépressif et un beau père autoritaire. Yves Ravey écoute tout le monde parler de sa pièce, comme si les significations engendrées lui échappaient.

 

 

On discute : de gauche à droite l'Est, Le photographe, Catherine Legros, accro Unité, le conseiller théâtre, Alain Chambon, Jean -Patrick Anselmoz, Hervée de Lafond

23 Novembre

16 personnes.

les Chary, Françoise Grosjean,Gaby et Gisèle Genty,Chantal et Bertrand Thorax,Marcel Djondo, Monsieur et Madame Debard, Monsieur et Madame Teinturier, Patrick Voitot, Gaetan Noussoglo, Claude et Rémi Lapprand. (Maire de Thulay)

A la demande d'Yves Ravey, Hervée adoucit certains passages et esquisse quelques sourires, où l'on voit que l'humour peut être une forme de résistance à l'étouffement ambiant. On entend quelques rires légers dans le public, au moment où Luther essaie son manteau chez Finck. Hervée joue mieux, met du relief, cela se bonifie.

Quelques mots écrits par le public

Nous tenir en haleine pendant plus d'une heure est digne d'une grande actrice/Poignant, émouvant, si vous n'étiez pas venu dans le pays de Montbéliard,il faudrait vous inventer, super, génial/Quel courage, quelle vérité, souvenir à Yves Ravey et félicitations à lui aussi (Rémi Lapprand)/Quelle puissance, quelle vérité, quelle émotion/A méditer, faire évoluer, avancer, pour quoi ? pour qui ? Nos enfants, nos petits- enfants peut-être.

 

Vendredi 3 décembre

11 Personnes.

A part deux femmes égarées attirés par la promenade avec Luther, le vrai, nous connaissons tout le monde. Le bouche à oreille ne s'est pas encore mis en route. Anne et Jean Pierre Loux, Maryse et Alfred Sanchez, Monsieur et Madame Durupt, Edith Rappoport. Gaetan qui vient pour la seconde fois.

Nous mettons une promotion en route. Nous avons engagé Gill Maurer Herde pour cette mission. Coups de téléphone aux professionnels locaux, distribution de tracts etc.

Artistiquement, Hervée se sent plus sûre dans le texte , mais attention, cela ne doit pas troubler la fragilité du personnage. Le jeu est encore trop retenu, un peu cahotique. Quand ça glisse bien par moments, la fiction se met en place, on y croit. Là est la question, faut -il y croire ? Il est vrai que le cri de la fin est tellement juste que l'on ne peut guère imaginer que cela soit du jeu, on a vraiment l'impression que c'est Hervée qui crie sa détresse et appelle au secours. Donc, pour moi c'est à la limite du supportable.

 

Quelques mots du public

époustouflante prestation , bravo/L'auteur peut être fier de l'interprète / je viens de vous découvrir et je vous ai trouvé très belle /

samedi 5 décembre

13 personnes

Au moins le théâtre de l'Unité a le temps de compter ses amis. Les Cadet, Denis Trutt,Chantal Lehec, Aziz et Janine Sekri, Lucile Garbignati, Corinne Lanoir, Carole Denéchaux.

Selon Hervée de Lafond, elle bute un peu sur les mots, mais le public est profondément ému.

Quelques mots écrits par le public

Chère Hervée, Cette pièce m'a touchée, j'y ai vu l'enfermement de l'être humain et peut être aussi la ssouffrance de ta filiation, cette pièce sera peut être l'étape décisive pour lâcher prise avec une telle histoire. C'est une mise à nu de ce qui peut se jouer chez de nombreuses personnes, au delà des classes et appartenances sociales. Jouer une telle pièce est courageux et à ton image. (Carole Denechaud)

Une performance d'actrice pour un texte où on se demande ce qui est fiction et réalité. Un peu moins fort la musique .

Douloureux retracé d'un chemin de vie avec une poignante interprétation.

La vie, on manque tellement dans notre monde de cette sensibilité à fleur de peau. (Raphaël)

Lundi 7 décembre (N°5)

14 personnes

Florence Cabot, Laure Terrier, Marjorie Moulet, France Acquart, époux Coussemacq, Anne Vauclair et ses deux parents, Sylvie Lauzel, Amalia, époux Estève, Olivier Rouet.

Hervée dit que l'eau était un peu froide. L'après spectacle est plus long que le spectacle. Jacques a préparé des oeufs à la russe. les applaudissements étaient fort courts, signe d'une intense émotion.la discussion qui suit est passionnante, les femmes sont très touchées car Rachel renvoie à de très niombreuses situations. Hervée va jusqu'à faire quelques confidences assez intimes.

Les mots du public

Plaisir de t'avoir vue, entendue, sentie, Merci pour les frissons/ Quel malaise, quelle actrice, quelle femme êtes vous Hervée ? Est ce que je peux, sans être ridicule, vous connaissant si peu, vous dire toute ma tendresse et toute mon admiration/ des paroles certes, mais aussi des gestes parlant/ Magique la montagne, magiques les petites filles, une deux trois rosepêche-crème- bleu- ciel et merci de cet éclat.

 

Mardi 8 décembre 2004 (N°6)

28 personnes

C'est le record. On rajoute des chaises !

Paul Coizet, conseiller général, Odile Duboc, des gens d'Audincourt, Robert Januel, des gens de Mulhouse, des gens que l'on ne connait pas, un groupe de Trajectoire Formation. Et des mini groupes, Isabelle Viviers emmène deux copines, un petit bouche à oreille très léger se met en route. C'est émouvant, cela ressemble à un feu que l'on essaie de faire prendre.

 

On se retrouve tous autour de la table. Et on discute plus d'une heure à la fin.Hervée refuse de parler d'elle -même, mais chaque soir elle lâche quelques détails de sa vie, l'éducation religieuse, les frères qui ont fait l'indochine, un grand père qui ressemblait à Luther...la soeur d'Yves Ravey s'est glissée dans le public sans oser dire son nom. Parfois, j'évoque la branche autrichienne de la famille Ravey, mais Yves me précise ultérieurement qu 'autrichien ne signifie pas nazi et qu'il peut être plutôt fier de l'attitude de sa famille pendant la guerre.

 

Beaucoup de petits mots. (extraits)

J'ai eu une fille, née malade, aujouird'hui guérie, sauvée, on est ravis/ Troublant/ Texte poignant, magnifique/ Donner la vie, est -ce une vie ?/ Exceptionnel,prend aux tripes/ On est au coeur d'une intimité féminine, douloureuse/ Le silence et la douleur enveloppent l'histoire, je me prends songer à ces non-enfants/ Votre jeu est remarquable, signé quelqu'un qui n'est pas au fait des choses du théâtre/ Je me sens "refroidie" alors que je m'attendais à être émue. Pourquoi ? ceci dit bravo/ Merci pour ce moment très fort-Olivia 17 ans-/ Luther, ça fait longtemps que je lui aurais mis un pain-Anne -Marie-/Cette heure et demie nous a semblé bien courte, c'est dur, mais beau/ Nous nous sommes enfermés avec vous avec joie si l'on peut dire/ Femme, féminin, féminité, fertilité, humanité, humain, homme, bravo formidable/ Merci Hervée , je suis heureuse d'avoir vu cette "Promenade avec Luther" et surtout émue de savoir que c'est une première aventure en solitaire pour toi, j'espère que ce spectacle vivra longtemps après Audincourt- Odile Duboc-/

 

Mercredi 15 décembre (N°7)

26 personnes

 

Le public ressemble un peu à une réunion d'amis, car il est vrai nous connaissons presque tout le monde. Ce sont les fils de complicité tissés en treize années ici. Mais il y a toujours une poignée de personnes inconnues. Ils se sentent gênés d'être reçus de façon si personnalisée. Ce soir dans l'assemblée on reconnaît Liliane Mariotti Chaneaux et ses jumelles Sandrine et Nathalie, Solange et Pierre Devillers, oui Solange a été l'âme de la maison du Bord de l'eau, elle s'occupait du ménage et des lits, et c'est toujours un plaisir de savoir que le théâtre n'est pas qu'une affaire de profs. Le frère d'Adeline Wetstein : Philippe et sa femme Marie -Claire Imbert, il met toujours l'ambiance, lui, c'est le gars d'ici, il connaît tout le monde. Sylvain Grepinet a fait la route depuis Vesoul. Dans les jeunes Audrey Donzelot, étudiante, et Sonia, infirmière. Il y avait aussi Madame Pardonnet, médecin radiologue à Audincourt, Viviane Emmenot, la soeur d'Alice accompagnée de Claudia et Carole.On se retrouve une quinzaine à l'issue du spectacle. Ambiance assez douce et intime. Les gens qui restent sont assez renversés.

les mots

Impression d'étouffement paternel partagé/Très beau, très dur, bravo/ça déménage, c'est beau, c'est dur, c'est tendre/ Oserai -je encore t'embrasser comme du pain après des instants de cette qualité /C'est tout simplement très beau/ Les mots pour dire toujours...une voix pour lutter encore, Sylvain/ ça m'a scotchée, Audrey/

 

Jeudi 16 décembre (N° 8 )

16 personnes

On ne connaît personne du public à part une amie d'Hervée . Les complicités, les liens ne vont plus jouer. D'où vient ce public ? Une famille de Besançon dont la fille a fait des études de médiation culturelle et a rencontré Jacques Livchine à la fac de Dijon. Marylin Neveu est metteur en scène et a envie de répeter chez nous. Une étudiante en philo, emploi jeune, au centre d'art "le 19" de Montbéliard, qui connaît l'auteur, inscrite sous le nom de Gehin. François Claude de la scène nationle de Chateauroux avait réservé mais n'est pas là. Grande gêne à la fin, car Hervée ne se laisse pas amadouer par les applaudissements.

les mots

Très impressionnant et très émouvant/ Bonne interprétation, je suis mi-figue, mi-raisin/Merci de défendre l'écriture contemporaine/Terrifiante et merveilleuse /Merci pour l'émotion, j'ai adoré/.

 

Vendredi 7 janvier 2005 N° 9

15 personnes

Une séance très intense. Tout le public vient décompresser à la Maison Unité, car Hervée était portée par un public de haute spiritualité. On ne connait pas beaucoup de monde. Monsieur et Madame Serrier dont le fils Benoît avait été stagiaire chez nous, aujourd'hui professeur de musique en Guadeloupe. Guy Barbier et sa femme. Monique Clément, journaliste je ne sais pas où, est accompagnée d'une fascinante Samira qui fait une lecture de la pièce"à la musulmane" et qui évoque toutes les filles broyées. Sylvie Lalaude nous fait le plaisir de revenir une seconde fois. Les Gainaut sont des habitués des Kapouchniks. On se sent bien autour de la table, à l'issue du spectacle, extrêmement bien. 15 ce n'est pas beaucoup certes, mais chaque personne a la présence de 20 personnes, donc nous sommes 300. Mais quelle intelligence du public ce soir. Hervée assez en forme fait carrément des confidences, nous apprend que dans le texte elle a glissé la photo de son grand père, elle parle de son éducation asiatique et de la pudeur qui l'empêchait de pleurer, ses premières larmes ont été pour le suicide de son frère, un mois, elle a pleuré, dit-elle. Hervée dit qu'elle n'est pas Rachel, car elle se serait révoltée, mais Samira dit : on ne tue pas le père , on tue le fils, c'est là tout le christianisme. C 'est donc une soirée qui rend humainement riche. Yves Ravey a un grand article dans le Monde, je le montre, mais ça n'intéresse personne. Typiquement Montbéliardais cette attitude, ici seul l'Est Républicain est considéré comme valeur sûre. Lorsque tout le monde est sorti, Samira s'approche d'Hervée et lui dit : "j'avais besoin de vous prendre dans mes bras". Hervée est émue.

 

Les mots du public

Quelle aventure pour la comédienne et le spectateur... Waouh... On en sort étourdi(e) à la fois vide et bouleversé(e)/Il y a le texte bien sûr, mais les images. Quelles images! Envouté dès l'apparition. Quel âge as tu Hervée ?/Epoustouflant/ Etonnant, effroyable/ Qui se souviendra des petites robes hissées comme une promesse, trop vite enfouies, le temps qui passe, et les souvenirs qui font si mal ?/ Des moments poignants, des tableaux dignes de toiles (tableau d'enfantement)

Samedi 8 janvier N° 10

45 personnes.

Hervée est très tendue, dit -elle, fatiguée, malade, elle a un trac énorme, car elle n'arrive toujours pas à fixer son jeu. Elle ne doit pas"s'installer", elle est sûre du texte maintenant, mais manque d'une partition "garde fou". Le maire adjoint d'Audincourt vient accompagné de 10 personnes, on retrouve les anciens du CAP, Delphine Imbert, les Lubrano's, et aussi Jean Pierre Govignaux, Jacques Moulin, qui est un vrai connaisseur d'Yves Ravey, le fils de Jules Roy, mais oui, etc. Certains viennent suite à la presse, d'autres sur un tract distribué, ou sur des conseils d'amis.19 personnes écrivent quelque chose.

Les Mots du public

Pfou, dur dur, mais tellement vrai. Nous ne sommes que quelques minutes après le spectacle, déjà des cris, des chuchotements se bousculent dans ma tête. Un témoignage d'une inconnue comme une bombe en temps de guerre. Merci pour cette justesse de jeu admirable, admirée (Marine, 17 ans)./Merci pour cette plongée dans la misère des hommes (Jean Louis Roy, fils de Jules) /Une nudité, une chanson intime qui montre tous les enfermements,les solitudes intérieures et extérieures, les traces d'amour avortées, respirations non perçues à travers les murs de notre prétendue réalité soucieuse surtout de l'autre nous-mêmes./ Bon, c'est pas gai, hein ? la prochaine fois faudra penser aux mouchoirs, mais c'est bien beau quand même( JP Govignaux et Gisèle) /Ma chère Hervée, nous t'avons aimé avec et sans fard...Le père, le fils, la mère et notre enfance/ Voir Hervée sortir avec son anorak ne fera pas disparaître la boule tout de suite/ Texte d'Yves Ravey + jeu d'Hervée de Lafond = magie du théâtre qui lessive du quotidien.

Lundi 10 janvier 2005. N° 11

17 personnes

On a voulu jouer le lundi ce qui n'est pas coutumier dans le théâtre, pour que certains professionnels puissent venir. Car évidemment ce ne sont pas tous ces mots gentils qui vont sauver le spectacle. Toujours la même atmosphère d'accueil très étonnante pour le public que l'on reçoit comme s'il était invité chez des amis. René Cachot se présente comme une ancienne connaissance d'Yves Ravey, époque Deug, il y a ce soir les Benceti ( de la famille de Muguette) et leurs deux filles, les Philibert, et puis Chantal Adami qui revient avec deux amies, revoir le spectacle pour approfondir sa vision.

Les mots du public

On ne regrette franchement pas d'être venu. Belle performance, Vive le théâtre de l'Unité/Les gestes!/ Une pièce exceptionnelle hantée par de nombreux fantômes et jouée par une formidable actrice, on en redemande/ Que votre Rachel à vous et à Yves Ravey est bouleversante de douleur, de vérité et de sincérité ! Ce personnage nous touche de plein fouet et nous touche dans ce qu'on a de plus fragile de plus fou. Le totalitarisme affectif nous brise. Merci pour ce grand moment. Laure/ On a surtout envie d'écrire émouvant.D'abord le texte, où je retrouve le Yves Ravey de "la table des singes" ou surtout du "Drap", c'est à dire cette narration simple, dépouillée des faits et ces phrases importantes qui jaillissent...Et puis l'appropriation par l'actrice =une remarquable symbiose avec le texte, une lenteur magnifique dans les transformations. bravo à Hervée, Merci à Yves René Cachot/J'ai aimé le mélange de conjugaisons. regard très fort. Nicole Beluch/ La fin d'un monde hanté par un romantisme et une exaltation monstrueuse. JP Philibert

Mardi 11 janvier N° 12

22 personnes

Ce soir les gens viennent de loin. Une jeune femme isolée a pris l'info aux sandales d'Empédocle la librairie de Besançon et est venue. La compagnie des chercheurs d'air arrive du Jura, comme Jouffroy du théâtre group de Lons, Philippe du Vignal directeur de l'école nationale de Chaillot a pris le train de Paris, on a aussi le directeur de l'Arche de Bethoncourt. Bon je ne cite que ces professionnels car cela nous touche ce tout début d'intérêt. Je ne dois pas oublier Christian Proust, conseiller général du territoire de Belfort, moi qui me plains que les politiques ne vont plus au théâtre, mais il me dit qu'il n'est pas un politique. On veille deux heures autour d'une soupe. Un bon moment chaleureux et naturel dont les gens ont besoin, tant la pièce atteint un haut degré d'émotion.

Les Mots du public

Pour animer un arbre de Noël, ça va pas aller (Jouff)/Je crois bien que cette intimité m'a fait rentrer dans ta chair(...) Yves Ravey a une fibre féminine incroyable/ Hervée, j'avais surtout envie de te prendre dans mes bras à la fin, c'est ton corps ta tension intérieure qui touche le plus, on a envie de douceur pour tes mots, ta voix parfois, on t'M/Belle étude sur les regrets, les abandons, la retraite, les occasions perdues, l'échec/Troublant, fort, dérision/ Cette présence dans les bidons froids et le blanc/ Il est décidement de plus en plus douloureux de se promener avec Luther/

 

Vendredi 21 Janvier (13)

62 personnes.

Record battu. Peduzzi le directeur du Channel est venu spécialement de Calais.On a encore quelques personnes de théâtre, les Manches à Balais, Philippe Coulon, Fabien Thomas de Gravitation, la Cie Capharnaum de Belfort, Daniel Boucon, théâtre de l'espace à Besançon, le théâtre du coin, Christophe Merlan, et puis le public, les anciens du centre d'art et de plaisanterie reviennent enfin, Françoise Vagneron, les époux Kubler. Il y a aussi Edith et Louis Gatschiné, de l'association des forgerons et des anciens combattants. Jean Charles Lefebvre , notre complice de chez Peugeot, qui se trouve à un poste important est avec sa femme Lydie. Et bien sûr je ne cite pas tout le monde. Yves Ravey accompagne le directeur du centre régional du livre, Dominique Bondu. Cela fait chaud au coeur. La notion de public est remplacé par la notion d'amis.

 

Les Mots du public (31 mots)

extraits

j'ai envie de pleurer et de dire que la vie est belle et tout se mélange, et ce cri m'a traversé, m'a bouleversé, comme l'a fait Terezin d'une autre manière. Un point commun, la vérité.je pleure et je dis merci. J'ai pas tout compris, mais je m'en fous/ Interrogation sur la présence du son et de l'eau (nécessaires ?)/ça prend aux tripes, ça prend au coeur, c'est toujours notre grande artiste.AM Kubler/Je reste sans voix/J'ai pensé à ces héroïnes d'Almodovar, et puis à un moment,c'est con, mais j'ai pensé à une fille, et j'ai eu brusquement envie de la voir, et puis à plein de moments j'ai arrêté de penser, et je t'ai trouvé aimable, merci.Fabien/Hervée phénomène, Hervée phène on aime, quoi dire de plus, on est tout plein d'être là, et puis et puis. Jean René/Merci de continuer à emprunter les chemins escarpés et risqués du théâtre et à continuer d'ouvrir des voies. Jocelyne et Françoise/J'ai la chair de poule.Claire/Là c'est le sommet.Consacre plus de temps à toi, Hervée, pour notre plaisir de spectateur.Jean Charles et Lydie /Etripant/ Ce soir j'ai rencontré une grande dame, la vie est belle/ Je suis incapable de dire quoi que ce soit après un spectacle, surtout après un texte comme celui-là qui transforme un bon blues bien classique en pure et simple envie de se flinguer, on en parlera plus tard.Salut et fraternité.Boucon/ O femme, o Marie Madeleine, tu m'as fait pleurer, coquine.Danièle/Comme une déchirure, comme un cri infini, comme un rire/ Famille je vous hais, vive le célibat. Noëlle/La folie est si simple, le souvenir vivant, alors que la nature comme la vie se contentent d'être. Maryse/des pots, des chaudrons, des bassines pour que ça fasse du bruit, je me suis laissé entraîner dans cette fresque cauchemardesque/ J'ai pleuré à la fin, c'est très beau.Bianconi/.

 

samedi 22 janvier 2005 (14)

66 personnes

De multiples problèmes précèdent la représentation, pannes de courant. Hervée a du mal à trouver sa concentration. Pour la pemière fois, on annonce complet. Martial Bourquin le maire d'Audincourt vient avec 7 personnes. On retrouve Marie Claude et Philippe Vidal. Marie Claude est professeur au Cuvier, et Philippe chirurgien à la clinique Laennec. Je dis souvent qu'il faut que les politiques et les chirurgiens retrouvent le chemin des théâtres. Là je suis servi. je ne peux pas citer tout le monde, Michel Guet, Chantal Guillaume. France Acquart est acccompagné de sa fille Cécile, Martine Deyres a apporté sa caméra, elle en est à à plus de quarante heures de film sur nous et ce ne sont que des essais. Il y a quelques acteurs, Sylvie Didier, Marylin Pape, Eric Prévost et le jeune Arthur. On se retrouve tous autour d'une soupe. Vraiment, encore une belle soirée.

 

les mots (30 mots ) Extraits

J'ai trouvé certaines phrases drôles, mais je n'ai pas osé rire, à la fin on a juste envie de se taire/J'apprécie la comédienne, mais pas la pièce en elle-même/Perd forme ance d'act trisse de blanc vêtue sans sourire au réveil/ un beau texte porté, emporté, le renconcement qui débute et qui finit par un dénuement. Une Doloise/C'est vraiment si grave de ne pas avoir d'enfant, vive la création/ Ah! la vie de tous les jours. Comment faire? Et on arrive toujours où ?/ça m'inspire pas / je suis heureux lorsque je vais au théâtre d'entendre de la musique, et dans les silences, entre les mots, entre les notes encore de la musique. Vivian/ Cela me rappelle une phrase" Je suis comme un linge mouillé que l'on frappe sur le rebord de la table, c'est une femme qui l'a écrite. Noblecourt je crois/Quelle remarquable mémoire, c'est hallucinant/ Méditation, sidération. Chantal/Compréhension perso, des histoires de chambre et de bébé, mais c'est pas gai. Henri Mouhot/ On sert les poings pour ne pas pleurer, on scrute le noir pour y voir une lumière, on s'accroche aux branches qui craquent sous le poids du doute, et l'ogre vient. Isabelle S. /Deux performances sont rarement comparables. Celle d'Hervée vaut à mon regard d'ancien sportif de haut niveau bien plus que celle de Tony. le thème du sportif, héros familial m'a beaucoup plu. C'est une expérience bouleversante comme j'aime en vivre/ Avec d'autres moyens j'aimerais soutenir plus grandement vos actions culturelles que j'approuve énormément. mais voilà mon statut d'étudiant ne me le permet pas/


Lundi 24 janvier (15)

41 personnes

 

L'ambiance neigeuse est propice à l'atmosphère de la pièce. Andrée Pascaud vient de Strasbourg, où elle travaille au TNS, elle connaît bien et aime l'oeuvre de Ravey. Il y a aussi Ghislaine Gouby, notre directrice de la Culture à la Région qui vient de prendre son poste, elle a dit qu'elle viendrait, elle est là. Sinon le public est divers et nouveau. Enfin, nous attaquons le deuxième cercle, le public que l'on ne connait pas, que l'on reconnaît à son côté très timide et très étonné de l'accueil, de la remise d'enveloppes, de la soupe. Je suis frappé par la sensibilité du public, et son émotion traduite par tous ces mots. Faut-il tout connaître du théâtre pour le comprendre ? Là il semblerait que cela soit bien le contraire, l'émotion est inversement proportionnelle au niveau de culture.

Les mots

Bouleversant, va m'imprégner longtemps/Ambiance tendue, nous captive/Très juste et vrai/Par contre les textes, j'ai du mal de suivre/ Bravo pour pouvoir exprimer toute cette souffrance/ Nous sommes emportés dans cet univers de violence, bravo/ Des moments très forts, mais je n'ai pas tout compris/ Merci pour ce moment merveilleux, mais du mal à trouver d'autres mots tant j'ai encore mal au ventre de ceux de ce texte/Quelle émotion, on n'ose même pas lever la main pour écraser les larmes quand apparaissent les vêtements de petite fille, j'attends impatiemment le prochain spectacle. Pierrette Dufetelle./Triste à en mourir, ça se décante/

Mardi 25 janvier (N° 16)

31 personnes

Incroyable, plusieurs personnes reviennent pour la seconde fois voir comment le spectacle a évolué et aussi ré- écouter ce qui a pu leur échapper? Belle démarche. C'est ça l'élite de la sensibilité. Il y a ce soir Françoise Teffreito, Francis et Georges Romeis Vadan, Francine Feder de la mairie, Jean Noël Matray de côté cour, Jean Louis Vuillermoz (auteur lui-même)

 

Les mots

 

Ca a beaucoup évolué depuis la genèse/La musique, le texte, Hervée expriment une telle souffrance amenant un néant auquel nous -mêmes pensons ne pouvoir résister/Etonnante Hervée dans ce "one wife show" avec une "belle fille show" une "no mother show". Lui reste -il encore quelques forces, peut-on se donner plus encore ? Yves Ravey la connaît forcément bien. Sylvie Metthey/L'émotion est terriblement belle/ Vous m'avez fait rire et pleurer/Ce long et poignant monologue n'est pas sans me rappeler le monologue du vagin.Parrot/Magistral en envoûtant. F.Teffreito/ Tout a du sens, fantastique/Quand je serai grand je t'écrirai une pièce. JL Vuillermoz/ Donnez le bonjour à Luther. Bonne nuit/

 

 

Première conclusion après cette première série.

 

Quantitativement : 431 entrées.

dons : 3132 euros

Ce n'est pas si mal pour une pièce difficile. Public bien mélangé, tous âges, toutes professions.

 

Qualitativement

 

Extrême qualité de tous ces spectateurs. Bien sûr, nous nous sommes faits quelques amis en 14 ans de présence, mais il y avait aussi pas mal d'inconnus.

Les mots sont tous d'une grande qualité . La majorité du public est touchée. La pièce frappe à des endroits qui nous font mal.

Hervée de Lafond considère ces seize premières représentations comme positives et encourageantes et décide de présenter cette pièce en Avignon. Car comment exploiter une pièce sans que les directeurs viennent la voir, d'où Avignon obligatoire en Juillet 05.

Bien sûr Jacques Livchine trouve qu'il est fort regrettable de jouer en Avignon et participer au système que nous avons dénoncé en 2003. Spéculation sur les location des théâtres, plus de 10 000 euros, spéculation sur les prix de location de maison ( 4000 euros pour le mois).

Toutes ces compagnies font la fortune de la ville d'Avignon en attirant plus de 400 000 spectateurs, et la Ville d'Avignon ne fait rien pour son off.

Mais comment faire autrement si "Promenade avec Luther " veut se poursuivre ?

2 représentations au "19" centre régional d'art contemporain à Montbéliard à l'invitation de France Acquart.

 

Le 13 juin 2005 (N°17)

Une quinzaine de personnes. Hervée est gênée par le jour, car il y a une verrière et elle voit le public ce dont elle n'a pas l'habitude. Elle accroche, n 'est pas trop contente d'elle. 71 euros dans les enveloppes. dasn l'assistance Liliane Dangel, conseillère régionale.

 

les mots recueillis dans les enveloppes.

Je n'ai jamais beaucoup aimé la montagne. je ne pensais pas que l'oppression puisse prendre à ce point là la forme d'une robe d'enfant. C'était très beau.

Je n'avais jamais vu à nu le désespoir d'une femme. c'est le mien parfois, celui d'une fille, d'une amie.Merci Hervée. (Liliane)

Apogée, dépression, paysage

Madame, J'ai eu froid dans les champs de neige, je me suis rappelé le soleil de ma jeunesse. Nous essayons tous de construire quelque chose. On ne perd pas son enfant une fois, mais toutes les fois. J'ai pleuré du souvenir de cet enfant absent au monde, j'ai tremblé à vos cris de détresse. Un moment de vie inouï... Un souvenir inoubliable.

Un peu plus de respiration et d'air. Un peu plus loin dans le scotch. peut-être du reflet de l'eau sur le visage avec la lumière. Fort, touchant, merci.

 

14 juin (N° 18 )

Plus de trente personnes.

Hervée est assez à l'aise, mais cela nous fait peut être rester à la surface des choses. N'empêche que le public reste aussi ému. Est -ce une spécificité Montbéliardaise ?

Les mots

On ne respire plus pendant 1 H 20/ Comment faire le deuil avec un tel traumatisme existentiel : se laver, se débarasser, mais de quoi alors est-ce habité ? D'un souvenir en boucle ?/ je ne vous ai pas quitté des yeux. Je ne pouvais presque pas . j'ai souffert avec vous/ Vous me troublez toujours autant, c'est la deuxième fois que je viens / La volubilité exprime les drames et dévoile les non -dits /La douleur à l'état pur / le texte nous prend à la gorge.

 

AVIGNON 2005

Théâtre des halles

8 juillet (19 ème )

 

Au niveau quantitatif, humm. 4 personnes. 19 euros de recettes. IL ne faut pas s'attendre à la bousculade avec une pièce aussi difficile, jouée au milieu de 700 spectacles divertissants. (J'exagère exprès)

La fidèle Paulette de Montbéliard, qui a vu quatre fois la pièce, est accompagnée de Louisette.Anne Sophie qui a une compagnie au Havre, et une personne que je ne connais pas.

 

Mais les mots sont si beaux

 

Merci d'une fille, d'une mère, d'une femme/Ecrire après un tel cri ! Je suis quasi en larmes. Tant de douleurs, de douceur, tant de cruauté.


 

9 juillet 2005 (N° 20)

Vingt personnes. 66 euros de recettes. 3 acheteurs éventuels, Arcachon, Thouars, Maurepas. Notre amie attachée de presse Latraverse. Saskia ex Unité année 68 et sa fille. Bernard Carraud une vieille relation.

Les petits mots.

On en relève huit dans la cuvette à mots. Extraits

Sombre, mais très enivrant, super.

Un travail courageux et intense. une belle comédienne. Un récit qui vous prend malgré l'austérité (grande du traitement). je regrette de ne pas avoir entendu la fin du texte emportée par le lyrisme de la musique. (...) bonne suite.

Hervée, la magnifique, c'est superbe, très belle mise en scène, très beau texte, un spectacle rare, tu es une grande comédienne. Michèle Latraverse.

Vous êtes belle, Hervée, et tellement vraie.

La musique couvre trop le texte. Difficile d'écrire sous le coup de l'émotion

Comme tout vos spectacles, j'ai adoré. Bravo. Aurélien Herber. PS Bonjours de la part de ma mère.(retranscription comme c'est écrit)


 

10 JUILLET N° 21

28 spectateurs. 151 euros de recettes. Cela se maintient. ça va .Encore 3 personnes des établissement culturels. Clamart, Annemasse etc. 2 journalistes"pointure". Armelle Héliot, le Figaro et Fabienne Pascaud. (télérama)+ des amis. Houdart/Heuclin. Faustine Tournan, Véronique Dubois

 

ils écrivent

Les lys et les roses, on ne cueille pas les martagons, on ne piétine pas les roses, ordre, désordre, chaos, sublime, ultime . Merci. Jeanne Heuclin

Une esthétique incroyable, un texte et une interprétation, tout à fait poignants. C'est tout simplement magnifique.

Donner la vie à un être humain, donner la mort en même temps, dans un temps quez chaque instrant peut sonner le glas. Elevons nos garçons autrement, qu'ils soient tout contre les femmes et non plus fermés aux femmes. Vaste programme mais sinon à quoi bon la vie ? Béatrice Baille.

Mise à nu d'une femme, dépendance, amour, vide, liberté ? Vivre pour soi ou pour les autres ?

Pièce et interprétation puissante de la fin d'un monde hanté par un romantisme et une exaltation monstrueuse. Jean Pierre Philibert


 

Lundi 11 juillet N° 22

La morosité nous gagne.C'est fou. 4 personnes uniquement. Je dis 4. Que se passe t-il ? Bien sûr c'est Lundi , mais les autres théâtres ne baissent pas autant que nous. De plus un éczéma mystérieux se répand sur nos peaux endolories.

Passe difficile. Réagir ? Nous n'avons même pas de matériel à diffuser. Hervée a une idée.


12 juillet. 2005 N° 23

 

Ouf , 24 personnes pour 111 euros de recettes. Cinq acheteurs. Nous respirons . Hervée a cependant mis au point une parade. Car Elisabeth est sûre que sans pub on ne tiendra pas. On ne connait pas tout le monde mais cependant Jacques Kraemer et son amie Aline, Nicolas Lambert auteur de Elf pompe Afrique, des comédiens de Lackaal Ducric, compagnie de rue et du public de chez public. Des purs et vrais qui n 'ont pas en vie de rigoler.

Le Figaro est sorti. Lire

 

Certains écrivent

Hervée m'a retourné comme une crêpe de chez Ganelle comme on dit chez nous en Bourgogne

Et lorsque l'on sort, le soleil vous surprend de tant de chaleur. Quelle interprétation !

Goût de cendres, noir, vertiges, dehors il y a la vie.

C'est de loin ce que j'ai vu de mieux à l'Unité

Quelle solitude

 


13 juillet (N° 24)

 

14 personnes. 61 euros de recettes. Hervée est un peu désappointée. Elle s'attendait à une montée vertigineuse. Je suis plus réaliste, une moyenne de 15, c'est pas si mal. Et si on crève le plafond, tant mieux. Dans le public, Danièle Restoin, une spectatrice qui nous connaît de Limoges, Daniel Chapelle de Haguenau, le directeur du théâtre de Rueil Malmaison.

Les mots du public

Intense émotion, on reste sans voix. Impossible d'en dire plus./Danièle.

Bravo Hervée, magnifique pièce d'Yves Ravey ... en toute sincérité. Sylvette Meyer de Besançon

Touchant, pathétique, aussi


 

14 juillet (N°25)

38 spectateurs. Notre record. 270 euros de recettes. Paulette nous a rabattu quelques spectatrices. Six jeunes viennent parce que c'est présenté dans le programme comme un polar. Il y a aussi la bande à Brozzoni, Thomas Sylvain, Puigserver. Des gens sortent en courant pour attrapper la correspondance, c'est à dire voir un autre spectacle juste après. Il y a les vrais festivaliers qui s'enfilent 4 spectacles dans la journée. Je suis étonné que malgré la chaleur 34°C , en pleine heure de la sieste on trouve encore des spectateurs. Je sers beaucoup de café.

Ce qu'ils écrivent

La blancheur des linges et de la neige qui s'opposent à la noirceur de la guerre, des interrogatoires et l'oppression subie par les femmes sont une image très réussie. Optimiste invetérée, je pense aussi au combat de Simone de Beauvoir, Simone Weil, Gisèle Halimi et maintenant "ni putes, ni soumises" et espère que ce combat un jour ne sera plus nécessaire.

La révélation d'être une femme "entière" c'est la joie de mettre au monde un enfant. Aussi la mort d'un enfant ne peut engendrer que de la douleur. Signé un Grand père comblé par l'amour de ses petits enfants.

Ma belle Hervée, ton spectacle est prodigieux. Le texte m'a enthousiasmé. Tes spectacles sont tes plus beaux enfants. Signé : une vieille connaissance de Bagnolet. Michèle.

C'est vrai que cela donne envie d'hurler cet enfermement. Hervée toujours aussi belle. Odile d'Elancourt.

Quel beau spectacle dont je sors ému. J'ai senti les flocons de neige mouillés et j'ai mis mes pas dans les traces de neige. Signé : un homme.

 

Charlie Brozzoni, metteur en scène, prodigue quelques conseils à Hervée de Lafond à l'issue du spectacle dans les jardins du théâtre des halles.

 


15 juillet N° 26

 

20 personnes. 111 euros de recettes. La date fatidique est passée, nous avons quasiment le résultat d'Avignon au point de vue fréquentation. Le spectacle est trop dur pour qu'un bouche à oreille favorable se mette en place. Le problème, c'est que dans le prévisionnel était inscrit 10 000 euros de recettes. nous en sommes loin. Mais si par hasard Hervée obtient son portrait dans le Figaro, ce passage à la postérité nous remboursera de tous nos frais. Hervée dit qu'elle a très bien joué. Yves Ravey nous rend visite, mais il n'a pas envie de revoir le spectacle car il est encore en train de remanier le texte pour en faire un roman. Les gens se pressent de sortir, c'est désagréable. Mélanie du théâtre du Rd point se dit "remuée". Lisa Wurmser , metteur en scène, apprécie le texte.

Les mots du public

Avec Ravey on ne sait pas toujours où l'on va. En l'espèce vous avez su mêler l'humour pas toujours visible et l'émotion. Merci

Elle ne nous a pas parlé de sa douleur mais la fait ressentir par le spectateur. intensément. Mais peut -être elle pourrait aider au spectateur de sentir cette douleur au moins en souriant un petit peu en sortant. C'est dur de sortir comme ça.

 

16 juillet (N° 27 )

23 personnes. 161 euros de recettes.

Les acheteurs, dit Elisabeth, chargée d'accompagner ce spectacle question exportation, fuient sans dire un mot. De nombreuses personnes du métier trouvent qu'Hervée devrait se faire aider de l'extérieur, pour arriver à retrouver une fragilité disparue. Hervée est très réticente sur ce sujet et prétend qu'elle n'a besoin de personne. Petite tension. Elisabeth est tendue, sachant que son année 2006 va être très dure, met un peu la pression sur le jeu d'Hervée. Evidemment, l'aisance dont Hervée fait preuve maintenant, est dangereuse. Moi je sais que si par hasard une seule personne du métier bien repérée jette son dévolu sur le spectacle, tout le monde se rangera au côté de cet avis favorable.

Les mots

Une femme qui enlève ses attributs féminins avec nostalgie est une femme qui se déchoit elle -même.

La douleur de vivre derrière la façade des mots

Un texte remarquable, bouleversant, avec une actrice d'un présence exceptionnelle.

J'ai beaucoup apprécié. J'ai supporté facilement, bien qu'ayant moi-même un jeune fils en difficulté mentale.

Je reste dans un rapport à la littérature. La présence d'Hervée est évidemment magnifique, imposante. Malgré tout le rapport au texte ne m'a pas permis de rester dans le peloton pour faire avec vous jusqu'au bout cette ballade.

Merci Hervée. Ce qui m'a le plus bouleversée c'est l'image des cheveux, l'image des fleurs, toutes les images et tes yeux. Je ne pensais pas que l'on pouvait faire du théâtre avec si peu, du théâtre si fort, seule. Un homme a pleuré. On était tous saisis. On ose à peine bouger. Nathalie.

 

18 juillet 2005 N° 28

20 spectateurs. 90 euros de recettes. Le journaliste de Paris Match Alain Spira, Hebdo Vaucluse. Anne Rouffignac. Cébazat, Vesoul; Jean Couturier, Jean Néry. FR 3 pour le journal de Franche- Comté (Hervé)

Exceptionnellement j'assiste au spectacle. Je ne suis pas metteur en scène. Je dis cependant à Hervée que le côté fragile et chien battu de Rachel passe bien, qu'elle devrait mieux marquer les changements de chapitre, trouver la couleur des moments où elle évoque Toni son mari et rendre le texte encore plus vivant et plus vibrant, en jouant avec les bruits de l'extérieur, en cherchant par moment son texte que l'on sente que ce n'est pas du par coeur, mais du vécu. Ce qui est sûr c'est qu'elle a gagné en maitrise depuis la création et le manque d'intérêt des acheteurs n'est pas dû à un quelconque manque de qualité, mais à des problèmes de ligne artistique. "Promenade n'est pas un spectacle d'abonnement".

A la fin du spectacle FR 3 filme une spectatrice visblement émue. 40 minutes de film pour 1'30 au journal, dur.

 

les gens écrivent toujours et c'est toujours émouvant

 

Ne pas avoir d'enfant ce n'est pas grave, c'est (seulement ) dommage.

 

Comme les mots que vous nous livrez deviennent nôtres, quel bel et douloureux enfantement (Jean Néry)

 

ça calme

19 juillet (N°29)

 

12 personnes, et 52 euros de recettes. Et pourtant selon l'avis de tous, la plus belle des séances. Dans le public Rosanna Locatelli, Philippe Foulquié, Mireille Sibernagel, Macha et Michaël Le Bouedec, conseiller théâtre. Le spectacle a un peu rallongé, car il y a de nouveaux silences où Rachel se nourrit des bruits de la toiture, des réflexions. Le texte s'en trouve agrandi , et l'émotion aussi. Foulquié est le premier qui pense que le spectacle doit vivre, il fait quelques propositions. Une heure après la fin du spectacle une dizaine de personnes discute encore.

 

Peu de mots

 

Pas beaucoup de monde, mais même pour 3 ça existe. Courage, courage.

 

Merci Hervée, beaucoup touchée, merci Hervée. Emma

 

Pour celles qui ont connu le terrorisme familial jusqu'à l'usure, et surtout la culpabilité de ne pas savoir être mère . Merci de ce texte, merci de cette interprétation


20 JUILLET (N°30)

 

21 spectateurs, 128 euros de recettes. Nicolas Roméas de Cassandre, Isabelle Sosolic de Vesoul ( a déjà décidé de prendre le spectacle). Marion Echevin de Loire Atlantique. Bernard Lamarche président de la Scène nationale de Villeneuve d' Asq, qui dit ne s'intéresser dans le Off qu 'aux auteurs contemporains. Il sortira très enthousiaste. Hervée disait n'attraper la justesse qu'une séance sur deux, mais maintenant, c'est à dire à la trentième, elle se met enfin à dominer le sujet. On sent d'ailleurs depuis deux ou trois fois plus d'émotion chez les spectateurs. Nathalie Mielle vient me relayer puisque je pars à Chalon dans la rue.

 

Un petit mot déposé par une adolescente

Une voix, un regard de grande tragédienne, un texte superbe et un récit absorbant, un décor magnifique (bouquet, accessoires de toilette). Bref une performance unique et captivante.J'ai retenu mon souffle et laisser couler mes larmes. Merci


 

 

 

21 juillet. (N° 31)

 

31 personnes. 231 Euros de recettes. Deuxième meilleur score après le 14 juillet. D'où vient cette remontée ? Hervée pense que le bouche à oreille commence seulement à fonctionner. Affaire à suivre. Philippe Foulquié de la friche de la belle de Mai à Marseille nous ouvre quelques perspectives possibles. Le jour va t-il enfin se lever ? car le manège continue, les programmateurs filent sans nous saluer, sauf Grafféo, de Port de Bouc qui explique pourquoi il ne prendra pas le spectacle.

 

21 juillet. (N° 31)

 

31 personnes. 231 Euros de recettes. Deuxième meilleur score après le 14 juillet. D'où vient cette remontée ? Hervée pense que le bouche à oreille commence seulement à fonctionner. Affaire à suivre. Philippe Foulquié de la friche de la belle de Mai à Marseille nous ouvre quelques perspectives possibles. Le jour va t-il enfin se lever ? car le manège continue, les programmateurs filent sans nous saluer, sauf Grafféo, de Port de Bouc qui explique pourquoi il ne prendra pas le spectacle.


 

22 juillet ( N°32)

12 personnes. 82 euros

Il paraît que c'est Vendredi, un jour où les vacanciers se croisent.

 

 

 

Samedi 23 juillet 2005 (N°33)

 

17 personnes. 103 euros de recettes. Grande bizarrerie, on entend dire que le spectacle a un bon bouche-à-oreille, mais cela ne se sent pas dans la fréquentation. Les programmateurs filent sans parler. Hervée dit qu'elle sent qu'elle joue très bien.

Dimanche 24 juillet (N° 34)

 

Le drame! 4 personnes seulement

un remarque écrite

Avec la langue bien ordonnancée de Ravey, Hervée de Lafond trace un chemin de croix et de rédemption et se lave, nous lave... Bravo. Dominique Daeschler.

 

Lundi 25 juillet (N°35)

19 personnes selon la billleterie, mais 23 personnes dans la salle. Recette de 73 euros.Cette bizarrerie est dûe au fait que 3 personnes se trompent de salle et que Goobie qui arrive en retard rentre sans billet. Dans le public, une professeur des Beaux arts de Besançon, Madame Floutier, les amis qu'Yves Ravey attendait, Philippe Faure etc. Nicole Gautier du théâtre de la Cité Internationale de Paris, Delphine Branger jeune actrice de l'école de Chaillot et Aurélie Labouesse de la FAI AR

Les mots du jour

De la difficulté d'être femme, mieux nous comprendre/

L'émotion- le cri presque étouffant-monte, c'est insupportable et beau en même temps.Très souvent cette émotion est coupée dans sa montée, et c'est en sortant qu'e elle explose en plein couer, dans tout le corps.Souvent, j'ai le sentiment qu'une femme c'est raté avec rien entre les jambes et vide à l??'intérieur. C'est ça qui m'est réapparu avec un sentiment d'injustice. Cela me soulage beaucoup qu'on en parle sur scène, un grand merci et bravo à la femme que tu es.

 

Mardi 26 juillet (N° 36)

21 spectateurs. 156 euros de recettes. Il fait très chaud. Le festival entame sa dernière ligne droite. Les jeux sont faits. Pour nous c'est clair, 92 programmateurs s'enfuient en courant. Seul Philippe Foulquié s'est arrêté pour tenter de faire vivre la pièce encore quelques jours. Il envoie une lettre qui dit : OK pour Marseille. Dans le public Chantal Kirchner du théâtre des Célestins de Lyon, Pierre Samuel, comédien, et quelques fans de l'Unité qui espéraient voir Dom Juan ou 2500 à l'heure.

Ils disent quoi ?

Remarquable travail d'actrice, très beau texte . (Pujos, Agen)

On voit tout et plus. Hervée, grande femme. Bravo. Pierre Samuel.

Beau texte mais trop marqué nouveau roman.

 

Mercredi 27 juillet (N°37)

7 personnes. 35 euros de recettes.

Cela sent la fin. Découragement d'Hervée. Fatigue. Armelle Heliot qui avait promis un portrait d'Hervée est partie. Maigre bilan. Encore 3 séances. On a peur. On s'en passerait bien.

un mot

D'abord ma mère aussi est née en Indochine à Saïgon en 1940.Alors j'ai pensé à elle.Et puis sourdement mes douleurs physiques se sont réveillées au cours du spectacle. Et moi je dis ilfaut vivre.Vivre. Se gonfler de vie, tout donner jusqu'à l'épuisement pour se présenter nu devant Dieu, qui est peut-être" le prolongement de soi-même" (Louis Calaferte)- Vincent.

 

Jeudi 28 juillet (N°38)

 

2 personnes. 13 euros de recettes.

La situation est tragique. Une femme vient spécialement de Valence, l'autre c'est Marie Moreau-Descoings inspectrice du ministère de la culture. Il faut jouer. Hervée y va à reculons . Comment expliquer cela ? Le In a fermé ses portes. Le spectacle n'est pas dans le style du Off. Nos derniers clients potentiels sont repartis. Faut -il annuler les dernières. Hervée parle de calvaire. Car deux personnes, non, ce n'est pas suffisant.

Un mot

je me suis laissé prendre par le côté dramatique de cette situation familiale étouffante et j'avoue que j'attendais le moment de libération du jeune couple... et je n'ai pas bien compris le final. La densité du jeu théâtral rendait bien la pesanteur de la situation familiale.

 

Vendredi 29 juillet (N° 39)

9 personnes. 90 euros

On avait dit qu'en dessous de 4 on ne jouait pas. Hervée est dopée par le monde ! Elle dit qu'elle a bien joué. Il fait lourd, quelques gouttes de pluie.

3 mots

On a toujours un peu honte quand il y a des larmes qui courent. Heureusement au théâtre il fait un peu noir. Est ce que parce que j'ai des enfants, est ce que cela me touchera moins quand mes filles seront grandes, je ne sais pas et voilà que mes larmes reviennent, c'est tout bête. Pardon d'être sentimentale. C'est beau, c'est dur, c'est insupportable parfois. C'est du théâtre, mais parfois on se met à en douter, c'est la vie, ça me touche beaucoup. Katharina

L'homme, le pouvoir, le pouvoir que croit avoir l'homme. La guerre, l'ambition, l'orgueil démesuré du mâle. Qu reste -t-il à la femme ? Question fondamentale, et la réponse d'Yves Ravey.

(Texte écrit à l'envers illisible). Hervée tu es magnifique. Françoise.

30 juillet 2005

On n'en parlera pas. Hervée est très humiliée. Comment se fait-il qu'un jour ou l'autre le comédien se retrouve dans la vie dans la peau de son personnage. Je vois Hervée dépitée, déçue, qui comme Rachel, son personnage, a pris des coups sans pouvoir répondre.

C'est sûr que le rêve s'est envolé, et que le retour au sol est particulièrement difficile.

La Conclusion d'Avignon

Au 26 juillet, 365 spectateurs. Fréquentation très faible. 1901 € de recettes que la SACD ponctionne de la moitié. 981 euros. Puis la Spedidam, il ne reste quasiment rien.

Jamais nous n'avons réussi à payer la location de la salle qui est de 450 euros par jour.

Hervée a enfin stabilisé son jeu vers la 27 ème représentation. Il reste toujours à la fin une poignée de spectateurs emballés.

Il y a plusieurs déconvenues : Elisabeth pensait que ce spectacle avait tout pour connaître une belle diffusion. La preuve du contraire est faite. C'est un spectacle exigeant, de qualité mais aucun directeur n'a envie de se casser la tête pour programmer un spectacle qui rassemblera de 15 à 30 personnes. Tout le monde dit: super solo, superbe actrice, texte magnifique, et voilà...

Les gens qui connaissent l'Unité n'acceptent pas que l'Unité change son style. L'Unité c'est une marque, une griffe, ils venaient voir l'Unité, ils ont eu Hervée de Lafond. En fait on ne change pas de camp, cela nous est refusé.

Il n'y a rien à regretter, on a essayé, c'était ça la manoeuvre. Mais 170 solos d'une heure et quinze minutes, la conccurence était vraiment trop forte pour Hervée qui a tenu à le faire sans tractage et sans affiche.

Financièrement c'est dur, nous n'avons pas eu la modestie de mettre 0 € de recettes dans le prévisionnel.

On a beaucoup appris sur l'organisation du théâtre en France, les rejets, les chapelles, les territoires occupés.

Cela va nous faire bouger notre prochaine création

 


Première représentation en tournée.

21 octobre 2005. Maurepas.(78) Centre Albert Camus.

N° 40

64 spectateurs. Spectacle vendu : 3300 euros avec les frais d'hebergement et de transport. En un coup, on rapporte plus que 20 représentations d'Avignon.

C'est le retour dans notre fief, où nous sommes restés 7 ans entre 1978 et 1985. Et bien nous retrouvons le noyau actif d'il y a vingt ans, ils sont tous là.

Les Bessas, les Sainsaulieu, les Morvan, les Gouffier, Les Neveu, Françoise Pellisolo, les Espié, les Letterrier, les Hardin, les Rolles etc. Quelle belle fidélité. Ils avaient comme nous 40 ans à l'époque, ils font partie de la France des jeunes retraités.

A l'époque ce petit centre culturel n'existait pas, il se trouve à deux cents mètres du Prisme, l'ex CAC de St Quentin en Yvelines. C'est bizarre au niveau de l'aménagement du territoire, mais on ne va pas se plaindre puisqu'on y joue.

les mots du public

Texte bouleversant. Descriptions réalistes. Un bon moment/ La fin est j'espère, la mort du mari... Bravo Hervée, c'est très fort. Jacqueline/ Hervée dévoile toutes les facettes de son talent, quelle émotion/Vous nous manquez toujours depuis votre départ. Jacqueline Ivonine/ Hervée est de plus en plus étonnante, attachante dans ses choix, ses performances de plus en plus bouleversantes/ Je suis KO/ Triste, trop triste, ce quotidien et sa folie/ Moi, je me serai barrée en courant. Anne de Jonk/Texte ardu qui nous laisse pantois, on est ému jusqu'aux tripes. Merci. Monique/ Belle et pure diction. Minimalisme des mots de la scène et de la musique/Le livre qui parle et sans prompteur, quelle mémoire. Thème dur, certes, mais tant mieux . Merci pour cette prestation inattendue et inhabituelle à l'Unité/ On sort de là en se disant qu'on va tout faire pour ne pas se laisser enfermé ; merci de nous dire que les fils sont malheureux de leur père et non seulement des mères/

et puis carrément un poème de Marie Jeanne Mougin

Une perle a roulé sur ma joue

elle est froide et dure comme un boulet de canon

elle roule, elle avance imperturbablement sur mon champ de bataille,

implacable, glacée

l'immensité noire et livide marche

fantassins armés jusqu'aux dents

elle roule avec un bruit d'enfer dans le silence mortel de mon coeur.

Guy Gouffier et Monique Morvan, fidèles au poste, vint ans après.

 


 

N° 41

Vesoul.

2 décembre

chapelle du conservatoire rue du baron Bouvier

 

Il fait froid dans la chapelle malgré les efforts de la directrice Isabelle Sosolic, prévenante, présente partout à la fois. Disons que pour moi, c'est un miracle que plus de 60 personnes se déplacent pour assister au show Hervée/Ravey.

Hervée a une petite loge précaire, tout le monde passe, lui parle, elle a du mal à trouver la concentration, elle ne s'est pas trouvée bonne, mais sait -elle se juger ? Il y a quelques jeune filles d'une classe de théâtre locale, ce sont elles qui écrivent les mots. Il y a aussi Gil et Nicolas du Nouveau théâtre de Besançon (le CDN). Gil en guise de provocation me glisse : "cela pourrait être un spectacle pour CDN". Je lui réplique "ce n'est tout de même pas la honte totale, un peu seulement . "

Les mots recueillis

  • Ce n'est pas la fausse couche qui est atroce, c'est son souvenir
  • Sur les traces de Madeleine Renaud dans Oh les beaux jours !
  • Une forte émotion croissante pour une méditation à venir.
  • Machiavélique, insolite, mais O combien troublant !
  • Voilà comment tenir en haleine toute une chapelle avec presque rien et beaucoup à la foi*. Annabelle 19 ans Terminale L *écrit comme ça
  • J'aurais voulu pleurer avec elle mais je n'ai pas pu parce que je pense que si on ne l'a pas vécu on ne peut pas le ressentir et puis finalement il a bien de la chance ce Tony de ne souffrir que de dépression.

MARSEILLE / SALLE SEITA/ FRICHE DE LA BELLE DE MAI

Philippe Foulquié fait partie des directeurs qui tiennent parole, il avait écrit à Hervée : je te ferai jouer, et 16 mois plus tard, il le fait. C'est très rare les directeurs qui tiennent parole.

Il dirige un espace gigantesque, l'ancienne Manufacture des tabacs Seita derrière la gare Saint Charles.

Au centre de ce lieu, le théâtre Massalia, qui fait une programmation régulière un peu axée jeune public et marionnette. On décide d'offrir au public de quoi reconstituer son moral après la pièce. On espère que cela fera des soirées vivantes.

 

Un an qu'Hervée n'a pas joué. Il faut remettre tout ça en route.

N° 42

35 personnes. des proches de la friche, des amis de théâtre de rue. Crespin, Trichet, Marie Lucie, Mario, Cathy Avram. Ce n'est pas désagréable.

Quand ils sortent du spectacle, on dirait qu'ils sortent d'un enterrement. J'entends peu de choses, moi qui sers la soupe. Mais il y a des mots -oeuvres d'art, dessins assez beaux :

je lis juste :

essorage en règle (Mario)

Le désir d'enfant est une dictature génétique, j'aime la femme qui se joue devant nous, une amitié en apnée

enfin je suis fière d'être une femme (Camille )

 

  • N° 43

    Petit fait divers à 18 H : la porte de l'appartement où nous logeons ne s'ouvre plus. Les techniciens Willy et Eric sont sur le coup. C'est au premier étage, pas moyen de trouver une échelle, ils amènent un fenwick, et hissent Clément, il rentre par la fenêtre, réusiit à ouvrir, oui, diagnostic= tentative d'effraction. Hervée aurait laissé la porte du bas ouverte dix minutes. Quand on circule en ville en voiture, il vaut mieux s'enfermer à clé.

Une vingtaine de personnes, des théâtrologues plutôt. Une jeune fille du théâtre de la Criée.

    Hervée trouve qu'elle a bien joué. Elle trouve que vraiment les gens l'ont bien accueilli à sa sortie des loges, pas comme la veille où les compliments lui avaient semblé faux.

    Je n'en sais rien. Personne ne connait Hervée ce soir. Soupe, vodka, je ne sens pas l'ambiance. Foulquié n'est pas trop sûr de son choix, il se demande s'il ne va pas se faire lyncher.

     

    Effroi, envie de la réconforter/ ? /


    N° 44

    dimanche 26 novembre

    16 personnes. Décidément, c'est le chiffre moyen. Pourtant un bon article est sorti dans la Marseillaise. Hervée dit qu'elle joue bien. Les gens restent à la fin, à la soupe. Il fait carrément un temps de septembre, or la salle est chauffée pour la toilette de Rachel. La table des livres de Ravey n'intéresse personne. 1 affiche de vendue et un exemplaire de Griffonneries.

    Qu'est ce qu'ils écrivent sur les petits cartels que je distribue ?

    Dès le début l'univers de l'auteur est mis en valeur par la présence du corps. Une réelle poétique corporelle se dégage notamment dans les passages musicaux. Les ruptures sont efficaces mais ce qui m'a le plus touché sont vos silences. Ils sont tout simplement assourdissants et renforcent la douleur de cette femme, merci. Jérémie. (frère de Clément).

    Pas très joyeux, et assez compliqué pour moi, mais c'est bien joué. (Un jeune)

    Ecrire là tout de suite avant de partir et rejoindre ma petite famille, mon enfant, un garçon de 7 mois. Dense. Un flot de parole, de souvenirs, de souffrance, un trop plein de vide. Un spectacle pas joyeux qui marque... sans aucun doute. La comédienne, sa présence et la simplicité avec la quelle elle raconte ce" trop de vide". Dommage peut -être qu'il y ait ces larmes et ces cris. ils ont arrêté les miennes de larme. Peut -être tant mieux, je serais sortie dans un sale état. Bon, je ne peux pas rester souper avec vous. Merci quand même, merci tout court.

    N° 47

    Jeudi 30 novembre

    Fait toujours aussi bon. Carrément 18 °C dans la journée. Le record de fréquentation sur Marseille est battu. 43 personnes. On ne va pas faire la fine bouche en disant que tout le monde est lié au théâtre d'une manière ou d'une autre. Que cela soit Michel André qui fait une sortie avec 14 personnes de ses ateliers de la Cité ou les amis de la rue (Berthelot, Michel Denis, Fabienne Rouet, Samia). Tous les soirs il se passe quelque chose, hier c'était le praticable qui s'est effondré, ce soir Hervée s'arrache la lèvre avec le gaffeur (quand elle tente de s'étouffer à et se met à saigner, c'est du meilleur effet. Je demande aux gens de ne pas être complaisant dans leurs mots, de dire la vérité, que le théâtre se meurt d'être auto-complaisant. Donc ils se lâchent. J'extirpe certaisn mots contre de la vodka. Je tiens à ce que les gens s'expriment. Tout ce qui nous change de la consommation plate de la culture m'intéresse.

    Il y a des mots sévères et des gentils

    Point de salut dans cette histoire, par contre je vous salue bien bas. Manolo. J'espère qu'il n 'y a pas de somnifère dans la soupe

    Peu coutumier de ce genre de théâtre, je l'ai trouvé récité un peu trop platement.

    Sans l'invention de la roue, les coureurs du tour de France auraient été obligés de porter leur vélo sur leur dos. Pierre Dac

    Tout de même, elle aurait pu se laver avant d'entrer en scène

    Difficile de rentrer dans le texte une bonne moitié du temps : le ronron de la voix, les phrases qui montent, le regard dans le vide, pas assez dans notre présent, mais c'est venu. Des effets de mise en scène peut -être inutiles. Le texte et l'actrice suffisent. Bon voilà, mais c'est vraiment parce qu'on m'a demandé d'être sévère. Pour les bonnes choses, l'actrice et le texte magnifique. Brigitte

    Bon, bien sûr la proposition se suffit à elle même. L'habillage-déshabillage-nettoyage-scotch me semble accessoire et anecdotique. La parole sans artifice me touche beaucoup. Pourtant est -il possible de ne rien nous raconter ? Mais simplement de livrer une parole sans besoin de la projeter, de l'extérioriser. Bon Vent.

    Très belle entrée sur scène, du mal cependant à me sentir proche du personnage au début de la pièce, mais la fin est forte, et le sentiment d'oppression /Colère, se fait bien sentir. Oui au cri final . Bravo pour votre présence sur scène

    Les mots me manquent, il faut du temps. L'orient est noir ? Merci. QD

    L'a -t-elle vécu ? je pars ému. Serge

    je me suis lavée, j'ai eu froid dans la neige, et j'ai beaucoup pleuré. merci

    Sublime parce que tellement vrai.

    En fait c'est ce cri intérieur qui raisonne en moi, une salve de larmes qui transpercent mes chairs , et ce visage d'une froideur bienveillante, je ne l'oublierai jamais. GS

    Touché ! MDENIS

    Trop chamboulée pour l'instant,la pièce n'est pas encore finie, quand ce sera clair, promis, j'écrirais. Amélie

    On a aussi souffert d'un militaire dans la famille. Très sympa la convivialité. Bravo

     

    N° 48

    Vendredi 1er décembre

    32 personnes. Pas d'incident pendant la pièce, mais juste avant, Hervée deLafond setrouve à 18 H dans un autobus qui a un accident, le 49 A et qui prend feu. Elle est assez perturbée et cela va influer sur son jeu. L'arrivée du public est toujours assez magique. Comment des gens viennent. Pourquoi ? Je retrouve de vieilles connaissances

     

    Claire Peysson des nouveaux nez.

    et cette Véronique, très énigmatique avec laquelle je fais connaissance.

     

    Bon, d'accord, ce sont des gens assez proches du théâtre, on ne peut pas dire que le quartier voisin de la belle de Mai soit touché, mais il y a ce soir une très forte sensibilité au spectacle. Eric, le régisseur, clot les discussions nombreuses et intenses à 23 H. Une heure et demie après la fin du spectacle

    Je recueille de très jolies réactions

    Merci pour le DIRE, merci pour le cri, merci pour l'Offrir, entière, femme, ACTRICE.

    Sie sind wunderbar! Madame, vous êtes incroyablement belle, et une actrice impressionnante même face à la catastrophe. Merci pour ces moments "vrais" , merci pour l'émotion et votre art + merci pour la soupe et la musique réchauffantes.

    Le métal dans la voix d'Hervée : une alchimie. J'ai entendu chaque mot du texte. Je n'ai pas quitté Hervée des yeux, et jamais elle ne m'a caché le texte,et je les ai vus tous les deux, elle est le texte. Merci pour le fard, merci pour les genoux, pour l'eau, pour le long travail d'accouchement, je vous aime. François Cervantes.

    Je devais aller voir une autre pièce ce soir. Un ami croisé ce matin m'a convaincu de venir ici. Je lui dois un grand moment de théâtre comme on n'en vit pas souvent. Merci.

    Des mains qui parlent, des yeux qui entendent.

    Je crois que je n'ai pas très envie de parler. Merci. Hervée tu es magnifique.

    Pourquoi les femmes n'ont elles pas la force de dire "stop", qu'est ce qu'elle retient, quelle force, est ce l'amour ou le plaisir de la souffrance ?

    Tu es belle, Hervée. Te voir te livrer, c'est dur mais bon. Emotion pure, instant maintenant.

     

    N° 49

    Samedi 2 décembre

     

    Les locations annoncent 42, mais en fait, il n'y aura que 32 personnes dans la salle. Bien sûr, beaucoup d'amis. On répère le pourquoi de la présence de chacun, sauf une certaine Nadine, qui arrive de Paris pour voir la pièce me dit-elle. j'aime cette étrangeté. Madame Santhonnax appartient à "théâtre et mémoire ". Pierre Dumur est un collègue de jeu, Brigitte Cirla une chanteuse, celui -ci est le livreur de légumes, Hélène a fait un stage avec moi, est copine de Cathy. Emile et Chantal, bon, tout le monde a quelque chose qui le lie à la Friche ou à l'Unité. La famille d'Hervée ne vient pas. Bien -sûr je suis accusé, car j'aurais osé dire que cette pièce pourrait raconter aussi un peu la famille d'Hervée, classée extrême droite ce qui les aurait vexés. On a préparé soupe et tuti quanti, même la fille de Saskia met la main à la pâte. Hervée affirme que c'était sa meilleure et qu'elle a très bien joué. C'est l'objet de discussions : peut -on vraiment s'auto-évaluer.

    Ce que j'explique : attention ne partez pas juste après, ce serait dangereux, il y a un réel besoin de rester ensemble autour d'un bol de soupe après une telle pièce. Les gens restent longtemps. Tous les soirs ressemblent finalement à des soirées d'anniversaire.

    Les mots de ce soir ne racontent pas l'atmosphère chaude et tendre qui a suivi la fin du spectacle

    Cela mérite au moins dix boîtes de Macaron de chez Adam ... C'est percuté mais superbe. Pierre Dumur

    le spectacle est fini. Quelle torture ! Le beau visage qui passe du sourire à un masque tragique. Texte superbement exprimé.Nadine

    Vous êtes superbe, une sacrée bonne femmme. Hélène.

    Le courage est féminin et elle a de beaux yeux. Dominique

    Reçu cette belle lettre quelques jours après le spectacle

    Bonjour !

    Je suis une des spectatrices de "Promenade avec Luther" au théâtre Massalia. Je suis venue jeudi soir, et j'ai laissé un mot, où je promettais d'écrire quand ce serait "plus clair"... Alors voilà !

    Vous m'avez dit, en me tendant l'enveloppe, que Rachel aurait du tuer son "oppressant"... "Elle s'est trompée d'ennemi, vous ne croyez pas ?"
    Non, je ne crois pas. Voilà ma réponse, un peu en retard, mais il fallait que tout ce que ça a soulevé s'apaise.
    Je crois que Rachel ne s'est pas trompée d'ennemi, car son mari n'est pas son ennemi. Elle ne le tue pas pour se délivrer, mais pour le délivrer lui.
    Je ne la vois pas idiote et faible, je la vois perdue par l'amour et courageuse. Elle aime, elle ne peut pas lutter contre ce sentiment, alors elle lutte pour le faire vivre. Seulement sa lutte est silencieuse, c'est une résistance quotidienne et muette, pas une soumission... Se soumettre à Luther aurait voulu dire partir. Et elle reste. Elle reste parce qu'elle aime, elle supporte parce qu'elle aime, et elle tue parce qu'elle aime. Elle s'oublie elle-même dans ce combat pour son amour. Mais la mort du mari tue l'amour, et elle se retrouve seule devant nous, seule avec elle-même et elle parle.
    La performance est bouleversante... Elle m'a plus fait ressentir que réflechir. Le drame, le cri... Les larmes à sentir tout ça. Je crois qu'elle m'a fait vivre une catharsis. Je ne sais pas si c'était le but. J'ai entendu Hervée parler des spectateurs comme de ses juges... Je me suis plutôt sentie confidente. Et étrangement apaisée, le lendemain, après toutes ces émotions. Je ne sais pas pourquoi, je ne le comprends pas vraiment, je l'ai juste vécu. C'était seulement beau, sans raison identifiable.

    Voilà pour ce qui s'est passé dans la salle. Quant à la suite...
    Cet échange, que vous forcez parfois, est aussi important à mes yeux que les mots d'Hervée...
    Je suis étudiante en médiation culturelle, en stage (imposé) au centre international de poésie de Marseille, à la Vieille Charité. Là-bas, des poètes viennent lire devant un public toujours plus réduit, porteurs d'une parole toujours plus lointaine. Ils ne sont écoutés que par des gens "du milieu", des poètes, des éditeurs... Un public choisi, par la structure, qui n'a pas envie de s'ouvrir à tous... Etouffant.
    Cette soirée au Massalia, ce que vous avez fait passer à ce moment là, c'est aussi là que se joue l'art, je crois.
    La particularité des arts de la rue, des gens de ce milieu, c'est de porter en eux la médiation de leurs propres oeuvres. Et elle est tellement plus forte que ces moyens artificiels que nos professeurs nous apprenent à mettre en place... Je me demande si vous voir faire une heure ce soir là ne m'a pas appris plus sur la médiation que les cours de sociologie ou d'esthétique auxquels j'assiste depuis trois mois.
    Je lis vos mots sur la liste rue depuis quelques annés, je suis votre travail, que j'admire la plupart du temps... J'aurais voulu avoir le courage d'aller vous parler l'autre soir, mais pour ça c'est plus facile à l'écrit ! Vous avez un savoir, un talent pour toucher les gens... je ne cherche pas à vous flatter. Mais quand je vois les élèves (et les professeurs) de médiation, et la façon dont ils appréhendent l'art et les publics, dans un esprit tellement distant et scolaire... Je me dis que vous écouter, vous lire, ne leur ferait peut être pas de mal.
    Je sais que vous revenez en janvier à Marseille, pour parler justement, ce serait peut-être l'occasion.
    Pour l'instant, j'espère ne pas vous avoir ennuyé avec mes remarques ! qui, je me répète, ne sont pas de la flatterie gratuite ou une envie de faire valoir une quelconque reflexion, mais une sincère préoccupation sur le rapport entre l'art et les gens...

    Merci de m'avoir lue, si vous êtes arrivé au bout !

    Bonne continuation

    Amélie

     

     

    Dernière nuit dans la belle villa que nous habitons sur le territoire de la friche.

    CALAIS / N° 50 ET 51


     

    CARROS (06)

    8 mars 2008

    N°52

    Quarante personnes environ. Auto analyse d'Hervée. Joue bien. A retrouvé la fragilité des débuts

    Une belle façon de commémorer la journée de la femme. Horreur...

    Quelle intensité dramatique ! quelle vérité ! Bravo, Bravo

    Une performance d'actrice hors du commun. Absolument exceptionnelle !Souhaitons que ce ne sit qu'une histoire inventée et que les femmes trouveront le bonheur

    Au noir. un très grand souffle, ai je repiré pendant le spectacle, je ne m'en souviens pas.

    VBous m'avez pris aux tripes. Vous donnez la vie dans la douleur. Vous êtes magnifique

     

     

     

     

     

     

     

     

    lettre de Sylvie Mettey, de Montbéliard.le 13 février 2006

 

Hervée, plus d'un an après avoir assisté à ta prestation dans "Promenade avec Luther", je ressens toujours la même frustration quand je retombe sur l'affiche, à savoir, ma fille, qui n'avait pas pu venir ce soir-là et qui faisait du théâtre, a raté certainement ce qu'elle aurait vu de mieux en matière de théâtre, de l'indescriptible.(...) En vraie tête de mule que je suis, je réitère une dernière fois ma demande: est-il possible que Caroline voie un jour, entende une fois "Promenade avec Luther" ? et que j'en profite pour le revoir aussi ? Et que mère et fille , nous partagions ensemble ce moment ? Mon avis est qu'il serait dommage qu'un tel travail finisse dans les oubliettes et Rachel avec.

 

 

des étudiants d'Aix en Provence écrivent des critiques sur Promenade vec Luther

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire aussi le blog Avignonnais 2005 de Livchine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

voir le dossier Promenade avec Luther