PRINCESSE LIMOUSINE EN VOYAGE
GUISE(02) FETE DU PREMIER MAI 2008 CHEZ GODIN, AU FAMILISTERE
N° 17
Que de problèmes ! 800 € de réparations inutiles chez le concessionnaire Mercedes de Belfort qui se fout de notre gueule.
90 minutes pour la faire démarrer, et elle nous plante pendant le spectacle.
C'est la reprise. Comment ne rien oublier ? On court chercher des piles le matin du 1er mai, la crème etc.
N'empêche qu'ici ce n'est pas le méga festival, mais une action symbolique dans un lieu d'utopie réalisée, l'entreprise Godin, un lieu de travail, lieu de vie, lieu de partage, un lieu un peu dingue, qui a cessé son activité en 1968, mais qui est maintenant réhabilité et qui est un exemple de ce que l'on peut faire dans le cadre d'un capitalisme qui serait social. Le conservateur Fréderic Pani nous fait la visite, ça vaut le voyage.
Le programme du 1 er mai c'est pour attirer un peu de monde, il est proposé depuis huit années par Jean Marie Songy et Patrice Papelard, très attachés à ce lieu et qui aiment faire partager cet amour.
Il y a Ilotopie, Princesses Peluche, Pierre Pilate, les souffleurs Jean Georges, etc. Franchement la dimension humaine.

On n'a pas de chance. Carrément l'averse de grêle qui te tue, juste avant de commencer.
Donc les gens sont debout, donc la sono est un peu trop forte, donc on est déstabilisés et malgré tout notre art et notre joie de surmonter les obstacles, nous n'y parvenons pas tout à fait.

Même entre nous, nous manquons d'un peu de rythme dans l'arrivée des accessoires, et la Limousine qui ne disparaît pas à la fin, ça nous arrange pas.


Patrice Papelard était sur la trajectoire !
Dommage, on aurait pu se vanter, mais on ne le fera pas.
CERGY SOIT LE 23 SEPT 2007 A 20 H. N° 16
Curieux. Sur une belle pelouse, des chapiteaux, des spectacles. Ambiance calme, familles. Horaires respectés. Balance son à 11 H. Equipe technique impeccable, pro. Cinq minutes.
On a le temps de s'imprégner. Nous sommes censés cloturer cette dixième année.
En fait on s'est tellement habitué à la pression du public, à la pluie, aux conditions hostiles, que là nous sommes décontenancés parce que tout est normal.
Pas trop de monde. On l'a joué trop sûr de nous pour la voiture qui est garée trop loin. La complicité avec le public est très mince. On jauge ça au niveau des rires.
C'est ça le mystère du théâtre.
On a tout fait ce qu'il fallait faire ou à peu près, et ça marche moins bien qu'ailleurs.
Pourtant notre jeu n'est pas en cause. On joue comme d'hab, le son est bon,
on est un peu décontenancé d'avoir des projos dans les yeux à la place du public, oui on croyait faire du vrai théâtre par moments...
A part ça le transport de la Limousine devient problématique. Helène l'a remontée depouis Toulouse et ça a été l'enfer.
RAMONVILLE. 15 septembre 2007. N° 15
Il y a un monde dément. Le soleil est parfait. 30 °C. Des queues à tous les stands de bouffe. Des jeunes et des jeunes et des jeunes. Une atmosphère très enjouée et très étonnante dans cette banlieue banale.
Trente minutes avant, dès 21 H 15, la place Jean Jaures est bourrée de monde. A H -15 nous commençons une petite présentation. Tout le problème est de ne pas en faire un autre spectacle, car si nous faisons trop rire dans cette intro, le public sera moins avec nous après.
On va faire une représentation très fluide. Le public est plus réservé que la veille, mais ce n'est pas plus mal de ne pas faire rire à chaque réplique. Bien sûr les rires ça flatte, mais trop de rires, cela nuit.



Dans le public, un couple de théâtre de rue très célèbre.
RAMONVILLE. 14 septembre 2007. N° 14
Banlieue de Toulouse. On ne s 'attend pas à un si copieux festival ici.
La représentation va être une cascade d'incidents, minimes, mais qui finissent par entraver le rythme et la magie. Erreurs de tetxe, mauvaise arrivée de la Limousine, mauvais départ, mauvaise crème fouettée, mauvais salut, mauvaise utilisation des traduc teurs en langage sourd muet. La limousine commence à nous faire des crises mécaniques.
On a emmené david Mossé pour étudier les problèmes de sonorisation .
Donc on n'est pas content. Même si le public lui ne fait pas attention à ces petits problèmes

En y regardant de plus près, on voit Hervée vautrée sur un spectateur.
CHALON DANS LA RUE. 22 JUILLET 2007 N° 13
Qurante minutes avant, la place est déjà pleine. J'essaye de saisir si c'est le lot de toutes les compagnies, ou si vraiment il y a un mouvement en notre faveur. Je crois qu'effectivement nous faisons partie des spectacles "prisés", mais bien sûr nous ne sommes pas seuls dans ce cas. Tout est sec, tout est beau, nous sommes dans des conditions idéales.
Notre jeu commence à se stabiliser. Nous commençons à maîtriser le texte et ses brusques changements de cap. Mais tout est encore très fragile.

Nous ne savons même pas gérer les tonnes d'applaudissements. Nous les coupons toujours en plein milieu par la phrase de Louis Jouvet "Lorsqu'on se baisse ainsi pour saluer, c'est pour demander pardon au public", expliquait Jouvet à un de ses apprentis comédiens.
CHALON DANS LA RUE. 21 JUILLET 2007 N° 12
On se met à faire une espèce d'introduction un peu moqueuse, qui est bien plus drôle que le spectacle finalement. Une sorte de démonstration de savoir faire d'Hervée dans les apostrophes au public.
Une fois de plus on commence sous une pluie très fine, devant beaucoup de monde.

Voilà ce que le Figaro écrit ce jour : Trente ans que Jacques Livchine et Hervée de Lafond tentent de nouer le dialogue social dans des spectacles de rue. Qu'il pleuve, qu'il vente, ils sont là, pittoresques, le verbe haut, le phrasé solide, as du pavé sachant créer la complicité. Encore une fois malgré la pluie, devant un parterre de parapluies, ils ont séduit leur public.
3 petites lignes dans Libé , qui n'a d'ailleurs envoyé aucun journaliste : "A noter enfin que le théâtre de l'Unité a troqué sa "2CV théâtre" pour une "princesse Limousine". Un signe d'embourgeoisement ? Pas sûr
CHALON DANS LA RUE. 20 JUILLET 2007 N° 11
Cela commence très mal. on s'installe trop tard. Je suis nerveux. Le public est là à 19 H 30, une demi heure avant. Nouvelle tentative, nouveau micro, le mien décroche. Combien sont ils ? Six cent, ou 800. Que sais -je. Le public rit, comprend , écoute , nous porte. C'est la folie.

la tarte à la crème fait son effet.
Les applaudissements sont totalement frénétiques à la fin.
Chalon dans la rue. 19 juillet 2007. 20 H. N°10

Il pleut, mais ils restent. Public en or, qui nous porte, qui rit, qui souligne. Plaisir total du jeu. Problème de micro. On a voulu faire tout seul, c'est un métier le son.
Celle de Chalon en champagne . FURIES N ° 9. 18 H
J'étais pour m'installer en avance, on m'a dit mais c'est trop tôt, donc quand à 18 minutes du spectacle on descend de la loge secrète de la boulangerie, place de la république (dire place de la rep pour faire branché ) il est déjà trop tard, 300 personnes se sont déjà garées, placées, en attente.
Donc on s'installe à vue, c'est pas terrible, quand on ne s'y attend pas.
Beaucoup de monde, ça serre, ça se tasse, tout ça pour du théâtre, moi j'aime cette pression.
Il y a pas mal de professionnels, comme d'hab, pas un ne nous attendra à la fin, les premières impressions c'est personnel, et voilà.
Hervée est en forme, elle commence même à me prendre mes répliques, à tel point que quand arrive son tour, comme elle a parlé à ma place elle ne sait plus très bien où elle en est.
Evidemment le départ de la limousine n'est pas très magique. Il faut dégager le public donc. Il y a quelques flottement dûs aux embouteillages de public. J'aime ce théâtre un peu mal foutu avec des imprévus.
Nous, on a rien à dire comme excuses. On a joué, on ne s'est pas trompé, on s'est amusé, on a raconté quelque chose de très sérieux pour nous.
Bien sûr on n'entendait rien à l'arrière, ni sur les côtés, c'est le théâtre de rue, c'est inconfortable, c'est vivant.
Dans le journal du lendemain , L'Union écrit par la plume de Christian Lantenois :
"Je vais vous montrer le processus de ratage d'un spectacle de rue" voilà comment commence la représentation du théâtre de l'Unité, hier place de la Rép, elle se termine trois quarts d'heure plus tard sou un tonnerre d'applaudissements. C'était une réflexion décalée, grinçante, croustillante et hilarante sur le théâtre de rue. Délicieux".
et de plus nous sommes en photo en première page ! dis donc dis donc
N° 8
Bergamo
3 juin 2007
C'est tout de même un spectacle très basé sur le texte. On aurait bien changé en dernière minute, mais cela faisait arriver le gros de la troupe un jour avant, d'où frais etc.
On joue dans la quartier du Monterosso, quartier, mais sans tour immense, un début d'immigration, ne posant pas problème. Paulo qui organise cette fête fait partie de ces Saint laïques qui créent du lien dans un quartier.
Hervée s'est mise à fond à l'italien pour tenter de sauver le spectacle. Elle adore parler Italien, et donne des cours à qui veut bien l'écouter.
A chaque fois on tremble en attendant la panne de la Mercedes, en fait c'est le Boxer qui nous lâche au dernier moment. Putain de durite, et pas de pièce de remplement chez Peugeot.
Nous sommes donc 3 voitures particulières, + le 20 M3 Europcar. Je te dis pas la logistique.
La Limousine arrive via Nice-Carros.
Les TTB (Théâtre tascabile de Bergame) sont formidables, dévoués, aimables, Ruben, Sylvia, font tout pour nous rendre la vie facile, respecter la fiche technique.
C'est une fête avec toutes les chorales inimaginables. Les profeseurs de chant ont mis des talons haut, la sonorisation est approximative. C'est là que nous devons jouer, mais il y a un peu de retard.
On a répété en voiture avec Hervée , dans la loge, tout l'après midi. L'italien nous fait perdre la partie de ping pong de la pièce,
mais en Français, ce serait encore plus inaudible.
Donc on va ramer, ce qui met nos deux assistantes très en forme, puisque ce sont elles qui par le visuel qu'elles proposent finissent par tenir le spectacle.
les gens n'entendent pas, trop de bruit ambiant, ça commence même à discuter dans les rangs.
Hervée coule doucement, perd son énergie au fur et à mesure de l'avancée du spectacle, il faudrait couper, se mettre à improviser autrement, mais nous sommes emprisonnés dans les rails du texte, et nous ne pouvons pas en sortir.
Hervée salue sans attendre Hélène et Marie, je suis étonné de la procédure, et j'apprends qu'elle a unilatéralement, sans m'en parler, annulé les visites de la limousine sous pretexte du nombre d'enfants trop élevé.
je m'emporte en plein salut : c'est quoi cette décision d'amputer le spectacle ? La partie visuelle et compréhensible par tous.
Au moins, on saura que ce spectacle n'est pas fait pour les quartiers, ni fait pour l'étranger.
CARROS/GATTIERES N° 7
CHATILLON : 5 et 6
AUDINCOURT : N° 4
Marseille. Petit art petit . Septembre 2006 N° 3
14 H 30

auto- notation. 12, 5. C'est notre 3 ème fois, mais les deux premières, on en était à l'esquisse.


BAR LE DUC. 1 et 2 . JUIN 2006
Un scénario un peu fourni a été écrit. Pour une fois on ne se lance pas dans l'improvisation extrême. le problème c'est qu'il faut l'apprendre pas coeur et que nous sommes un tout petit peu pris par le temps.
Donc on joue pas très fluide, c'est notre vraie première. Faut que cela se rôde.
Le festival nous prête un dais contre le soleil trop fort, excellente idée. Mais la voiture a été exposée seulement 10 minutes et c'est terrifiant la chaleur dedans. On se dit qu'il faut faire pas mal d'ajustements, surtout que c'est un petit peu lassant les démonstrations annoncées à l'avance.

Le dimanche on joue deux fois, on a tout revu, c'est déjà bien mieux.
C'est Areski qui prend les photos. recherche...

Hervée fait le théâtre contemporain (Ravey ). Jacques commente pour le public.

Voilà comment on joue Godot.
Pour nous, ça va le faire, faut que l'on tienne au moins vingt fois, et on aura un spectacle qui nous ressemble et pourtant qu'on n'a jamais fait.

Journal de Saône et Loire / 22 juillet 2007
Théâtre de l'Unité
TROUVER LA NOUVELLE IDEE DU THEATRE DE RUE
Le théâtre de l'Unité existe depuis 1972. En présentant Princesse Limousine, Jacques Livchine et Hervée de Lafond dialoguent pour faire émerger la nouvelle idée du théâtre de rue. D'emblée Hervée de Lafond propose de faire du vendable, du basique pour revenir aux origines du théâtre de rue, avec du bruit et du feu ! Ils se renvoient un "Jacques a dit" et un "Hervée a dit " qui crée une mécanique rhétorique très intéressante. Ils revisitent les grands classiques du théâtre de rue et cherchent à faire revivre des élements qui fonctionnent à tous les coups. Une manière de dresser l'histoire des arts de la rue en partant par exemple de l'importance de l'image en contradiction à la parole nue. La réflexion se poursuit jusqu'à ce qu'ils acquièrent une Mercedes qui affiche l'âge du théâtre de rue. A partir de ce nouvel élément, ils introduisent la notion de seceret et d'interdit, avant de tenter la séquence bonimenteur, mla participation du public, l'effet tarte à la crème, autant de tentatives créatrices avant qu'ils se posent la vraie question, celle que tous les artistes devraient se poser :"pour qui fait- on, du théâtre" ?
Leur quête et l'exploration se poursuivent en testant la mécanique du rire, la commedia dell arte, le théâtre contemporain... A travers toutes ces tentatives, le théâtre de l'Unité propose de découvrir les genres qui font le théâtre de rue. Les spectateurs apprécient cet historique très illustré, mimé et commenté. En forçant le trait les complices du théâtre de l'Unité proposent un moment formidable. Ils pointent du doigt les déviances de certaines compagnies et vont même jusqu'à oser des pratiques qui n'ont pas leur place dans l'enceinte du théâtre rue... Ils surprennent et continuent de conquérir leur public. Un rendez vous incontournable.
Stépahnaie Albane