UN BRECHT POUR MUGUETTE EN TOURNEE. 2001
Brecht pour Muguette à Clermont Ferrand
Nouveau théâtre dans la banlieue, à Cébazat.salle de 580 personnes remplie à 99%. Très bonne acoustique, bonne équipe technique. Filage épuisant l'après midi. On remplace Bethsabée. Tout se passe hyper bien, le public nous porte bien, très grande sensibilité. Sucès total. Bon article dans la Montagne.
Elancourt, le Prisme, 12 janvier 2001
On n'a pas joué depuis juin. Quantité de petits problèmes sur ce qui nous paraissait simple. On a du mal à tendre les cables. La perche des chaises remonte par à coups. Le régisseur- plateau s'y emploie, met un moteur électrique, mais ça va trop lentement.
Pour nous, c'est le retour après 15 ans, retour dans un théâtre où nous avions créé la Périchole, le Bourgeois Gentilhomme, Terezin, les adieux à Giscard, Blue Lagoon.
sans oublier tout le théâtre de rue inventé dans cette ville et aussi le carnaval des ténèbres.
On a la peur au ventre d'autant plus que Bodo, l'attachée de presse, nous annonce, Libé, le Monde, le Figaro, Télérama, la Parisien, Paris première , ou je ne sais pas qui. La pression est forte. Presse et pression c'est la même racine.
Juste avant, c'est la trouille totale dans les loges. On nous annonce que des 9 journalistes annoncés, il ne reste que William Sheller, qui est chanteur, sa fille et Télérama. Sans commentaire. Il faudra ré-organiser la vie du théâtre. Pourquoi attend -on tous l'avis de la presse pour se faire une idée d'un spectacle ?
La salle n'est pas trop pleine, mais les 250 présents sont tous nos vieux amis d'il y a quinze ans. Cela fait retrouvailles nostalgiques.
La pièce se déroule avec pas mal de bavures techniques qui finissent par nous déconcentrer et gâcher la fin pour une grosse faute de lumière. L'accueil est donc mitigé.
Il reste des rires, mais enfin pas ce qu'on espérait.On sent que ce n'est pas ça, que la réunion de famille a pris le dessus. Anne de Jon, les Sainsaulieu, Morvan, Leterrier , Nanda, Maréchal, Gouffier,Pistora, Ségal, Bastien, Jourdan, Motta, et quantité d'autres. On ne parle pas de la pièce, mais de nos souvenirs et de la joie de se revoir. Même Morlock, l'ancien directeur de l'ex maison pour tous est là. Nous, on n'ose pas leur dire que la ville a mal vieilli et qu'elle nous semble abominable avec ses rond-points et son manque de personnalité.
Athis Mons
On est un peu à l'étroit, salle pleine à 80%, des jeunes des collèges préparés par Nathalie et Pierre. La représentation est meilleure sur le plan technique, mais il y a encore pas mal d'imperfections, des butages de textes. Au salut deux jeunes se lèvent, mais pour moi, vieil habitué, ce n'est pas encore le succès, ce n'est pas : attends je vais t'envoyer mes amis.
L'inconnue c'est ça. Le petit peuple de gauche de Montbéliard, la pièce lui allait droit au coeur, mais là, il semblerait que ce public petit bourgeois soit moins sensible au propos. On verra bien. Et puis le : faut-que-ça-se-rôde.
Hourrah
Un article dans Télérama
Tonnerre de Brecht.
le théâtre militant renaît à Montbéliard.
Tranches de vies, luttes et petites histoires au pays de "la grande maison" Peugeot, contées à la manière du vieux Bertolt.
Avec leurs armes-le rire, caustique mais pas haineux-, ces artistes pratiquent un théâtre qui tranche dans le réel. "Luniversel c'est le local moins les murs.".La formule n'est pas de Brecht mais de Livchine et de Lafond : dans ce combat culturel clochemerlesque contre tous les potentats locaux, beaucoup se retrouveront...
Emmanuelle Bouchez. Télérama N° 2663. 24 janvier 2001 p 22 , avec photo de l'Usine.
La série de 10 à Fontenay au théâtre des sources
Work in progress, every day is better.
Il faut 20 représentations pour caler un spectacle. La technique fait encore beaucoup de fautes, les acteurs doivent enrichir de chair leurs personnages ; le rythme, et surtout le flux doivent trouver leur fluidité.
La première de Fontenay est vu de notre bord un peu dure. Le public ne nous porte pas, phase d'observation.
Par contre l'anniversaire de Jacques préparé par les acteurs sous forme d'une surprise scénique, dite capuchnik en Russe, une espèce de pochade est très réussie.
208 spectateurs pour la N° 1 de Fontenay. La N° 2 n'est pas sans grumeaux non plus, il y a moins de cent personnes.
Le 25 janvier, toujours peu de monde, grève, manifestations dans Paris,
mais c'est notre meilleure, même si les 73 personnes du public ne bronchent pas.
Vendredi Le spectacle devient fluide, on a peaufiné pas mal de scènes. Le public réagit bien,même une classe difficile d'un collège de Bagneux,
mais Hervée perd sa voix, angine et cie. 130 personnes.
Samedi 27 janvier: 220 personnes. Le spectacle se bonifie. Pas mal de réactions. Un débat suit le spectacle, on parle de la subversion et Cie. Il y a des gens qui sont revenus deux fois, totalement enthousiastes. ça va. même des déclarations d'amour. Mardi 30 janvier
On nous annonce une belle salle, mais un groupe de 40 personnes se désiste. Reprise assez moyenne, mais Elisabeth nous annonce des plutôt bonnes réactions des directeurs de théâtre éventuellemment intéressés.
Le mercredi 31 s'annonce comme catastrophique, mauvais jour etc. Les comédiens partent inviter toutes les écoles de théâtre, bon, on monte à cent. Ouf
Mais le jeudi, c'est la méga grève, chute vertigineuse du public, il y a tout de même Brozonni, mais on est au plus soixante personnes dans la salle, ouvertes et aimables, ça fonctionne tout de même.
Vendredi 2 février. Belle salle, plus de 200, des amis de partout , et les premiers résultats des bouches à oreille.
Bonnes réactions. Moi je reconnais dans la salle le maire de Malakoff, sympa et ravie, c 'est Catherine Margate, celui de Fontenay c'était la veille qu'il était venu, dans la salle glacée. On a aperçu deux filles du Figaro, mais pas d'article.
C'est une sorte de discrimination assez agréable ce rejet total de la presse, on est passés sous silence total, aucune annonce, rien, à part la colonne de Télérama, qui nous amène soixante personnes en tout et pour tout à mon humble avis.
Je reçois de vives félicitations, agréables pour une fois, pas les éternels merci beaucoup, super au revoir. Mais je suis épuisé, enrhumé, moulu, car le matin avec Hervée on fait en plus Chaillot, un stage.
Gérald Chatelain, le directeur aime jouer à la balle avec Pina, et nous demande tous les jours si nous sommes heureux.
Les loges sont trop joyeuses, à 20 H 40, personne n'est sur le plateau ce qui a causé un démarrage catastrophique ce vendredi. Déjà le dernier jour.
Mon dieu comme c'était court. Samedi 3 février, une petite déception, on aurait cru à un immense bouche à oreille, et à l'explosion des statistiques quant au nombre,
eh bien non on se tient dans les 200, mais 200 individuels qui ont choisi de venir,
certains sont même venus deux fois. Quelques personnalités politiques : Van der Malière, directeur du cabinet de Tasca et de Dufour, Monique Blin, Eric Lebas de L'Afaa, Jean Digne du ministère de l'éducation, Mustapha Aouar de Gare au théâtre. L'accueil est bon, sans plus, tout le monde me dit que c'est rafraîchissant, Polo ne nous met pas une excellente note. Pourtant nous on se sent pas mal.
Beau buffet final, les adieux au personnel du théâtre des sources, et le rangement jusqu'à 2 H du matin
LES ULIS (91)
Dixième représentation du Brecht pour Muguette. Troisième en région parisienne. Centre BORIS VIAN, habité par le Nada théâtre.
raccords l'après midi. Travail de détail, de nettoyage, et surtout de coordination son lumières Salle pleine à 85%. Public mélangé. Pas mal de jeunes. Début avec dix minutes de retard.
3 ou 4 acteurs font un peu d 'animation en vendant des programmes avant le début.
A part Isabelle Starkier, et Jean Michel Maman d'Homécourt et certains qui me reconnaissent de 2500 à l'heure, je ne connais personne.
Très bonne écoute .Soutien constant du public. On se sent porté. Tout le monde joue avec beaucoup de cœur.
Je sens que ce n'est pas mal, mais j'ai tellement peur d'être à côté, d'avoir fait une pièce montbéliardo-montbéliardaise que je doute.
Applaudissements nourris , une standing ovation de 30% du public et beaucoup de compliments en troisième mi temps. Le retour est très compliqué à organiser.
On a beaucoup donné, je suis exténué.
Le 9 mars 2002 . Corbeil
On n’a pas joué depuis Strasbourg en avril un Brecht pour Muguette.
La pression est forte.
Peur de ne plus rien se souvenir.
RV la veille à Corbeil.
Toujours ce grand et beau théâtre qui fait aussi neuf qu’il y a vingt-cinq ans, un des fleurons des réalisations culturelles des communistes.
Le Campagnol est passé par là.
Puis a quitté lors d’une crise intense avec la mairie RPR.
On a bien sûr oublié une caisse à perruques et à chapeaux à Audincourt
Hervée répète en boucle qu’elle sait pourquoi.
Polo transmet le poste régie à David Mossé.
Le directeur Maffoud est là depuis très longtemps.
Il nous faisait venir dans le temps pour du théâtre de rue.
On joue selon nous assez bien
Il faut dire que l’instrument est remarquable, il y a toute la place, les dégagements sont confortables, le contact salle scène agréable, et le son agréable.
Bonne concentration, bonne énergie.
On fait une bonne première de reprise.
Une bonne salle pleine à 70%. Public assez mélangé, gauche et RPR , jeunes vieux, pas mal d’amis de Nathalie, des amis d’il y a longtemps, François Lozon et Maroussia, Michel Parent
Beaucoup de rappels, et d’enthousiasme , nous sommes surpris.
Mais Jacques a son habitude fait son rabat joie.
Le succès n’est pas dû à la pièce, les gens applaudissent à cause d’
- une équipe de 14 acteurs , jeunes et vieux
- une énergie
- ils sont entrainés par la musique du final
- - N’EMPÊCHE QUE PARAIT IL D’APRES CHANTAL PEU IMPORTE LAQUELLE , SA NIECE A ETE A CE POINT BOULEVERSEE PAR NOTRE PIECE QUE SA VIE EN A ETE TRANSFORMEE .
le 19 mars 2002 . Eyzines
Banlieue de Bordeaux. Un théâtre Jean Vilar moderne de 278 places, en position gradins. Mais des dégagements minables. La directrice Pascale Got est en stage. Encore un minuscule théâtre municipal à la programmation très éclatante… Exemple : Il y a l’Arlequin ,valet de deux maîtres de Strehler, et des tas d’autres bonnes choses.
Remplissage de 75% . On a toutes les classes théâtre de la région, une soixantaine d’adultes, quelques comédiens dont Bougnon. Et notre ami de l’IDDAC, je dois retrouver son nom… Philippe je crois. .
Beaucoup de rires au début donnent le ton. .
Le problème c’est que le chauffage de la salle est pré-programmé et ne saisit pas la douceur extérieure de l’air. Alors il fait ridiculement chaud. .
On fait quelques bavures, mais invisibles du public. .
A la fin encore une fois , c’est le triomphe, une moitié de la salle se lève, la plupart très jeunes, je trouve ça émouvant . Mais je ne comprends pas tout. Il se passe un truc magique. On vend pour 400 F de programmes et de textes. .
Hôtel de tournée les Alizés , loin de tout.
La compagnie se divise en 3 … Train pour Paris , Hervée et Jacques en Belgique, 902 km en 405, le Boxer direction Montbéliard.
19 au 28 avril 2002
Procès verbal de tournée
Port de Bouc, Fos , Marseille, Arles, puis Homécourt en Lorraine
Le lendemain chez Marcel (CE EDF ) à Fos on est meilleur.
Patrick Voitot et Jacques Livchine font une impro sur la soirée elle même. Tout le monde rit.
On a fait parler tous les invités, de leurs hontes , de leurs fiertés , de leurs passions.
Une autre rencontre avec le cours de théâtre de Port de Bouc.
On monte cinq sketches à la manière du Brecht à partir des déclarations des gens présents.
Le thème omni présent est livré par l’envie de vivre des femmes
Rencontre à Fos, on se retrouve à une dizaine dans le hall du théâtre. Cette fois ci, les gens connaissent le théâtre, on n’est plus sur le terrain de boules mais en terrain ami.
Et moi , je ressens tristement ce qui nous sépare des vrais gens .
En vrai, ils viennent boire un coup et ont envie d’être ensemble. Nous ne sommes que des prétextes à rencontre.
Le théâtre crée du lien.
Les représentations
27 avril.
Arles à l'invitation de Arles théâtre populaire.
Dolores Fernandez s'occupe de nous. Zut alors, je ne l'ai pas reconnue de Fos où elle travaillait avant.
Théâtre magnifiquement restauré après dix ans de fermeture.
150 personnes, remplissage de 60 % . cela ne fait pas triste
Beaucoup de jeunes sont à la Manif anti Le Pen de Marseille.
Hervée dit qu'elle était fatiguée. Bon, ce n'était pas la magie de la veille, mais l'écoute était politique, on obtient beaucoup de compliments et des applaudissements à n'en plus finir.
Et puis la classe du collège suit admirablement bien le spectacle.
Homécourt. 30 avril
Cent vingt personnes dans la salle.
Occupation : 45 %.
Public très froid pendant la séance, pas un applaudissement, pas un rire. On se sent seul sur scène. Pourtant à la fin, ils sont contents, peut être même émus.
Jean Michel Maman le directeur nous remercie chaleureusement.
René Peilloux , conseiller théâtre est présent avec le directeur de la Drac. Comme d’habitude, le directeur de la Drac se la joue hautaine, distante.
Pas un merci, pas une marque d’approbation ni de désapprobation.
La pièce donne une flagrante image de la France d’aujourd’hui, et voilà, on va peut être ranger définitivement le décor .
Buffet froid à l’hôtel Aster de Briey.
La région ressemble à un grand cimetière.
Les commerces sont tous en faillite. La population est totalement abîmée.