En fait la pièce a été créée à Montbéliard en mars 1997, et présentée au théâtre des halles en Avignon cette même année, vue par près de 280 directeurs de théâtre, la pièce a été jouée plus de deux cents fois. Mais l'existence de l'Unité sur le net ne date que de juillet 2000, d 'où ces quelques bribes seulement, car l'exploitation du spectacle s'est naturellement ralentie au bout de trois ans.
Public debout à la fin.Compliments à n'en plus finir, presque gênant.
Une matinée à 15 H. Le rendez-vous était à 10 H. Les comédiens qui avaient joué la veille étaient morts de fatigue.
Ils s'étaient couchés à 5 H du matin. Moi, j'avais du mal à me motiver, j'étais nerveux dès le réveil.
Tout le monde est arrivé en retard. On a fait une "allemande" vers midi.
Les représentations isolées dans des villes où on a rencontré personne avant sont difficiles. Nous ne sommes pas des mécaniques, il faut de l'enjeu, du pourquoi, surtout les pièces qui en sont à leur cent trente ou cent quarantième.
Laure devait aller à la pharmacie pour sa voix.
Le directeur m'a parlé gentiment de sa difficulté à rassembler du public dans une banlieue si proche de Paris.
Je sais depuis longtemps que le théâtre n'a presque plus de public en dehors du public "démarché" qui vient pour des raisons qui ne sont pas vraiment bonnes. Il disait qu'il y avait 150 résas, tout de même, or le théâtre a 400 places.
En fait il y a eu 72 spectateurs, je les ai comptés au salut, sacrée perte. Dans l'assemblée, pendant l'avant-jeu, j'ai vite reconnu Gérard Surugue (comédien, vieille connaissance) et Muriel, ainsi qu'un comédien que j'aime qui est à Délices dada, mais qui était aux hommes en noir, une troupe de rue que j'adorais.
Alors on a trouvé le ressort, et l'énergie, les 72 spectateurs nous soutenaient bien. On a gagné la bataille, mais tout de même, avec cette petite amertume : hors festival et abonnements, j'ai l'impression que le théâtre ne rassemble plus comme avant, la nécessité se fait de moins en moins impérieuse.
Je sais ce qu'il faut faire, bien articuler le spectacle sur la vie profonde de la cité, rester partout au moins une semaine, mais ce serait trop cher, alors ce serait la fin des tournées, or les tournées nous permettent de vivre.
Et pourtant, cette année, la Laiterie de Strasbourg nous prend plus de dix jours, histoire de se lier.
Retour sur Montbé en boxer, 4 heures d'essuie glace ininterrompues, et 16 litres au cent... .
6 novembre au 16 décembre 2002
La Maison de la Culture de Loire Atlantique est la puissance invitante.
Depuis que la gauche est revenue à Nantes, avec Jean Marc Ayrault,l’ex direction de Jean Louis Tardieu, programmation de vedettes, a laissé la place à celle de Philippe Coutant, l’ex administrateur de Chéreau et de Vitez.
C’est en fait assez classique que d’entraîner les collèges au théâtre, histoire de faire illusion sur les fréquentations, mais là, il s’agit d’une véritable philosophie de la décentralisation bien assumée.
Vingt cinq collèges sont associés : carnet de bord, rencontres avant et après, classe par classe, stage de théâtre pour tous les professeurs.
Le stage a été assuré par Hugues Louagie, et a eu un réel impact.
Les collèges sont pour la plupart en zone rurale, là où les élèves sont un peu timides.
Première série de représentations à Châteaubriand, les 6 et 7 novembre dans un superbe théâtre : le théâtre de verre.
Deuxième série à Nort sur Erdre, bourgade de 6000 habitants, qui s’est construit un lieu théâtral de 500 places qui sent encore le neuf.
Jeudi 21 novembre : 2 représentations : 10 H et 14 H
Vendredi 22 : 1 représentation à 14 H
Samedi 23 : tout public à 20 H 30
C’est mignon tous ces gosses qui découvrent le théâtre avec nous, un petit peu interpellant ce qu’ils préfèrent : évidemment Pina, et l’homme de la sécurité joué par Goobie, évidemment.
Nos accompagnatrices s’appellent : Marion Echevin, Annie, l’emploi jeune, et Florence.
On en profite pour revoir Jean Blaise et Pierre Gralepois au Lieu Unique qui nous donne le vertige tant cela correspond à toutes les valeurs que nous ne cessons de défendre.
La salle est pleine à Nort, en soirée, nous autorisons Marine et une autre fillette du collège St Michel d'assister à la séance depuis les coulisses.
au moins cent rencontres au programme, notre réelle maladie c'est que nous aimons ça...
Ah, Marion appelle pour un problème lors d'une animation, Goobie serait allé trop loin, il doit mettre la pédale douce. On y arrive toujours, l'école se veut toujours à l'abri de la vraie vie, un peu de vulgarité non voilée, les passions se déchaînent, alors qu'avec leurs 4 télévisions par foyer, les gosses avalent de la vulgarité en veux tu en voilà, là,; cela choque, c'est ça la force du théâtre.
Cela me plaît ce genre de problème.
Machecoul, espace de Retz, 28, 29,30 novembre.
Quelle belle chambre trois étoiles l'hôtel Jules Verne,
en plein centre,

Miroirs au plafond...
Dans cette ville de Nantes, pleine de beaux magasins,
riche de grandes places.
Machecoul c'est presque en Vendée.
Hier nous sommes allés après la représentation sur le passage de Gois, une route submersible, qui va vers l'île de Noirmoutiers, c'était beau, la mer était retirée, les ostreiculteurs vaquaient, on a souvent besoin de voir la mer.
Le soir Hervée devait ouvrir une bonne bouteille, dernière volonté de son frère décédé dimanche qui ne voulait personne à son enterrement mais que chacun boive à la santé de la vie. Elle nous a demandé de rester auprès d'elle, car elle était réellement mal.
Elle a beaucoup parlé de son frère, de sa famille, de son ascendance, même qu'elle aurait un aïeul pâpe au quinzième siècle.
On est allé manger au restaurant en face de l'hôtel, car Laure avait mal à la gorge.
la serveuse est arrivée et nous a demandé : "quelle cuisson"? Nous d'être étonnés par la question avant même de commander.
C'est un restaurant sans carte, plat unique obligatoire.
les élèves étaient gentils, on est restés une heure après le spectacle avec eux.
C'est tout de même bizarre de ne jouer que devant 200 élèves de quatrième, j'y rajouterai bien quelques
troisième âge.
les élèves sont amusants, je leur demande, pourquoi la société t-elle entretient elle un théâtre. Ils disent que c'est pour les arracher à la télévision, et que c'est un autre moyen de communication. Dernière à Machecoul, 180 personnes. ça joue. Les gens nous félicitent sincèrement, nous devons signer des autographes.
On croise du monde au Lieu UNIQUE, Jean Louis Bonnin, directeur des affaires culturelles de la Ville de Nantes, Marie Pierre Paillard, et même Ghislaine Gouby, en errance à cause de ses problèmes maconnais.
Dernière partie.
St Gildas des bois
3200 habitants.
Encore une bourgade qui s’équipe d’un lieu culturel.
Mais les architectes privilégient sans arrêt l’entretien à la chaleur du lieu.
Toujours impersonnel avec son carrelage d’hôpital dans l’entrée.
je dis à HDL, c’est de notre faute, il eût fallu rentrer dans les conseils municipaux plus tôt et influer sur le style des bâtiments.
80 personnes le 14 décembre,
ce n’est pas du public Maif Camif télérama,
Il y a carrément des chasseurs.
Effet de curiosité d’un nouveau lieu.
Erreur de régie ,à la fin, erreur de Jacques dans la scène du roi, mais on joue.
Nous sommes invités au domaine de la Bridière à souper par l’hôtelière elle-même.
Le vent souffle à 120 Km/h.
16 DÉCEMBRE .
10 H.
On est en forme.
Les enfants sont craquants, j’offre une affiche signée à Emilie
L’après midi : dernière de théâtre au collège.
Ils sont un peu plus animés que la moyenne habituelle.
On sent un affleurement de difficultés de vie.
14 décembre 2002 . Morlaix
Nous sommes dans le fief de Lebranchu et du Fourneau.
René Peilloux qui était directeur dans le temps de l’Arche de Bethoncourt, a été ensuite conseiller théâtre à la Drac Lorraine, et revient diriger un établissement ce qui est un chemin unique.
L’équipe permanente est de 4 seulement. Le public est à faire.
On a une audience de 150 personnes,
cela ne fait pas vide.
Le public est sympathique puisqu’il nous apprécie.
Dîner d’après spectacle dans un restaurant qui s’appelle « BainsDouches ».
Hugo prend pichet sur pichet et calva sur calva.
On fait la fermeture vers 2 H 30.
Déjà les esprits d’Hervée et de Jacques sont sur Terezin.
2500 à l'heure au fort de Carqueyranne Samedi 7 août. 2003

Amphithéâtre de pierre au milieu du pins. Au loin la méditerrannée. Distribution : Alexandre Zambeaux, Hugues Louagie, Laure Smadja et Hervée et Jacques bien sûr.
Nous sommes invités par la Cie Uppercut en résidence.Ambiance un peu chaude vu l'annulation de Cartoun Sardines par la mairie UMP. Une affaire un peu curieuse, soi disant que la mairie ne veut pas qu'ils parlent des intermittents, alors que nous le faisons allègrement. L'ambiance est magique, mais nous sentons le public un peu loin. Et puis à la fin, vu des problèmes de sécurité compliqués, navettes et cie, nous n'avons pas notre moment avec le public, mais un repas sympa avec l'équipe.
Ça a été un régal, un délice.
Une connivence totale avec le public.
On était portés.
La salle était pleine à 98% , elle fait 170 places, c’était comme Avignon off, jadis.
De la ferveur.
Quel mot rare ferveur.
Et puis de l’humain.
Le théâtre est pauvre, tout bancal, et bricolé et c’est là sa force, il y avait de l’âme dans ce lieu.
Danièle Brès qui s’en occupe est une passionnée à la puissance 100.
Comme tout bon comédien, on termine sur le cours Mirabeau, au restaurant à la bastide du cours.
Le luxe, cela fait du bien, cela change d’Audincourt.
Mon plat commandé s’appelait
« merci marc André pour cette assiette de saison ».
Pour moi ce sera une « Marc André ». Jamais vu ça. Succulent ma marc André.
L’hôtel du Globe était classe. Cours Sextius, et tous ces souvenirs…
C’est là qu’a débuté le théâtre de rue en 1975 avec Aix ville ouverte aux saltimbanques. 29 ans après, tous les souvenirs sont intacts.
L’atterrissage à Audincourt est dur, il pleut, rien ne vit.
Je me dis « faut que je parle aux élus ».,On ne peut pas laisser les villes dans un tel abandon culturel.
Parce que deux scènes nationales, et un théâtre municipal et leurs 3 abonnements, en vie, en lien, ça rapporte quoi ?
Faut que ça existe, certes mais il faudrait quelque chose de plus. Du rare du singulier, cela devrait être notre boulot, nous, mais quelle galère pour obtenir 3 sous.
Quelle absence de vision, quel rêve étriqué. Mais c’est là que j’ai choisi d’œuvrer. Voilà,
Je suis d’une humeur rebelle.
PORNICHET/QUAI DES ARTS/ 7 MAI 2005
distribution : Hervée de Lafond, Jacques Livchine , Alexandre Zambeaux, Léna Breban, Hugues Louagie + Farine, Gaby, Goobie
500 personnes environ. Remplissage 99,99%
890 kms depuis Audincourt. C'est le choc. L'air maritime sent bon, et passer de l'industriel au balnéaire procure une joie profonde. Parce que ce sont les vacances du 8 mai. Tous les souvenirs d'enfant remontent, surtout à la vue des épuisettes à crevettes et des pelles de plage pour enfants.
Nous sommes là pour inaugurer un théâtre. beau théâtre de 500 places pour une ville de 20 000 habitants,
Sensation de confort : belles maisons, belle pelouses, habitants aisés. Tout est cossu ici. La Villa Flornoy, notre hôtel, a un charme britannique, il est à 200 mètres de la mer.

Gérard Boucard, le directeur, vient de Vendée. Il est tendance "rue" puisqu'il organisait avant la construction du théâtre les "renc'arts", des rencontres de théâtre de rue. C'est un solide accompagnateur d'artistes, il est là, présent, toujours là, plein de sollicitude, c'est plaisant. Il vient à peine d'engager Louise, et est escorté par Sandrine, Virginie. Michel Ray est l'administrateur.
Nous déjeunons et dînons ensemble.
Plateaux de fruits de mer succulent, le premier soir mais comme d'habitude, cela ne met pas en joie Goobi.
Grandes tablées sympathiques au Kon Tiki, la pizzéria de la place du marché. La "tournée" c'est une forme de fête quand c'est ausi bien organisé qu'à Pornichet.
Répétition rapide. Beau théâtre, beau plateau.
Nous sommes contents de nous retrouver. Le spectacle n'a pas pris une ride. Cela nous fait rire que lors de la création en 1997, il y avait une allusion aux intermittents et que huit ans plus tard, le problème n'est toujours pas réglé.

Hervée répète sa Pélagie Vlassova de Brecht. Cette scène qui parle de la casse des usines va sonner comme extrêmement d'actualité à l'heure des délocalisations.

Comme c'est l'ouverture du théâtre, Gérard nous demande un petit rituel. Hervée arrose le plateau de vin pour faire honneur à Bacchus, et fait tourner une bouteille de vin pour mettre le public en état d'ivresse dionysiaque. Moi je prends cette photo inaugurale.
J'ai un monstrueux trou dès le début, ce qui donne au spectacle un côté première fragile.Le public nous porte bien.
A la sortie, je croise Françoise Houriez, directrice de la scène nationale de St Nazaire, je parle à l'adjointe à la culture, au chef de gare de Conflans Ste Honorine qui a fait le Paris Pekin avec nous en 1985, quelques personnes nous félicitent chaleureusement.
Léna qui a joué avec une incandescence pas possible me glisse : "Jacques il faut le jouer à Paris . Cela marcherait du tonnerre de Dieu. Hervée me dit du bien de Léna, alors qu'elle dit rarement du bien des comédiennes. Bonne fatigue.

Nature morte. Pot de Mairie. Saucisson et Comté en petits cubes.
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29 et 30 septembre 2006. LA PASSERELLE/ FLEURY LES AUBRAIS
Qui joue ? : Hervée de Lafond, Jacques Livchine, Léna Breban, Alexandre Zambeaux, Hugues Louagie. A la technique : David Farine, Goobie, Jean Michel Sittler.
Banlieue d'Orléans. Telle une immense gare de TGV se dresse cet immense équipement. Tu sais, Fleury les Aubrais, la ligne de train qui vient de Paris, une des plus grandes gares de triage.
Nous inaugurons la saison.
La propreté du théâtre qui n'a pas encore servi, s'apparente à celle d'un hôpital, sans maladie nosocomiale.
Pourquoi avons nous été invités ?
Ah, ah ? eh bien, le directeur, François Parent connaît bien une de nos comédiennes qui lui a parlé de ce spectacle qui a fait ses preuves

Ah évidemment, Léna a créé la pièce il y a neuf ans en mars 97. Léna est toujours identique à elle -même. Elle est à fond, elle veut plaire. On répète toute la journée, italiennes, allemandes.
La salle est au 1/ 4 pleine, c'est un nouveau théâtre. La pîèce n'a pas pris une ride.
Evidemment, le message final qui demande au théâtre de rester populaire et dionysiaque paraît de plus en plus mystérieux.
François Parent nous apprend qu'il était à la première de la 2CV en 1977, puisqu'il faisait partie du collectif de la places des Fêtes aux côtés de Carasso.
Dans le public, beaucoup de gens de St Jean de Braye, eh oui, un des premiers festivals de théâtre de rue en 1980 , avec ce Paul Gremeret décédé brutalement il y a cinq ans environ.
Le lendemain samedi, pas trop de monde non plus.
Des pièces comme ça, finalement cela doit être préparé par quelques préalables, et on voit qu'il est dur de se passer des scolaires, ce sont eux qui mettent l'ambiance. Mais cela fonctionne, cela passe.

Hein, Monsieur Hugues, difficile d'être plus mauvais ?
Dans la salle, la conseiller théâtre de la DRAC, Dominique Rochette, et Amédée Bricolo pas vu depuis 20 ans peut- être bien.
On termine la soirée au restaurant du Cado, avec Anaïk la maman de Léna, la soeur de Léna, Hugues et sa fiancée, Maelis, Alex et un du cons' Thomas rentré au Français et qui jouait Tartuffe au Cado. On parle de tout, de rien, d'amour, de métier, de vie, le vin est épais.
On se dit que le théâtre c'est toujours de belles occasions de rencontres.
Un fait important : Léna qui a des problèmes a un genou, trouve les chaussures du spectacle très confortables, elle les emprunte jusqu'à la prochaine date.
David aurait bien envie d'emporter le costume du pompier, lui. Cela lui est refusé.